JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 123 : Birdland, le dernier Mystère (Partie 4)

Par shinundakara

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Paris, plusieurs heures plus tôt


Depuis plusieurs minutes, Adam restait agenouillé au sol, face contre terre. Chaque fois qu’il essayait de se relever, des pensées intrusives le pliaient en deux d’un violent coup de poing du fond des tripes. 


Adam : Putain, je les hais tous…


Le pouls de ses veines frappait sa peau pour tenter de s’échapper du chaos qui régnait dans tout son corps. Sa vision périphérique s’obscurcissait progressivement pour ne laisser qu’une vague tâche nette au milieu d’un tableau noir immaculé. La lumière ne voulait pas s’éteindre quand il fermait les yeux et l’obscurité le poursuivait quand il les rouvrait. 


Adam : Ziggy a tout fait pour ces salopards de ritals…et ils viennent jusqu’à sa boutique pour le buter !! 


Adam était seul. Progressivement, les passants curieux avaient quitté la petite ruelle, se désintéressant de l’homicide d’un petit disquaire délinquant. Batya le surveillait de loin, inquiète que ses tendances auto-destructrices ne reprennent le dessus. 


Adam : C’était un gosse ! Comment on peut buter un gosse ?! Pourquoi c’est pas moi qui suis mort, merde ?! Salomon, Ziggy, pourquoi je suis trop faible pour vous protéger…?


Un mélange de larmes et de sueur tomba de son visage, glissa le long du dos de sa main avant de se noyer dans les petites crevasses du goudron. Ses doigts tremblants effacèrent les marques de faiblesse du coin de ses yeux et attrapèrent son téléphone avec difficulté. Le jeune garçon abandonné appuya sur les touches du clavier les unes après les autres, en laissant le temps de deux respirations entre chacune d’entre elles. Il colla le téléphone contre son oreille, son souffle s’accélérant à chacune des sonneries sans réponse. 


Adam : Vas-y, réponds…je t’en supplie, RÉPONDS !


Ses doigts écrasèrent à nouveau les touches frénétiquement pour composer un numéro différent du premier. Le bruit emblématique et libérateur du décrochage retentit de l’autre bout de fil.


Vizioo : Je croyais vous avoir précisé de ne pas rappeler les numéros que je vous transmettais.


Adam : J’en ai rien à foutre ! Je veux juste que tu me balances l’endroit où ce connard de Boss se planque !


Vizioo : Alors, Vous n’êtes pas arrivés à temps, je vois…J’en suis désolé. J’ai fait tout mon possible pour que vous n’ayez pas à assister à ça.


Adam ne prit même pas la peine de répondre. Que pouvait-il faire de la compassion d’un inconnu qui se servait d’eux comme larbins depuis le début ? Tout ce qui l’intéressait était de venger la mort de son frère, de faire payer au monstrueux coupable. Peu importe que le responsable soit un dieu vivant ou un simple mortel, il allait croupir en enfer. 


Vizioo : Tes compagnons ont décidé d’aller affronter le dernier Mystère sans toi. Ils arriveront peut-être à le vaincre…


Adam : Alors, ils ont vraiment foncé tête baissée sans partir à ma recherche…


Bien qu’à la profonde tristesse se mêlait de l’amertume, c’était probablement la meilleure décision qu’ils pouvaient prendre. Adam devait poursuivre la piste des deux hommes suspects dont il avait entendu des passants discuter lors d’un de ses brefs moments de clarté des dernières heures. Il les mèneraient directement au commanditaire de cet assassinat. 


Vizioo : Cependant, il semblerait que le dernier Mystère se soit allié avec votre cible. Amputé de deux membres, ils n’ont aucune chance de sortir vivants de leur affrontement contre le Boss de la Passione.


Adam : Quoi ? Ils vont faire face au Boss ?! Ils vont…ils vont…


Sans pouvoir finir sa phrase, des flashs de Salomon et de Ziggy traversèrent son esprit, s’alternant sans s’arrêter pendant ce qui lui sembla être une éternité. A la fin de cette projection funèbre, la bande se bloqua sur une image, celle du visage de Jojo qui, lentement, se couvrait de sang et de crasse. 


Adam : Je dois les rejoindre au plus vite ! Dis-moi comment je peux les retrouver ! Où est le dernier Mystère ?!


Vizioo : Si tu penses pouvoir les sauver…Vous devez vous rendre à Lyon et suivre l’aigle noir devra vous amener jusqu’au Mystère. Votre temps est compté.


Avant qu’Adam ait pu poser la moindre question supplémentaire, une suite de bruits de buzzers à intervalles marqua la fin de la communication. La panique de perdre de nouveaux êtres chers avait animé son cœur de la même énergie qui l’avait fait venir à Paris. Le visage de sa jeune amie en danger - celle qu’il avait tant maltraitée jusqu’ici - s’était imprimé dans son esprit. Batya s’approcha de lui et posa une main compatissante sur son épaule. 


Batya : Est-ce-que tu te sens vraiment en capacité d’y retourner maintenant ? Il faudrait peut-être que tu prennes du temps pour tout absorber…tu as traversé beaucoup de choses ces derniers jours…il est plus prudent que tu…


Adam : C’est gentil de t’inquiéter pour moi, Batya mais je n’ai pas le temps de me morfondre. Et même si j’en avais le temps, je n’en ai pas le droit.


Adam remarqua que sa main tremblait, trahissant ses paroles rassurantes. Le visage de Batya se contracta dans une moue sceptique et compatissante. Après quelques mètres parcourus dans une rue adjacente, le jeune homme repéra quelque chose se séparant de la monotonie du goudron. Il se baissa pour attraper le rectangle de plastique brillant au sol. En y regardant de plus près, il semblait s’agir d’une carte d’identité avec une adresse et un nom : Monté Coborn. 



***



Job et Check the Rythm se lancèrent dans le couloir toujours jonché des silhouettes roses inanimées de leurs précédents ennemis. Shizuka se préparait à le suivre mais une force inconnue retint son bras en arrière. En se retournant pour voir ce qui se passait, elle vit ses ronces solidement accrochées aux barreaux et, suspendue à la tige, une des trois Bells sonnait de tout son corps. 


Bells 2 : Un grand péril t’attend dans ce couloir ! N’affronte pas ta ta peur du noir ! Remonte à la surface, il n’y a pas de honte à être un couard !


Shizuka : Une Bell ? 


De nouvelles cavités se formèrent dans le sol des égouts sans que, cette fois, le moindre volatile n’en sorte. 


Job : Il est déjà à court d’oiseaux ? 


En un instant, le couloir sombre fut inondé de lumière bleue. L’éclair fut suivi par un puissant tonnerre qui s’abattit sur les tympans de Job. D’un bond, le colosse esquiva l’arc électrique se déployant et se précipita vers le puits de lumière à proximité de la petite fille. A l’abri, il reprit son souffle aux côtés de Shizuka. 


Shizuka : Job, tout va bien ?! 


Job : Visiblement…il n’a pas uniquement la capacité de transférer des êtres vivants…il a réussi à transférer de la foudre…


Maneater : Il doit être capable de transférer de l’énergie en plus de la masse…Il doit y avoir une forme d’équivalence entre les deux…

 

Maneater, réveillé par les remous de Job qui le portait dans ses bras, tentait d’articuler des sons intelligibles par l’intermédiaire de son Stand. 


Shizuka : En tout cas, ici, on devrait être hors de portée d-


Malgré le danger éloigné, les Bells, cette fois-ci à l’unisson, se mirent à sonner l’alerte de toutes leurs voix agaçantes. Tandis qu’ils cherchaient une solution, l’aigle noir, chien ailé de Zeus, volait à travers le couloir en le perçant de foudre tout au long de sa traversée. 


Job : La foudre se rapproche de plus en plus de nous. Cela ne peut signifier qu’une chose : le manieur se déplace en même temps que l’aigle pour que sa foudre nous atteigne. Nous sommes passés de chasseurs à chassés ! 


Maneater : Il cherche sûrement…à toucher les barreaux de métal de l’échelle…S’il arrive à faire passer le courant à travers…


Shizuka : on sera électrocutés quand on voudra fuir vers la surface ! Mais ça, c’est seulement s’il peut localiser les barreaux ! 


Après avoir rendu sa manieuse et ses compagnons invisibles, Achtung Baby fit tournoyer son revolver et bombarda les alentours de balles d’invisibilité qui s’étalèrent sur tous les murs des égouts. La transparence dégoulinante, laissait apparaître les roches parsemées de tuyaux et de câbles et le ciel de la surface au-dessus d’eux, rendant quasiment impossible de déterminer la position de l’échelle.


L’aigle tournoya autour d’eux, invoquant la foudre en plongeant vers les portails qu’il formait et chatouillant les nuages du bout de ses ailes. Une véritable course contre-la-montre se lançait entre le prédateur et ses proies : les fuyards s’appliquaient à grimper les barreaux invisibles tandis que le rapace quadrillait précautionneusement l’espace potentiel qui l’entourait. Sans repère visuel, la distance avec la surface ne semblait pas se réduire comme celle avec une oasis en plein désert tandis que le danger qui les poursuivait se faisait de plus en plus pressant. 


En regardant vers le bas, la jeune fille croisa le regard de l’aigle fixant le vide où elle se trouvait. Elle était certaine que l’oiseau ne pouvait pas la voir mais sa pupille obsidienne dévorait son âme. Shizuka suivit le point que l’aigle fixait : un demi-centimètre de métal avait trahi l’invisibilité du Stand, à la merci de la vue de l’animal et de son manieur. 


Comme le virus de la rage, si la panique remontait jusqu’au cerveau de Shizuka, elle n’avait aucune chance de survivre. Elle n’avait que quelques secondes pour agir. La connexion vers le ciel orageux était déjà en train de s’ouvrir. Le ciel nocturne de la pupille inhumaine s’embrasa de lumière bleue. 


Achtung Baby : WAN ! 


L’ange arracha la barre de fer du mur, laissant choir sa manieuse en arrière. Le projectile fendit l’air en direction de l’aigle. D’un simple battement d’ailes, il tournoya pour esquiver avec grâce au-dessus du portail. Le prédateur - et le manieur derrière ses yeux - lui lança un regard de provocation alors que la foudre s’apprêtait à la frapper. La petite fille lui répondit par un sourire derrière son voile d’invisibilité comme un chat de Cheshire ayant capturé sa proie. Achtung Baby libéra toute la rage que sa manieuse ne pouvait exprimer. 


Shizuka : La foudre choisit le chemin le plus court et avec la résistance la plus faible. Que ton oiseau ait esquivé la barre ou pas, le résultat est le même…


La fillette s’accrocha au bout de la jambe du pantalon de Job dont elle frôla le tissu pendant sa courte chute. L’éclair s’abattit sur la barre de métal avant de traverser le corps de l’oiseau, les muscles raidi par le choc, pour aller s’éteindre contre le plafond invisible du couloir.


Shizuka : Tu étais sur sa route. 


Le corps de l’oiseau tomba lourdement au sol tandis que les trois silhouettes invisibles regagnaient la surface. Shizuka prit le temps de se retourner tristement vers la dépouille inanimée de l’animal manipulé. 


À une centaine de mètres de là, le Mystère commençait à perdre son calme. Même si son pouvoir grandissait à chacun des pas de ses ennemis, elle n’avait jamais été poussée dans de tels retranchements. Tout en réfléchissant, elle ajustait le foulard lui couvrant la tête pour lui redonner son pli habituel. Maintenant que les trois ennemis avaient compris le fonctionnement de son Stand, ils pourraient facilement trianguler sa position et celle du Boss. Elle ne pouvait pas s’arrêter, elle devait les anéantir jusqu’au dernier. 


Saba : Vous allez comprendre ce que ça fait d’être sacrifiable. 






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