Le destin des Ackerman - Tome 1

Chapitre 22 : Chapitre 21 - La seconde bataille de Trost, partie 2

Par pikanc

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Tous les habitants de Trost entendent ce coup de tonnerre impressionnant malgré ce temps magnifique et dégagé, ils ont la sensation que la terre va se déchirer sous leurs pieds. En dessus des remparts, des débris virevoltent et commencent à retomber lourdement.


Très rapidement, après les quelques instants de choc pendant lesquels la population reste hébétée, des cris de panique et des hurlements de terreur résonnent dans les rues. Saisis par la peur qu'une horde de titans déferle de nouveau pour les dévorer et réduise leurs maisons à l'état de fétu de paille, les civils de Trost commencent à se mouvoir dans une cohue générale.


Des soldats de la garnison arrivent par contingents et essayent de contenir le mouvement chaotique de la foule.


Ne paniquez pas, la situation est sous contrôle, rentrez chez vous dans l'ordre ! Hurle l'officier à cheval au milieu de l'avenue principale qui traverse le district du Nord au Sud.


C'est la pagaille. Tout le monde court dans une direction différente, des gens se font bousculer et piétiner, les cris continuent. Les troupes de la garnison sont obligées d'intervenir physiquement pour calmer la population et l'encadrer.


Nous sommes perdus, les titans vont entrer à nouveau !


La reprise de la porte est impossible, nous ne pouvons pas gagner contre eux !


Hurlent certains civils qui essayent de se frayer un chemin dans la foule.


Au sommet du mur, Rico se bouche une oreille et fait un grand signe de l'autre.


FEUUUUUUUU ! Hurle-t-elle.


L'instant suivant ses hommes font cracher du feu et du métal aux canons qui ont été amenés jusqu'ici.


L'objectif est simple : ralentir les titans qui approchent rapidement de la porte pour permettre aux soldats du bataillon de ne pas les affronter tous en même temps.


Deux boulets touchent une cible et les deux démons s'effondrent. Le premier — touché à une cuisse — s'écrase lourdement au sol et glisse sur plusieurs mètres. Le second reçoit le projectile en plein visage et tombe en arrière.


Rechargez ! Ordonne encore l'officier de la garnison.


En contrebas, Mikasa a le regard rivé vers les trois colosses aux prises avec Thomas. Ses yeux sont fixés sur l'endroit où il était quelques secondes auparavant et qui est maintenant envahit de poussière et de morceaux du remparts qui retombent en cloche.


L'effroi s'empare de ses entrailles tout comme ses yeux s'écarquillent. Elle redoute déjà de découvrir son corps sans vie après la fin des combats s'il ne se fait pas dévorer entre temps. Son visage s'assombrit, son regard commence à briller de rage : elle était prête à faire entrer une nouvelle personne dans ce cercle très fermé des vies auxquelles elle tient plus que tout.


Elle serre de toutes ses forces ses doigts autour des poignées de son équipement tridimensionnel et se prépare à en enclencher les mécanismes pour rejoindre au plus vite la dernière position connue du brun suicidaire.


Livaï la voit faire et remarque son regard tourné vers l'Ouest. Il l'arrête.


Mikasa calme-toi, tu dois rester concentrée sur ta mission.


Comme à chaque fois qu'elle doit choisir entre ce que lui hurle son cœur terrifié et la raison imposée par les ordres de ses supérieurs, le regard de la brune alterne entre le Caporal-Chef et les trois titans qui se tiennent à cent mètres de là.


Dans son esprit un rapide calcul s'effectue : Eren est au sommet du mur et ne bougera pas le petit doigt avant que la zone ne soit totalement sous leur contrôle, Armin est en sécurité — surtout si l'escouade d'intervention s'en mêle — et il leur sera facile de désengager le combat en cas de pépin. Le seul endroit où elle veut et doit être c'est près de Thomas s'il y a encore la moindre chance qu'il soit en vie, pour éviter que sa courte existence s'arrête aujourd'hui.


Elle presse la gâchette pour tirer le grappin à son côté droit mais son supérieur direct l'intercepte.


Arrête !


Laissez-moi passer ! S'énerve-t-elle.


Impossible de la raisonner. Elle se débat comme une furie pour se défaire de cette étreinte forcée qui l'empêche de voler au secours du jeune homme.


Un second choc se fait entendre soudainement, un tremblement secoue les environs : un autre rocher vient de s'écraser contre le rempart.


Mikasa cesse de bouger pendant un instant, terrifiée, bouche-bée devant ce qu'elle voit et qui insuffle le désespoir dans son cœur, commençant à considérer la possibilité de ne plus jamais revoir l'un de ces regards tendre que lui adresse Thomas.


Elle hurle à nouveau les même mots, tente encore de se défaire de l'emprise de Livaï mais il la tient fermement. Ses camarades observent la jeune femme, circonspects qu'elle se mette dans cet état alors qu'il n'est pas question de Eren.


Merde, merde, merde ! S'écrie Conny en fixant le titan qui aime jeter des rochers sur ses proies.


Ce dernier vient d'en ramasser un troisième et s'est tourné vers leurs groupe.


Chef !


Livaï tourne la tête.


A COUVERT !


Le rocher s'écrase contre le haut de l'ouverture et des dizaines de blocs de pierre plus lourds et imposants les uns que les autres sont éjectés dans les airs. Une tonne de poussière leur tombe dessus.


Tu ne peux pas rejoindre Thomas ou tu te fera lapider ! Dit Livaï à l'intention de la jeune Ackerman pour la raisonner, avant de la lâcher puis d'enfouir son visage dans son coude pour protéger ses voies respiratoires.


Elle cesse de se débattre et baisse les bras. Ses yeux fixent tristement l'un des débris qui entame sa descente en direction du sol en tirant sur son écharpe pour protéger son visage de la poussière.


Le souvenir de la veille s'impose à son regard et son esprit.


Tu as un rêve ? Demanda-t-elle à son conjoint.


Elle l'observait, il était allongé dans l'herbe avec un bras replié sous sa tête, les yeux fermés. Mikasa était assise près de lui, en tailleur, dépiautant un malheureux brin d'herbe pour expulser sa nervosité : une autre question lui brûlait les lèvres mais elle ne savait pas comment amener le sujet.


Thomas semblait embêté par cette question et hésita à répondre.


Pas vraiment. Et toi ? Esquiva-t-il.


Elle le fixait encore, laissant la question mourir dans le silence pendant un long instant, à se demander s'il est vraiment possible de vivre sans avoir d'objectifs et sans caresser le moindre rêve.


J'aimerai retourner chez moi et retrouver un quotidien paisible. Répondit-elle finalement avant d'arracher un nouveau brin d'herbe.


Thomas ouvrit soudainement les yeux et tourna la tête en sa direction pour lire l'expression de son visage. Elle tressaillit en croisant son regard.


Si on réussit demain, on pourra rapidement y aller et je suis impatient de me battre pour te permettre de retrouver ton chez toi. Déclara Thomas avec un petit sourire plein de sincérité.


Cette déclaration l'avait touchée et elle fut saisie d'une pulsion envers lui : le besoin d'un contact physique soudain entre leurs lèvres. Elle ne s'expliquait toujours pas l'effet que ce brun lui faisait. Pourtant, paralysée par son manque de confiance en elle quand il est question de céder à ses envies et incapable d'initier ce baiser, elle acquiesça simplement avec un sourire maladroit. Elle se posait sans cesse un tas de questions, comme à chaque fois qu'elle avait envie de le toucher...


En a-t-il envie ? Ne serait-il pas amené à croire qu'elle a trop besoin d'affection ? Ne va-t-elle pas l'exaspérer à force ?


Elle finit alors par baisser la tête afin de se concentrer sur cette fibre végétale qu'elle malmenait entre ses doigts.


Quelques secondes s'écoulèrent et elle sentit soudain qu'on lui tapotait le genou. Elle sursauta quelque peu et comprit que Thomas s'était redressé en se hissant sur son coude et venait d'attirer son attention. Il arborait un sourire tendre et ses yeux étaient rieurs, comme à chaque fois qu'il la tire de ses pensées et qu'elle en est surprise parce qu'elle ne se sent jamais partir dans ses réflexions.


Mikasa secoue la tête et serre les dents pour revenir à l'instant présent et chasser ce souvenir de ses pensées. Ce n'est pas le moment. Elle a l'impression que revivre cette scène dans ses souvenirs c'est commencer à accepter qu'ils ne pourront plus vivre ce genre de moments tous les deux.


Hanji, Moblit et Julia les ont rejoint dans le sas et Livaï discute avec eux. La jeune femme leur lance un regard puis pose une main sur l'un de ses flancs qui sont aux petits soins de Thomas depuis quelques jours. Elle se mord la lèvre.


Tu n'as pas le droit de mourir maintenant. Murmure-t-elle.


Les rochers qui retombent lourdement provoquent un vacarme insupportable.


Une autre salve d'artillerie se fait entendre et lorsque fumée, mottes de terre et poussière retombent, trois titans surgissent, laissant derrière eux quatre de leurs congénères qui ont été cloués au sol par les obus.


Sortez, on va sur le mur ! Ordonne Hanji qui part devant.


Elle est rapidement suivie par toute la troupe, Mikasa ferme la marche. C'est dans ce repli général qu'un titan en profite pour tendre la main et attrape au vol Moblit qui échappe un cri de surprise.


Moblit ! S'écrie la capitaine qui initie déjà un demi-tour mais la route lui est barrée par un autre démon qui la rate de peu.


Le caporal-chef Livaï fait lui aussi volte-face, dans l'obligation d'aller aider ses camarades. Il reprend de la hauteur le temps de trouver un bon angle d'attaque : ils vont finalement devoir livrer ce combat ici et maintenant.


Armin en profite pour se saisir de son pistolet à fumigènes et en tire un rouge pour demander le renfort de l'escouade d'intervention.


C'est le soldat Ackerman qui vient au secours du lieutenant de l'escouade Hanji, en plantant ses lames dans les yeux du monstre qui lâche sa prise pour porter ses mains à son visage en poussant un gémissement étouffé de douleur. Dans ses mouvements peu assurés par sa cécité soudaine, il bouscule l'un de ses congénères qui heurte une parois avant de s'étaler de tout son long.


Il faut qu'on se sorte de là ! Hurle Moblit qui vient d'avoir la peur de sa vie.


Rico et ses hommes rejoignent rapidement les lieux. Les tians qui ont chuté suite aux tirs des canons commencent à se relever mais l'un d'entre eux est abattu par les soldats de la garnison.


Une gigantesque main fauche un soldat de Trost qui hurle de terreur et tente de se débattre en vain. L'un de ses camarades essaye de le secourir mais il se fait lui aussi saisir puis instantanément briser entre les gros doigts du monstre. Tous sont horrifiés par ce premier sang versé dans les rangs de l'humanité et sentent que la bataille tourne en leur désavantage.


Ils tentent de sortir en force puisque deux titans sont occupés à terminer leur repas.


Tous les humains parviennent à s'éjecter hors de la double porte et s'élèvent le long de la muraille pour en rejoindre son sommet mais c'est précisément à ce moment là qu'ils remarquent deux ombres rapidement les rejoindre : Conny et Jean, portant Sasha sur son dos qui est inconsciente avec du sang coulant de son crâne. Dans leur sillage, plusieurs titans s'avancent.


ATTENTION ! Signale l'un des soldats de la garnison et, le temps que tout le monde tourne la tête et cherche quelle est cette menace imminente, un rocher s'écrase contre le rempart.


Le choc les surprend tous et une pluie de roches et de poussière les immerge tout à coup. Désordonnés et avec une visibilité réduite, chacun essaye de s'en sortir comme il peut.


Sur les seize soldats qui avaient pu quitter le sas, neuf seulement parviennent à sortir en toussant. Des cris d'horreur se font entendre dans ce nuage de poussière qui se dissipe lentement et dévoile peu à peu ce qu'il se passe plus bas. Livaï aperçoit deux cadavres ensanglantés au sol qu'il reconnaît comme deux membres de la garnison qui ont certainement été tués sur le coup. Il dénombre rapidement les personnes vivantes autour de lui et remarque que Mikasa, Julia et Conny manquent à l'appel.


Le son d'une personne qui se fait déchiqueter par les dents d'un titan pendant qu'il hurlait se fait entendre et du sang gicle aux alentours.


Après quelques instants, le soldat Springer se montre enfin, couvert d'une épaisse couche de saleté mêlée à du sang.


Dans le même temps le titan qui mesure une dizaine de mètres sort à son tour de la poussière et se penche en avant pour ramasser quelque chose. Quand il s'est redressé, tous peuvent voir une silhouette humaine entre ses doigts et reconnaissent ensuite Mikasa qui semble avoir perdu connaissance.


Mikasaaaaa ! Appelle Armin, abasourdi par cette vision irréelle.


Subitement, tous ceux qui sont encore accrochés au mur peuvent voir une ombre qui passe à toute vitesse devant eux, fonçant droit vers le titan. L'un de ses grappins se plante dans l'épaule du démon puis un tir se fait entendre. Un fumigène de couleur bleue détonne à bout portant dans l’œil du titan, ce qui le fait tituber et lui fait perdre son équilibre. Cela donne juste assez de temps à Armin pour se précipiter vers les doigts qui retiennent Mikasa puis les trancher afin qu'ils lâchent prise.


La jeune femme inanimée chute sur deux mètres avant d'être rattrapée par l'un de ses sauveurs qui se dirige sans attendre vers le sommet du mur. Lorsqu'il passe près de l'escouade tactique et du reste du groupe d'intervention, tous reconnaissent Thomas Ralle. L'avant-bras droit en sang, la partie droite du visage présentant une imposante coulure de liquide écarlate depuis le haut de son crâne, le corps recouvert d'un mélange de poussière et de sang coagulé, les vêtements déchirés ici et là ainsi que de nombreuses blessures superficielles et contusions encore à vif à divers endroits.


Quand il parvient au sommet de la muraille, Thomas dépose délicatement Mikasa. Il se penche en avant pour coller son oreille contre sa poitrine à la recherche des battements de son cœur. Il dégage ensuite son visage des mèches de cheveux qui l'encombrent avec toute la délicatesse qu'il lui est possible d'avoir avec l'adrénaline qui parcourt son corps.


Armin — qui les a suivis de près — s'occupe de tirer sur l'écharpe rouge puis la plie de façon à ce qu'elle prenne la forme d'un coussin qu'il dispose sous la tête de son amie d'enfance dont Thomas soulève doucement la tête.


Mikasa ouvre lentement les yeux après une vingtaine de secondes et a un affreux mal de crâne, ses sens se confondent un peu. Sonnée, elle peut seulement se souvenir d'un cri d'avertissement.


Julia arrive à son tour sur le mur et transporte avec elle l'un des hommes de Rico qui est inconscient mais en un seul morceau et visiblement pas trop amoché. Elle marche difficilement parce que son poids l'écrase au point qu'elle doute de la capacité de ses jambes à soutenir cette charge encore longtemps.


Moblit accourt vers elle et s'empresse de saisir le malheureux par son autre bras afin de soulager la jeune femme qui est haletante.


Julia, ça va ?


Oui, je... J'ai eu le titan qui allait le dévorer.


Le lieutenant l'examine sous toutes ses coutures à la recherche d'une blessure puis sourit.


Tu peux être fière de toi.


Elle acquiesce avec un petit sourire satisfait qu'elle ne peut pas retenir.


Je me suis souvenu de ce que vous m'avez appris à l'entraînement, cette manœuvre pour arriver au plus vite sur la nuque d'un titan.


Bravo Julia, tu prouves que tu as bien ta place dans cette escouade. Ajoute Hanji qui frotte affectueusement le haut du crâne de la jeune femme.


Thomas se relève et respire bruyamment, complètement essoufflé et épuisé. Sachant son amie hors de dangers, Armin rejoint le soldat Ralle et pose sa main sur son épaule.


Ça va..? Demande-t-il, inquiet en remarquant ses blessures.


Ouais... Répond Thomas avant de tousser à cause de la poussière qu'il a ingéré.


Monsieur Arlelt ne tarde pas à se saisir de la première trousse de soin qu'il voit et l'ouvre à la hâte pour sortir un rouleau de tissu médical.


Donne-moi ton bras je vais t'arranger ça. Propose gentiment Armin.


Thomas tend son bras qui saigne encore : les points ont tous sauté. Il a du mal à maintenir son bras en l'air le temps qu'Armin le débarrasse de son bandage imbibé de sang et ce dernier le remarque rapidement.


Attends, assieds-toi.


Il tire une caisse de matériel et fait signe à son patient d'y poser son bras pour ne pas se fatiguer une fois qu'il est assit à même le sol.


Fais juste un bandage bien serré, j'irai me faire recoudre tout à l'heure. Il faut qu'on... Argh... Finisse. Dit Thomas en grimaçant de douleur lorsque Armin tire un peu sur le bandage sale qui recouvre sa plaie.


Il se mord l'épaule pour étouffer un profond gémissement à cause de la souffrance causée par le tissu médical qui est collé à sa plaie.


Livaï s'approche de Hanji et ses deux subordonnés, accompagné par Rico.


Bien joué Julia. Félicite le Caporal. Mais on ne doit pas se ramollir, il faut finir le boulot.


Oui, sinon quatre de mes hommes sont morts pour rien. Lance Rico en fronçant parce que c'est ce qu'elle déteste le plus : perdre inutilement des vies.


C'est la raison pour laquelle elle ne porte pas le bataillon dans son cœur... Dans ce corps d'armée, la liste des opérations extra-muros qui n'apportent jamais que des chariots pleins de corps mutilés est longue, très longue.


Eren s'approche d'eux.


Ce titan qui nous caillasse... Il nous empêche de manœuvrer. Dit Livaï en observant ledit déviant.


Huhuhuuuuu ! Un titan qui se sert de projectiles pour tuer sa proie, on pourrait croire que l'humain à l'intérieur était un chasseur ! S'amuse le capitaine Hanji Zoe, aux anges de découvrir une nouvelle chose.


Rico soupire d'exaspération puis se tourne vers le jeune Jäger.


Eren, tu as intérêt à réussir. Non seulement pour mes hommes qui y sont restés mais aussi pour redonner espoir aux habitants de Trost qui craignent que les titans reviennent les dévorer.


Eren la fixe avec des yeux grands ouverts dans un premier temps puis fronce petit à petit jusqu'à former cette expression qui lui manquait jusqu'à maintenant : le vert de ses yeux brille de sa fureur et de sa détermination à remplir sa mission.


Armin termine le bandage et le jeune homme qu'il soigne est surpris par sa minutie.


Merci.


Aller, il faut qu'on bouche cette porte. Répond le blond avec un petit sourire.


Mikasa tourne lentement la tête en leur direction et croise le regard de son compagnon. C'est un soulagement de le voir là et cela dessine un fin sourire sur ses lèvres. Le soldat Ackerman se redresse en se tenant la tête, elle a l'air d'être un peu perdue dans ses repères. Près d'elle Sasha est étendue, encore inconsciente, sa blessure déjà soignée.


Thomas s'approche.


Comment tu te sens ? S'inquiète-t-il.


Elle l'observe pendant une seconde pour plonger dans le bleu de ses yeux, comme si elle avait besoin de ce laps de temps pour assimiler sa question. En réalité elle a besoin de le serrer contre elle mais ils sont exposés au regard des autres.


Ça ira... Répond-elle en baissant les yeux. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?


Un titan nous a jeté un bloc de pierre. Répond Armin.


Mikasa grimace puis acquiesce parce qu'elle peut enfin combler les trous dans sa mémoire.


C'est de ma faute, désolé. Si j'avais réussi à le supprimer ça ne serait pas arrivé et personne ne serait mort dans l'escouade d'intervention... Dit Thomas, la tête basse.


Livaï se dirigeait vers eux et dévisage un instant le soldat Ralle en entendant ses mots. Armin ne sait pas quoi lui dire pour le réconforter.


Tout le monde est opérationnel ? Demande l'officier.


Thomas acquiesce, Armin se relève et hoche la tête à son tour, Mikasa se saisit de son écharpe puis l'enroule autour de son cou.


Bien. Commente Livaï qui tourne les talons.


Julia s'approche de Thomas. Elle prend une grande inspiration pour calmer sa nervosité puisqu'ils ne se sont pas vraiment parlés depuis ce petit incident à Orvud, dans leur dortoir. Celle qui se cache derrière un faux nom ne sait pas comment aborder le jeune homme parce qu'elle comprend qu'elle a mal agit en cédant à sa pulsion.


Thomas... Tout va bien ? Prononce-t-elle enfin d'une voix un peu tremblante. Tu as besoin de soins..?


Il se tourne vers elle et lève son bras droit pour lui montrer le bandage frais avec un petit sourire poli.


Armin s'en est occupé mais merci.


Elle acquiesce lentement en détournant les yeux et parvient à réprimer un soupir déçu.


J'ai entendu que tu as liquidé un titan toute seule ? Demande-t-il en remarquant sa gêne.


Julia lève les yeux pour croiser son regard.


Oui, je... Oui. Confirme-t-elle en baissant les yeux, ses doigts triturent nerveusement un pan de sa veste, embarrassée d'avoir son attention.


Il hoche la tête et arbore un sourire franc.


Je te l'avais dit que les titans n'avaient qu'à bien se tenir. Affirme le soldat. Je suis décidément le pire élément de cette escouade...


Mademoiselle Smith relève les tête et ouvre la bouche pour lui répondre mais elle est interrompue dans son élan par la voix du Caporal.


Rassemblement !


Tous les soldats valides se mettent en rang. Thomas se tient aux côtés de Mikasa et lui donne discrètement un petit coup de coude pour attirer son attention. Leurs regards se croisent et la jeune femme remarque l'inquiétude et l'interrogation dans les yeux de son compagnon. Elle acquiesce et lui sourit en retour.


Il reste encore un bon paquet de titans en bas sans compter celui qui aime nous lapider. Je vais d'ailleurs m'occuper de celui-là. Déclare Livaï.


Dès qu'il lui aura fait la peau, il tirera un fumigène vert et à ce moment vous répèterez le plan initial : attirer les titans hors du sas puis leur faire longer le mur. Une fois à bonne distance pour pourrez les supprimer et Eren en profitera pour se transformer. Ajoute Hanji.


Oui capitaine !








Un tir se fait entendre et une colonne de fumée verte s'élève dans les airs : c'est le signal. Tous se précipitent dans le vide avant de consommer le gaz de leur équipement tridimensionnel pour rejoindre leur objectif. Ils découvrent alors la disposition des titans : deux seulement encore à l'intérieur, tous les autres aux alentours.


Hanji et Julia sont restées au sommet. La première pour superviser, la seconde pour s'occuper des blessés.


Tiens, je n'avais pas vu que Thomas a réussi à en avoir un. Remarque le capitaine.


Julia lève la tête et regarde en direction de l'Ouest : en plus du titan que vient d'abattre Livaï, il y a effectivement un second cadavre qui s'évapore et, étant donne l'état de la décomposition, ça ne peut pas être du fait du Caporal. Elle soupire en dodelinant légèrement parce qu'elle comprend que son camarade se sous-estime beaucoup trop en déclarant être le pire élément de l'escouade Hanji. Jamais elle ne se serait imaginée pouvoir survivre seule face à trois titans et encore moins être capable d'en abattre un. Le sien était concentré sur l'humain qu'il allait dévoré, elle n'estime pas avoir prouvé quoi que ce soit.


En bas, deux groupes se sont formés et ils attirent méthodiquement les démons pour les éloigner de la porte.


Thomas multiplie les manœuvres risquées pour faire bouger tout ce beau monde, passant entre leurs corps. Une mâchoire claque près de lui et il peut sentir un brusque coup de vent dans son dos qui signifie qu'une grande main n'est pas passée loin.


Malheureusement, si sa manœuvre est une réussite pour attirer les titans, c'est en voulant se repositionner que l'impensable se produit : l'un des câbles qui servent à relier le cœur du système à une bouteille de gaz saute. Déséquilibré, du carburant s'échappant rapidement de son côté gauche, il essaye de se rattraper à la surface du mur pour se stabiliser mais son grappin ricoche contre la pierre.


Il prend une grande respiration pour garder son sang-froid alors qu'il tombe et, dès le moment où ses filins sont rembobinés, tire à nouveau et parvient à se poser avec une relative douceur au sol. Il range ses crosses et bouche l'endroit depuis lequel le gaz s'échappe avec son pouce. Mikasa se pose près de lui.


Qu'est-ce qu'il t'arrive ?


J'ai un truc qui a lâché !


Elle jette un coup d’œil aux titans qui les poursuivent puis s'approche de Thomas. Elle vire ses mains pour s'occuper de la réparation. La jeune femme reconnecte la bouteille, serre le boulon puis lève les yeux vers lui.


C'est bon.


Merci.


Tous deux reprennent leur envol et peuvent maintenant se concentrer sur l'élimination de tous ces titans.


Sans qu'ils ne se soient concertés avant, leur façon de se battre en tandem s'impose naturellement parce qu'ils se complètent, même s'ils n'ont jamais été dans le même groupe à l'entraînement. Ayant encore trop de lacunes lorsqu'ils s'agit d'abattre un titan, il s'occupe alors de détourner l'attention et les faire tourner en bourrique pour que Mikasa ait le champ libre et les supprime.


Monsieur Ralle n'hésite pas à utiliser le corps d'un premier titan pour atteindre le second en passant entre leurs deux crânes. Il plante son grappin droit à la base du cou de celui qui doit mesurer une dizaine de mètres, lâche du gaz, tournoie sur lui-même lorsqu'il rembobine puis file entre eux en donnant un coup de ses lames au second mangeur d'hommes qui devient aveuglé. L'instant suivant il s'effondre pitoyablement sur son congénère après que Mikasa ait atteint son point vital.


Thomas saute sur la tête du titan mort qui tombe en s'aidant de sa propulsion puis se projette vers le premier démon, directement sur sa nuque en s'accrochant à chacune de ses épaules. Une épaisse tranche de chair brûlante se détache de ce corps qui se met à convulser violemment.


De l'autre côté, Jean et Conny abattent trois titans avec l'aide de Livaï qui vient de les rejoindre et foncent déjà vers un quatrième. Moblit et Armin terrassent un autre démon l'instant suivant. Pour tout le monde c'est un encouragement et une motivation sans limite que de voir autant d'ennemis tomber aussi vite. Un autre choc se fait entendre : Rico vient d'en tuer un, seule.


C'est à ce moment qu'une silhouette s'élève dans les airs et après deux secondes un éclair jaune irradie les lieux pour laisser place à un titan de quinze mètres à la musculature sur développée qui tombe lourdement sur le sol.


Dès qu'il apparaît, les quelques titans restants se ruent sur lui.


Protégez Eren ! Hurle Livaï.


Mikasa est la plus rapide et avant même que le Caporal-Chef ne termine sa phrase elle filait déjà à vive allure vers ces titans.


Eren se positionne dans l'ouverture de la porte, hurle de rage puis commence à se cristalliser tout entier. Comme dans la grotte sous le domaine des Reiss, des sortes de racines de roche scintillante sortent de son corps et s'entortillent le long de la structure en pierre comme du lierre.


Après avoir ôté la vie d'un mangeur d'hommes, Mikasa se précipite sur la nuque de son frère pour le faire sortir de son corps cristallisé. Le reste de la troupe forme un périmètre de sécurité devant lui et vont s'occuper un à un des adversaires restants.


Les humains ont gagné cette bataille et Trost est maintenant définitivement hors de portée de ces prédateurs. L'ambition du bataillon peut maintenant se tourner vers Shiganshina, vers la reconquête du mur Maria.








Les escouades Livaï et Hanji arrivent à cheval dans la cour centrale de la caserne de Trost. Le chariot au milieu du convoi transporte quelques caisses de matériel et Sasha qui reprend lentement ses esprits sous la surveillance et les soins de Julia.


Il y a foule dans cette cour, la plupart des effectifs des bataillons sont là pour accueillir les soldats victorieux. Le regard des nouvelles recrues brille d'admiration en voyant ces héros et vétérans revenir couvert de sang et de poussière mais bien vivants et la tête haute.


Les soldats descendent de cheval. Une civière est appelée pour Sasha pour qu'elle soit transportée à l'infirmerie où elle se reposera. Pour d'autres il est difficile de poser pied à terre à cause d'une blessure ou de la fatigue. C'est le cas de Jean et de Thomas qui ne sont pas loin d'être à bout de force.


Ce dernier commence à emmener son cheval vers les écuries mais il est intercepté par ses anciens camarades et amis : Lise, Josh et Judith.


Vous avez réussi ? Demande l'aînée.


Lise est en retrait et est beaucoup moins démonstrative que d'habitude. Thomas le remarque et s'en veut d'avoir été aussi froid et brutal la dernière fois qu'ils se sont parlés. Il acquiesce à la question de Judith.


Vous n'avez perdu personne ? Questionne Josh solidement appuyé sur sa béquille.


Le visage de Thomas se décompose, il se sent assailli par les remords. S'il n'avait pas été si maladroit face aux titans contre lesquels il s'est battu seul, personne n'aurait été tué.


Chez nous non. Répond-il.


Fait chier, moi aussi j'aimerai bien un peu d'action de temps en temps. Peste Judith.


Le capitaine Hanji voudra sûrement recruter quelques personnes pour compléter notre escouade. Tu seras peut-être parmi eux. Pense Thomas à haute voix.


Cette perspective a l'air d'enchanter Judith vu le sourire malicieux qui se dessine sur ses lèvres. Elle met son habituelle tape sur l'épaule de son ami.


J'pourrai recommencer à te botter le cul tous les jours, le RÊVE. Dit-elle sur un air taquin.


C'est vrai que, pendant leurs années d'entraînement, le nombre de raclées qu'elle lui a mise en exercice de combat au corps à corps ne se comptent plus.


Mouais c'est ça, trop marrant on va se tenir la main et tuer des tonnes de titans par le pouvoir de l'amitié hahahahaha... Râle Josh qui aurait pu y prétendre aussi s'il n'avait pas perdu deux membres... Mais il les taquine plus qu'autre chose.


Arrête de bouder, rooooh. Rétorque Judith.


Thomas s'avance vers la rousse.


Lise ?


Elle lève les yeux vers lui mais ne prolonge pas le contact visuel, comme si quelque chose la gênait.


Mh ? Répond-elle.


J'aimerai m'excuser pour l'autre jour, je n'ai pas été correct avec toi et je n'ai pas d'excuses... En plus vous avez vu juste.


Le soldat Niso lève les yeux vers lui et se sent soudainement stressée.


Que..?


L'homme que vous avez vu dans le souterrain de Trost, l'officier des brigades, c'est bien mon père.


Lise et Judith échangent un regard mais la première détourne rapidement les yeux et fixe maintenant ses pieds.


T'en fais pas c'est... Du passé. Conclut la jeune femme, mal à l'aise.


Je vais mettre mon cheval à l'écurie et aller me reposer, je suis cuit. Dit Thomas en s'adressant à ses trois amis.


Ouais, mais n'oublie pas ensuite de venir nous baver ton héroïsme à la gueule en nous racontant ce qu'il s'est passé, ok ? Demande Josh avec un grand sourire.


Haha... Ça marche. Accepte Thomas qui se met en route.


Quelques minutes plus tard, Armin et Mikasa sortent à leur tour des écuries. Le blondinet a un sourire aux lèvres, heureux que la mission soit une réussite malgré la perte de quelques soldats dans les rangs de la garnison. La jeune femme parcourt les lieux du regard comme si elle cherchait quelque chose ou... Quelqu'un. Le soldat Arlelt le remarque et cela étire les commissures de ses lèvres.


Je suis content que ça aille mieux entre Thomas et toi... Lâche-t-il, parce qu'il a bien compris qu'elle essaye de savoir où le soldat Ralle se trouve.


Mikasa jette un regard surpris à son ami. Sasha aurait vendu la mèche ? Le jeune homme se retourne et lui sourit.


...Sinon il t'aurait peut-être laissée te faire dévorer. Termine-t-il.


Degré supplémentaire d'étonnement, elle fronce et s'arrête.


Comment ça ?


Après s'être pris ce rocher en pleine poire, quand le nuage de poussière s'est dissipé, on a vu un titan t'attraper alors que tu étais inconsciente au sol.


Elle l'écoute sans expression apparente, pendue à ses lèvres.


...On l'a vu surgir de nulle part, arrivant aussi vite qu'une balle de fusil, puis il a tiré un fumigène qui a explosé dans l’œil du titan. Ça m'a permis de lui trancher les doigts. Termine le blond.


Mikasa acquiesce lentement en baissant les yeux sans pouvoir réprimer un petit sourire.


Essaye de ne plus lui taper dessus. Ajoute Armin qui tourne les talons et la laisse méditer sur ce qu'il vient de dire.


Non, si elle a bien envie de quelque chose en cet instant ce n'est pas de le frapper.


La jeune femme se met en quête de son conjoint et elle sait déjà où le trouver. Sur le retour elle a bien remarqué qu'il n'était pas loin de tomber de fatigue et, le connaissant, il doit avoir filé à son dortoir pour éviter le bain de foule.


La marche n'est pas longue jusqu'à cette chambre et une fois devant elle ouvre doucement la porte avant d'entrer. Elle tourne la tête vers une silhouette qu'elle reconnaît tout de suite.


Mikasa referme doucement la porte puis s'approche à pas feutrés pour enfin s'assoir sur le bord du lit. Thomas est allongé sur le ventre, les bras repliés sous son oreiller. Il a seulement retiré son équipement, sa veste d'uniforme et ses bottes, dormant donc avec ses vêtements couverts de ce mélange de poussière et de sang.


Si elle a envie de le réveiller pour répondre à son envie de l'embrasser furieusement, elle ne peut pas faire autre chose qu'admirer son visage assoupi.


La jeune femme sent des fourmillements dans ses doigts, appel silencieux d'une envie hésitante. Elle entend son souffle lent et profond, peut sentir d'ici la chaleur de son corps en nage. La brune sourit parce qu'il n'a même pas pris le temps de se nettoyer même sommairement avant de s'effondrer dans son lit : son visage est encore plein de sang séché. C'est peut-être ce qui accentue son envie incontestable de le sentir contre elle, que leurs lèvres se lient dans un baiser passionné, ainsi couvert de sang. Son corps manifeste ce désir par un frémissement qui la submerge tout entière.


Mais elle demeure hésitante parce qu'elle manque d'assurance pour initier ce que tous ces sens demandent ardemment. Un autre frisson parcourt son échine : elle imagine déjà la sensation de ses doigts caressant ses côtes sous sa chemise blanche d'uniforme qui n'est pas en meilleur état que celle de l'homme endormi là.


Mikasa se mord la lèvre et prend son courage à deux mains pour le réveiller d'une caresse sur tout le côté de son visage tourné vers elle, passant ses doigts dans des mèches de cheveux sales.


Thomas soupire profondément puis ouvre un œil avant de la regarder, surpris qu'elle soit là. Le jeune homme prend le temps de se tourner pour se mettre sur le dos avant d'ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais il n'a pas le temps de parler : son visage se retrouve entouré des deux mains de la brune et ses lèvres emprisonnées par un baiser maladroit mais plein d'intensité.


C'est sa peur de l'avoir perdu qui est à l'origine de cette effusion d'émotions et d'envie. Mikasa a vraiment craint de ne plus le revoir, d'imaginer la personne à qui elle a commencé à s'ouvrir ne plus être de ce monde.


L'effroi provoqué par la possibilité de retrouver son corps sans vie et de ne plus pouvoir étreindre ses lèvres lui a fait comprendre qu'elle doit profiter au maximum de ce qu'ils peuvent vivre tous les deux avant que l'un d'eux ne termine en morceaux dans l'estomac d'un titan.


Malgré le fait qu'il soit à peine réveillé, le désir qu'elle lui transmet à travers ses lèvres suffit à embraser le corps du jeune homme et c'est ainsi qu'il lui répond. L'échange est torride, bien plus qu'ils n'auraient pu le prévoir. Mikasa retrouve à ce moment quelque chose qu'elle avait perçu pendant leur premier baiser : son bas-ventre irradie de chaleur le reste de son corps. Chaque assaut de leurs bouches affamées attise une envie déjà palpable d'en avoir plus. Pour la jeune femme c'est à n'y rien comprendre, son corps réagit de concert à celui de son partenaire comme s'il réveillait un instinct endormi jusqu'alors.


La vive chaleur qui résulte de ce dialogue charnel trouble la jeune femme dont l'esprit oublie toute réflexion au profit du désir, d'autant plus lorsqu'elle sent les mains de Thomas descendre dans son dos.


Sans cogiter une seule fraction de seconde elle se repositionne pour le chevaucher et colle sa poitrine contre lui pour donner plus de profondeur au baiser, plus de force maintenant qu'elle le domine. Au même moment les doigts du soldat Ralle arrivent au niveau de la ceinture et en profitent pour tirer puis se glisser sous cette chemise en sale état. Cela lui permet ensuite de faire remonter ses mains le long des flancs brûlants de sa partenaire.


Mikasa se surprend à désirer qu'ils aillent plus loin qu'ils n'aient été jusque là, elle veut découvrir ce que c'est que de s'unir à lui, elle veut goûter à l'amour charnel. Mais c'est autant une source d'hésitation que de désir.


Les mains de Thomas s'arrêtent. Étonnée elle brise le contact de leurs lèvres et se redresse légèrement pour l'interroger du regard. La jeune femme découvre complicité, amusement et désir qui sommeillent dans la lueur de ses yeux.


Thomas retire ses mains puis profite de ce petit espace libéré entre leurs torses pour s'attaquer aux boutons de la chemise de la brune.


Elle comprend son intention en baissant les yeux pour le regarder faire. Ce moment de flottement — pendant lequel elle le laisse libre de faire ce qu'il lui plaît — est une cruelle attente.


Il s'arrête après quatre boutons, il ne peut pas aller plus bas. La jeune femme hésite, perdue et décontenancée par tout ce qu'elle ressent et ne comprend pas complètement.


Elle s'assoit finalement — son bassin reposant sur les hanches de son partenaire où elle sent son excitation montante — et repousse les mains de Thomas pour terminer elle-même le déboutonnage du vêtement. Elle peut voir l'étonnement dans les yeux du jeune homme et ça lui plaît plus que de raison. Quand la dernière attache cède elle revient à ses lèvres mais passe ses mains sur le torse du soldat Ralle.


Mikasa bloque un instant dès qu'elle se rend compte que ses mains ont été guidées par le réflexe de le dévêtir à son tour.


Nouvelle hésitation, nouveau questionnement.


Elle navigue à vue à partir de maintenant, chaque nouveau geste, chaque nouvelle sensation, chaque intensité supplémentaire l'emmène en un terrain inconnu qu'elle ne peut pas appréhender sinon en se fiant à toutes ces sensations.


La jeune Ackerman quitte les lèvres de Thomas et observe l'espace d'un instant ses mains posées sur son ventre. Puisque le vêtement est dans un sale état, elle se décide à agripper les deux pans de tissu pour les écarter d'un coup sec, faisant sauter les boutons.


A peine a-t-elle le temps de goûter du regard à cette partie de son anatomie — qui n'est cette fois-ci pas couverte de bandages — qu'elle sent les mains du jeune homme tenter de retirer ce qu'elle a sur le dos. Mikasa laisse glisser la chemise le long de ses bras puis la jette en travers de la pièce.


Elle revient ensuite à ses lèvres qu'elle assaille sans retenue. Leurs peaux brûlantes se frictionnent alors : perception délicieuse.


L'instant suivant, en s'aidant de tout son corps, Thomas la fait basculer sur le côté et la jeune femme se retrouve soudainement sur le dos. Mais il a agit sans se souvenir que son avant-bras est en sale état et, en appuyant dessus, il pousse un gémissement de douleur avant de se redresser quelque peu.


Mikasa observe rapidement son bras puis plonge ses yeux rieurs et embués d'envie dans ceux du jeune homme. Elle rougit ensuite en remarquant qu'elle l'accueille entre ses cuisses. Pour éviter qu'il ne le voit, elle l'attrape brusquement en entourant son cou de ses bras pour le ramener à elle. Thomas ne peut pas s'empêcher de rire brièvement pendant leur baiser.


Le souffle de la jeune femme s'alourdit quand tout le poids de son partenaire commence à la presser contre le matelas et son esprit part un peu plus à la dérive à chaque doux entrechoquement de leurs corps tendus par l'excitation.


Thomas monte subitement à l'assaut du cou de mademoiselle Ackerman.


Elle soupire profondément, vulnérable face à cette attaque qu'elle ne refoulerait pour rien au monde. Tout son corps vibre lorsqu'il gravit, baiser après baiser, la pente de son cou pour enfin mordiller doucement le lobe de son oreille, ce qui provoque un violent frémissement.


Les doigts de Mikasa se logent dans les cheveux de son amant et se crispent sur son crâne à cause des vibrations incontrôlables provoquées par ses lèvres et ses dents. Il descend et s'approche dangereusement de sa poitrine. Elle laisse échapper une exclamation étouffée de détresse, intimée par sa pudeur. Thomas lève les yeux vers elle et découvre contre toute attente qu'elle se mord la lèvre inférieure, la tête appuyée en arrière.


Il décide alors d'utiliser un autre angle d'attaque. Sa bouche revient à son cou mais l'une de ses mains monte en caressant son flanc. Il se contente ensuite de tracer cette limite imposée par le sous-vêtement du bout des doigts.


La jeune femme souffle lourdement, soulagée parce qu'il lui faut quelques instants pour se préparer à...


Trop tard.


Elle sent cette main passer sous le tissu qui était le dernier rempart protégeant sa pudeur, se saisissant de son sein. Impossible de réprimer un léger gémissement qui se fond dans une expiration non contrôlée.


Mikasa se sent perdre pieds, succomber un peu plus chaque seconde à cette plaisante torture qu'il lui inflige du bout de ses doigts, jusqu'à maintenant elle ne pensait pas que sa poitrine était si sensible. Mais elle panique, elle doit reprendre un semblant de contrôle ou elle ne sera bientôt plus que l'esclave sans volonté d'un désir qui l'immerge toute entière.


Malheureusement, son projet de rébellion est mis à mal par une nouvelle sensation qui est au-delà de ce qu'elle a ressenti jusqu'à maintenant. La jeune femme sent les hanches de son amant rouler contre les siennes lorsqu'il se hisse jusqu'à ses lèvres pour l'embrasser passionnément. Elle gémit brusquement.


Surprise et honteuse par le son qu'elle vient de produire, elle refuse un nouveau baiser et se mord la lèvre. Thomas se redresse de quelques centimètres et plonge son regard dans le sien.


Elle s'accroche à son regard qu'elle trouve si magnétique et perçant. Elle se rend compte que plus rien n'existait à part ses lèvres, le poids de son corps, ses doigts et cette sensation ahurissante de plaisir naissant.


Le souffle haletant et chaud du jeune homme caresse sa peau. Thomas retire ses mains de tout endroit dangereux.


En réponse elle croise ses bras sur sa poitrine. C'est ce qui fait rire le jeune homme. Un rictus assez contagieux pour que Mikasa se gausse à son tour par nervosité d'abord, puis en se rendant compte que si elle voulait se protéger, elle est un petit peu en retard.


Le soldat Ralle s'allonge à ses côtés et, maintenant qu'ils ne sont plus collés l'un à l'autre, elle a l'impression de prendre froid tant l'écart de chaleur entre l'air ambiant et leurs corps semble important.


Une nouvelle fois elle se perd dans ses pensées dans lesquelles elle essaye de remettre de l'ordre, tout comme dans son souffle. Quand on esprit retrouve un minimum de lucidité, elle tourne la tête en direction du brun étendu à ses côtés et croise son regard qu'elle fuit rapidement.


Au fait... Merci pour tout à l'heure. Dit-elle après-coup, en se sentant un peu idiote. C'était son intention initiale en venant ici.


Thomas acquiesce simplement en souriant mais ne répond pas. Il passe ensuite son bras dans son dos et ferme les yeux.


Une ou deux minutes passent pendant lesquelles Mikasa se torture de questions. Elle essaye de comprendre ce qu'il s'est passé, de décortiquer chaque sensation qu'elle a ressenti.


Ses pensées sont interrompues par une respiration profonde et soudaine venant du jeune homme.


Elle lève les yeux vers son visage et comprend qu'il s'est endormi. Mikasa est heureuse d'entendre sa respiration régulière et profonde.


Son sourire s'élargit : il est cocasse qu'ils soient ainsi collés l'un à l'autre tout en étant aussi sales, pouvant donner et éprouver de la tendresse malgré les traces de violence et de mort qui marquent leurs vêtements.


La jeune femme gigote un peu pour prendre une position plus confortable et prend cette main qui l'enlace entre les siennes pour la garder contre son cœur avant de fermer les yeux, à son tour.




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