Etrangère par

5 vote(s) de lecteurs, moyenne=10/10 0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Deviation / Romance / Aventure

19 Envie

Catégorie: T , 5788 mots
0 commentaire(s)

-Répète pour voir.


-Hier soir ayant la grosse commission, j'ai été aux toilettes du premier étage.


-Pourquoi pas dans ma salle de bains ?


-Voyons, je ne voulais pas salir.


J'étais bien entrain d'avoir cette conversation avec Livaï. Pour une fois, il m'avait bizarrement proposé de déjeuner avec lui. En réalité je savais pourquoi il faisait ça, hier soir il m'avait entendu. Étant trop fatigué pour me suivre, il avait préféré attendre son moment pour me poser tout un tas de questions. Évidemment vu la façon avec laquelle il me regardait, il ne croyait un traitre mot de ce que je lui disais. Je savais que je ne devrais pas lui mentir, son aide me serait même peut être bénéfique. Cependant, lui ne me confiait jamais rien. Quand je lui posais des questions comme où il était ? Qu'est ce qu'il faisait avec Petra ? Aucune réponse ne sortait de sa maudite bouche.


-Tu te fou de ma gueule, conclut-il.


Peut être et je ne comptais pas lui dire d'aussi tôt. Soudain, une petite lampe s'alluma au dessus de ma tête. Et si on faisait un petit deal ? Livaï, toujours tasse à la main, me scrutait tout en buvant. Il essayait de lire sur mon visage ce que je manigançais. J'affichai un petit sourire narquois. Il ne trouvera jamais. Contre toute attente, il soupira avant de déposer sa tasse et de me faire une supposition très étrange.


-Tu as été voir Ben en douce.


Je m'efforçai à ne pas rigoler. Il avait quelque chose contre Ben depuis le début et je commençais à comprendre de plus en plus pourquoi.


-Déjà jaloux ? me moquais-je.


-Non. Ce n'est pas mon problème.


Bien sûr, j'avais du mal à le croire. Si ce n'était pas de la jalousie alors qu'est ce que c'était ? De la rivalité entre mâle dominant peut être ? Livaï n'avait pas besoin de bouger un orteil pour savoir que c'était lui qui régnait en maître.


-Alors ? se répéta t-il.


Je gloussai intérieurement. Pourquoi me tendait-il une perche aussi si facilement ? Il avait vraiment l'air de vouloir savoir en plus. Je repensai alors à mon idée de tout à l'heure. J'allais une fois de plus me faire insulter de gamine mais ce n'était pas grave, il fallait que je tente ma chance.


-Si vous me dites ce que vous faisiez avec Petra le jour où vous étiez supposé être avec moi, je vous dirai alors ce que moi je faisais, lui dis-je avec un grand sourire.


Oui, j'étais très têtue. Hésitant, son regard perçant me toisa plusieurs secondes, jusqu'à ce qu'enfin il accepta. Mais tout d'abord, une promesse n'en était pas une sans parole. Je lui tendis alors mon petit doigt. Sa seule réaction était de pouffer. Il entrelaça ensuite le sien avec le mien avant de jurer de dire la vérité.


-Ce jour-là elle m'a demandé de venir dans sa chambre. Ensuite elle m'a enfermé et elle m'a dit qu'elle voulait jouer à des jeux d'adultes, tu comprends ?


Je m'étouffai avec le café qui était entrain de couler dans ma gorge. Je toussai plusieurs fois avant de me reprendre.


-C'est une blague ? demandais-je à moitié ironique et énervée.


-Non, me répondit-il simplement.


Non, je refusais d'y croire. Ces deux-là n'avaient quand même pas profité de mon absence pour se sauter dessus. Je pleurai mentalement. Je le pensais si pur, comment est ce qu'il avait pu me faire ça ? Je voulais partir de cette salle, un peu honteuse d'avoir appris cette nouvelle. À quoi je m'attendais de toute façon ?


-Déjà jalouse ?


-Non. Ce n'est pas mon problème, boudais-je.


Je ne savais pas quoi faire mise à part regarder le sol tout en croisant les bras. Est ce que si ça n'avait pas été Petra j'aurai pris la nouvelle d'une autre façon ? Je n'en étais pas si sûre. Si j'étais réellement jalouse, alors quels étaient les sentiments que j'avais envers Livaï ? Ce n'était pas la même affection que j'avais avec Eren ou même Ben. C'était plus que de la simple amitié. J'attendais patiemment chaque jour de pouvoir le croiser, de pouvoir lui parler. Le fait que la moindre petite chose qu'il fasse que je n'aimais pas me fasse perdre les pédales. Ces petites attentions envers moi lorsqu'il me défendait ou me protégeait, c'était beaucoup trop à supporter pour une jeune fille comme moi. Je crois bien que j'étais entrain de basculer du mauvais côté de la balance qu'on appelait l'amour.


-Je l'ai repoussé.


-Quoi ? Pourquoi ? demandais-je du tac au tac.


Ma rapidité de réponse dut l'amuser parce qu'il était entrain de me ricaner au nez. Je tentais à nouveau de lui demander quelque chose, seulement cette fois-ci je me cognai à un mur. Comme toutes les fois où je minimisais un peu trop dans sa vie privée en fait. J'étais sûre qu'il devait bien ricaner dans sa tête, me voir m'intéresser à lui, poser des questions plus tordues les unes que les autres. Je soupirai de déception. Une promesse étant une promesse, je lui avouai tout. Ma rencontre avec Annie, le rendez-vous que je lui avais imposé, notre petite escapade nocturne. Il m'écouta attentivement sans me couper la parole. Toujours silencieux, je lui confiai ce que je pensais finalement de tout ça.


-Je pense que Annie est le titan femelle.


-C'est ce que nous pensions aussi. Elle était la seule assez proche de toi pour vouloir te sauver.


Je ne la remercierai jamais assez pour m'avoir sauvé cette fois-là. Pour m'avoir aussi sauvé de ces types, je devrais m'en remettre à elle tous les jours. Seulement, je ne pouvais pas lui pardonner tous les pauvres gens qu'elle avait tué pour le seul et unique but de capturer Eren. Annie était une traitre. Peut être qu'elle avait une bonne raison de faire ça, peut être même qu'on l'avait forcé. Pourtant, sa simple volonté pouvait changer tout un futur. Il n'y avait pas de place dans mon cœur pour ceux qui n'étaient pas capables d'agir pour changer les choses.


-Nous devrions trouver un plan pour la piéger, supposais-je un peu tristement.


-Mais pourquoi parlez-vous de malheur dès le matin ? demanda une voix féminine.


Entre nous, une personne s'étala à son aise sur la table. Sur le ventre, elle avait posé sa tête sur ses deux mains. Je n'eus pas plus de mal à deviner qui c'était quand je remarquai des lunettes sur sa crinière brune.


-Qu'est ce que tu fiches, binoclarde ? demanda Livaï légèrement irrité.


Elle se releva sur ses genoux, toute joyeuse. Je ne savais pas quelle nouvelle elle allait nous apprendre, mais ça ne sentais pas très bon.


-Aujourd'hui, il est interdit de parler de travail ou de titan ! s'exclama t-elle en pointant son index devant elle.


Venant d'elle, c'était très surprenant. Je croyais même qu'au début elle nous jouait une blague. Hanji qui ne parlait pas de titan n'était pas une Hanji. Ne voyant qu'aucun de Livaï et moi ne lui répondions, elle continua son monologue.


-Parce que ce soir, commença t-elle en prenant nos mains dans les siennes, on fait la fête !


-La fête ? demandions Livaï et moi en même temps.


C'était ainsi que je me retrouvai dans la chambre de Chrysta, accompagnée de toutes les autres filles. Je ne savais pas comment j'avais atterri ici mais je semblais être la seule à ne pas être très enthousiaste. Même Mikasa, d'habitude impassible, ne faisait que sourire à tout bout de champs. Réunies sur le lit de la blonde, nous entamions une conversation banale.


-Vous êtes prêtes pour ce soir les filles ? demanda joyeusement Chrysta.


-Oh que oui. Mon estomac n'attends que ça ! cria Sasha déterminée.


Celle-là alors, elle ne changera jamais. Au moins, elle avait trouvé sa vocation et ne perdais pas de temps avec les sentiments comme une certaine personne aux cheveux roses. Moi aussi j'aimerai n'avoir que de yeux pour la nourriture, pas pour Livaï.


-Sasha ! s'indigna Chrysta. Tu ne veux pas plutôt te faire toute jolie ? Il n'y a pas un garçon que tu aimerai séduire ce soir ?


Sasha sembla réfléchir un instant. Elle faisait tapoter le bout de son doigt contre ses lèvres tout en faisant de drôles de bruits avec sa gorge. Son cerveau sembla s'illuminer quand elle sourit enfin.


-Est ce que la viande de sanglier est considérée comme un garçon ?


Nous semblions toutes désespérées mais au final nous finissions par en rire. J'appris par la suite de Ymir que Sasha et Connie étaient très proches. Il était vrai que j'avais déjà vu ces deux-là de nombreuses fois se marrer ensemble. Cependant, je n'étais même


pas sûre s'ils savaient réellement ce qu'était l'amour. Loin d'être indifférente, lorsque nous commencions à parler de lui elle se cacha sous le lit. Ses réactions démesurées me rappelaient souvent Hanji.


-Et toi Mikasa ? Eren hein ? attaqua une nouvelle fois Chrysta.


-N..non je euh..


Ça faisait toujours bizarre de voir Mikasa gênée. D'habitude forte insoucieuse et dénuée d'émotion, elle paraissait en ce moment même aussi fragile qu'une enfant. Mikasa ressentait, si on pouvait dire, une forte affection pour son ami d'enfance. Mais qu'en était-il d'Eren ? Je n'avais jamais vu un geste qui aurait pu le démontrer ou même une parole. Peut être ne la voyait-il que comme une simple sœur ? Si c'était le cas, je la plaignais. Quoi de plus cruel que de finir dans cette catégorie.


-Je ne lui dirai sûrement jamais, finit-elle par nous avouer en baissant la tête. Tant que je peux rester à ses côtés, ça me va.


Sa mine triste fit disparaître toute la joie et la bonne humeur de tout à l'heure. On ne pouvait pas lui en vouloir.


-Tu ne dois pas abandonner tu sais. Moi je me bats tous les jours pour que Chrysta finisse par m'épouser ! essaya de la rassurer Ymir.


Le fait de voir Ymir essayait d'enlacer la blonde devant nous ne pouvait que faire rigoler Mikasa. Elle perdit alors sa précédente tristesse, souriant de nouveau. J'espérais vraiment que Eren finisse par la regarder de la bonne manière qu'il soit, elle le méritait vraiment.


-Hana.., commença la blonde avec un sourire en coin.


J'avalai de travers, sentant que ma fin était très proche. Cependant, je n'étais pas vraiment très à l'aise avec ce genre de choses, je ne me confiais jamais. Le sujet Livaï allait bientôt finir sur le tapis.


-Tu es proche de ce garçon non ? Ben, c'est ça ?


Ben. Je ne m'attendais à ce qu'elle me parle de lui. Voulant échapper à mes vrais sentiments, j'acceptai de continuer sur cette route. Je leur expliquai alors que lui et moi nous connaissions depuis longtemps, mais ça elles le savaient déjà. Parler de lui me rappelait bizarrement toutes les mauvaises choses qu'il avait fait depuis son arrivée. Ses pensées me faisaient mal au cœur. Ben n'agissait pas de cette manière quand nous habitions encore dans la forêt. Pourquoi avait-il eu un accrochage comme par hasard avec la personne qui comptait le plus pour moi ? Nous continuions à parler de lui pendant plusieurs minutes, abordant finalement le creux du sujet.


-Je suis sûre qu'il t'aime.


Je regardai Mikasa béat. Elle n'avait pas pipé mot depuis tout à l'heure, pourtant c'était elle qui venait de dire cette phrase. Je ne me priai pas pour lui dire qu'elle avait tord. Seulement, je me trouvai à être la seule à penser ça. Après maintes explications de leur part, je commençai moi aussi petit à petit à croire que ça pouvait être crédible. Dès le début il avait osé provoquer Livaï et par la suite rien ne s'était arrangé. Le fait qu'il avait voulu l'intimider et l'afficher devant tout le monde venait accentuer cette vérité. Puis comme un souvenir lointain, l'image de lui devant ce couché de soleil me demandant ce que je ressentais pour lui me revint à l'esprit. Ce jour là, je n'avais pas su lui répondre correctement. Sa main sur ma joue, il m'aurait certainement embrassé si ce titan n'avait pas aussitôt percuté notre maison. Si je n'avais pas fini entre ses murs et surtout si je n'avais pas rencontré Livaï, à l'heure qu'il était nous serions lui et moi ensemble au chaud dans des couvertures près d'un feu. Je me sentais soudainement nostalgique.


-Vous êtes vraiment bête, râla soudainement Sasha.


Celle-ci, depuis des minutes silencieuse, venait d'ouvrir la bouche. Elle arborait un air plutôt blasé, comme si la conversation l'ennuyait.


-Son véritable amour est le Caporal ! cria t-elle en pointant son doigt vers moi.


Sa phrase sonnait comme une accusation. Toutes les autres me regardaient maintenant avec des étoiles dans les yeux. Je dévisageai la brune, comme si elle ne pouvait pas se taire.


-La dernière fois je les ai vu main dans la main ! Celui qui a fait ça, je le trouverai et je le tuerai, essaya t-elle d'imiter Livaï.


Je pouffai à la vue de sa désastreuse imitation. Elle avait exprès plissé les yeux et prit un air supérieur pour parler comme lui. Je rigolais mais les sourires en coin de mes amies me rappelaient rapidement le questionnaire qu'elles allaient me faire passer. Je soupirai mentalement, que cet après-midi passe vite.


Il était au alentour de 19h quand j'étais fin prête pour la soirée. Nous nous étions toutes préparés ensembles depuis des heures. Heureusement pour moi, Chrysta m'avait prêté une robe et des talons. Elle était grise sans manche et légèrement décolletée. Elle m'allait jusqu'à la moitié des cuisses et je me serai sentis plus que gênée si mes amies n'en portaient pas une similaire. Quant à ma coiffure, j'avais rassemblé mes cheveux en un chignon contracté en laissant seulement quelques mèches se balader de part et d'autres de mon visage. Mes yeux étaient légèrement maquillés ainsi que mes lèvres. Tout ce que j'espérais était qu'on ne se moque pas de moi ce soir. Ça allait être compliqué avec Livaï. Il allait certainement me dire que j'essayai de me faire passer pour une femme alors qu'en réalité j'étais qu'une sale gamine ennuyeuse et stupide. Mais à mon plus grand étonnement, je reçus plusieurs compliments de la part de Mikasa et de la blonde. Je les remerciai sincèrement, au moins ça me redonnait au final un peu plus confiance en moi.


Lorsque j'entrai dans la salle à manger, j'étais agréablement ébahie par toutes ces personnes entrain de rigoler et de s'amuser. Certains buvaient, criaient ou faisaient même des petits jeux. Dans un coin des personnes jouaient de la musique tandis que d'autres en profitaient pour danser comme bon leur semble. Cette vue m'arracha un sourire. Soudain, j'entendis un sifflement. Tournant la tête, je vis les garçons à une des tables. Ils nous incitèrent immédiatement à les rejoindre.


-Qui aurait cru que tu pouvais finalement ressembler à quelque chose Hana, se moqua Jean.


J'étais de bonne humeur ce soir, alors je rigolai à sa blague. Une fois installées, nous discutions de tout et n'importe quoi. Ayant soudainement soif, je décidai d'aller me servir un verre. Avant que je ne me lève, je remarquai Livaï et son escouade se dirigeaient vers les boissons. Il portait une chemise blanche légèrement ouverte, laissant vue sur le début de son torse. Vêtu d'un jean gris et de ses bottes brunes, je le trouvais incroyablement attirant. Le fait d'apercevoir de nouveau la rousse à ses côtés rigoler avec lui me plomba magiquement ma joie de vivre. Elle devait bien profiter de sa place, alors que moi qui était en face de moi ? Jean. Non mais franchement, achevez-moi.


-Passe à l'action, me chuchota Mikasa.


Je la regardai quelques secondes avant de lui sourire. Ce soir je m'étais faite jolie et ce n'était sûrement pas pour les yeux de Jean. Me levant déterminée, je me dirigeai vers le comptoir. Une fois assez proche de lui, je touchai nerveusement ma coiffure. Y avait-il sur Terre une personne plus mal à l'aise que moi? Je voulus faire demi-tour pour retourner à ma place mais lorsque je pivotai sur moi même, je rencontrai le regard effrayant de Mikasa. Visiblement elle ne me laissait pas l'embarras du choix. Elle avait raison, je devais me ressaisir car là j'en faisais beaucoup trop pour rien. Prise d'un soudain courage, j'avançai dans sa direction. Il ne m'avait toujours pas remarqué, bien trop occupé avec Petra bien sûr. J'en profitai pour prendre un verre. Nous étions l'un à côté de l'autre mais étant de dos pour parler avec sa partenaire, il ne pouvait pas me voir.


-Bonsoir Caporal, le saluais-je en raclant ma gorge.


Il tourna lentement sa tête vers moi. Me faisant à présent face, il me scruta de haut en bas. Son regard s'était attardé sur mon petit décolleté, il pouvait être plus discret tout de même. Je rougis, grattant l'arrière de ma nuque. Il ne m'avait toujours pas répondu et c'était très gênant. Étant donné son manque de réponse, j'en profitai pour remplir mon verre avant de me retourner vers lui. Je n'allais tout de même pas partir sans m'amuser un peu. Face à lui, je rapprochai mon visage du sien puis séparai nos fronts respectifs de ma main. Il était vrai qu'avec ses chaussures, nous faisions presque la même taille.


-Gamine hein ? le taquinais-je avant de me retirer.


Je rejoignis mon groupe après ça, fière de ma petite blague. Je ne savais pas pourquoi mais j'entendis Hanji rigoler, suivit d'une insulte cinglante de la part de Livaï. À mon retour à la table, Mikasa ne manqua pas de me féliciter.


-T'as vu la façon dont il t'a regardé ! rigola t-elle.


Je ne voulais pas non plus me faire des idées mais j'avais très bien vu la façon dont il m'avait regardé. Peut être qu'avec ce nouveau physique je l'avais étonnée ?Je souris toute seule, pensant à ma petite victoire.

La soirée se déroula agréablement bien. Nous autres passions le plus clair de notre temps à rigoler et à faire n'importe quoi. Sasha eut alors la brillante idée d'aller danser. Pratiquement tout le monde la rejoignit. Pour ma part je restai assise, en vérité je ne savais pas danser. Soudain, une main se tendit vers moi.


-M'accorderiez-vous cette danse Madame Titan ? me demanda Eren.


Souriante, j'avançai ma main vers la sienne. Seulement, je me stoppai à quelques centimètres de celle-ci. Je repensais à la déclaration de Mikasa. Certainement sous l'effet de l'alcool, Jean avait osé l'inviter sur la piste de danse. Elle avait accepté, mais j'étais sûre que de me voir proche d'Eren devait la déranger. Je posai alors mon regard sur elle, celle-ci m'adressa immédiatement un sourire. Était-elle entrain de me dire que je pouvais accepter ?


-Avec plaisir Monsieur, lui répondis-je finalement.


Il saisit ma main avant de m'entraîner au milieu de la foule. La musique était plutôt rythmique, j'avais par chance évité un slow. Dansant proche de moi, je ne savais pas trop comment m'y prendre alors je me dandinai un petit peu. Il se moqua aussitôt de moi, je lui tirai la langue comme réponse. Sans me prévenir, il attrapa mon bras avant de me faire tourner énergiquement. Par déséquilibre je me rattrapai en posant mes mains sur son torse. À ce geste, un joyeux sourire se dessina sur ses lèvres. Je ne savais pas comment interpréter ça. Qu'est ce qu'il était entrain de faire au juste ? Ne devrait-il pas plutôt s'amuser avec Mikasa ? En regardant mes autres compagnons, je pouvais facilement deviner qu'ils s'amusaient. Sasha dansait avec Connie tout en croquant dans une cuisse de poulet. Chrysta et Ymir gesticulaient dans tous les sens. Armin avait rejoins Mikasa au plus grand désespoir de Jean, qui maintenant ne pouvait plus se frotter à la brune. Cherchant soudainement Livaï du regard, il était adossé contre un mur avec Petra à ses côtés, verre à la main. Son regard se déplaça sur moi, il me fixait très froidement. Je réfléchis un instant dans ma tête, me demandant pourquoi. J'abandonnai rapidement mes recherches, j'en avais marre de toujours aller vers lui. S'il voulait danser avec moi, il n'avait cas se manifester. Alors pris d'un élan de folie, je continuai à m'amuser avec Eren. Il n'était peut être qu'un ami pour moi mais j'appréciais grandement sa compagnie. Mon cerveau vrilla à nouveau lorsque je remarquai la rousse tendre sa main vers Livaï. Il accepta d'un grand sourire, mes yeux sortirent de la tête. Ils n'allaient tout de même pas venir danser ?


-Qu'est ce que tu regardes depuis tout à l'heure ? me demanda Eren en arquant un sourcil.


Son regard suivit alors le mien. Ses lèvres perdirent légèrement de son sourire. Pendant ce temps-là, les deux autres s'approchaient de plus en plus jusqu'à carrément se retrouver à côté de nous. Moi et Eren entrain de danser près de Livaï et Petra. Cauchemar.


-Tu veux qu'on aille ailleurs ?


-Non ne t'inquiète pas Eren, lui souris-je.


Je n'allais quand même l'abandonner pour si peu, même si je devais avouer que les voir s'amuser me dégoutait au plus haut point. Je crus même m'évanouir lorsqu'elle commença à frotter son popotin contre lui. Petra était sans doute la femme la plus persévérante du monde. Il vaudrait mieux que je m'éloigne avant que je ne vomisse sur Eren. Je comptais me rassoir mais une personne dont je n'attendais pas du tout la présence attira mon attention. Ben, qu'est ce qu'il faisait là ? Même si j'étais très en colère contre lui, je ne pouvais pas laisser échapper cette occasion pour avoir des explications. Je confiai alors à Eren que je reviendrai plus tard. Sous les yeux approbateurs de Livaï, je me dirigeai vers Ben. Ne voulant pas me donner en spectacle, je ne lui donnai pas le temps de me saluer que je l'attrapai par le bras pour l'emmener ailleurs.


Une fois sur le toit, je lâchai son poignet. Il était habillé normalement ce qui me laissait croire qu'il n'était même pas au courant qu'une fête se préparait dans la salle.


-Qu'est ce que..


-Explique moi, lui ordonnais-je, tout.


Étonné, il me fixa un instant avant de se déplacer vers le petit muret. Il ne me regardait plus, mais plutôt le ciel noir surplombé d'étoiles au dessus nous.


-Tout d'abord, je suis désolé de t'avoir insulté.


Il commençait bien. Croisant les bras, j'acceptai tout de même ses excuses. Après tout il n'était pas n'importe qui pour moi. Seulement s'excuser n'allait pas tout régler. J'avais encore un tas de choses à lui dire, à lui reprocher. Sans vraiment mesurer l'ampleur de mes mots, je déballai tout ce que j'avais sur le cœur.


-Maintenant dis-moi pourquoi tu as agi comme ça ? Pourquoi il a fallu que tu te dresse contre moi, contre nous. Si tu ne l'avais pas cherché ce soir-là , j'aurai peut être pu choisir le moment où je voulais vraiment me transformer. Maintenant, la plus part des gens sont au courant ! m'énervais-je.


Il resta silencieux, toujours immobile et dans la même position. Comme si mes paroles ne l'avaient pas atteins. Arborant soudainement un léger sourire, il se tourna enfin vers moi.


-Hana je t'aime.


Mes yeux s'écarquillèrent automatiquement. Il n'avait pas entendu ce que je venais de lui dire ? Ce n'était pas le moment de dire n'importe quoi juste pour changer de sujet.


-Tu te rappelles quand je t'ai dis que venir ici et fonder une famille avec toi était un de mes plus grands souhaits ? Lorsque je suis arrivé ici, j'ai vu dans ton regard que je n'étais plus le même pour toi.


Qu'est ce qu'il était entrain de raconter ? Plus il parlait et plus je perdais pied. Je me demandais même si il ne me faisait pas une blague pour détendre l'atmosphère ou quelque chose comme ça. Tout se mélangeait dans ma tête, je ne savais plus quoi penser. Peut être qu'au final il était sérieux ? Si c'était le cas, alors les filles avaient raison. Si c'était le cas, toutes ses actions seraient un petit plus justifiées qu'avant. S'il m'avait fait cette déclaration bien avant, j'étais sûre que j'aurai sans doute retourner ses sentiments. Seulement les temps avaient changé, mes sentiments aussi. Je ne pouvais plus le faire à présent.


-Ben..


-Tu l'aimes pas vrai ?


Faisait-il référence à Livaï ? Je tournai la tête gênée, je ne voulais pas me déballer là dessus. Je n'étais même pas sûre moi-même de ce que je ressentais pour lui. Alors je restai muette, ne voulant le blesser d'avantage en disant n'importe quoi.


-Éconduis moi s'il te plait. Je veux passer à autre chose.


Il me faisait vraiment de la peine. Je ne voulais pas lui dire que son plus grand souhait ne se réaliserait sûrement jamais. Je ne voulais pas lui avouer que la personne qui comptait le plus pour moi maintenant n'était plus lui. Ben sera toujours dans mon cœur mais plus à la première place. Baissant la tête, je pris mon courage à deux mains avant de m'élancer.


-Je suis désolé Ben, je ne partage pas tes sentiments.


Sa seule réaction était de sourire. Une larme coula le long de sa joue, réduisant mon cœur en miettes. Il tendit alors ses bras vers moi. Je n'allais sûrement lui refuser un câlin. Je m'empressai de le rejoindre, le serrant fort contre moi. Nous nous enlacions pendant plusieurs minutes, Ben sanglotait toujours au creux de mon cou.


-Hana je ne sais pas ce qui va advenir de ma connerie mais sache que je serai toujours là si tu as besoin de moi.


J'étais heureuse d'entendre ça. Je caressai son dos du plat de ma main ainsi que l'arrière de son crâne. Ben restera pour toujours et à jamais la personne à qui je devais le plus ma vie.


Après avoir quitté Ben, je rejoignis à nouveau la grande salle. Je retrouvai mes amis à moitié possédés par l'alcool, rigolant pour des choses qu'ils ne comprenaient même plus. Au moins, ils finissaient leur soirée en beauté. Près du comptoir, je me servis un verre puis deux et trois. J'avais bien besoin de me saouler et de penser à autre chose. J'étais avachie toute seule à une table. Ma soirée avait été un désastre. Je m'étais faite toute belle pour rien. Livaï ne m'avait pas adressé la parole de toute la soirée. J'avais sûrement blessé Mikasa puis abandonné Eren pour finalement éconduire Ben. Ma tête tournait, je n'avais plus rien à faire ici. D'un pas empressé, je me levai. Je trébuchai en me redressant sur mes jambes mais je me rattrapai au dernier moment. En regardant la salle, il n'y avait plus beaucoup de gens. Il devait être tard. Je partis alors en saluant le reste de mes amis avant de sortir de la salle.


Je vagabondai dans les couloirs sans réellement savoir si je prenais le bon chemin. Je crois même être passée deux fois au même endroit. Être saoulée au point de ne plus retrouver ma route, ça ne me ressemblait pas. Mais lorsque je reconnus les escaliers habituels près des chambres, j'eus la bête envie de crier victoire. Seulement, une personne avec une bouteille entre les jambes était assise sur l'une des marches. En me rapprochant, je notai que cette personne était l'homme qui m'avait complètement ignoré ce soir. Irritée, je passai à côté de lui sans lui adresser la parole. Mais toujours désorientée, je loupai une marche. Je pensais que m'éclater le menton n'était plus une option pour moi, jusqu'à ce que je sentes un bras me retenir par la taille. Livaï s'était relevé et m'avait évité une sacré chute.


-Fais attention, se plaignit-il.


À sa voix on pouvait facilement comprendre qu'il avait bu pas mal de verre. Je ne comprenais pourtant pas pourquoi il était tout seul à attendre ici. Peut être qu'il m'attendait ? Non non, l'alcool me donnait des idées bizarres. Il monta aussitôt les escaliers. Remarquant que je ne le suivais pas, il se retourna vers moi.


-Bon on y va ? s'impatienta t-il.


Je m'empressai de monter les marches et de le rejoindre. Je ne pus m'empêcher de décrocher un léger sourire. Pourquoi fallait-il qu'il se manifeste que maintenant ? J'étais sûre que ma soirée aurait été meilleure s'il m'avait adressé la parole plus tôt.


Le reste du chemin se fit bizarrement dans le silence. Quelques fois je manquai de tomber mais il était toujours là pour me retenir. Une fois devant la porte, j'essayai de l'ouvrir mais elle était fermée. Toujours dos à mon Caporal, j'attendais qu'il introduise enfin la clé dans la serrure. J'avais besoin d'une bonne nuit de sommeil.


-Qu'est ce que vous attendez ? lui demandais-je impatiente.


Mon corps se redit complétement quand je sentis des lèvres se collaient contre ma peau. Livaï était entrain de parsemer mon cou de petits baisers. Je ressentis alors anormalement mon corps augmentait de température quand il léchouilla légèrement ma peau. Ne comprenant pas ce qu'il faisait, j'essayai de me retourner mais mon corps me dictait de ne pas bouger.


-Pourquoi tu m'a laissé tout seul ce soir ? me chuchota t-il.


Sa voix était sensuelle. Tandis qu'il continuait son petit manège, ses mains se baladaient sur mes hanches. Je penchai mon cou du côté pour qu'il continue. Qu'est ce qu'il m'arrivait ? À mon geste, ses lèvres se dessinèrent en un sourire.


-Vous étiez avec Petra.


-Tu étais avec tout le monde sauf avec moi.


Sa phrase sonnait comme un reproche. Malgré ça, je n'arrivais pas réellement à réfléchir. Mon esprit n'était concentré que sur les sensations que me procurait mon corps.


-Vous m'attendiez ?


Il me retourna avant de me plaquer contre la porte. Son visage se rapprochait dangereusement du mien. Ses joues étaient inhabituellement roses. Ses yeux me regardaient tel un lion qui traquait sa proie.


-J'attendais que ça, m'avoua t-il.


Sa main droite se posa sur ma cuisse. Il la glissa doucement sous ma robe, les sensations dans mon bas ventre s'accentuaient de plus en plus. Je n'avais jamais ressenti ça de ma vie. Je ne savais même pas si j'avais la pleine conscience qu'un homme était entrain de me toucher. Seulement, cet homme était Livaï. Est ce que ça comptait comme une raison valable ?


-Bon sang, qu'est ce que vous faîtes ? lui demandais-je entre deux souffles.


-Ce que je n'ose pas en étant sobre, me chuchota t-il.


Nos visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres. Nos lèvres se taquinaient à distance. J'avais l'irrésistible envie de goûter aux siennes, ses yeux dévora les miennes du regard. Il se rapprocha soudainement. Même si son haleine empestait l'alcool, je ne pensais qu'à une chose. J'allais embrasser Livaï. J'allais embrasser l'homme qui faisait le plus battre mon cœur.


-Hana..


Je fermai les yeux, attendant le doux touché de ses lèvres. Je n'arrivais même pas à réaliser ce qui était entrain de se passer. Mon cœur s'accéléra quand nos souffles s'entremêlèrent enfin.

-Hum hum..



Contre toute attente, Livaï se recula. Quelqu'un venait de nous interrompre. Je maudissais cette personne de m'avoir empêché d'embrasser Livaï. Tournant la tête, la personne que je méprisais le plus se tenait derrière nous, les bras croisés.


-Vous ne devriez pas faire ça Caporal, grogna t-elle.


Petra. Pourquoi devait-elle toujours apparaître dans mes meilleurs moments ? Gâcher ma relation avec lui était clairement devenue sa raison de vivre. Livaï soupira avant de complètement se dégager. Leur tenir tête dans mon état n'était certainement pas la meilleure chose à faire. Dans un élan de panique, j'attrapai la manche de la chemise de Livaï. Il fixa un moment ma main avant de ramener son bras près de lui. Ça me faisait du mal de le voir me rejeter. Se tournant vers Petra, il me jeta les clés. Je les attrapai maladroitement, ne comprenant pas son changement d'attitude soudain.


-Je te rejoindrai plus tard, me dit-il avant de repartir vers les escaliers.


Petra s'était déjà retirée avant que je ne puisse lui dire quoi que ce soit. J'étais vraiment fatiguée, je n'avais plus la force de le poursuivre. Nonchalante et surtout déçue, j'ouvrai la porte puis tombai raide sur le lit. Je réfléchis quelques instants dans cette position avant d'enfiler mon pyjama. Maintenant à l'intérieur des draps, je réalisai à quel point ma tête me faisait mal. Je me promis alors de ne plus jamais me laisser aller avec l'alcool par pure déception amoureuse. En y repensant, ce soir m'avait chamboulé. Des choses étranges s'étaient produites avec Livaï. Je ne savais pas si il avait agi simplement sous l'effet de l'alcool, mais moi je ne regretterai pas demain la veille ce qui s'était passé. Oui,j'avais pris conscience de certaines choses. Mon sentiment envers lui que je pensais être de l'admiration s'était révélé être bien plus que ça. Je n'étais peut être qu'une gamine à ses yeux mais j'avais compris une chose ce soir. J'étais amoureuse de Livaï.

0 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?