JoJo's Bizarre Adventure : Umbarger's Aftermath

Chapitre 2 : Spiral et Papillon

Par Talvaclo_JOJO

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   Le papillon est universellement associé à la transformation, à la renaissance et à la liberté. Ses multiples métamorphoses, de chenille à chrysalide, puis finalement à l'insecte ailé, symbolisent le changement d'état, l'abandon d'une existence passée et l'éveil à un nouveau jour. Ce véritable tableau mouvant est considéré dans de nombreuses cultures comme une représentation de l'âme humaine, de la résurrection et de l'immortalité. Sa courte existence rappelle enfin la fragilité de la vie et souligne la beauté de l'instant présent. Le papillon peut ainsi être interprété comme un symbole d'épanouissement et de renouvellement. Il évoque la capacité de se réinventer, mais aussi celle d'exercer une influence insoupçonnée à travers l'effet papillon. En 1972, Edward Lorenz popularise cette image lors d'une conférence intitulée : « Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? », illustrant ainsi comment un simple changement peut avoir de grandes conséquences.

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— Qu'y a-t-il ? Tu ne pensais quand même pas être la seule à être une manieuse de Stand, clama Olivia.

— Un Stand ? répéta Jodie, intriguée.

— Personne ne t'a jamais expliqué ? Dis-moi, comment as-tu obtenu Lotus Flower ?

— Il s'est simplement "éveillé", quand j'avais 6 ans. Le 18 mars 2012 pour être précise. Je me souviendrai toujours de ce jour.

« C'est le jour où j'ai compris que j'étais au-dessus de la norme... Mais est-ce vraiment le cas désormais ? » pensa Jodie.

— Je comprends mieux, tu es une sorte d'autodidacte dans le maniement de ton Stand. Il est très étonnant que tu n'aies jamais croisé la route d'un autre manieur, expliqua Olivia.

— Pourquoi ? Ils sont... enfin nous sommes... si nombreux que ça ?

— Pas vraiment, mais il existe un principe immuable chez les manieurs de Stands : la Gravité ! Cette loi stipule que les esprits puissants s'attirent mutuellement, que ce soit pour devenir alliés ou pour s'affronter. Alors maintenant, si on considère cette règle, c'est à toi de me dire : es-tu mon ennemie ou mon amie ? exposa-t-elle.

Jodie resta silencieuse quelques secondes. Cette idée lui paraissait à la fois absurde et fascinante. Elle avait toujours considéré son pouvoir comme une anomalie personnelle. Apprendre qu'il pouvait constituer un lien avec d'autres individus bouleversait quelque peu ses certitudes. Elle se sentait comme une pièce d'un grand puzzle.

— Tu dis ça, mais ça va plutôt dépendre de toi. Je te rappelle que tu es une détenue. Alors à toi de me dire si tu comptes t'évader ou pénétrer dans des zones interdites comme à l'instant, ou si tu préfères rester sagement à ta place.

— Ne me parle pas d'un ton si menaçant... Je ne compte pas m'évader, pas encore, du moins. L'organisation dont je fais partie cherche de nouvelles recrues, et il semble que cette prison, où je pensais trouver mes prochains alliés, abrite en fait quelques manieurs. Cela sera fortement apprécié par mes supérieurs. Et ajouter des cartes à leur jeu, c'est aussi assurer mes arrières et me réserver une place de choix à côté du boss.

— Quel est le nom de cette organisation ?

— Tu penses vraiment que je vais te le donner ? Je dois te rappeler qu'on ne se situe pas du même côté des barreaux ? Franchement, tu pourrais avoir des questions plus intéressantes ; je commence à penser que je te parle pour rien...

— Peut-on créer des Stands ? demanda Jodie, s'affirmant.

— Non, pas des Stands, mais on raconte qu'il est possible de devenir manieur. J'ignore comment, et à vrai dire, je doute que ce soit le cas. D'après ce que je sais, en revanche, un Stand peut être inné. C'est mon cas. Mais il peut aussi être transmis héréditairement. Évidemment, avec une capacité différente. Il est impossible pour un manieur de choisir son pouvoir. En effet, le pouvoir et la forme d'un Stand découlent directement des désirs profonds, des traumatismes, des complexes ou de la nature de son manieur. Ces formes sont imprévisibles, et surtout... surtout, elles condamnent leur porteur à ne manifester qu'un unique Stand, au pouvoir invariable.

Jodie observa Lotus Flower un instant. Elle n'avait jamais réellement envisagé que son apparence puisse révéler quelque chose d'elle-même. Pourtant, en y réfléchissant, certaines de ses particularités lui semblaient soudain moins arbitraires, elle qui n'avait jamais connu ses parents et qui avait été ballottée entre les familles d'accueil et l'orphelinat. Son pouvoir était de rapprocher les choses, de les recoller, de les rendre inséparables. Était-ce vraiment le reflet de sa personnalité ?

— Et tu as dit qu'il y avait d'autres manieurs dans la prison ? Tu connais leur pouvoir ?

— Bien sûr que non... En cas de combat, c'est celui qui garde le plus longtemps le secret de ses capacités qui gagne. Il est primordial de les cacher, même à ses plus proches alliés, précisa la manieuse.

— Alors, tu ne me diras pas comment tu as fait pour disparaître quand je te poursuivais, n'est-ce pas ? D'ailleurs, pourquoi tu me racontes tout ça s'il est si important de garder le secret ? l'interrogea Jodie.

— Mmmh, ma technique de fuite me paraît plutôt évidente, donc je veux bien te la céder. Pour ce qui est de ta deuxième question, je pense que je préfère t'avoir en alliée qu'en ennemie. Voilà tout.

— Merci... enfin je crois... allez, éclaire ma lanterne, je veux savoir comment tu as fait.

— Je suis passée par la serrure tout bêtement. Mais je pense que tu aurais dû te le figurer seule. Tu manques cruellement d'entraînement. Ça causera ta perte si tu ne progresses pas. Et je crains que tu n'aies pas autant de temps que tu ne le penses pour t'améliorer, lui reprocha Olivia.

Jodie détourna légèrement le regard. Elle détestait qu'on lui fasse remarquer ses lacunes, surtout lorsqu'elle savait pertinemment que son interlocutrice avait raison. Elle préféra ne rien répondre.

—  Ça suffit, je ne suis pas là pour entendre tes critiques. Merci de m'avoir expliqué tout ça. Et de m'avoir confié une part de ton secret. Maintenant, dis-moi quels sont les autres manieurs que tu as repérés. J'ai besoin de leur parler.

— Pourquoi ?

— Parce que ! J'ai le sentiment que c'est important. Que ça m'aidera à mieux comprendre mon pouvoir, son fonctionnement, et ce qui m'arrive plus généralement. Et puis, si nous sommes destinés à nous affronter, j'aimerais prendre les devants et avoir l'avantage stratégique.

— Je pense que tu cherches tes réponses au mauvais endroit. Mais ton dernier argument est plutôt cohérent. Donc je vais quand même te donner le nom de la manieuse que j'ai repérée. Son nom...

À ce moment précis, le cœur de Jodie s'arrêta de battre, car elle comprit une chose : rencontrer un manieur de Stands, qu'il soit allié ou ennemi, changerait forcément le cours de son quotidien. Elle pesa alors le pour et le contre de chaque possibilité.

D'un côté, elle pourrait reprendre sa vie tranquille, mais risquerait de tout perdre un mauvais jour. Un jour où un manieur l'aurait prise pour cible, pour une raison X ou Y. Elle savait trop bien que la violence se passait de mobile. De l'autre, un affrontement provoqué par elle-même lui assurerait peut-être la victoire d'une bataille, mais déclencherait une guerre entre elle et tous les manieurs alliés de son ennemi. Jusqu'à présent, elle avait toujours envisagé les conflits comme des situations qu'elle pouvait maîtriser. Il suffisait de comprendre son adversaire, d'identifier ses faiblesses et de choisir le bon moment pour agir. Mais cette fois, elle ne connaissait même pas les règles du jeu.

C'est alors qu'elle trouva une troisième possibilité : la justice. Elle pouvait arrêter les malfrats qui abusaient de leur pouvoir. Cet objectif, bien que noble en apparence, avait plutôt pour but de conforter Jodie dans sa vision d'elle-même : une bonne personne, mais surtout une personne spéciale. Oui, elle devait reconquérir cette certitude qu'elle venait seulement de perdre. Inconsciemment, elle n'acceptait pas de ne pas être hors norme, de ne pas être supérieure.

C'est ainsi qu'une nouvelle certitude s'instaura tel un dogme chez Jodie : tous les humains ont une part de mal. Elle devint soudain persuadée que l'Homme était fourbe, capricieux, trompeur, volubile, sournois, présomptueux ou peureux, abject et voluptueux. Sa mission sur Terre serait désormais de traquer chacun des manieurs de Stands pour corriger leurs torts. Et si sa vision du monde en devint d'autant plus acerbe, elle se surprit à y voir une forme d'espoir et de détermination.

— ...est Kristina Myers ! lâcha Olivia.

Et le cœur de Jodie se remit à battre.

Comme toutes les émotions que lui inspirait Kristina, celles-ci étaient empreintes de profonds paradoxes. D'abord, elle était soulagée, car ce n'était pas une personne qu'elle appréciait et, s'il s'avérait qu'elle était son ennemie, elle pourrait même prendre un peu de plaisir à lui refaire le portrait. De plus, il était question d'une prisonnière, et pas des moindres. Elle ne ressentirait aucune culpabilité à l'affronter, contrairement à ce qu'elle aurait éprouvé s'il s'agissait d'un gardien.

Mais d'un autre côté, elle avait peur de cette confrontation. Elle avait peur de ce que pourrait lui infliger Myers si elle était plus forte. Elle n'y avait pas pensé jusque-là, mais avant de vaincre, il faut affronter. Et affronter, c'est risquer de perdre. Elle sentit soudain tout son courage lui échapper lorsque la mort se présenta prématurément à elle, malfaisante et assoiffée.

— Ne t'en fais pas, ton Stand est puissant. Tu y arriveras, murmura une voix.

C'était Olivia, qui avait délaissé son air arrogant pour adopter un sourire maternel. Elle s'était penchée vers Jodie pour l'encourager :

— Je sais très bien ce qu'on ressent la première fois. Mais ne laisse pas le doute consumer la volonté débordante que je vois dans tes yeux. Affronte ta peur, et tu verras bien, continua-t-elle. Et puis si tu meurs, tu ne seras plus là pour le savoir, dit-elle en reprenant sa prétention.

— J'ai de plus en plus de mal à te cerner, répliqua Jodie, mais tu as raison. Merci pour ce petit coup de pouce. Je pense que tu n'as pas besoin de mon aide pour redescendre vers le réfectoire, essaye au moins d'être discrète, d'accord ?

— Oui, oui, je sais. À bientôt, Jodie, car je sens qu'on va bientôt se revoir, lâcha Olivia en s'enfuyant.

Jodie resta seule quelques instants, les yeux fixés sur l'endroit où Olivia avait disparu. Cette conversation avait été particulièrement éprouvante. Pourtant, elle ressentait une excitation nouvelle. Pour la première fois, son quotidien semblait véritablement prendre un sens. 



Le lendemain, Jodie passa la journée au poste de centralisation de l'information (PCI). Elle s'était mis en tête de trouver un maximum d'informations sur sa potentielle ennemie, espérant trouver dans les archives de la police locale quelques indices sur la nature de son pouvoir. Mais à vrai dire, il semblait que rien d'anormal ne s'était produit avant son incarcération. Ni même pendant. Elle avait pourtant multiplié les recherches, comparant les témoignages, les rapports d'incident et les antécédents judiciaires de Myers. Rien ne permettait de distinguer cette dernière des autres détenues. Au point mort, prête à abandonner, elle fut appelée par le shérif. S'offrant alors une pause dans ses recherches, elle partit à sa rencontre pour savoir ce dont il était question. Il lui expliqua que Robbie Keoke avait été pris d'une violente fièvre, et qu'il devait être emmené à l'infirmerie. Elle l'accompagna sans broncher, bien que méfiante vis-à-vis du mécréant. De nature impulsive, il avait déjà provoqué des bagarres au sein de la prison.

Le trajet se déroula normalement jusque dans le couloir vers l'infirmerie. À cet endroit, Robbie s'écroula. Jodie, pensant à un malaise, se pencha pour s'assurer que tout allait bien. À peine avait-elle baissé les yeux que le détenu se mit à rire. Interloquée par cette réaction inattendue, elle se figea un instant, écoutant ce qu'il marmonnait :

— As-tu vu ça, demoiselle ? As-tu vu ça ? Regarde cet écran posé contre le sol. Regarde ton reflet dans celui-ci. On y voit déjà une déesse sortie des flots, la mer nourricière maternelle, accueillante et côtière. Regarde, je te dis !

Jodie, sidérée, observa le sol mais n'y vit rien. Elle pensa qu'il était question d'une hallucination due à la fièvre, alors elle s'accroupit pour aider Keoke à se relever. Mais il lui bondit dessus dans un hurlement, la saisissant au cou avec violence. Pensant à une attaque de Stand, la gardienne fit apparaître Lotus Flower. Mais avant de riposter, elle devait s'assurer qu'il s'agissait bel et bien d'une attaque de la sorte. Elle en avait le pressentiment, mais elle ne voulait pas laisser de place au doute. Elle hésitait donc profondément à utiliser son Stand. Cependant, elle commençait à manquer d'air et elle n'avait aucune idée de comment prouver sa théorie. Alors, à contrecœur, elle se résolut à agir avant de réfléchir, au pied du mur. Lotus Flower tira un aimant sur le plafond et un autre dans le dos de Keoke. Il se retrouva en un instant attiré vers le plafond, et aimanté à ce dernier. Dans son ascension verticale, il fut bien obligé de lâcher Jodie, n'ayant pas assez de force pour l'étrangler, fiévreux et sans appui. Jodie, qui reprenait son souffle péniblement, s'exclama :

— ÇA VA TE COÛTER CHER, ROBBIE KEOKE ! Après ça, tu es bon pour l'isolement pendant un bon mois. Qui sait, peut-être même plus s'ils ne retiennent pas ta fièvre comme circonstance atténuante. Maintenant, sors ton Stand et explique-moi ses capacités, et plus vite que ça, sinon je te refais le portrait façon Picasso. 

Mais hurler comme elle l'avait fait fut bien inutile. Car Robbie s'était évanoui. Elle le fit redescendre et l'emmena à l'infirmerie, en taisant à tous leur petit affrontement. L'infirmière déclara qu'il avait attrapé un petit virus, dont le seul symptôme était une violente fièvre. Il devrait dormir là-bas pendant les prochains jours, afin d'être soigné.

Le jour suivant fut particulièrement infructueux pour l'investigation de Jodie. Elle passa la journée à surveiller Kristina, espérant la coincer dans un moment solitaire. Mais elle était toujours accompagnée d'autres détenus. Le plus souvent, Richard Landmark et Anthony Frenier. 

Le 12 juillet, le virus était devenu une épidémie. L'ensemble des détenus était touché par la fièvre. Tous sauf un, ou plutôt une : Kristina Myers. Le plus étrange restait qu'elle avait été testée positive à l'infection. Elle avait contracté le virus sans pour autant développer la fièvre. L'infirmière avait donc jugé qu'elle pouvait sortir de son lit d'infirmerie, les places venant à manquer face au nombre de personnes contaminées. De plus, tous les gardiens s'étaient réunis dans la salle de repos pour célébrer la promotion de Duccio Church. Jodie ne comptait pas se rendre à ce pot de départ. Elle célébrait intérieurement ce départ, bien heureuse de ne plus avoir à supporter cet arrogant. Enfin, elle y voyait l'occasion parfaite de confronter Kristina. La traque... allait commencer !


Kristina marchait dans le couloir vers la bibliothèque, fredonnant un air que Jodie ne connaissait pas. Cependant, elle entendit distinctement ces paroles :  

« In a last-breath echo

Wails sorrow from the fog

(Until my lungs are frozen over)

[...]

In language lost »

La sonnerie de son talkie-walkie retentit. Et Tyler Appel lui transmit : « Jodie, il faudrait emmener Kristina Myers en salle des visites, elle doit voir quelqu'un d'ici une trentaine de minutes. Il me semble que c'est son conjoint, mais je peux me tromper. »

— Alors, comme ça tu me cherches ? 

Jodie se retourna vers la voix et découvrit Kristina Myers, devant elle. Surprise, elle demanda :

— Comment- Depuis quand m'as-tu repérée ? C'est Olivia qui te l'a dit ?

— Qu'est-ce que tu me racontes ? J'ai juste entendu le message au talkie-walkie. Je sais que je suis du genre excentrique, mais toi, c'est un autre niveau. Tu nous fais une parano ? répondit Kristina.

Jodie ne répliqua pas. Elle indiqua à la femme de la suivre jusqu'aux salles de visite, où elle devrait la fouiller avant de surveiller son échange. La visite se déroula sans aucun accroc. 

— Bonjour chérie, tu tiens le coup ?

— C'est à toi que je devrais poser la question. Avoir sa femme en prison, ce n'est pas si facile. Tu fais tout pour... 

Jodie ne prêta pas attention au reste de la conversation. Ne se sentant pas concernée, elle eut tout le loisir d'observer la salle dans ses moindres recoins. Et il n'y avait pas grand-chose à observer. La salle était de taille moyenne, presque vide. Une table en son centre, deux chaises pour le détenu et son visiteur. Un tabouret pour le gardien et un extincteur en cas d'incendie. Une porte de chaque côté de la pièce, lourdement verrouillée, pour éviter les évasions mais également les intrusions. Un luminaire assez banal servait d'éclairage à la pièce qui ne possédait pas de fenêtre. Enfin, des fresques étaient peintes sur les murs afin de rendre l'accueil des visiteurs plus convivial. Une mesure assez hypocrite au regard du caractère rudimentaire des équipements de l'établissement. 

Jodie fit sortir le visiteur par la porte de derrière afin qu'il rejoigne les collègues de l'accueil. Une fois seule avec Kristina, elle la fouilla une ultime fois. Elle chercha les mots pour interroger Kristina sans dévoiler le fait qu'elle soit elle-même une manieuse de Stand.

— Tu crois en la magie ? demanda-t-elle.

— Ça dépend de quel genre de magie. J'ai toujours eu tendance à être superstitieuse et à croire aux divinations. Mais pas n'importe lesquelles. Je ne parle pas des vieilles diseuses de bonne aventure qu'on trouve dans les fêtes foraines. Ni des marabouts qui collent leur numéro un peu partout dans les métros. Je te parle de chamanisme amérindien, de cartomancie française... Je te parle d'un savoir millénaire et pas d'un attrape-touristes qui joue sur l'effet Barnum.

— L'effet Barnum ? répéta la gardienne, médusée.

— C'est un biais cognitif. Cela consiste à considérer qu'une description générale et vague s'applique spécifiquement à nous-mêmes. Par exemple, un horoscope qui dit qu'une occasion va se présenter : eh bien, un trader pensera qu'il fera une bonne affaire, une célibataire s'attendra au coup de foudre, ou encore un chômeur croira qu'il retrouvera bientôt un travail. Chacun y lit ce qu'il veut y entendre. Pour cet exemple, la phrase est assez vague. Ça peut aussi être une phrase plus précise, mais qui concerne beaucoup de monde, comme « un proche en mauvaise santé » ou encore quelque chose auquel on veut se sentir appartenir : « vous êtes sensible, mais fort également. »

— « Vous avez la sensation d'apercevoir des choses surnaturelles et des esprits maléfiques », proposa Jodie, méfiante.

Pendant une fraction de seconde, Jodie crut avoir trouvé la bonne approche. Elle avait soigneusement choisi ses mots, observé les réactions de son interlocutrice et attendu le moment opportun. Mais Kristina envoya valser Jodie d'un coup de pied ! 

— Tu m'as prise pour plus conne que je ne le suis, Jodie. Tu as beaucoup de choses à apprendre en termes de combat de Stands. Tu as trop laissé paraître tes véritables intentions et ça m'a permis de te prendre par surprise !

Les paroles de Kristina ne firent que confirmer ce que Jodie commençait à peine à comprendre. Malgré les jours qu'elle avait consacrés à préparer cette rencontre, elle n'avait jamais réellement été prête à affronter une autre manieuse de Stand. En un instant, elle avait perdu l'initiative et s'était retrouvée dépassée. Olivia avait peut-être raison : elle avait encore beaucoup à apprendre.








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