JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby
Chapitre 125 : Birdland, le dernier Mystère (Partie 6)
2861 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 19/09/2026 22:30
Après plusieurs heures de voyage, Batya et Adam atteignirent enfin Lyon, la ville abritant le Boss de la Passione. Le temps du voyage n’avait pas calmé l’ouragan d’émotions qui traversait le cœur du jeune homme. Son déni de ce double deuil alimentait sa rage contre le Monde et contre lui-même. Malgré son manque d’expérience dans le rôle de grande sœur, Batya avait tenté de lui parler mais rien n’avait fonctionné. Elle faisait face à un mur de colère et de tristesse. Cela faisait plusieurs heures qu’aucun des deux n’avait prononcé le moindre mot.
Adam : Alors, est-ce que tu serais capable de me guider jusqu’à la cachette du Boss ?
Batya : Le Boss ? Mais Monsieur Polnareff est dans un repaire sécurisé à l’opposé de la ville ! Ce n’était pas ce qui était convenu, j’ai toujours dit que je devais te protéger et te ramener sain et sauf à ton père, pas te jeter dans la gueule du loup !
Adam : Mon père peut attendre ! Je dois d’abord me débarrasser de ce meurtrier. Je dois venger Ziggy pendant que son corps est encore chaud, bordel !
Batya : Justement ! Tu n’es pas à la hauteur d’affronter Giovanna. Personne ne l’est ! Cela fait plusieurs nuits qu’on ne dépasse pas l'heure de sommeil ! Laisse-toi le temps d’accepter la mort de ton ami. Il n’aurait pas voulu que tu ailles te faire tuer !
Comme à son habitude, Batya essayait, du mieux qu’elle pouvait, de dissimuler son tiraillement intérieur. Une grande ombre passa devant le Soleil, provoquant une brève éclipse au-dessus de leurs têtes. En levant les yeux, Adam distingua un rapace au splendide plumage noir s’élever dans les airs d’un agile battement d’ailes.
Adam : L’”aigle noir”. De toute façon, que tu décides ou non de m’aider, j’irai l’affronter. Tu pourras dire à mon père que tu as essayé de me ramener mais que j’ai refusé de t’accompagner. La mission qu’il t’a confiée s’arrête là.
Adam se mit à poursuivre la silhouette du grand oiseau. Batya se recula légèrement pour photographier sur une même image son petit-frère et le refuge de leur père adoptif, situé à plusieurs centaines de mètres. Elle s’apprêta a plier l’image avec son Stand pour ramener le fils téméraire sur le bon chemin. Cependant, en regardant cette photo de famille de fortune, la jeune femme resta bloquée quelques secondes sur cette idylle.
Batya : Fais chier !
Batya conserva l’image instantanée en souvenir et la fourra au fond de sa poche. La photographe s’élança à toute vitesse dans la rue, bousculant négligemment les passants, pour rattraper l’avance d’Adam.
***
Privée des deux autres membres de son trio, Shizuka faisait le tour de l’amphithéâtre en courant et grimpant les petits murets pour trouver une ouverture dans la défense impénétrable de leur adversaire. Sous le voile protecteur d’Achtung Baby, il lui était impossible de communiquer avec Job et Maneater sans instantanément révéler sa position. Elle s’arrêtait quelques instants pour reprendre son souffle et regarda le ciel : ouvrant les nuages en deux, un vaisseau fantôme gigantesque menaçait l’arène de sa proue rouillée recouverte d’algues et de bernacles.
Shizuka : C-comment ce Mystère peut transporter quelque chose d’aussi gigantesque ?! Et t-tant que la foudre peut s’abattre n’importe où, je peux pas les rejoindre ! Respire…il suffit de te concentrer et de bien observer…
Malgré la situation désespérée, la jeune fille se concentra sur l’immense masse de métal qui s’apprêtait à tomber du ciel au milieu de la pluie d’eau salée. En y regardant de plus près, le portail n’était pas précisément au-dessus de l’arène. Il était légèrement décalé vers l’Est. Le décalage était minime donc il y avait peu de chance qu’il ait été laissé volontairement. En descendant son regard depuis le bateau jusqu’au sol, elle remarqua trois immeubles adossés à la partie orientale de l’arène qui était les plus proches du point de rencontre.
Shizuka se précipita à toute vitesse sous le bombardement de petits oiseaux et le grondement souterrain du tonnerre. Ses yeux suivaient scrupuleusement le rapace noir qui tournaient autour de l’arche perforant le ciel et au-dessus de l’arène. Son regard paniqué n’arrivant pas à le trouver, elle priait de tout son cœur pour que Maneater ait réussi à se cacher en profitant de son invisibilité. Derrière le rideau de foudre, la jeune Joestar distinguait cependant le nuage de grains de poussière formant la silhouette de Job. Si elle-même le distinguait, il était à la merci de la prochaine attaque du Mystère. N’écoutant que son courage, elle fit apparaître Achtung Baby et tira une salve de balles d’invisibilité, atteignant son ami sans difficulté.
L’aigle noir au centre de la place repéra instantanément le changement dans le décor. Il frôla le bout de l’épave rouillée déjà sortie au deux tiers de son portail céleste et plongea en piqué vers l’endroit où le Stand venait d’apparaître. Shizuka continua sa course sans tressaillir ou se retourner au moment où la foudre frappa l’endroit où elle se trouvait quelques secondes plus tôt. A bout de souffle, elle atteignit enfin les trois façades muettes, lui proposant un jeu de bonneteau cruellement crucial
Shizuka : Allez, Shizuka, réfléchis ! Il doit forcément y avoir un moyen de savoir dans lequel le manieur se planque !
***
Job, redevenu invisible, sautait d’un bord à l’autre de l’arène pour esquiver les projectiles qui menaçaient de l’atteindre tout en prenant garde de rester éloigné de l’éclat de la foudre. Son ouïe restait concentrée sur cet écho qui se faisait plus net à chacun des impacts.
Maneater : J-Job…regarde à ta gauche…
Le tympan de l’ancien Chef d’Orchestre avait vibré d’une façon familière. En regardant dans la direction indiquée, il repéra un tas de débris et de poussière, légèrement plus surélevé. Sans s’approcher, il poussa un soupir de soulagement que son compagnon ichtyen ait pu échapper à la détonation.
Maneater : Je sais que tu perçois également ces échos de son Stand et que tu as réussi à en retracer l’origine… Il faut en informer la petite humaine… J’ai assez de force pour amplifier ta voix ou un son que tu veux produire…mais…il faut bien le choisir…
Job : Pour que l’ennemi ne se doute de rien…Je sais quoi faire…amplifie ce que je vais jouer.
Les paroles de Job ne produisaient pas le moindre son mais les vibrations de l’air atteignirent Maneater qui se tint prêt à réagir. Check the Rythm apparut pendant un court instant, à une petite distance de sécurité de son manieur, et commença à jouer d’une seule main une mélodie sonnant étrangement incomplète et en quelques notes aigües éparses. Un énorme débris métalliques chuta du ciel et lacéra le bras de Job avant qu’il n’ait pu finir son morceau, dans une giclée de sang noir. En se tenant le bras, le musicien s’éloigna en lançant une traînée de sang noir qu’il tentait tant bien que mal de bloquer avec sa main encore valide. Son regard se porta vers le ciel où l’énorme navire de guerre masquait le soleil et d’énormes colonnes d’eau de part et d’autres de la coque, préparant sa libération de l’étroit portail.
Job : Signorina, c’est à vous maintenant de nous sauver…
***
Saba : Enfin…Plus que 10 secondes avant que ce satané Bismarck ne leur tombe dessus ! Si j’avais su que ce vieux cuirassé prendrait aussi longtemps, j’aurais choisi plus petit !
Elle regardait les écrans à la recherche de la petite fille disparue qui était la dernière menace à la bonne tenue de son plan. De toute façon, elle viendrait la cueillir dès qu’elle ferait la moindre erreur trahissant sa position. Pour faire descendre les derniers mètres du bateau, elle descendait lentement le stick directionnel au centre de sa console.
Saba : Going…Going…Go-
Avant d’avoir pu finir sa phrase, un énorme fracas traversa son appartement. La grande porte de bois s’écrasa lourdement au sol, ne révélant aucune silhouette derrière elle. La forme invisible l’attrapa au col et la plaqua contre son siège.
Shizuka : Arrête tout de suite ton Stand si tu veux pas que je te fasse du mal !
Saba : O-OK…C-comment tu as retrouvé mon appartement ? Je suis censée être indétectable de l’extérieur ?!
Shizuka : La mélodie que mon compagnon a joué, c’était la Septième Symphonie de Beethoven mais…seulement la main gauche, plusieurs octaves trop haut. Cela voulait dire : bâtiment de gauche et dernier étage.
Saba : C’est complètement con comme code ! C-comment j’étais censé savoir que vous alliez vous parler avec un langage aussi naze ! De toute façon, c’est déjà trop tard !
Saba tira sur le levier sur le côté de son siège pour le basculer en arrière et la rapprocher du précieux stick. Elle tendit sa main et ses doigts frolèrent la grande boule rouge au sommet.
Saba : Ils vont être sacri-
Achtung Baby : NUNBANUNBANUNBANUNBANUNBANUNBAWAN !
Le Stand angélique abattit une pluie de coups de poing sur son adversaire dont le visage se déforma sous les centaines d’impacts. Saba fut envoyée directement au milieu de ses écrans, les pulvérisant dans une pluie de sang noir et d’étincelles. Le poing de son Stand encore levé, Shizuka poussa un soupir de soulagement en voyant le cuirassé disparaître d’un des derniers écrans fonctionnels.
Shizuka : A force de ne jouer qu’à distance, ton temps de réaction est tout pourri !
***
La plaie béante du ciel se refermait lentement au-dessus des têtes de Job et Maneater, laissant lentement disparaître l’arme rouillée qui l’avait transpercé.
Job : Elle a réussi… Cette petite est de plus en plus forte.
L’orage s’étant éloigné, quelques passants moins farouches s’approchèrent de l’amphithéâtre et prirent de nombreuses photos des traces carbonisées du passage de la foudre sur les pavés et les pierres, en ne prêtant aucune attention au spectacle surnaturel de l’arche céleste.
Maneater : Comment tous ces bipèdes peuvent ignorer cet énorme truc dans le ciel ? Vos « avions » ressemblent à ça ?
Job : Je suppose que les portails et les objets qui ne les ont pas encore totalement franchis sont invisibles aux non-manieurs. Cela expliquerait comment le Mystère a réussi à rester discret dans une ville de cette taille… Ne perdons pas plus de temps, la Signorina est toujours seule face à l’ennemi !
Le squale s’entoura d’une enveloppe d’eau tremblotante et suivit Job et sa dizaine de mètres d’avance. Les deux compagnons s’engouffrèrent dans l’immeuble source des échos des explosions quelques minutes plus tôt. Ils ne connaissaient pas encore la forme du Stand de leur ennemi mais il semblait capable de retranscrire fidèlement le son et l’image à son manieur. Une fois le seuil de la porte passé, ils redoublèrent de prudence en escaladant les frêles marches de bois de l’escalier central. Toutes les fenêtres étaient murées ou barricadées, ne laissant passer qu’un mince filet de lumière qui dévoilait la poussière en suspension dans l’air de la pièce. A chaque étage, de nouvelles entrées closes semblaient les toiser, abritant derrière elles autant de menaces potentielles. Seul le dernier se distinguait des autres : la lumière artificielle provenant du vide formé par la porte arrachée de ses gonds quelques minutes plus tôt bavait sur le sol du couloir.
Job : Signorina ! Vous êtes saine et sauve !
Shizuka : Job, Manny ! je suis tellement soulagé ! Je n’arrivais pas à vous voir sur les écrans après qu’ils aient été détruits…
Saba : Le Voyageur ne doit pas…gagner…
Bien que Job et Maneater était soulagé de voir la fillette dressée droite sur ses jambes en pleine forme, c’était son adversaire qui était dans un état préoccupant : la jeune femme était recouverte de bleus, lui déformant les traits encore visible sous la pellicule de sang noir séché.
Shizuka : J’aurais préféré ne pas en arriver là mais elle ne m’a pas vraiment laissé le choix…le bateau allait s’écraser sur vous !
Maneater : Maltraiter des animaux comme elle le faisait - même si c’était des sales piafs -, elle n’a eu que ce qu’elle méritait ! Au moins, on aura pas de mal à récolter du sang noir.
Job sortit le précieux carnet du sac et le tendit à la jeune Joestar pour qu’elle puisse enfin conclure cette histoire de l’encre noire du dernier Mystère. La Signorina approcha la page blanche de la joue de leur adversaire inconsciente. En dirigeant son regard vers le visage, elle fut étonnée de constater qu’un petit papillon blanc s’était posé sur son nez. En quelques instants, l’abdomen et la tête de l’insecte s’enfoncèrent dans ses ailes qui, à leur tour, s’aplatirent pour former un petit pansement.
Shizuka sentit le parquet s’animer sous ses pieds et l’entraîner en arrière. En reculant, elle distingua brièvement les trois Bells agonisantes au sol, tranchées en deux sans avoir eu le temps de sonner l’alerte. Les lames s’enroulèrent autour de son corps pour comprimer sa cage thoracique, lui bloquant la respiration. Peu à peu, le duramen du bois se changea lentement en écailles aux motifs complexes. La poutre apparente du plafond se transforma en gigantesque racine, se divisant à de nombreuses reprises pour plaquer les membres et le cou de Job contre le mur de la pièce. HOPE s’échappa de la poigne du colosse et atterrit hors de portée des trois prisonniers. L’immense piano à queue dans le coin de la pièce se contorsionna pour attraper Maneater dans sa gueule. Les marteaux se changèrent en gigantesques canines, le bois laqué en un cuir tanné et l’instrument tout entier en un hippopotame.
??? : Dix mille cinq cent quarante-sept…
Les yeux du groupe se dirigèrent vers leur nouvel ennemi. Avant même que leurs regards ne puissent le toucher, une aura puissante leur retourna les boyaux et leur bloqua le souffle. Incapable de lever la tête, une main gantée d’un Stand doré écrasa la gorge de Shizuka et la souleva à plusieurs centimètres du sol. Chaque fois que cette énergie surhumaine se matérialisait, un éclair de lumière illuminait brièvement la pièce sombre.
??? : Il s’agit du nombre d'êtres vivants dont tu as causé la mort directement ou indirectement. Mammifères, poissons, insectes et…une humaine visiblement. Si tu ressens vraiment l’énergie vitale avec ton Stand, cela a dû te faire terriblement souffrir… Mais ne t’inquiète pas, c’est bientôt terminé…
Shizuka concentra toute sa détermination et ses forces pour lever la tête et regarder leur ennemi droit en face. Le visage angélique encadré de cheveux blonds lui faisant face était serein. Ses pupilles bleus brûlaient d’une flamme glaciale, prête à tout dévorer. Le corps entier de la fillette se figea en un instant, paralysé par la peur.
Giorno Giovanna : Je vais définitivement te libérer de ce poids, Shizuka Joestar. C’est moi le dernier Mystère, la fin de ton aventure.
Mystère résolu : Birdland
Les oiseaux de Birdland étaient transportés à l’intérieur de la ville de Lyon par le Stand de Saba Lipa, membre de la Passione depuis les quatre coins du monde. Elle était en capacité de les contrôler et de les faire attaquer les individus s’approchant un peu trop près de sa cachette. En agissant ainsi, elle dissimulait la position - et protégeait des menaces extérieures - Giorno Giovanna, le Boss de l’Organisation et dernier Mystère.