Quelle ne fut pas la surprise de Stratner en découvrant ce que renfermait l’immense porte noire. Son regard ne fut pas un regard d’émerveillement, mais d’incompréhension.
Car il n’y avait aucun sanctuaire. Juste un autre chemin de terre bordé par des murs de roche, un chemin se perdant dans un horizon ténébreux. Stratner fit un pas en avant mais Sophia le retenu.
- N’entrez pas.
- Il fallait me dire cela bien avant ma belle.
Dès qu’il posa un pied à l’intérieur des portes, les parois de pierre tremblèrent. De la glace et des cailloux tombèrent suivi d’un intense tremblement de terre.
- Les esprits du saint veillent sur le sanctuaire, ne cherchez pas à les troubler ou cet horizon de ténèbres sera le vôtre, dit Sophia à moitié en transe.
- Sophia ? Fit Indiana. Tu va bien ?
- Vous jouez bien la comédie, fit Stratner, mais plus rien ne me fera faire demi-tour désormais.
Il marcha d’un pas cadencé, le plafond noir s’illumina, traçant la voie comme les tunnels précédents.
- Il est trop tard, dit Sophia.
- J’ai les reliques et la lance, dit Stratner, que peut-il bien me manquer ?
- La foi.
Quelque chose se mit alors à briller dans la poche gauche de Stratner, une intense lueur bleutée, il y porta sa main et en ressortit les quatre fragments.
- La lance du destin a rejoint le sanctuaire, l’heure de sa revanche approche, dit Sophia. La lance vous guidera à votre destin, celui de tous les êtres vivants sur ce monde : la mort.
- Ça suffit ! S’exclama Stratner, rien ne m’arrêtera, ni la mort, ni les esprits, ni même Dieu en personne !
La lueur des fragments s’estompa jusqu’à disparaître.
- Tout est dit, finit il avant de continuer sa marche.
Plus ils avancèrent plus ils relevèrent des signes d’existence d’autres civilisations, de simples gravures sur les murs sous forme de symboles alphabétiques inconnus jusqu’aux squelettes des fidèles de Longinus et de leurs descendants.
- Ils sont restés jusqu’à la fin, dit Indy.
- Évidemment, où pouvaient ils aller ? Dit Henry.
Stratner sortit les ossements.
- Que faites-vous ? Demanda Indy.
- Ce qu’il faut faire docteur Jones, répondit-il en les jetant au sol.
Le plafond de feu s’assombrit quelques instants, il y eut un faible courant d’air. Quand tout redevint clair, les ossements s’assemblèrent pour former deux symboles particuliers.
- Qu’est ce que c’est ? Demanda Henry.
- Ce sont des runes, répondit Sophia.
- Et que disent ces runes ? Demanda Stratner impatient.
- S.H.
- S.H ? ça n’a aucun sens ! Dit Stratner.
- Oh si ça en a un, dit Indy. Ce sont les initiales du nouveau propriétaire de la lance du destin : Sophia Hapgood.
Pour Stratner ce fut comme recevoir une balle en pleine tête.
- C’est impossible !
- Les ossements ont parlé Klaus, tu dois te conformer à leur décision. Sophia est la seule à pouvoir contrôler le pouvoir de la lance désormais.
- Ça ne signifie rien !
- Oh si au contraire, ça signifie que tu a perdu.
- Non ! Ils mentent ! Ces maudits ossements mentent !
Il se précipita sur eux pour les relancer mais ils ne restèrent parfaitement immobiles cette fois.
- Non !!
Le fragments recommencèrent à luire.
- Donne-les à Sophia, ils lui appartiennent désormais.
Le vieil homme obéit.
- Merci. Nous allons faire ce qu’il y a à faire, et ensuite nous rentrerons à New-York pour te remettre aux autorités. Sois gentil de nous attendre ici, ce ne sera pas long.
- Attendez. Vous oubliez le manuscrit, dit Stratner en le brandissant.
- C’est vrai, Kurt, prends-le s’il te plait.
Kurt avança vers Stratner, ce dernier le braqua de son pistolet automatique.
- Plus un geste traître ! Aucun de vous ne détruira ma lance !
- Rangez cela, dit Indy, c’est inutile.
- Docteur Jones, c’est vous qui ne cessez de dire que la lance n’a aucun maître.
- Oui.
- Eh bien alors, ainsi soit-il.
Il tira sur Sophia.
Elle tomba à genoux, ne réalisant pas ce qu’il venait de lui arriver. Stratner éclata de rire et alla reprendre les fragments qu’elle avait laissé tomber pour les embrasser.
- Sophia parle-moi !
- Je t’aime, dit-elle faiblement avant de fermer les yeux, définitivement.
- Sophia !!
Stratner éclata à nouveau de rire.
- Ne la pleurez pas, vous la rejoindrez dans quelques secondes, quand les deux mondes seront mon royaume.
Il déplia le manuscrit.
- Il est temps d’en finir.
- Non ! Hurla Henry.
Stratner prononça les mots inscrits, quand il eut achevé sa lecture, les écritures devinrent rouge, comme si elles s’enflammèrent, Stratner lâcha le manuscrit sous l’effet de la chaleur brûlante du papier. Il vit alors que ses mains étaient en feu, les flammes se propagèrent sur ses bras puis sur le reste de son corps, il était en train de s’immoler. Le plafond de feu s’agita, les parois tremblèrent, la combustion de Stratner cessa brusquement, il releva alors la tête, ses yeux étaient noirs. Et il dit d’une voix calme :
- Votre fin est arrivée.
Le plafond de flammes commença à s’émietter et à s’écrouler.
- Courez ! Hurla Kurt.
Il ramassa le manuscrit juste avant de manquer de se faire écraser par un morceau de plafond.
Tous fuirent à toutes jambes dans la galerie, poursuivis par la dévastation galopante.
- Ne vous retournez pas, hurla Indy, ne vous retournez pas !
- Junior, je ne pourrais pas y arriver !
Indy attendit son père et le porta, il en fut ralenti. Les parois se mirent à exploser autour d’eux, c’était le chaos.
- Nous allons mourir ! Hurla Kurt.
- Ferme là et avance !!
Tout cessa brusquement, ils se retournèrent et virent que l’éboulement s’était arrêté.
- Merci seigneur, fit Henry.
Des craquelures apparurent sur les murs.
- Oh pitié ! Fit Indy.
Et tout recommença, ils coururent d touts leurs forces, mais ils étaient épuisés, et le nuage de poussière et de débris les faucha pour les enterrer progressivement.
Quand tout fut terminé, deux mains jaillirent des cailloux, une tête émergea, puis un corps, deux autres suivirent.
- L’attraction est terminée, dit Indy.
Il aida son père et Kurt à se relever. Autour d’eux c’était le chaos absolu, tout était en ruines et il n’y avait aucune issue.
- Et voilà comment tout se termine, dit Henry.
- Tout n’est pas encore joué, dit Indy.
- Pas encore ? Stratner est devenu un monstre, Sophia est morte, tout est perdu ! Sinon, c’est vrai que tout n’est pas encore joué !
- Nous allons sortir d’ici.
- J’aimerai avoir ton optimisme Junior, mais c’est loin d’être le cas !
La roche autour d’eux sembla alors fondre. Une multitude de flammèches jaillirent su sol, elles s’assemblèrent pour former le corps de Stratner.
- Mes chers amis ! Pensiez-vous donc m’abandonner ainsi ?
- Mon Dieu mais qu’est ce qu’il t’ai arrivé ? Demanda Henry.
- Les esprits ont fait de moi leur chef.
- Les esprits ?
- Le ombres de l’au-delà qui souhaitent depuis longtemps la chute de Dieu et l’établissement d’un royaume unique pour créer un ordre nouveau. Celles qui ont suivi Longinus pour lui voler son pouvoir à sa mort, mais qui ont été trahies et exécutées. Maintenant que les deux mondes sont réunis grâce au pouvoir du manuscrit, ces âmes vont pouvoir se venger, tout comme moi.
Il envoya un jet d’énergie écarlate contre Henry qui fut éjecté quelques mètres plus loin.
- J’attendais ce moment depuis très longtemps.
Il leva à nouveau sa main pour lancer un nouveau jet d’énergie mais il en reçut lui-même un en plein visage.
Tous les visages se tournèrent vers une sphère bleutée qui se matérialisa en un magnifique corps de femme.
- Sophia.
Stratner fut enragé de la revoir en vie, il lui envoya un jet de flammes, elle le repoussa.
- Indy, fuyez jusqu’à la tombe et détruisez la lance !
- Mais nous aurons besoin de toi !
- Je serai là.
Le champ de pierres devant eux s’écarta pour créer un passage.
- Père, tenez bon.
- Je me sens très mal.
- Courage, nous y sommes presque.
Ils partirent tous, laissant Sophia aux prises avec Stratner.
Kurt avait le manuscrit, Indy les fragments et Henry les ossements.
- Pourvu que la tombe soit proche ! Dit Kurt.
Ils arrivèrent à un cul-de-sac.
- J’y crois pas ! S’exclama Kurt.
Ils glissèrent alors et tombèrent à travers le sol.
La chute se termina sur une surface dure en fer portant des inscriptions. Ils levèrent la tête, et virent la tombe.