Etrangère par

5 vote(s) de lecteurs, moyenne=10/10 0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Deviation / Romance / Aventure

14 Révélations

Catégorie: T , 3729 mots
0 commentaire(s)

Mon corps était allongé sur quelque chose de dur. Il menaçait de se briser à tout moment en milles morceaux si jamais j'osais faire un geste brusque. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux. Cependant, j'avais l'impression d'être recouverte par une sorte de tissu. Ma dernière vision était pourtant ce titan qui me tenait juste au dessus de sa bouche. Je ne comprenais pas, pourquoi n'étais-je pas morte ? Je sentais encore la douleur de mes blessures, tout particulièrement celle à mon ventre. J'essayais de bouger mais mon corps me refusait cette demande. J'entendis soudain le hennissement d'un cheval et des pas qui se dirigeaient vers moi. Quelqu'un se rapprochait par ici et je ne savais pas qui c'était. La dite personne semblait s'être arrêtée devant moi. Elle s'agenouilla avant de finalement retirer ce qui me recouvrait. Une douce lumière transperça alors mes paupières toujours fermées. Ma respiration se faisait soudainement plus facile. Je me sentais observée. Qui était là ? Cette personne avait l'air d'avoir du mal à repartir. Les moindres sons que je percevais étaient le bruit du vent et des herbes qui dansaient. Elle se releva enfin, sans pourtant avoir ouvert la bouche. Elle était entrain de s'éloigner. 


-J'espère que tu ne me détestes pas vraiment.


Mon cœur s'accéléra subitement. J'avais reconnu cette voix, cette voix qui ne s'était pas adressée à moi depuis le jour où j'ai découvert le secret d'Eren. Il devait certainement penser que j'étais morte, c'est pourquoi il était déjà entrain de rebrousser chemin. J'essayai de l'appeler, de crier, de faire quelque chose qui pourrait attirer son attention mais rien ne sortit de ma bouche. J'inspirai alors très fort, puis expirai en laissant ma bouche ouverte. Émettant un bruit à peine audible, Livaï s'arrêta net. Je reprenais enfin possession de mon corps. J'eus quand même du mal à ouvrir les yeux. Il avait du le remarquer car il accourra aussitôt vers moi à la hâte.


-Hana !


C'était la première fois qu'il m'appelait par mon prénom. Son visage était à la fois remplit d'inquiétude, de peur et d'espoir. Il se précipita vers moi avant de se jeter sur ses genoux. Il mit une de ses mains sous ma nuque, l'autre en bas du dos puis me souleva d'une extrême douceur. Une fois debout, j'avais encore du mal à tenir sur mes jambes. Sa seconde main quitta ma nuque pour agripper mon dos. Il serrait fortement ma veste, comme si il ne voulait plus jamais la lâcher. Je ne voyais pas son visage. Quelle expression avait-il ?


-J'ai mal.. lui rappelais-je à voix basse.


Il s'empressa de lâcher l'emprise qu'il avait sur mon dos pour reposer sa main sur mon épaule. Il me regarda ensuite droit dans les yeux.


-Pardon, me dit-il légèrement paniqué.


Il passa alors son bras sous mes cuisses pour me soulever avec grande facilité. Il me porta jusqu'à son cheval puis m'aida à m'assoir correctement. Me rejoignant à son tour, je me retrouvai bien vite dos à lui, complétement collée. Cette position aurait pu me faire rougir si je n'étais pas dans une situation aussi critique.


-Ne t'inquiète pas on rentre bientôt, me chuchota t-il à l'oreille.


Il passa ses mains autour de ma taille afin d'attraper les rênes de son cheval. Il lui ordonna immédiatement de galoper en direction du reste du bataillon. Pendant notre court trajet, j'avais du mal à retenir les petits cris de douleur qui sortaient automatiquement de ma bouche. Cependant Livaï était toujours là pour me rassurer, me dire que tout ça était bientôt terminé et que nous allions vite rentrer.


Une fois arrivés assez proche du groupe, la plus part des soldats tournèrent leur tête vers nous. Ils écarquillèrent complètement des yeux lorsqu'ils me remarquèrent.


-On a une survivante ! cria Livaï.


Je notai qu'Armin me fixait avec la bouche grande ouverte et que des larmes naissaient au creux de ses yeux. Mes autres camarades me regardaient éberlués tandis que le Caporal se rapprochait de chevaux qui tiraient une charrette en bois. Il demanda aux propriétaires de s'arrêter pour pouvoir m'allonger en sécurité. Il laissa ensuite son cheval avant de monter avec moi. Eren nous rejoignit quelques secondes plus tard et se pencha directement vers mon visage.


-Hana ! Tu es vivante ! s'exclama t-il les yeux à moitié mouillés.


Voir à nouveau son visage remplit instantanément mon cœur de joie. Je pouvais comprendre que c'était réciproque. Seulement ce fut de courte durée car quelqu'un le tira en arrière.


-Fais gaffe à ce que tu fais merdeux, le menaça Livaï en le dégageant de mon champ de vision.


Eren ne se laissa pas faire car il se mit immédiatement à ma droite. Me saisissant la main, Livaï fixa notre étreinte pendant un instant. Ces deux-là se regardaient maintenant en fronçant chacun les sourcils. Faisant mine de ne pas y prêter attention, Livaï se concentra à nouveau sur moi. Il ouvrit délicatement ma veste pour voir l'étendue de mes blessures. Il appela tout de suite Hanji, celle-ci vola aussitôt en notre direction. Elle me lança un regard rassurant puis commença à observer mon corps sans me toucher.


-À première vue il semble qu'elle ait plusieurs côtes cassés, supposa t-elle, Livaï rapporte moi vite mes trousses de soins !


Il s'exécuta sans plus attendre tandis qu'Eren me serrait toujours la main, me rassurant que tout ça allait bien se finir.


-Est ce que tu te souviens t'être blessée autre part Hana ? me demanda Hanji.


Si je me souvenais bien, j'avais chuté sur mon dos et ma nuque s'était craquée en arrière. La plus importante restait tout de même la blessure à ma tête lorsque je m'étais cognée contre le sol.


-Je suis ouverte au niveau de la tempe, lui indiquais-je.


Livaï fit son retour au même moment. Hanji lui demanda aussitôt de sortir une énorme compresse qu'il appuya directement sur mon ventre. Elle regarda ensuite les abords de mon crâne en écartant les quelques cheveux qui la gênait. Perplexe, elle fronça les sourcils en mettant son doigt devant la bouche.


-Je ne vois rien Hana.


Je me souvenais pourtant très bien, mon sang qui coulait à n'en plus s'arrêter en longeant la paroi de mon visage. Voulant m'en assurer de moi-même, je bougeai maladroitement ma main vers mon front. Je ne sentais rien mise à part ma peau parfaitement lisse et sans égratignure. J'avais déjà miraculeusement survécu par je ne savais quel moyen, voilà maintenant que je guérissais toute seule.


-Mais je m'en souviens très bien pourtant ! la contredis-je.


Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, je commençais à m'énerver toute seule. Hanji me pria de me calmer, me disant que ce n'était pas bon pour moi dans mon état actuel. Ma tête se remplissait de dizaines de questions différentes. Pourquoi n'étais-je pas morte ? Qu'est ce qui m'avait sauvé ou qui ? Et pour quelle raison ? Comment se faisait-il que je n'étais plus blessée à la tête ? Avais-je inventé ? Étais-je folle ? J'eus soudainement un énorme mal de crâne. Mes yeux roulèrent en arrière, ma tête s'écrasa au sol. J'entendais toujours des voix me criait d'ouvrir les yeux, cependant c'était au dessus de mes forces. Mon mental et mon physique m’abandonnèrent complètement.


-Aïe ! Samuel tu m'as fait mal ! sanglotais-je.


-Je n'ai pas fait exprès, excuse moi !


-Qu'est ce qui se passe ici ? demanda une voix masculine.


-Samuel m'a coupé avec le couteau.


-Fils, fais attention un peu.


Mon père s'approcha de moi. Pour la première fois, je pouvais détailler chaque passerelle de son visage. C'est comme si j'étais spectatrice de ma propre vie. Qu'est ce que c'était ? Un rêve ? Un souvenir ? Il s'agenouilla près de moi avant d'observer le bout de mon doigt. Il souffla ensuite dessus. Le petit moi se mit à rire.


-Papa ça chatouille !


Il rigola à son tour. Il passa alors sa main au dessus de mon doigt. Une fois enlevée, je vis mes yeux de petite fille s'agrandirent. J'avais un sourire jusqu'aux oreilles.


-Il n'y a rien plus et je n'ai plus mal ! m'étonnais-je.


Samuel regardait notre petite scène au coin de la pièce d'un mauvais œil.


-Comment tu as fait ? Tu as des pouvoirs magiques papa ! cria le petit moi.


-Non, me sourit-il, c'est toi qui en a.


Comme amenée dans un autre endroit, je me sentis propulser en arrière dans un tourbillon sans fin. J'étais déjà un peu plus grande, toujours accompagnée de mon frère. Subitement, il me poussa avant que je ne tombes au sol.


-Pourquoi c'est toujours toi ? Pourquoi papa t'a choisi ? cria t-il.


Je me recroquevillai sur moi-même, enroulant mes jambes de mes bras. Pourquoi était-il soudainement énervé ?

-Laisse-moi tranquille ! Je ne sais pas de quoi tu parles !


Se dirigeant droit vers moi, il semblait encore plus irrité. Il empoigna une partie de mes cheveux avant de tirer d'un coup sec. Je hurlai de douleur. Je me relevai rapidement pour le pousser violemment. Les sourcils froncés, mon regard était plus qu'effrayant. Il eut le don de complétement pétrifier mon frère sur place.


-Ne me touche pas ! le menaçais-je.


Autrefois en colère, il était maintenant effrayé. À nouveau, je traversai un tourbillon qui me tirait cette fois-ci en avant. J'avais l'impression de traverser un interminable conduit. Soudain, une lumière blanche m'aveugla complètement.


J'ouvris doucement les yeux face au plafond. J'étais allongée et quelque chose serrait mon ventre. Je devinai facilement que l'endroit où je me situai était l'infirmerie. En tournant la tête, je notai sur l'horloge qu'il était pratiquement midi. Le ciel gris à travers la fenêtre me faisait comprendre qu'il ne faisait pas très beau dehors. Soudain, des petites respirations parvinrent à mes oreilles. Tournant délicatement la tête vers la provenance du bruit, je tombai nez à nez avec un Caporal assoupit. Il était assez proche de mon lit, ses doigts frôlaient presque les miens. Je ne savais pas depuis quand il était là mais il devait veiller sur moi depuis un bon bout de temps pour s'endormir ainsi. En le scrutant du regard, je m'aperçus qu'il n'était pas aussi effrayant que lorsqu'il était éveillé. Je le trouvais plutôt mignon à vrai dire. Je me mise alors à lui caresser le bout des doigts. Il se réveilla pratiquement tout de suite. Je n'aurai peut être pas du faire ça. Me fixant intensément, je remarquai de légères cernes en dessous de ses yeux. 


-Vous êtes là depuis quand ?


Il dégagea aussitôt sa main près de la mienne avant de tourner son visage du côté.


-Pas longtemps.


J'avais pu ressentir une once d'hésitation dans sa réponse. J'aurais même cru voir qu'il était gêné. Livaï gêné ? Impossible. Je repensai alors à ce qui m'était arrivée avant d'arriver ici. Je m'étais sûrement évanouie pendant le trajet et grâce à ça, j'avais pu revoir des souvenirs de mon enfance. Je me rappelais très bien de ce que j'avais vu, seulement je n'arrivais pas à comprendre. D'après ce que j'avais réussi à assimiler, mon frère m'avait coupé et par "magie" j'avais guéri quelques secondes plus tard. Ça me rappela immédiatement l'épisode de la disparition de ma blessure à la tête. Se pourrait-il qu'elle ait disparue une nouvelle fois par magie ? La magie ça n'existait pourtant pas.


-Hanji ! cria Livaï. Elle est réveillée !


En trombe, elle accourra aussitôt vers nous avant de sauter sur le lit pour me recouvrir de baisers.


-Hana enfin ! s'exclama t-elle soulagée.


Livaï exaspéré la tira en arrière pour qu'elle se ressaisisse. Elle redevint très sérieuse lorsqu'elle m'expliqua tout depuis le début. Livaï m'avait retrouvé au sol recouverte d'une des capes du bataillon d'exploration. Il m'avait ensuite rapporté et allongé sur une des charrette afin qu'Hanji puisse vérifier mon état. Je saignais du ventre et avais plusieurs côtes cassées mais rien de plus. Je m'étais ensuite bel et bien évanouie et avais dormi jusqu'à maintenant. Un détail resta encré dans mon esprit. Je demandai alors à Hanji qu'elle éclaire ma lanterne.


-Je ne comprends pas pourquoi une des capes recouvrait mon corps.


Hanji semblait perplexe elle aussi.


-Je ne sais pas non plus, dis moi de quoi tu te rappelles.


-Pour commencer je ne sais même pas pourquoi je ne suis pas morte à l'heure qu'il est.


Ils me regardaient chacun avec un regard qui me demandait de continuer mon récit.


-J'étais au départ dans les mains d'un titan qui me tenait suspendu au dessus de sa bouche. Seulement lorsqu'il m'a lâché, je n'ai rien senti. Mon corps tombait mais rien ne me prouvait que j'avais bel et bien atterri à l'intérieur de son ventre. La dernière chose que j'ai vu était certainement la cape verte couverte de sang.


Ils avaient tout deux attentivement écouté mon histoire mais aucun ne me donna réellement de réponse. Ayant un doigt posé sur sa bouche, la brune cogitait sérieusement.


-Est ce que le titan femelle était toujours là ?


-Oui, il m'a observé jusqu'à la fin.


-Peut-être qu'il t'a sauvé ? supposa t-elle.


Sa question me fit rigoler. Un titan qui sauvait un humain, dans quel but ? Surtout que celui-là en avait tué des dizaines avant notre rencontre. Et puis ça serait lui aussi qui aurait gentiment posé la cape sur mon corps ? C'était vraiment trop irréaliste.


-Pourquoi voudrait-il la sauver ? demanda Livaï.


-Peut être qu'il te connaissait.


Quelqu'un autre que Eren serait un titan dans mes amis ? Je ne voyais personne qui collerait à la parfaite image du traitre. Je priai alors à Hanji d'arrêter toutes ces suppositions. Voulant changer de sujet, je lui demandai à la place comment s'était terminée la mission. Dans l'ensemble, ils avaient réussi à arrêter le titan femelle grâce au pouvoir d'Eren. Cependant, il avait disparu lorsqu'il s'était fait dévorer par d'autres titans qu'il avait lui même appelé. Ça voudrait donc dire qu'il était maintenant mort ? Même Hanji n'en était pas certaine. Du côté des pertes, il y en avait eu de nombreuses mais aucune du côté de mes connaissances. C'était peut être et certainement égoïste mais j'étais rassurée.


-Bon Hana, il est temps que je change l'énorme pansement autour de ton ventre ! me sourit Hanji.


Elle lança un regard effrayant à Livaï, signe qu'il devait se retourner et ne pas regarder. Il roula ses yeux en arrière avant de se retourner en soupirant. Il est vrai qu'en dessous de ma chemise, je n'avais rien du tout. Elle déroula alors le bandage en prenant soin de ne pas me faire mal. Elle m'indiqua que j'avais perdu beaucoup de sang. Par conséquent, il allait falloir plusieurs jours pour que tout ça cicatrise. Bizarrement, je ne sentais aucune douleur. Une fois totalement enlevé, elle se figea. Je pouvais voir sur son visage qu'elle était à la fois surprise et effrayée.


-Il n'y a plus rien, chuchota t-elle.


Je regardai à mon tour et tout ce que je pouvais apercevoir était ma peau blanche ainsi qu'une simple rayure à l'endroit ou j'étais supposée être ouverte. Livaï se retourna instinctivement, par réflexe je rabaissai légèrement mon vêtement. Hanji était choquée, me regardant soucieuse. Quant à mon Caporal, il fronçait les sourcils et il me faisait vraiment peur.


-T'es un putain de titan toi aussi, me cracha t-il.


-Quoi ? Mais non n'importe quoi ! me défendais-je.


Il se leva soudainement en sortant un couteau de sa poche. Il attrapa violemment mon poignet puis me coupa la paume. Il attendit plusieurs secondes avant qu'une fumée blanche sorte de ma plaie. Elle se referma doucement comme par magie sous nos yeux les plus ébahis. Dégouté, il lâcha mon poignet, jeta son arme au sol puis se dirigea plus que furieux hors de la pièce. J'avais beau l'appeler, il ne se retournait pas. Maintenant partit, je baissai la tête. Il n'y avait plus qu'Hanji. Je priai mentalement pour qu'elle ne le suive pas.


-Croyez-moi, je n'en savais rien ! la suppliais-je.


Elle me fit alors à mon grand étonnement un sourire. Posant sa main contre mon front, elle s'assit à côté de moi.


-Je te crois Hana, tu es pour moi digne de confiance.


Je me mise alors à tout lui raconter depuis le début, mes rêves, mes souvenirs et ma famille. Elle m'écouta très attentivement et ne semblait à aucun moment douter de moi. Elle m'expliqua ensuite que ma situation était un peu similaire à celle d'Eren car apparemment, son père lui faisait aussi souvent d'étranges piqures. Ils n'avaient cependant toujours pas élucidé le mystère qui entourait ses seringues mais ils étaient pratiquement sûrs que ça avait un lien avec ce pouvoir. Tout concordait à présent. Ma mère et mon frère qui ne m'aimaient pas. Mon père qui m'avait protégé et refusé de m'abandonner. Les médecins qui à notre arrivée, avaient sûrement du voir quelque chose d'anormale lors de mes résultats. C'est d'ailleurs sûrement pour cette raison que ma mère avait décidé de me laisser à l'extérieur des murs. Mais alors, ça voudrait dire qu'il était très probable qu'ils étaient maintenant toujours à l'intérieur ? À cette pensée, mon cœur loupa un battement. Comment une mère pouvait-elle abandonner son enfant dans le seul et unique but de pouvoir vivre une paisible vie ? Sous prétexte que je devais reprendre des forces, la brune me conseilla de manger un peu. Je pensais toujours à Livaï. Il était en colère, en colère de savoir qu'une partie de moi puisse être la chose qu'il détestait le plus au monde.


Comptant me laisser tranquille pour aujourd'hui, Hanji m'expliqua qu'elle parlerait de mon cas à Erwin un peu plus tard dans la journée. Je décidai alors de m'isoler. Il pleuvait dehors mais je me dirigeai tout de même sur un des bancs de la cour afin de me rafraichir les idées. Je restai assise là pendant plusieurs minutes qui se transformèrent ensuite en plusieurs heures. J'étais un titan et je n'arrivais toujours pas à le digérer. Mon ancienne relation avec le Caporal allait refaire surface. Il allait à nouveau m'ignorer. Ma tête était trempée ainsi que mes vêtements. J'allais sûrement attraper froid mais je m'en fichais. Plus rien ne m'importait maintenant et pendant mes interminables interrogations je pensais même au suicide. Pourquoi moi ? Je ne voulais pas être un titan, je ne voulais pas tuer des gens comme eux, je ne voulais pas qu'on me voit comme un ennemi. Je savais très bien que la plus part des soldats au sein de l'armée voyait Eren comme une bête de foire. Ils se moquaient de lui dans son dos. Tout ça allait arriver comme un énorme poids sur mes épaules qui me fera tôt ou tard m'écrouler au sol. Mes amis qui m'avaient prêté leur confiance, comment allaient-ils me voir maintenant ? Pour moi, je n'avais plus personne sur qui compter, plus personne sur qui..


-Tu comptes rester là encore longtemps ? me demanda une voix sévère.


Sans relever les yeux, je devinai facilement qui s'adressait à moi. Je ne comprenais pas. Qu'est ce qu'il faisait là ? Il avait quitté la pièce en furie tout à l'heure.


-Je suis un monstre, chuchotais-je.


L'averse se faisait de plus en plus forte. Soudain, quelque chose se fit délicatement poser sur ma tête et mes épaules. Je relevai doucement la tête. Vêtu maintenant que d'un seul T-shirt, Livaï était trempé jusqu'aux os. Il avait déposé sa veste sur moi pour me protéger de la pluie. Rougissant, je trouvai ce geste plus qu'attentionné. 


-Un monstre sur lequel je vais parier, me déclara t-il.


Il tendit ensuite sa main dans ma direction. Je le regardai cependant perplexe, ne sachant pas ce qu'il attendait.


-Plus de secret ?


Je me relevai maladroitement mais souriante avant de lui serrer la main.


-Plus de secret, lui promis-je.


-Rentrons maintenant.


Nous nous exécutions aussitôt, nous dirigeant rapidement vers un endroit où nous serons au sec. Une fois rentrés dans le hall de la base, nous nous séchions à la vas vite. Je lui rendis au passage sa veste en le remerciant. Inévitablement, je rougis de plus bel. Nous comptions monter vers nos chambres quand une conversation nous interpella.


-Arrête de poser des questions. Elle n'est pas ici, râla un soldat.


-Vous êtes sûrs ? demanda une voix masculine.


Cette voix, je la reconnaissais. C'était impossible. Me retournant au ralentis, son regard croisa le mien. Il se détacha de l'emprise des deux soldats avant d'accourir vers moi. Enroulant ses bras autour de mon dos, il posa sa tête au creux de mon cou.


-Nous l'avons rencontré pendant notre excursion Caporal, expliqua l'un des deux soldats en s'adressant à Livaï.


Celui-ci le dévisagea si intensément que si Livaï avait des fusils à la place des pupilles, le garçon qui m'enlaçait serait mort depuis longtemps. Quant à moi, j'étais beaucoup trop préoccupée à m'imaginer des millions de scénarios différents dans ma tête. Il retira ensuite sa tête de mon cou avant de l'avancer à quelques centimètres de la mienne.


-Hana, sanglota t-il, j'y crois pas.


J'étais finalement entrain de réaliser ce qui était entrain de se passer. Ce n'était pas un rêve. J'étais complétement sans voix mais je réussis tout de même à chuchoter.


-Ben ?


0 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?