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Deviation / Romance / Aventure

17 Sentiment

Catégorie: T , 4746 mots
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POV Livaï


-Vous n'avez pas l'air en forme ce matin Caporal.


Je me servais un café lorsque la seule femme de mon équipe m'adressa la parole. Son visage se traduisait par de l'inquiétude et de la colère. Je ne savais pas si elle était déjà au courant que la gamine avait dormi dans ma chambre. Dans le doute, je lui répondis évasivement.


-Oui, j'ai mal dormi.


Elle fronça légèrement les sourcils. Je n'avais pas vraiment de temps à perdre pour me justifier auprès d'elle. Je m'échappai alors rapidement afin de m'installer à une des tables. J'avais incroyablement mal dormi sur ce canapé et mes courbatures me le rappelaient à chaque secondes. Je n'avais cependant pas eu le choix, je n'allais tout de même pas dormir avec elle. Je pense que même si elle m'avait demandé, je n'aurais pas accepté. Ramenant lentement ma tasse près de la bouche, quelqu'un me sauta littéralement sur les épaules. Je manquai d'ailleurs de renverser tout le contenu sur ma chemise. Cette même personne me chuchota quelques mots à l'oreille.


-Alors, cette nuit en amoureux ?


Je reconnus immédiatement la voix de la binoclarde. Lui lançant un regard froid, elle avait l'air encore plus joyeuse que d'habitude. Je lâchai quelques jurons à son sujet tandis qu'elle en profita pour s'assoir en face de moi. Je n'étais pas vraiment d'humeur à avoir de la compagnie aujourd'hui. Elle posa ensuite sa tête sur le creux de ses mains, arborant un air surexcitée.


-Vous avez fait quoi ? me demanda t-elle bave au menton.


-On n'a pas dormi ensemble, râlais-je.


Déçue, elle se mit à bouder dans son coin. À quoi elle s'attendait ? Me concentrant à nouveau sur mon café, j'avalai quelques gorgés de ce qu'il en restait. Soudain, elle retira ses lunettes avant de les déposer délicatement sur la table. Je soupirai déjà de notre future conversation. Elle faisait toujours ça lorsqu'elle voulait me parler d'un sujet sérieux.


-Tu vas faire comment à ce sujet ? me demanda t-elle.


Je posai mon regard sur le sien, reposant ma tasse sur la table.


-Quel sujet ? râlais-je.


-Ne fais pas l'innocent. Je parle de toi et elle.


Je n'aimais pas parler de moi ni de ce que je ressentais. Même si je savais très bien de qui elle parlait, si elle comptait insister sur ce sujet elle allait vite se retrouver seule à cette table. Irrité, je lui répondis qu'il n'y avait rien à faire puisqu'il n'y avait rien entre elle et moi. Fronçant les sourcils, Hanji me montrait une facette d'elle que je ne connaissais pas. Elle se leva d'un seul coup avant de claquer ses mains sur la table.


-Tu devrais te voir ! Tu verrais sûrement de quoi je parle, cria t-elle un peu trop fort.


Quelques têtes s'étaient retournées dans notre direction. Je jouais l'innocent car je ne me comprenais pas moi même. J'affectionnais cette fille et c'était tout, fin de l'histoire. Hanji se leva sans dire un mot de plus. Je pensais être enfin tranquille mais elle se retourna une nouvelle fois.


-Dis-lui qu'à 13h je l'attendrai au puits ! Et tu ferais mieux de venir, ça serait un bon encouragement si tu étais présent.


Sur ces mots, elle quitta définitivement la pièce. Je n'avais pas besoin qu'elle me dise ce que je devais faire. J'aurais pris l'initiative de venir moi même de toute façon.


Une fois ma tasse vide, je me levai avant de repartir vers ma chambre. Peut être qu'elle était enfin debout. Je n'avais pas pu me résigner à la réveiller tout à l'heure, elle avait l'air d'être tellement endormie.


J'étais à proximité de ma chambre lorsque je l'aperçus seulement vêtue de mon pull. J'aurai pu y être indifférent jusqu'à ce que je remarque le garçon avec qui elle était. C'était Ben, il se rinçait bien l'œil d'ailleurs. Je commençai à m'énerver quand elle se rapprocha de lui pour rigoler, comme si de rien n'était. Je serrai le poing, ses rires raisonnaient toujours dans le couloir. Combien de temps allait-elle rester là au juste ? À bout de patience, mon instinct prit les devants. Je me dirigeai d'un pas ferme dans sa direction avant de lui attraper le bras. Croisant le regard de son ami, la seule envie qui me menaçait était de lui refaire la figure. Je la tirai jusqu'à ma chambre sans lui adresser la parole pour violemment la pousser à l'intérieur.


-T'es complètement stupide ou tu le fais exprès ? lui criais-je en claquant la porte.


Cette phrase sortit de ma bouche automatiquement. Je ne savais même pas pourquoi j'étais aussi énervé pour une si petite chose. Croisant les bras sur sa poitrine, elle osa me répondre.


-Qu'est ce que j'ai fait encore ?


Je crois qu'elle était vraiment stupide. Je lui expliquai alors bêtement que de se balader dans cette tenue n'était pas vraiment la plus brillante des idées. Elle aurait pu facilement tomber sur quelqu'un avec de mauvaises intentions. Je fronçai sévèrement les sourcils lorsque j'entendis sa réponse.


-Ce n'était que Ben, soupira t-elle.


Qu'est ce qu'elle croyait ? Il était déjà plus âgé qu'elle ce qui augmentait la probabilité qu'il tente quelque chose. Tous les hommes étaient pareils et ça n'excluait pas ce type. M'énervant d'avantage, elle continua à clamer qu'elle avait raison. Sans vraiment réfléchir, je soulevai ses jambes avant de la balancer sur mon épaule. Elle avait beau s'agiter et gesticuler dans tous les sens, je la tenais fermement. Ouvrant la porte de salle de bain, je la déposai à l'intérieur. Avant qu'elle ne puisse se relever, je l'enfermai dedans en bloquant moi même la poignée. Elle me demanda alors en criant ce que je foutais. C'est vrai ça, qu'est ce que je foutais ? J'agissais vraiment bizarrement.


-Tu es punie, était-ce la seule phrase qui sortit de ma bouche.


Elle devait me prendre pour un déjanté. Tandis qu'elle blablatait toute seule, je bloquai la porte avec la chaise de mon bureau. Discutant toujours avec elle-même, je partis chercher les affaires qu'elle avait fait tombé par ma faute dans le couloir. Ben étant toujours là, je le bousculai intentionnellement sur mon passage. Je m'abaissai avant de ramasser les quelques vêtements qui se trouvait au sol.


-Ne croyez pas qu'elle est à vous, m'interpella t-il.


Je le dévisageai intensément. Il aimait me provoquer. Je le savais car je sentais que pour rien au monde il baisserait son regard devant moi. Soupirant, il fit demi-tour avant de descendre les escaliers. Je le regardais s'éloigner, repensant à ses paroles.


-Je sais très bien qu'elle n'est pas à moi, merdeux.


En revenant dans la chambre, elle était silencieuse. Elle avait peut être finalement compris sa faute. Je déposai ses habits sur la table en prenant soin de les plier proprement un par un. Je me détestais intérieurement de m'occuper autant de quelqu'un autre que moi.


-Vous vous énervez vraiment pour rien, chuchota t-elle.


Elle était en tord. Je ne comptais pas m'attarder sur son cas tant qu'elle ne me disait pas clairement que j'avais raison. Elle essaya de se justifier en amenant le fait que moi je l'avais déjà vu comme ça et pourtant personne n'en faisait tout un drame. Elle n'aboutira à rien en continuant sur cette voie. Je lui expliquai alors que Ben et moi étions des personnes complètement différentes, que je savais que je ne lui ferai jamais rien.


-Pourquoi ? Je vous dégoute à ce point ? me demanda t-elle.


Sa question me semblait tellement stupide que je ne pris même pas le peine d'y répondre. Je n'étais pas du genre à faire des compliments ou quoi que ce soit, mais il était indéniable que n'importe qui trouverait cette morveuse un minimum attirante. Voyant son ombre sous la porte, je devinai facilement qu'elle était assise contre celle-ci. Qu'est ce qu'elle était entrain de penser de moi au juste ? Que j'étais fou ? Surprotecteur ? Ou peut être les deux ? Ce n'était pas la première fois que ce type m'agaçait et je n'y pouvais rien. À vrai dire, au moment où je l'avais vu pour la première fois lors de son retour, j'avais commencé à le mépriser. Me massant le front nerveusement, mon cerveau commençait à chauffer.


-Si tu t'excuses j'ouvrirai la porte, lui expliquais-je.


-M'excuser de quoi au juste ?


-De ta stupidité.


Je l'entendis se plaindre avant qu'un silence ne s'installe. Était-elle réellement entrain de réfléchir ? Moi qui croyait qu'elle n'avait pas de cerveau. Au bout de quelques minutes, elle s'excusa puis je finis par débloquer la porte. Comme deviné, elle était assise. Tandis qu'elle se levait, je posais mon regard de marbre sur sa personne. Elle avait l'air encore énervé. Ce n'était pas à elle d'être énervé. La mettant au courant du rendez-vous de cette après-midi, je quittai définitivement la pièce après ça. Je restais un instant appuyé contre la porte. J'espérais au fond de moi qu'elle ne m'en voulait pas. Je finis par m'avouer en partant qu'au final, la personne qui était réellement tord c'était toi.


La fin de la matinée se déroula rapidement et l'heure du déjeuner sonnait déjà. Mon escouade m'ayant invité, je passai le plus clair de mon repas silencieux. J'avais la tête ailleurs et bien évidemment, j'avais eu le droit à quelques regards interrogateurs. Avant que la plus part des autres soldats n'arrivent, je me levai puis débarrassai mon assiette. Je n'avais pas forcément envie de croiser la gamine, j'avais peur de l'image qu'elle pouvait avoir de moi maintenant. Je m'apprêtais à sortir de la salle quand quelqu'un m'attrapa par le bras.


-Attendez, j'aimerai vous parler.


Petra m'avait suivi, elle semblait perturbée. Ayant encore un peu de temps avant qu'il ne soit 13h, j'acceptai d'écouter ce qu'elle avait à me dire. Étonnamment, elle continua son trajet hors de la pièce pour m'amener jusqu'au couloir des chambres. Elle se stoppa devant sa porte avant de se retourner vers moi.


-Vous voulez entrer ? me demanda t-elle en rougissant.


Je supposai que si nous étions venus jusqu'ici c'était pour faire ça. Hochant la tête, nous rentrions dans sa chambre. Ce n'était pas la première fois que je venais ici. J'avais autrefois eu l'occasion de l'accompagner afin de discuter avec elle, écouter ses problèmes et puis pour d'autres besoins personnels. Je remarquai aussitôt qu'elle ferma la porte derrière elle avant de mettre la clé dans sa poche. Faisant comme si de rien n'était, elle m'invita timidement à m'asseoir sur son lit.


-De quoi veux-tu qu'on parle ?


Elle regarda timidement ses mains. Je ne savais pas ce qu'elle voulait me dire mais j'avais un mauvais pressentiment.


-C'est vrai que vous avez dormi avec cette fille ?


Je fronçai les sourcils à l'entende sa question. Il était évident qu'elle connaissait déjà la réponse, je ne voyais pas pourquoi elle cherchait à me tester. Je lui répondis alors tout simplement que c'était le cas, me fichant complètement de sa réponse. Je pouvais comprendre que la nouvelle avait pu s'ébruiter et laisser place à des rumeurs. De là à me bassiner avec ça toute la journée, ma patience commençait à s'estomper.


-Pourquoi vous avez fait ça ?


-J'ai besoin de me justifier maintenant ? répondis-je visiblement irrité.


Lui répondant un peu trop violemment, elle se crispa légèrement. Elle regardait toujours le sol et moi je me demandais très sincèrement le but de cette conversation. Je ne lui devais rien, que ce soit des réponses ou des explications. Soupirant, je me levai pour mettre un terme à cette discussion inutile. J'oubliai un instant que la porte était verrouillée, tentant en vain de l'ouvrir. Soudain, je me retrouvai dos contre celle-ci. Des lèvres se posèrent sur les miennes. Petra commençait déjà à descendre ses mains vers mon torse. Ne sachant quoi faire, je la repoussai gentiment en appuyant sur ses épaules.


-Qu'est ce que tu fais ? demandais-je perdu.


Comme réponse, elle me donna un nouveau baiser. Ce n'était pas notre premier et pourtant je n'arrivais pas à la repousser une seconde fois. Je me retrouvai donc à y répondre, m'emmenant lentement vers son lit. Ses mains se baladaient toujours un peu partout tandis que les miennes ne savaient pas trop quoi toucher. Me poussant délicatement, elle m'assit sur son matelas. Elle retira ensuite sa veste et ses bottes avant de les jeter parterre.


-Arrête je ne suis pas d'humeur à ça, rétorquais-je en me relevant.


Ma tentative finit en échec car elle me poussa à nouveau. J'étais maintenant complètement allongé, Petra à califourchon sur moi.


-Vous dites toujours ça au début, me chuchota t-elle à l'oreille.


Toujours. Ce n'était pas comme si nous avions couchés ensemble des millions de fois. C'était arrivé une ou deux fois et je m'étais promis que ça ne se reproduirait plus. Elle m'embrassa une nouvelle fois, me mordillant la lèvre inférieure. Ses mains à présent sous mon haut, elle embrassa tendrement mon cou. Elle savait très bien quel était mon point faible. Elle retira ensuite ma veste puis déboutonna ma chemise pour les jeter eux aussi d'un côté de la pièce. Sans vraiment savoir ce que je faisais, je retirai la sienne. Me voir répondre à ses attentes la fit soudainement sourire. Qu'est ce que j'étais entrain de faire ? Je ne devrais pas être là, l'heure du rendez devait nettement être dépassé. Mon esprit se concentra à nouveau sur le corps de la rousse quand je remarquai qu'elle n'était vêtue plus que de ses sous-vêtements. Mon corps me disait de lui enlever le peu de tissu qu'il lui restait tandis que mon mental me murmurait de m'enfuir en courant. La faisant basculer sur le côté, je me retrouvai au dessus d'elle. Je la fixai, réfléchissant aux gestes que j'allais faire. Je ne l'aimais pas, je n'avais pas de sentiments pour elle. Pourtant nous étions sur le point de faire quelque chose qui était sensé le signifier. Se rapprocha de mon visage, elle recommença à taquiner mon cou. Elle entoura ensuite mon dos de ses bras avant de parsemer mon torse de légers baisers. Si je ne m'arrêtais pas maintenant mon corps n'allait plus répondre et je ne pourrai plus faire marche arrière. À nouveau hésitant, je la repoussai contre le matelas. Perplexe, elle devait se demander ce que j'attendais pour continuer.


-Je vous dégoûte à ce point ? me demanda t-elle.


C'était à ce moment là que je réalisai que j'étais entrain de faire une connerie. En observant Petra dire cette phrase, j'imaginai bizarrement le visage de Hana à sa place. Ça eu l'effet d'une douche froide. Je me dégageai aussitôt d'elle.


-Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? demanda t-elle paniquée.


Tandis qu'elle avançait vers moi, je reculais. Je ne voulais plus la toucher, tout ce que je voulais c'était partir d'ici et effacer ce qui venait de se passer. Je m'étais permis ce matin de l'éloigner de son ami, je ne pouvais pas continuer juste par manque personnel. Petra essayait de gagner mon attention en posant ses mains sur mon visage, je les retirai aussitô

t.

-Je ne veux pas, lui chuchotais-je.


Elle fronça les sourcils, serrant fortement son poing.


-Pourquoi aujourd'hui est-ce différent ? cria t-elle. Pourquoi vous me repoussez comme ça ?


-Arrête de perdre ton temps et ouvre moi la porte, lui ordonnais-je en ramassant mes vêtements.


-Pas avant que vous me répondiez !


-Je ne ressens rien pour toi, je ne veux pas partager ce genre de sentiment avec toi ! rétorquais-je à bout.


Retenant sa respiration, des larmes commencèrent à couler sur son visage pâle. J'y avais peut être était trop fort. Cependant je ne devais pas flancher juste parce qu'elle me faisait de la peine. Elle avait beaucoup trop profité de mes faiblesses. Hésitant, je fouillai dans sa veste à côté du lit avant de saisir la clé. Je me rhabillai rapidement puis lui pria de faire de même. Nous devions rejoindre Hanji, même si le temps s'était largement écoulé. J'espérais juste que je n'avais pas mis Hana d'avantage en colère. Petra finit par se rhabiller et sécher ses larmes avant que nous sortions définitivement de sa chambre.

Le chemin étant assez long, j'avais l'impression de nager en pleine solitude. Petra ne pipa mot de tout le trajet, c'était peut être mieux comme ça au final. Je n'étais pas en colère contre elle, je ne le pourrai jamais. Elle était ma coéquipière ainsi que mon amie. Il arrivait juste que parfois que les sentiments n'étaient pas réciproques et c'était ce qui arrivait pour nous. Pourvu que tout ça n'allait avoir aucune conséquence sur les relations entre notre escouade.


Finalement, au bout d'une vingtaine de minutes nous arrivions à destination. Au loin, j'aperçus Hanji et Hana bavardaient à propos de je ne savais quoi. Elle avait l'air déterminée. Cependant son visage se transforma complètement lorsqu'elle croisa mon regard. Essayant de ne pas faire attention à ce détail, je m'adressai à Hanji à la place.


-Alors ?


-Tu peux retourner d'où tu viens, me répondit la rose.


Je sentais la haine à travers sa voix. Étonnement, elle ne m'avait pas vouvoyé. Ce n'était pas la première fois que je la laissais en plan pour rester avec Petra, je compatissais un minimum. Ne relevant pas sa réplique, je continuai de la regarder impassiblement. Le reste de mon escouade la dévisageait tandis que la rousse à mes côtés bouillonnait de rage. Elle ne se fit pas prier pour ouvrir la bouche et réprimander la gamine. Elle me défendait comme à son habitude. Je n'en avais rien à faire car il se trouvait que pour la seconde fois de la journée, j'étais en tord. Sortant brusquement sa lame, je dus la retenir pour l'empêcher de faire n'importe quoi.


-Petra tu ne devrais pas la provoquer dans cet état, la conseilla Hanji un peu perdue.


Les mains d'Hana étaient parsemés de morsures. Je devinais facilement qu'elle n'avait pas réussi à se transformer, ce qui évidemment augmentait sa nervosité. La rousse continuait de se moquer, de la provoquer. Je ne savais pas ce qui se passerait si elle se transformait contre toute attente maintenant. Est ce que je l'arrêterai ? Est ce que je la tuerai ? J'arrêtai rapidement mes interrogations quand elle s'avança dans notre direction d'un pas plus que déterminé. Mon cœur s'accéléra légèrement, j'avais peur de devoir m'attaquer à elle.


-Ne fait pas ça, lui dis-je un peu trop froidement.


Je tenais Petra dans mes bras, voulant éviter qu'un combat inutile n'éclate. Je n'avais pas non plus spécialement envie de la voir se transformer en titan pour des gamineries pareils. À mon plus grand étonnement, elle m'écouta et baissa sa main. Elle prévint ensuite Hanji qu'elle allait se retirer, passant juste à côté de nous. Je la regardais mais elle non. Elle était clairement beaucoup trop énervée pour que j'essaye de la suivre et de m'expliquer avec elle. Je la laissai donc s'en aller avant de relâcher la rousse.


-Vous auriez dû me laisser ! s'énerva Petra.


-Pour que tu te fasse bouffer sous nos yeux ?


-Notre escouade m'aurait protégé !


-Dans ce cas tu n'aurais pas été loyale, rétorquais-je froidement.


Elle ne me répondit pas, se mordant la lèvre à la place. Yeux à moitié mouillés, j'éprouvai soudainement de la peine en la voyant dans cet état. Je n'eus pas le temps de me rattraper qu'elle partit en serrant les poings. Le reste des personnes présentes me regardaient d'une manière dont je n'aimais pas. Mise à part Hanji, personne ne pouvait comprendre mes réactions. Je soupirai intérieurement, décidant finalement de détendre l'atmosphère en demandant les résultats à Hanji. Comme j'avais supposé tout à l'heure, elle n'avait pas réussi. D'après la brune c'était par un manque de confiance en soit. Moi je pensais qu'elle avait juste peur d'elle même.


Une fois l'heure du dîner arrivée, je restai tout de même avec mon escouade pour ensuite aller manger avec eux. Je n'avais pas recroisé Petra depuis notre altercation. Qu'est ce qu'elle était entrain de faire en ce moment ? Je lâchai rapidement le sujet Petra quand je remarquai la gamine à une table avec Ben. Elle était encore avec lui. Elle n'avait pas compris le message de ce matin ? Me détachant du groupe, je me dirigeai vers elle. Hésitant, je lui demandai si elle voulait bien qu'on aille parler ailleurs. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me réponde négativement. Je comptais insister une nouvelle fois mais son ami me coupa la parole, chose que je détestais. Irrité, je lui envoyai un regard plus que menaçant.


-Surveille ta bouche. Je ne t'ai pas autorisé à me parler.


-Sinon quoi ? Vous allez m'enfermer dans votre chambre moi aussi ? osa t-il me répondre.


Cette merde prenait un malin plaisir à me provoquer. Il était beaucoup trop arrogant à mon goût et l'idée de le remettre à sa place devant tout le monde traversa mon cerveau. Hana essaya de s'interposer mais je lui fis rapidement comprendre où était sa place. Je reposai mon attention sur Ben, l'attrapant violemment par le col de sa chemise. Je n'avais qu'une envie c'était de lui briser le cou. Ayant maintenant toute l'attention de la salle sur moi , je dé-serrais légèrement ma prise. Il en profita pour s'en dégager. Il essaya à nouveau de me provoquer en voulant soi-disant me poser une question. Je pensais sur le moment que sa question allait être stupide et inutile mais mon cœur rata un battement à son entente.


-Vous n'avez pas honte d'avoir des vues sur une gamine ?


Mon corps se tendit. Le fait que des personnes autour de moi avaient pu l'entendre me stressait d'avantage. Je n'étais pourtant pas d'habitude facile à troubler. Je rencontrais alors pour la première fois une toute nouvelle facette de moi.


-Je n'ai pas..


Je le contredis mais bien évidemment il n'avait pas l'air de me croire. J'essayais en même temps de me persuader moi-même que je n'avais pas de vue sur elle, qu'elle ne m'intéressait pas et que je voulais seulement la protéger. Il continua alors à clamer haut et fort qu'il avait raison. Mon comportement me trahissait d'après lui. Je restais cependant calme lors de ses accusations jusqu'à ce qu'il s'en prenne à elle. Il l'avait insulté et je ne supportais pas le fait qu'on lui parle mal. Je m'énervai aussitôt, me rapprochant rapidement de lui. Hana s'interposa une nouvelle fois. J'avais envie de lui crier en pleine figure de se dégager, de me laisser le détruire sur place. Je la regardai froidement, j'étais à bout de nerfs. Je sentis mes muscles se détendre quand elle me promit que si j'arrêtais, nous parlerions plus tard. C'était la seule chose que je voulais après tout. Alors voulant lui faire plaisir, je me retirai.


-Ouais c'est ça, retournez dans votre chambre. Retournez la bais..


S'en était trop, je lui écrasai violemment mon poing dans la figure. Il avait osé essayer de la faire passer pour ce qu'elle n'était pas. Mes camarades vinrent inévitablement nous séparer, ne voulant que je ne l'abîme d'avantage. Clamant qu'il allait se calmer, je décidai de lui envoyer un dernier pic pour me venger.


-Tu parles beaucoup trop pour quelqu'un qui était mort à ses yeux jusqu'à maintenant.


L'action se déroula rapidement. Une énorme explosion jaillit derrière moi, me repoussant par la même occasion. Il y avait de la fumée partout, des soldats criaient de terreur. Me retournant sous le choc, j'aperçus une énorme main sans peau qui venait du bras de Hana. Mes yeux s'écarquillèrent quand je remarquai qu'un couteau était enfoncé dans sa paume. Vu l'expression de Ben, il avait dû profiter de mon départ pour me poignarder dans le dos. Par réflexe, elle s'était mordue pour me protéger. Paniquée, elle essayait de s'extirper de sa transformation. Elle finit par partir en courant alors que j'essayais de l'appeler. Un silence de mort régnait à présent.


-Non attends Hana, reviens ! se plaignit la binoclarde en se tirant les cheveux.


Mon escouade prit Ben par les bras puis l'amena hors de la pièce. Peu de temps après, la masse de Hana partit en fumée et laissa place à une salle à moitié détruite. La plus part des chaises et des tables avaient été réduis en lambeaux. Nous décidions alors avec le reste des soldats de tout ramasser et de jeter ce qui était devenu maintenant inutile. Une fois la tâche terminée, ce n'était sans plus attendre que je remontai vers ma chambre.


Lorsque j'ouvris ma porte, je l'aperçus emmitouflée dans mes draps. Elle était entrain de dormir. La meilleure chose à faire était de la laisser se reposer. J'en profitai pour aller me laver et de nettoyer un peu ma chambre. Ce n'était que vers 23h qu'elle se réveilla en furie. Elle avait l'air de sortir d'un terrible cauchemar. J'accourus directement vers elle, essayant de la rassurer. Elle me disait que des personnes allaient venir la kidnapper, elle était terrifiée. Sa peur ne s'affaiblissait pas alors je tentai le tout pour le tout en posant ma main sur la sienne. Je la rassurai une nouvelle fois en lui promettant que je ne laisserai personne lui faire du mal. Peu à peu, elle se calma. Je comptais la laisser se rendormir et m'occuper de ma paperasse quand elle m'interpella.


-Restez avec moi.


Arquant un sourcil, je pensais d'abord qu'elle me demandait seulement de veiller sur elle le temps qu'elle s'endorme. Ses joues rosies prétendaient autre chose. Comprenant enfin, je lui refusai catégoriquement. Je ne pouvais pas me permettre de dormir avec elle, ce n'était pas correct. Elle insista d'avantage, me faisant les yeux doux. Je n'arrivais pas à lui résister et lâchement j'acceptai. Je m'allongeai dans mon lit, submergé par la gêne. C'était un sentiment que je n'avais jamais connu de toute mon existence. Contre toute attente, elle se colla contre mon épaule tout en me chuchotant quelques mots. Nous nous remercions mutuellement et peu de temps après, elle s'était déjà endormie.


Au beau milieu de la nuit, je me réveillai à mon tour d'un cauchemar. J'avais eu du mal à m'endormir et mon cerveau n'avait pas arrêté de cogiter. Je n'avais cependant pas bougé du tout, j'étais toujours allongé sur le dos. Je regardais le plafond quand je sentis un souffle s'écrasait contre mon cou. Je tournai doucement la tête avant de l'apercevoir pratiquement sur moi. Une de ses jambes était pliée sur ma cuisse, sa main se baladait sous mon T-shirt et sa tête se reposait contre mon épaule. Elle murmura alors quelques mots incompréhensibles. Le bout de ses doigts me caressait de temps à autre, me procurant de légers frissons. La scrutant soudainement de haut en bas, ses lèvres entrouvertes me donnaient des envies que je ne devais pas avoir. Je commençai à m'imaginer n'importe quoi avant de finalement me dégager d'elle pour tout arrêter. Prenant soin de ne pas la réveiller, je me dirigeai vers le balcon. L'air frais me faisait bien. Je savais que dormir avec elle n'était pas une bonne idée, ça m'apprendra à vouloir tenter le diable. Je regardai alors l'horizon, me rappelant à moi-même la triste vérité.


-Je t'ai menti gamine, je ne suis pas mieux que Ben.

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