Indiana Jones et la lance du destin
Le vent le plus froid qu’Indiana n'ait jamais ressenti soufflait comme jamais. Tout le groupe avançait avec peine, il était impossible de voir au-delà de son nez.
- Comment se repérer là-dedans ? Demanda Valonius.
- Avec les boussoles, répondit Stratner. Nous devons aller au nord.
- C’est impossible de repérer quoi que ce soit, et puis, le sanctuaire est sûrement souterrain, ce qui ne va pas faciliter les recherches.
- Si Longinus est arrivé au centre, nous y arriverons aussi.
En effet, après avoir bravé des kilomètres de terre gelée, le vent relâcha sa pression et le champ visuel de chacun s’élargit.
Devant eux s’étendait un champ désertique d’une blancheur quasi-irréelle brisée en plusieurs endroits. Des manchots empereurs s’agitaient près de l’eau. Henry alla à leur rencontre.
- Reviens Jones ! Ordonna Stratner.
Henry continua.
- Jones !
Il tira une balle à proximité de lui.
- Tue moi si tu veux ça ne changera rien, dit Henry.
Il entra dans la marée d manchots, tous vinrent à lui. Il les caressa et leur parla.
- Il y a du poisson dans cette eau, attrapez-en pour faire des provisions supplémentaires, ordonna Stratner à ses hommes.
Un manchot vint vers lui. Il l’abattit.
Henry se tourna vers lui, il abattit un autre manchot. Henry le fixa avec un regard noir.
- Il est temps d’y aller, dit Stratner.
La nuit arriva. Un campement fut établi. Le vent était faible.
- Nous y serons demain, dit Kurt, si tout va bien.
- Et tout ira bien ,répondit Stratner.
- Regardez, interrompit Indy en désignant le ciel.
Des voiles de lumière venaient d’apparaître, il y en avait de toutes les couleurs, orange, vert, rouge… un spectacle totalement magnifique.
- Ce sont des aurores boréales, dit Indy, des particules solaires piégées par le champ magnétique terrestre.
Stratner regardait sa boussole. L’aiguille s’affolait.
- Et il va durer longtemps ce phénomène ?
- Toute la nuit.
- Nous ne pourrons pas partir avant l’aube comme il était prévu, dit Kurt. Si toutes les boussoles sont comme la votre.
- Nous partirons comme prévu.
- Mais sans boussole pour nous guider, nous allons droit à la mort.
- Je sais où aller.
- J’en doute Klaus.
La nuit fut difficile à passer pour Indy, il faisait très froid, même avec des vêtements chauds à l’abri dans une tente. Il entendit des grognements. La lumière de la pleine lune éclaira une ombre vaguement humanoïde dressée contre la tente. Une sorte de mammifère aux oreilles pointues avec quatre pattes. L’animal grogna et déchira la toile, Indy le vit face à face : comme un loup effectivement, mais en plus évolué, gros, blanc, des dents pointues, des yeux noirs et grand comme un homme. Indy porta la main à son revolver mais le loup lui bondit dessus immédiatement. Il se débattit pour ne pas se faire arracher le visage d’un coup de patte ou de mâchoire. Des dizaines de coups de feu éclatèrent brusquement, l’animal blessé ne tomba pas mais hurla de douleur. Il se retourna vers les soldats et bondit, Indy tira alors sur lui, l’achevant. Kurt vint vers lui.
- Je ne savais pas qu’il y avait des loups dans ce secteur.
- Il n’y en a pas, ils ont été apportés.
- Par les fidèles de Longinus ?
- Tu pense pouvoir survivre combien de temps sans la compagnie d’un chien ?
Le groupe partit bien avant l’aube, toujours sous la lueur majestueuse des aurores boréales. La boussole était complètement inutile. Ils s’engagèrent sur un terrain craquelant.
- Ce n’est pas de la terre ça, fit Indy.
- Avancez ! Ordonna Stratner.
Ils obéirent. Arrivés à mi-chemin le craquement se fit plus intense et des failles se dessinèrent.
- Il faut faire demi-tour, dit Indy.
- Avancez !
- Nous serons piégés si nous faisons un pas de plus.
- Vous feriez tout pour me retarder Jones, passez devant Kurt.
Kurt obéit et passa devant Indy. Il s’enfonça alors dans un trou d’eau gelée. Indy attrapa son bras in extremis et le remonta. Mais il était déjà tombé dans l’inconscience, voir la mort. Indy écouta son cœur.
- Hypothermie, il faut vite faire quelque chose ou il est mort.
Tout craqua autour d’eux, d’autres failles apparurent.
Indy prit Kurt sur son dos.
- Que tout le monde avance un par un, lentement et sans crainte.
Il avança pas à pas et atteignit l’autre côté. Les autres suivirent, Stratner fut le dernier, il manqua de tomber dans un autre trou.
- Dommage, fit henry en lui souriant.
Indy posa délicatement Kurt à terre et ouvrit son épaisse combinaison-uniforme. Il posa ses mains en croix sur son cœur et compressa quinze fois et fit du bouche à bouche.
Rien.
Il recommença la manœuvre.
Toujours aucun résultat.
- Allez petit, ne me fais pas ça !
Il recommença.
- Rien à faire.
- Laisse-le Indiana, c’est terminé, dit Henry.
- Non !
Il recommença.
- Allez Kurt ! Bats-toi ! Bats-toi !! Allez !!
Kurt éructa de l’eau et toussa fortement.
- Oui !!
- Jamais plus je ne me baignerai dans une eau si froide, dit Kurt.
Ils éclatèrent tous de rire, sauf Stratner.
- Je suis fatigué.
- Tu m’étonne ! Tu dois te reposer, je sais que ce sera un peu impossible ici mais essaye.
- Je ne suis pas sur de pouvoir marcher.
- Nous t’aiderons.
- C’est la seconde fois que vous me sauvez la vie professeur.
- Je n’allais tout de même pas te laisser mourir !
- Vous auriez pu, après tout ce que vous avez subi par ma faute.
- Je te pardonne.
- Alors…pas de retenue professeur ?
- Aucune, allez, lève-toi.
Il l’aida à se relever et vit Stratner regarder au loin avec ses jumelles.
- Votre protégé a failli mourir et vous vous en moquez ? Demanda Indy.
- Il est en vie non ?
- Vieil imbécile !
- Professeur, quoi qu’il arrive, je suis de votre côté maintenant.
Ils se remirent tous en marche, Indy et Henry portaient Kurt, Indy vit Sophia devant eux, seule.
- Continuez père, je dois lui parler.
Il alla à elle.
- Pas trop froid ?
- Je suis frigorifiée, mais j’ai connue bien pire. Tu t’en es bien sorti avec Kurt.
- J’aurais voulu qu’il revienne à ce qu’il était autrefois de façon différente mais, le ciel en a décidé autrement.
- Stratner doit être en rage de l’avoir perdu.
- Il va chercher à corrompre une autre personne, c’est de toi que tout va dépendre Sophia. Il ne doit surtout pas t’utiliser.
- Ce n’est pas lui qui m’inquiète le plus tu sais.
- Alors de quoi as-tu peur ?
- Les esprits de l’au-delà. Je me demande pourquoi il faut les invoquer. Le manuscrit représente la frontière entre ce monde et l’autre, ce qui signifie qu’avant sa création il n’y avait qu’un seul monde. Pourquoi Longinus aurait fait créer ce manuscrit ? Et les ossements.
- Il avait sûrement de bonnes raisons.
- Les esprits sont dangereux Indy, souvient toi de Nur Ab Sal.
- Il t’avait possédé.
- Je ne veux pas que ça recommence.
- Je suis là pour te protéger.
- Tu crois pouvoir faire ça, pauvre mortel ?
Au bout d’un moment le vent fut plus intense, de plus en plus intense.
- Je croyais que plus nous avancerions au centre plus nous serions tranquille ! Hurla Indy dont la voix fut quasiment masquée par le souffle du vent aussi puissant qu’une tornade.
- Nous y sommes ! Hurla Stratner. Le sanctuaire est ici !
- Il n’y a rien ! Fit Henry. Juste la mort, comme je l’avais dit !
- C’était de la folie ! Hurla Kurt, de la pure démence et de la pure…
Le souffle infernal s’estompa brusquement, tout redevint calme et clair.
- Ca n’a aucun sens, dit Henry.
- Ce n’était qu’une banale tempête, fit Stratner. Cherchons l’entrée du sanctuaire maintenant.
A peine eut-il fait un pas que le sol se fissura.
- Oh non, s’inquiéta Indy.
Les fissures se multiplièrent encore et encore.
Et tout se brisa sous leurs pieds, les entraînant dans un vide profond. Dans leur chute, l’atmosphère se fit de plus en plus lourde, de plus en plus chaude et suintante. Jusqu’à la fin.