JoJo's Bizarre Adventure : Umbarger's Aftermath

Chapitre 1 : Umbarger et Miami

Par Talvaclo_JOJO

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   Lorsque l'on suit le tracé historique de la Route 66, surnommée « The Mother Road », on tombe sur une sculpture des plus étranges. Elle consiste en un alignement de dix épaves d'automobiles de marque Cadillac plantées dans le sol : c'est Cadillac Ranch. D'une part, cette œuvre illustre le rêve américain à travers la voiture emblématique des États-Unis, symbole de liberté, mais aussi de la prospérité des Trente Glorieuses. Cependant, elle associe ironiquement ce rêve à quelque chose de révolu, d'ancien. D'abord, par l'analogie que l'on peut établir avec les croix d'un cimetière : les carcasses se dressent face au vent, souillées par la poussière et les intempéries. Mais aussi par la volonté des trois artistes de faire référence à une structure préhistorique, donnant ainsi à voir un objet de culte passé, un héritage abandonné et oublié. Ou peut-être est-ce un héritage qu'il faudrait oublier. Stanley Marsh 3 émit l'idée que l'angle d'inclinaison des voitures par rapport au sol, de 52 degrés, était proche de celui de la pyramide de Khéops. D'autre part, l'œuvre, située sur un terrain privé mais visible depuis l'autoroute, donne envie au spectateur de s'affranchir des règles. Un chemin parfaitement praticable invite tacitement les visiteurs à circuler au sein de l'œuvre. Enfin, ils sont même encouragés à peindre sur les squelettes des voitures, régulièrement repeintes de différentes couleurs afin d'offrir de nouveaux espaces d'expression aux visiteurs.

   En 1954, à un peu plus de 30 km au sud-ouest de ce qui deviendra le lieu d'exposition de cette étrange sculpture, une météorite tomba. Comme personne ne l'avait vue tomber, cette petite pierre de treize kilos, appelée chondrite ordinaire du groupe L, fut nommée d'après le lieu de sa découverte : Umbarger. En raison de sa préciosité, elle fut séparée en plusieurs échantillons, dont la plupart sont aujourd'hui perdus. Néanmoins, quatre fragments, d'une masse totale de trente-six grammes, sont recensés dans la base de données « Meteoritical Bulletin Database ». Entre 1993 et 2015, les quatre détenteurs des derniers fragments d'Umbarger furent assassinés, les uns après les autres, à des intervalles de cinq à dix ans. Aucune corrélation ne put être établie par les forces de l'ordre, tant les crimes étaient éloignés dans le temps et dans l'espace.

   À l'opposé du lieu de la chute d'Umbarger, soit au nord-est de Cadillac Ranch, à 140 km de là, se trouve la minuscule ville de Miami, dans l'État du Texas, aux États-Unis. Elle se situe dans le comté de Roberts. Elle en est le siège, mais aussi l'unique municipalité. Sa superficie est de 3,03 kilomètres carrés, sans aucune étendue d'eau. Les habitations sont principalement constituées de maisons individuelles. La ville est connue pour son concours annuel d'imitation du cri de la vache, qui se tient le premier week-end de juin et existe depuis 77 ans.

    En 2020, Miami comptait 539 habitants, avec un âge médian de 40 ans. Un quart de la population avait moins de 18 ans, contre 20 % âgés de 65 ans ou plus. Pour 100 femmes, on dénombrait 96,7 hommes, un rapport qui atteignait 97,1 chez les adultes. Aucun habitant ne vivait en zone urbaine.

La ville comptait 281 logements, dont 18,1 % étaient vacants. Sur les 230 ménages occupés, 137 étaient des familles. Un tiers des ménages avaient des enfants mineurs et 53 % étaient constitués de couples mariés. Par ailleurs, 24 % avaient un homme seul à leur tête, contre 19 % une femme seule. Enfin, 24 % des ménages ne comptaient qu'une personne, dont 9 % âgée de 65 ans ou plus.

La population était composée à 87,8 % de Blancs, à 0,4 % d'Amérindiens ou d'autochtones d'Alaska et à 2 % de personnes appartenant à une autre catégorie raciale. Les personnes déclarant plusieurs catégories représentaient 9,8 % des habitants. Par ailleurs, 7,2 % de la population était hispanique ou latino, toutes catégories raciales confondues. Miami ne comptait aucun Noir ou Afro-Américain.

Le revenu médian des ménages s'élevait à 38 875 dollars, contre 47 656 dollars pour les familles. Celui des hommes atteignait 36 250 dollars, tandis que celui des femmes était de 22 222 dollars. Le revenu par habitant était de 18 585 dollars. Au total, 8,8 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté, dont 9,7 % des moins de 18 ans et 7,5 % des personnes âgées de 65 ans ou plus.

Côté climat, les températures maximales moyennes variaient de 9,4 °C en janvier à 33 °C en juillet, tandis que les minimales allaient de −4,9 °C à 18,9 °C. Le record de chaleur atteignait 42 °C en juin et en juillet, contre −22 °C pour le record de froid, enregistré en février et en décembre. Les précipitations annuelles moyennes s'élevaient à 590 mm et les chutes de neige à 48 cm.

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Nous sommes le 7 juillet 2024. Voilà maintenant cinq mois que Jodie Ungalo a été assignée au Roberts County Sheriff's Office, sous la supervision du shérif local, Tyler Appel. Affectée au centre de détention du comté, qui compte 49 détenus, elle a pour l'instant fait profil bas, attendant de mieux cerner les détenus et les fonctionnaires pour vraiment tisser des liens.

Elle avait déjà repéré quelques personnes. D'abord, il y avait trois prisonniers qu'elle s'était déjà juré d'éviter, car ils étaient mêlés à des affaires de délinquance sexuelle. Elle ne voulait pas risquer d'être leur prochaine victime. Leurs noms étaient : Franklin Nelson, Ethan Tiger et Brandon Haug.


Il y avait aussi cette femme envers laquelle elle éprouvait un profond malaise. Sa seule présence suffisait à susciter chez Jodie un mélange paradoxal de colère et d'angoisse. Comme une peur de l'affrontement en symbiose avec une volonté d'en découdre. Elle s'appelait Kristina Myers.


Elle avait également identifié Anthony Frenier comme un fauteur de troubles. Il possédait ce don étrange des grands orateurs : celui de convaincre et de fédérer les masses. Mais, n'ayant pas la carrure nécessaire à une telle qualité, il se contentait de messes basses et de rumeurs. Très convaincantes, certes, mais d'une futilité — et surtout d'un ridicule — totale.


Une personne, en revanche, qu'elle avait prise en affection était le shérif. Comme il était plutôt âgé, on retrouvait chez lui ce regard bienveillant des mentors qui veulent voir leur junior progresser.


Elle retrouvait aussi ce sourire chez David Virgine, un vieux Floridien arrivé récemment à la prison en tant que psychologue, le 14 mars, pour être précis. Mais chez lui, ce sourire semblait hypocrite, insincère et méprisant.


Il était toujours accompagné de son stagiaire, pourtant âgé de 36 ans. Il s'agissait d'un homme à l'air cultivé, quoique un peu illuminé par certains aspects. Il tenait toujours sous son bras le même livre, un très beau livre d'ailleurs, mais certainement pas assez gros pour avoir occupé son temps de lecture pendant cinq mois. Le stagiaire s'appelait Austin Searles.


À l'instar de David Virgine, Duccio Church lui donnait lui aussi cette impression d'imposture et de méchanceté maquillée. C'était un gardien affecté ici le 10 mars et qui repartirait le 12 juillet, muté à l'ICE, à 300 km de là. Il était très joyeux, mais son sourire était encore différent de celui des deux premiers. Il était empreint d'une grande arrogance, et de colère aussi, témoignant de ses idées bien arrêtées. Sa silhouette elle-même laissait transparaître une confiance excessive et une simplicité propre aux esprits fermés.


Quelques autres prisonniers avaient marqué l'esprit de Jodie. D'abord, il y avait la sœur du mécréant mentionné plus tôt, Edna Tiger, qui, d'après la liste de ses crimes, semblait tout aussi pourrie que son frangin.


Puis, impossible de ne pas garder en mémoire ce couple étrange formé par Luke Hanson et Clarence Sartwell. L'un est un prédateur, l'autre une toxico. On pourrait même se demander si Clarence ne serait pas l'une des nombreuses victimes de Luke. Jodie avait hésité à questionner David Virgine sur la possibilité d'un syndrome de Stockholm. Mais elle s'était vite ravisée, pensant qu'elle dormirait mieux en ignorant ce genre d'informations à leur sujet.


La prison, fourmillant de cette cinquantaine de détenus, n'abritait pas de grand meurtrier ni de narcotrafiquant célèbre. De ce fait, une simple voie de fait aggravée suffisait à donner à quelques prisonniers une certaine réputation auprès des autres. Parmi ceux qui bénéficiaient de cette considération, on pouvait noter Lindsay Simon, Richard Landmark et Robbie Keoke.


Pour finir, le chef de police lui avait recommandé d'éviter deux prisonniers. Par ailleurs, ce chef de police était un homme mystérieux, jeune pour son grade, arrivé en ville et à son poste le 12 mars. Bien que réellement sympathique, Jodie avait du mal à se sentir complètement en sécurité à ses côtés. Il se nommait Zack Serocki.


Pour ce qui était des détenus qu'il lui recommandait d'éviter, elle n'avait pas plus d'informations que leurs noms. La première était Lashannon Quinn, et le second, John Rodriquez.


Ce jour-là, Jodie était seule dans l'un des couloirs menant à la salle de repos des gardiens. Pourtant, elle crut apercevoir quelqu'un se diriger vers cette même salle. Cette partie de la prison n'étant pas accessible aux détenus et les autres gardiens surveillant le repas du midi, cela lui sembla étrange. Puis, un nouveau bruit retentit : c'était la machine à café ! Cette fois-ci, Jodie en était sûre : il y avait quelqu'un dans la salle de repos. Alors que Jodie commençait à stresser, probablement face à sa première difficulté depuis qu'elle avait pris ce poste, elle se rappela qu'elle possédait un atout majeur en cas de confrontation. En effet, depuis l'âge de six ans, Jodie avait développé une faculté étonnante. Elle croyait dur comme fer que cela faisait d'elle quelqu'un de spécial, promis à un grand avenir.

En 2012, des garçons plus âgés de l'orphelinat lui avaient arraché sa peluche. Ils s'amusaient à la faire miroiter devant les yeux de la jeune fille, juste à la bonne hauteur pour l'empêcher de l'atteindre. Face à cette punition injuste, un enfant n'a pour seul réflexe que de lutter contre les limites imposées par sa taille, s'entêtant à vouloir attraper son précieux compagnon et tentant en vain de s'agrandir. Et pourtant, malgré l'inopérance de cet acte, son doudou lui revint. En réalité, il avait été comme attiré magnétiquement jusque dans les mains de Jodie. Ce n'est que quelques années plus tard que ce pouvoir prit une forme concrète. Parce que le lotus pousse dans des eaux boueuses, mais parvient à produire une fleur d'une grande beauté, il symbolise la capacité à s'élever au-dessus d'un environnement difficile, à surmonter les épreuves et à renaître après une période sombre.

C'est pour cette raison que Jodie a baptisé son pouvoir Lotus Flower !


Arrivant dans la salle de repos, son Lotus Flower à ses côtés, Jodie se retrouva face à une prisonnière qu'elle n'avait pas souvent croisée, car elle n'était arrivée que deux jours plus tôt à la prison de Miami. Elle s'appelait Olivia Pontos !


En apercevant Jodie, Olivia resta figée un instant, étonnée de la voir accompagnée de Lotus Flower. Puis, elle prit soudainement la fuite, bouscula Jodie, qui tomba, et s'enfuit par le tournant suivant. Jodie se releva aussitôt et partit à sa poursuite ; elle tourna d'abord à droite, puis à gauche. On aurait dit qu'Olivia savait exactement où aller. Pourtant, elle se dirigeait droit vers un cul-de-sac. Pensant avoir gagné d'avance la course-poursuite, Jodie ralentit légèrement, mais juste assez pour perdre la détenue de vue l'espace d'un instant.

Lorsque Jodie atteignit finalement le cul-de-sac, Olivia avait disparu. Il était impossible pour une détenue de continuer dans cette direction sans les clés. Elle dut se rendre à l'évidence : elle avait perdu sa trace.

Jodie inspecta les recoins, s'assura que la vieille serrure était bien verrouillée et regarda même à travers le trou de cette même serrure, par curiosité. Prise d'un doute, elle déverrouilla tout de même la porte. Elle menait au chemin de ronde des gardiens, qui surplombait le réfectoire. C'est là qu'elle aperçut Olivia, en train de manger tranquillement aux côtés des autres détenus.

C'était à n'y rien comprendre.

Alors que Jodie s'apprêtait à refermer la porte, un détail lui revint à l'esprit : Olivia avait observé Lotus Flower. Cela ne l'avait pas frappée sur le moment. Mais, à froid, il lui semblait que ce détail était d'une importance capitale. 

En effet, tout au long de sa vie, Jodie avait utilisé de nombreuses fois son pouvoir devant autrui, et jamais personne ne l'avait vu, alors même que sa présence lui paraissait évidente. Elle avait alors pris l'habitude de ne pas le cacher. Elle, qui pensait être la seule à posséder ce don, s'interrogea : comment Olivia avait-elle fait pour le voir ? Pour Jodie, il n'existait que deux possibilités. Ou Olivia était une sorte de voyante ou d'oracle, capable de voir les esprits, ou alors elle était elle aussi en possession d'un don unique !

Pour en avoir le cœur net, Jodie prit le mégaphone à sa ceinture et le balança de toutes ses forces à l'autre bout du réfectoire, afin de faire diversion. Alors que tous les prisonniers portaient leur attention en direction du bruit, Lotus Flower tira un projectile avec son doigt : un aimant, pour être précis. Filant presque aussi vite qu'une balle de plomb, il fonça en ligne droite pour se loger dans l'épaule d'Olivia. Sans lui laisser le temps de réagir, Jodie plaça un autre aimant dans sa propre main, puis activa son pouvoir. En un instant, la force magnétique entra en action. Olivia fut violemment arrachée à sa place et entraînée droit vers Jodie !

Profitant de l'effet de surprise, Jodie passa les menottes à la fille vêtue de bleu. Une fois la prisonnière immobilisée, elle la plaqua contre le sol et la questionna d'un ton menaçant.

— Je ne sais pas qui tu es, mais sache une chose : tu as intérêt à répondre à mes questions si tu ne veux pas qu'un de mes aimants te transperce le cœur.

— Calme-toi, je suis prête à répondre, à condition que tu me lâches.

— Eh, tu as bien du culot ! Je ne te lâcherai pas avant de savoir comment tu fais pour apercevoir Lotus Flower ! hurla Jodie.

— Lotus Flower ? C'est un plutôt joli nom, répliqua Olivia en ricanant.

Le corps d'Olivia se mit à fondre entre les mains de Jodie. Sa peau, ses bras, son corps tout entier semblaient se liquéfier, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une espèce de flaque humaine. Les menottes glissèrent à travers cette masse informe, incapables de retenir quoi que ce soit. Jodie n'eut même pas le temps de réagir. La flaque se souleva brusquement, tourbillonna sur elle-même et reprit forme humaine juste devant elle. En une fraction de seconde, Olivia se retrouva debout, parfaitement solide, comme si rien ne s'était passé. Jodie s'offusqua, bouche bée :

— Qu- Comment... Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

Olivia lui adressa un sourire narquois.

— Qu'y a-t-il ? Tu ne pensais quand même pas être la seule à être une manieuse de Stand !






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