Trois coups secs résonnent contre l'épaisse porte en bois.
— Entre ! S'écrie Hanji.
Un jeune homme ouvre la porte, entre, puis la referme. Il s'avance dans la pièce et frappe solennellement sa poitrine de son poing pour saluer les personnes présentes.
Hanji sourit et l'observe un instant, Livaï le regarde par dessus son épaule avec son air sombre habituel et Julia lève le nez de son dossier pour le dévisager.
— Repos. Prononce le Major. Tu te doutes de la raison de cette convocation, j'ai réussi à obtenir le transfert et l'intégration d'Annie Leonhart dans le bataillon d'exploration.
Thomas, qui a joint ses deux mains dans son dos et reste bien droit, acquiesce à cette annonce.
— Bien sûr ça ne veut pas dire qu'elle est libre et ça pose plusieurs problèmes...
— Tu peux comprendre que parmi nos récentes nouvelles recrues et celles à venir il doit y avoir plusieurs personnes dans le même cas que toi, c'est à dire qu'un proche a été tué par les agissements d'Annie lors de la cinquante-septième ou encore lors de l'incident de Stohess. Tous n'aurons pas ta retenue. Explique le caporal.
Le soldat Ralle hoche, sérieux et concentré sur ce qu'on lui explique, prêt à faire son devoir.
— Quels sont vos ordres ?
Julia plisse légèrement les yeux en l'observant. Thomas n'a jamais réussi à avoir autant de familiarité que les autres avec Hanji mais son comportement est quand même étrange. Est-ce à cause du sujet de la conversation, est-il en train de résister de toute ses forces pour ne pas laisser sortir ses émotions profondes ?
— Nous comptons lui faire intégrer l'escouade Arlelt et elle sera sous ta responsabilité directe. Puisque tu as autant tenu à la protéger et l'intégrer à notre corps d'armée, il n'y a pas de raison que tu t'en tires aussi facilement. Répond Livaï.
— En d'autres termes, nous comptons sur toi pour s'assurer qu'elle ne fera pas une connerie à la première occasion. Ajoute Hanji.
— Compris. Accepte Thomas sans poser de questions.
Livaï se redresse et s'approche de deux pas pour enfin fixer Thomas droit dans les yeux.
— Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta petite tête de mioche pas encore sorti de l'enfance mais comprends bien que tu si échoues elle retournera dans une cellule froide et se fera dévorer pour qu'on s'approprie son pouvoir. Toi tu devras vivre avec des centaines de morts sur la conscience. Alors ne nous fait pas regretter de la laisser en vie pour l'instant. Lance le Caporal.
Le jeune homme ne cille pas et soutient le regard de son supérieur puis effectue un salut magistral.
— Tu peux y aller. Termine le Major.
— A vos ordres.
Puis il tourne les talons et sort du bureau.
— Tu crois qu'il peut réussir ? Demande Livaï.
— Non mais on n'a pas grand-chose à perdre. Soit on a eu raison de lui faire confiance et on aura une alliée de poids ou alors il se plante et on aura son pouvoir quoi qu'il arrive.
Julia s'avance.
— Major, puis-je prendre congé ? Demande-t-elle.
— Oui je t'en prie, tu as fini ton travail pour aujourd'hui.
Julia sort rapidement et se déplace à pas rapides pour rattraper son ami : elle a besoin de lui parler plus calmement et de s'excuser. Lorsqu'elle arrive en haut de l'escalier elle regarde par dessus la rambarde et aperçoit Thomas qui les descend en vitesse mais s'arrête avant d'arriver à la grande double porte de l'entrée. Il s'appuie contre un mur et soupire en regardant ses pieds.
Elle dévale l'escalier et, quand elle s'approche de lui, ralentit sa course jusqu'à s'arrêter à quelques marches de distance. Le brun lève la tête en l'entendant arriver.
— J'avais peur de te louper... Dit-elle en poussant un soupir de soulagement.
Le jeune homme ne dit rien, attendant certainement de savoir ce qu'elle a besoin de lui dire qui est si urgent.
— Écoute je... Je veux m'excuser pour ce midi, je ne pensais pas tout à fait ce que j'ai dit. Et puis je...
Elle se stoppe parce qu'il pousse un soupire.
— Tu n'as pas à le faire, je ne peux pas t'en vouloir, je me suis mal exprimé et p...
— Mais je dois quand même aller vers les autres, je ne peux plus me reposer sur toi... Ni avec toi. Coupe-t-elle. Tu as été le premier à venir vers moi et à t'intéresser à moi pour autre chose que mon apparence ou la famille à laquelle j'appartiens. Je voulais te le rendre, je voulais t'aimer pour toi et pas pour ce que tu as fait ni ce que tu allais devenir. Juste toi y compris tes défauts, tes erreurs et ces démons qui te hantent. Je voulais être ton exutoire.
Thomas se redresse et ouvre la bouche pour lui répondre mais elle hausse légèrement le ton et se dépêche de poursuivre pour l'empêcher de dire quoi que ce soit. Ses pommettes sont colorées à cause de la gêne et de la pudeur provoquées par ce qu'elle dévoile.
— Quand tu as fait ces choses incroyables à Shiganshina pour me sauver la vie, j'ai cru que tu l'avais fait parce que tu m'aimais. Sinon où est-ce que tu aurais trouvé la force et le courage de te jeter dans le souffle du titan colossal pour venir me chercher, puis faire rempart de ton corps afin de me protéger des débris qui tombaient des bâtiments alentours ? Je te voyais t'affaisser à chaque fois qu'un morceaux de pierre ou de bois te heurtait, j'étais pétrifiée d'admiration en te voyant tenir bon, en voyant la puissance avec laquelle tu serrais les mâchoires et fermait les yeux. A cet instant tu étais pour moi la preuve que les héros des livres existent vraiment, tu paraissais invincible...
La jeune femme relève les yeux vers lui et le découvre avec une expression surprise.
— Cette nuit là, juste avant notre départ pour Shiganshina, je crois que j'aurai aimé que tu en profites. Que tu m'embrasses, que tu me touches, que tu me... Son visage rougit à profusion et elle détourne le regard. Que tu me fasses l'amour comme si c'était notre dernière nuit en ce monde, et ça aurait dû l'être...
Le jeune homme écarquille les yeux.
— ...Mais tu n'en as pas profité et... J'ai été incapable d'initier la chose parce que j'avais la conviction que tu me repousserais gentiment. J'ai compris que tu refusais que les choses aillent plus loin entre nous parce que tu ne voulais pas avoir l'impression de profiter de mes faiblesses, du fait que tu sois la première personne avec qui je tisse des liens depuis des années.
— Julia, c...
— Laisse-moi finir, s'il te plaît. L'interrompt-elle encore. Je n'ai dormi que quelques heures mais c'était la nuit la plus réparatrice que j'ai passé de ma vie, j'étais intouchable dans tes bras et bercée par la chaleur de ton corps. Le lendemain matin j'ai été déçue quand tu as couvert tes yeux quand je me suis changée, je préfère être franche... Je t'en ai voulu parce que pour une fois j'aurai aimé que tu sois un parfait crétin, cette nuit et ce matin là.
Julia range une mèche de cheveux blonds derrière son oreille juste avant de reprendre.
— Et puis je t'ai vu te rapprocher de Mikasa, j'ai vu la façon que vous avez de vous regarder, cette façon qu'elle a de te dévorer des yeux, de s'approprier ta personne en jetant un regard noir à quiconque s'approche de toi. Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi, pourquoi c'est elle que tu as choisi... N'a-t-elle pas autant de faiblesses que moi sinon plus ?
Elle fixe Thomas en serrant les dents mais le jeune homme a le regard rivé sur le sol, l'air triste.
— Puis ensuite j'ai lu les rapports sur la poursuite de Reiner et Bertolt, je me suis souvenu de Trost... Et puis tu as défié Hanji et le Caporal pour t'interposer entre eux et Annie, pour les empêcher de continuer ce qu'ils faisaient d'inhumain, sans te soucier des conséquences. Qui sait ce que tu as encore fait dans cette forêt lors de la mission de reconnaissance...
Thomas semble subir ses mots mais il le fait en silence, comme à Shiganshina : il serre les dents et attend que ça passe. C'est suffisant pour la troubler et lui faire perdre le fil pendant quelques secondes.
— ...Je me demande si tu ne cherches pas absolument à mourir en sauvant quelqu'un. J'ai essayé de deviner pourquoi tu veux te sacrifier. J'ai pensé à ton passé et je sais que quelqu'un qui a vécu ce genre d'enfance fait tout pour se mettre en avant et en valeur, pour prouver qu'il vaut quelque chose et qu'il est exceptionnel afin de se persuader que tous ceux qui n'ont pas cru en lui ont eu tort. Mais pas toi. Toi tu minimises toujours ce que tu fais de bien, tu aides et pousses les autres à devenir meilleurs alors que tu te dévalues constamment, tu évites le plus possible l'infirmerie et ne prends pas soin de tes blessures...
Julia soupire.
— Je crois que tu te détestes profondément, en fait. J'ignore pourquoi mais je crois que tu cherches à te punir et que tout ce que tu subis en mission est intentionnel, c'est pour ça que tu te mets toujours en danger. Conclut-elle.
Elle l'observe une nouvelle fois et comprend qu'il souffre de ce qu'elle lui dit. Le jeune homme lève les yeux à son tour et leurs regards se croisent, elle peut ainsi voir les larmes qui perlent aux coins de ses yeux : elle a touché dans le mille.
La pulsion d'aller vers lui se saisit de ses entrailles. Julia aimerait le serrer contre elle, qu'il se serve de son épaule pour se laisser aller, elle lui offrirait même son corps s'il le faut, tout ce qu'il veut...
Mais elle se retient de faire le moindre pas vers lui.
— J'en suis venu à me demander si tu aimes vraiment Mikasa ou si ce n'est pas un autre de tes... Spectaculaires et incompréhensibles sauvetages, comme avec Annie... Tu serais vraiment prêt à mourir pour la personne qui as tué ta sœur ?
Une nouvelle fois la jeune femme soupire et crispe ses doigts sur son vêtement en détournant le regard.
— Mais ça ne me concerne plus. Je ne veux pas être responsable de ta mort parce que tu auras cherché à me sauver. Je ne veux pas que ce soit par ma faute, ça me ferait beaucoup trop mal. Alors, s'il te plaît, ne cherches plus à me protéger, jamais. Laisses-moi fréquenter un garçon qui saura profiter de moi, qui me fera sans doute du mal parce que je ne serai qu'une conquête de plus. C'est trop frustrant que tu t'occupes de moi sans que je ne puisse rien te donner en retour.
Un silence pesant s'installe pendant une poignée de secondes, certainement le temps que Thomas se remette de tout ce qu'il vient d'entendre. Il finit par se redresser et gravit les quelques marches avant celle où se trouve la blonde qui est chamboulée par tout ce qu'elle vient de dire et ce qu'elle perçoit de lui.
Il l'enlace soudainement. Ses bras l'entourent, elle peut respirer son odeur à pleines narines ainsi dans le creux de son cou et elle le sent trembler. Sa façon de la serrer fort contre lui et les battements rapides de son cœur sèment le trouble dans l'esprit de la jeune femme.
— Pardon. Prononce-t-il.
Ce mot la rend folle. Elle aimerait avoir la force et l'envie de la frapper mais la seule chose qu'elle parvient à faire c'est s'accrocher à lui en agrippant sa chemise blanche entre ses petits doigts fins, au niveau de ses côtes.
Cette étreinte est agréable mais a un goût amer parce qu'elle sait que c'est une sorte d'adieux.
Il reste une question qu'elle aurait aimé lui poser, ça lui brûle les lèvres. Quand elle a émis pour la première fois cette hypothèse qu'il se déteste profondément et se veut du mal, elle s'est rappelée ces étranges cicatrices qu'il a juste en dessous du deltoïde, sur son bras droit.
Quand elle l'avait soigné puis massé juste avant qu'elle ne l'embrasse, elle pensait que c'était un autre jeu de cicatrices obtenues pendant une mission ou un entraînement. Mais après coup Julia s'est rendu compte qu'elles sont clairement anciennes en plus d'être identiques et régulières. Pour elle ce sont des traces de scarification.
Il finit par se détacher de l'étreinte et tourne les talons sans un mot, la laissant là, en plein milieu de cet escalier. Elle le regarde s'éloigner, figée sur place et la bouche entrouverte à cause de ce qu'il vient de se passer.
[ Quelques heures plus tard, en début de soirée ]
Un groupe de personnes descendent l'escalier irrégulier en pierre du mitard et ça tire Annie de sa rêverie qui se tourne pour voir qui lui rend visite.
Hanji et Armin arrivent dans la pièce. Le major s'approche de la porte de la cellule où la jeune femme est retenue puis approche un trousseau de clé de la serrure. Deux tours puis elle tire sur les barreaux.
— Annie Leonhart, bienvenue au bataillon d'exploration. Dit-elle rapidement et sans émotion.
Hanji tourne immédiatement les talons et remonte les escaliers, laissant le titan féminin avec Armin. Ce dernier s'avance d'un pas et lui tend un uniforme propre, plié et repassé qui porte ces fameuses ailes de la liberté.
— Je t'attends en haut, change-toi. Dit le capitaine avec ce sourire avenant qu'il porte toujours, peut-être un poil euphorique, aussi.
Il se retourne et remonte cet escalier pour la laisser se changer en toute intimité. Avant de commencer elle prend le temps de déplier ces habits pour les détailler. Il n'y a strictement aucune différence avec celui qu'elle avait dans les brigades et elle ne s'attendait pas à autre chose. Elle remarque que ce n'est pas une chemise mais bien son haut favoris qu'ils ont fournis.
La jeune femme effleure la matière de ce pull à capuche blanc avant de soupirer. Cette tenue sera beaucoup plus confortable que ce qu'elle porte depuis plusieurs jours dans laquelle elle se mal à l'aise.
Plusieurs minutes plus tard, Annie apparaît à la surface et est accueillie par quatre personnes. Elle reconnaît Armin et Thomas mais pas les deux jeunes femmes qui les accompagnent.
— Tu intègres sur le champ mon escouade. Commence Armin. Tu connais déjà Thomas. Il désigne la première jeune femme qui a une coiffure sophistiquée et des rubans rouges dans les cheveux. Je te présente Julia. Puis il pointe la dernière qui est blessée à en juger par les bandages et la façon dont elle s'appuie sur Thomas. Et Judith.
Annie les regarde l'une après l'autre sans s'attarder puis hoche la tête. Elle remarque que personne dans cette escouade ne la regarde avec méfiance ni ressentiment. Ce n'est pas étonnant venant des deux garçons mais elle conclut que Julia et Judith doivent être étrangères à ce qu'elle a fait.
Thomas s'avance d'un pas.
— Je t'emmène à ton dortoir, suis-moi. Dit-il avec sérieux.
Avant de se mettre en mouvement, Annie remarque que la fameuse Julia est nerveuse et regarde la brun avec une sorte de tristesse dans le regard, de résignation aussi.
Une fois qu'ils sont à bonne distance et ne sont plus visibles par le reste de l'escouade, la jeune femme voit une main se tendre vers elle et au milieu de sa paume se trouve cette bague dont elle se sert pour se transformer.
— Chose promise, chose due. Prononce Thomas.
Le nouveau membre du bataillon hésite et balaie rapidement les alentours du regard, méfiante. Après c'est peut-être un piège, un stratagème visant à lui nuire.
— C'est un test, il y a dix soldats planqués autour de nous prêts à se jeter sur moi si je la prend ? Demande-t-elle.
Le brun arque un sourcil, surpris par sa méfiance. Annie décide alors de tester sa théorie. Elle profite qu'il ne s'y attende pas pour l'attraper par les épaules et le plaquer contre le mur le plus proche, son avant-bras appuyant sur sa gorge.
— Je ne te fais pas confiance. Dit-elle sans aucun signe de colère.
Thomas est forcément surpris par le fait qu'une femme si petite a autant de force. La blonde regarde à gauche puis à droite, personne ne se précipite sur elle.
— Je ne sais pas pourquoi tu embobines tout le monde mais ne t'attends pas à ce que je tombe dans le panneau. Prévient-elle, persuadée que Thomas n'est pas le soldat loyal et droit que tout le monde croit connaître et apprécie.
Le jeune homme la repousse et elle recule d'un pas. Par méfiance elle se met tout de suite en garde, prête à lui mettre la raclée de sa vie.
— Du calme, tu auras tout le plaisir de m'en mettre une demain à l'entraînement si c'est tout ce qui t'intéresse... Dit-il en se massant brièvement la gorge et reprenant le chemin du dortoir.
Annie reprend une position normale et laisse ses bras retomber pendant qu'elle l'observe faire les premiers pas. Elle le trouve à la fois résigné et arrogant, étrange mélange.
Peu de temps après ils arrivent devant une porte parmi tant d'autres dans ce couloir et le jeune homme s'affaire déjà à déverrouiller la porte avec une clé puis l'ouvre et lui fait signe d'entrer.
Annie découvre quelque chose de familier, ça n'a pas tellement de différence avec la chambre qu'elle partageait avec Hitch, à Stohess.
— Je n'ai rien à t'expliquer tu connais déjà les horaires et comment ça se passe. Tu seras seule ici. Dit-il en posant la clé et la bague sur le coin du bureau qui fait aussi office de coiffeuse. Tes affaires arriveront de Stohess demain ou après-demain.
Elle se tourne vers son étrange bienfaiteur et hoche la tête pour lui signifier qu'elle a bien entendu ce qu'il vient de dire.
— Bon, ben bonne nuit. Termine Thomas qui sort en fermant la porte derrière lui.
[ Le lendemain matin ]
Mikasa est allongée sur le flanc, la tête reposant sur son bras replié. Elle observe Thomas qui est en train de s'habiller. Pendant qu'il déplie une chemise et avant qu'il ne la passe sur lui, la jeune femme se lève et s'approche sur la pointe des pieds.
Elle glisse ses mains autour de sa taille et pose sa tête sur son épaule gauche. La brune serre son amant contre sa poitrine en respirant profondément, un petit sourire aux lèvres.
— Ça ne te dérange pas si je continue ma nuit dans ton lit ? Demande-t-elle à voix basse.
Thomas glousse.
— Non, tant que tu fais le lit avant de partir. Taquine-t-il.
Elle ne répond et Thomas ne peut pas voir sa petite grimace qui montre que c'est quelque chose qu'elle déteste faire.
— Mouais j'ai compris... Ajoute Thomas devant le manque de réponse.
Le sourire de Mikasa s'élargit et elle fait remonter ses mains le long du torse du soldat Ralle.
— Tu veux me mettre en retard ? Demande-t-il avec un grand sourire aux lèvres.
— Annie est une grande fille, elle n'a pas besoin de toi... Essaye-t-elle de marchander en parcourant le corps de son conjoint, hasardant même une main en direction de son bas ventre.
Thomas met une tape dans cette main baladeuse.
— Arrête ! T'es insupportable quand t'es fatiguée... Dit-il en riant.
— C'est pas juste qu'ils t'aient enlevé un jour de permission pour t'occuper d'elle...
Il soupire.
Elle le lâche puis le contourne pour se planter devant lui. Mikasa lève ensuite ses mains pour l'enlacer par le cou et l'attire à elle pour l'embrasser avec sensualité, pour lui faire comprendre son envie, dernière tentative pour lui faire entendre raison.
A son plus grand plaisir il se laisse embarquer dans cet échange et lui répond de la même façon. Heureuse qu'il soit réceptif cette fois-ci, elle rend le baiser langoureux pour le provoquer encore plus intensément.
Victime d'une vague de chaleur incontrôlable, il se fléchit pour l'attraper sous les cuisses avant de la soulever. L'instant suivant elle se retrouve assise sur le bord du bureau. Les choses deviennent intéressantes, alors elle joint maintenant ses mains sur la ceinture de Thomas qui continue de l'embrasser fougueusement, prouvant que son excitation monte en flèche.
Mais quand elle commence à tirer sur la ceinture pour en défaire la boucle, elle se fait repousser. Le jeune homme rompt ensuite le contact de leurs lèvres et, lorsqu'elle ouvre les yeux, Mikasa a juste le temps de voir son sourire malicieux et cette expression qui certifie qu'il s'apprête à faire une bêtise.
Il passe ses mains sous son haut large et les pose sur ses hanches où il agrippe son sous-vêtement pour le tirer, avant de s'agenouiller devant elle. Sa culotte quitte rapidement ses longues jambes et elle ouvre de grands yeux lorsqu'elle comprend ce qu'il compte faire. Le brun ne perd pas une seconde pour jouer avec son désir.
La sachant impatiente dans ces moments là et voulant lui faire payer son insolence, il s'affaire à jouer avec sa frustration en ne faisant qu'embrasser l'intérieur de ses cuisses, en goûtant sa peau du bout de la langue puis l'assaillant du bout des dents, s'approchant toujours plus près d'un point plus sensible encore. Elle bouillonne d'impatience, au point de plonger une main dans les cheveux de son amant où elle se crispe, l'autre s'accroche au bord du meuble par précaution.
Elle gémit de surprise lorsqu'il met soudain fin à son petit jeu pour lui donner ce qu'elle demande silencieusement. Ses doigts logés dans ses cheveux appuient sur son crâne dans un réflexe non contrôlé, intimé par ces sensations intenses qui l'envahissent.
Toute pensée rationnelle disparaît de son esprit à cet instant, elle se soumet volontiers à cette succession d'impulsions de plaisir qui l'irradient. Son corps s'électrise au contact râpeux qu'il lui donne. Il s'empare d'elle, suavement suppliciée par les assauts de sa langue, et la jeune femme découvre une nouvelle sensation exquise qui la fait trembler toute entière.
Mikasa ne peut mieux comprendre qu'à cet instant qu'elle lui appartient et qu'il peut prendre tout ce qu'il veut. Elle le laisse volontiers faire ce qu'il veut d'elle tant il détruit toute parcelle de volonté avec la force du plaisir qu'il insuffle en elle. Son souffle est lourd et les intonations irrépressibles de sa voix gagnent en intensité quand il s'attaque à un point très précis qu'il malmène avec minutie et gourmandise.
Il est impossible pour elle de mesurer la durée pendant laquelle il lui inflige ce délicieux traitement mais quand il y met brusquement fin, la jeune femme gémit de façon soudaine et sonore à cause de la frustration tant elle désire plus, tant elle a envie de jouir.
Lorsqu'elle ouvre les yeux il remonte et vient lui donner un rapide baiser auquel elle n'a pas le temps de répondre.
— A tout à l'heure... Dit-il sur un ton suggestif qui lui laisse comprendre que la suite viendra quand ils se retrouveront.
Elle lui lance un regard mi-clos, embué par cette intense chaleur qui l'immerge toute entière. Il sait vraiment la rendre folle et bien que la frustration domine dans ses sentiments, elle ne peut pas nier son impatience que cette journée se termine au plus vite.