L'Île au Trésor

Chapitre 7 : Conflits intérieurs...

Par Amy892

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Une lourdeur pesait sur la poitrine de Jim. Le souvenir de la nuit dernière flottait dans son esprit comme un nuage sombre. Dans le dortoir en effervescence, chaque geste lui semblait plus difficile qu’à l’ordinaire. Il ne pouvait pas se débarrasser de cette sensation d'inconfort, comme si un poids invisible pesait sur ses épaules.

Le soleil s'était levé, inondant le pont de l'Hispaniola d'une lumière dorée. En rejoignant ses camarades, il eut l’impression que leurs regards étaient bien plus pesants que d’habitude. Son cœur se serra. Est-ce que quelqu'un savait ? Est-ce que quelqu'un avait vu ? Il se disait que c'était impossible, qu’ils avaient été seuls la nuit dernière. Mais cette soudaine paranoïa ne le lâcha pas. Chaque sourire, chaque coup d’œil lui paraissait soudainement chargé de sous-entendus. Comme si tous savaient ce qu'il avait fait.

Il se força à se concentrer sur ses tâches, mais son esprit refusait de coopérer. Les gestes qu’il accomplissait et répétait depuis presque trois semaines lui semblaient soudainement maladroits, difficiles. Il lui arrivait de s'arrêter en plein mouvement, la tête ailleurs, revivant le moment où il avait embrassé son mentor et se demandant s'il ne l'avait pas imaginé.

Le reste de la journée se passa dans cette torpeur angoissante, jusqu'à ce que l'un des membres de l'équipage lui annonce qu'il devait aller aider en cuisine. « Silver a besoin de sa main d’œuvre ! » lui avait-on dit en blaguant. Il sentit son estomac se nouer. Il acquiesça d’un signe de tête et se dirigea vers le sous-pont, le cœur battant.

Il s’arrêta un instant devant la porte, rassemblant son courage et entra dans les cuisines de l'Hispaniola, les yeux toujours dans le vide. L'odeur familière des herbes et des légumes en train de cuire emplissait la pièce, mais il n'y prêta guère attention. Flint était installé sur une poutre, dormant paisiblement. Long John se trouvait au fond de la pièce, caché par la cloison de bois séparant les plans de travail du reste de la cuisine. Entouré de patates à éplucher, le travail semblait ne pas lui manquer.

— Ah, Jim, te voilà, lança-t-il en jetant un coup d'œil rapide vers lui. Prends ce couteau, j'ai besoin que tu me donnes un coup de main !

Le garçon prit l’ustensile et commença à éplucher machinalement les patates, sans un mot. Il s’écoula quelques minutes sans qu’aucun des deux n’ouvre la bouche et le coq, commençant à étouffer avec la chaleur et ce silence de mort, lâcha enfin :

— Puisqu’on est là, tâchons de joindre l’utile à l’agréable : si tu souhaites un jour prendre la mer, tu attends quel moment pour éviter les contre-courants ?

Il répondit sans réfléchir, la voix un peu absente.  

— Euh… la marée descendante, je crois… ?

— Descendante ? Et tu comptes te débrouiller comment, avec les hauts-fonds ? Tu veux échouer le navire dès que tu quittes le port ? Il secoua la tête, amusé. La marée montante, toujours ! Ça te donne plus de profondeur sous la quille.

— Oui, pardon… la marée montante…

Manifestement, son élève était trop préoccupé pour être attentif, aussi décida-t-il de prendre le taureau par les cornes.

— Jim, est-ce que tu veux parler de ce qui s’est passé hier soir ?

Le couteau qu’il tenait s'arrêta net et sa bouche s’assécha. Alors il n’avait pas rêvé. Il demanda brusquement en se levant pour lui faire face, reposant outil et légumes sur la table.

— Comment vous faites pour rester aussi calme ?? Ce que nous avons fait hier… c'est grave !

Silver ne parut pas surpris par cette affirmation, et demanda calmement.

— Qui t’a dit ça ?

— Enfin, c’est une évidence !

— Et tu y crois, toi ?

— Je… 

Cette étrange sérénité émanant de lui le prit totalement au dépourvu et les mots commencèrent à lui manquer. 

— C’est ce qu’on m’a appris… Ce que je ressens, c’est mal.

Jim sentit un nœud dans sa poitrine, ses propres mots lui faisant l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. Malgré tout, il poursuivit :

— Hier soir, j'ai adoré chaque seconde. Et je m’en veux terriblement pour ça. Une partie de moi ne désire qu’une chose, c'est de recommencer. Mais l’autre partie… enfin, vous le savez bien ! Vous venez du même endroit que moi ! À vous aussi, on a dû vous sermonner, vous expliquer que ce genre de geste est entre un homme et une femme ! Vos parents, votre église, vos voisins, tout le monde le sait !

Il leva les yeux. Son mentor n’avait pas bougé et attendait patiemment qu’il finisse de vider ce qu’il avait sur le cœur.

— Alors pourquoi je ressens cette envie, cette attirance, pour… 

Il ne put terminer sa phrase, les mots se coinçant dans sa gorge. Il se laissa tomber sur son siège, épuisé par les émotions de la journée.

— Je suis complètement perdu…

Silver l’observa un moment. Puis, le voyant retomber dans le silence il prit une inspiration, tout en reprenant son travail.

— Laisse-moi te raconter quelque chose. Quand j'étais plus jeune, je naviguais sur un navire marchand qui faisait escale dans de nombreux ports à travers le monde. Un jour, nous avons accosté sur une île dans l’archipel du Samoa – c’est dans le Pacifique Sud. Là-bas, les gens avaient leurs propres coutumes, très différentes de celles qu’on connaît ici…

Il s'arrêta, se remémorant les souvenirs un instant, puis poursuivit.

— J’ai rencontré un homme, un commerçant local, qui est devenu un bon ami pendant notre séjour. Il vendait de tas de choses incroyables et il était toujours de bonne humeur ! Nous sommes restés plusieurs semaines sur cette île, alors il a eu le temps de m’en apprendre pas mal sur sa culture et ses traditions. Et puis un jour, il m’a présenté son compagnon.

Jim douta un instant. — Sa compagne ?

— J’ai bien dit son compagnon. Ah ça, j’ai été bien surpris moi aussi à l’époque ! J’avais jamais vu ça auparavant mais pour eux, c’était normal. Les gens du village semblaient les accepter comme ça, sans jugement.

Le jeune mousse écoutait attentivement, fasciné par le récit. Silver sourit légèrement en se rappelant sa réaction à l'époque.

— Je lui ai expliqué que chez nous, des relations comme celle-là étaient interdites et condamnées. Il m'a regardé, complètement stupéfait, et il m'a demandé : « Mais alors, ils font comment les tiens s’ils aiment quelqu’un du même sexe ? » C’était demandé avec tellement d’innocence ! J’ai pas su quoi répondre, Jim. Parce que dans sa tribu, il était évident que l'amour restait l'amour, peu importe la forme qu'il prenait.

Chaque mot prononcé faisait écho à la part qui voulait désespérément croire que ce qu’il avait ressenti la nuit précédente n'était pas une aberration.

— Vous voulez dire que… dans certaines cultures, c'est normal ? demanda-t-il, sa voix presque tremblante comme s'il n'osait pas vraiment y croire.

— Ce que je veux dire, c’est que le monde est vaste et ne s’arrête pas à nos croyances et nos convictions. Mais tu n’as pas à me croire sur parole ! Un jour, tu prendras la mer sur ton propre navire et tu découvriras toi-même ces nombreuses autres vérités !

Il se rapprocha enfin de son jeune ami et posa doucement une main sur son épaule.

— Écoute, je m’excuse. Je pensais pas que notre échange d’hier te causerait autant de tracas. Moi, j’ai vu assez de choses dans ma vie pour profiter de ce moment sans culpabiliser. Mais toi, tu es encore jeune. Alors, si t’as besoin, je peux te laisser tranquille dès maintenant et jusqu’à ce que nous soyons rentrés en Angleterre, d’accord ?

Jim acquiesça doucement, sa tête luttant une nouvelle fois contre son cœur. Croisant son regard, il se perdit dans sa couleur, tel un ciel paisible et sans nuage. La créature se réveilla dans son ventre et son esprit commença à faiblir devant son ardeur. Avec un sourire rassurant, son mentor fit volte-face et voulut s’éloigner lorsqu’il sentit une main retenir son poignet.

— Attendez…

Le jeune homme s’était relevé de son tabouret, ses traits toujours marqués par l’indécision. Mais peu à peu il reprit courage, tremblant de tout son corps et le cœur battant la chamade. Malgré les doutes qui l’assaillaient encore, il avait pris sa décision.

— Je…, commença-t-il, mais sa bouche était sèche et sa voix fébrile, et il dut déglutir avant de reprendre : je veux le refaire… avec vous…

— Jim…

— Ne dites rien ! Sinon, je vais perdre le peu de courage qu’il me reste !

Silver ne put qu’être admiratif devant sa détermination. Le mur de croyance que son entourage lui avait construit pendant des années venait à peine de s’effondrer et il se relevait déjà, préférant suivre la rassurante voix de son cœur plutôt que le strict sermon de ses pensées. Alors, par respect pour son cadet, il resta immobile et parfaitement silencieux, le laissant approcher à son rythme.

Le garçon franchit la distance, le cœur battant si fort qu’il pensait qu’il allait sortir de sa poitrine. Puis il ferma les yeux et sentit ses lèvres se poser avec douceur sur celles de son mentor. Il le fit une fois, puis deux, et à la troisième ils commencèrent à les mouvoir avec douceur, d’un mouvement aussi léger qu’un battement de cil. Le baiser dura quelques minutes, sans jamais forcer ni dépasser le chaste et le tendre. 

Ils se séparèrent enfin, et Jim rouvrit les yeux, constatant l’incroyable vérité : rien n’avait changé. Il était toujours le même, Silver était toujours le même, le ciel était bleu, l’équipage dehors faisait du raffut, les vagues se fracassaient contre le navire avec un bruit sourd. Mais le bonheur et la plénitude que ressentait Jim en ce moment, il ne les échangerait pour rien au monde. Alors il décida, son sourire aussi grand que son soulagement, que tous les doutes qu’il avait eus durant ses dernières heures pouvaient bien aller au diable à cet instant précis !

Long John aperçut son apaisement et demanda :

— Alors… tu te sens mieux ?

— Peut-être un peu… J’espère qu’avec le temps, la culpabilité finira par s’en aller…

Les lèvres de Silver s’étirèrent. — C’est tout ce que je te souhaite, mon garçon. Vivre pleinement, sans te laisser entraver par des chaînes invisibles.

Un doux flottement s’installa entre eux, et ils partagèrent en silence un regard complice. Mais ce moment de pure béatitude fut malheureusement écourté par des pas descendant les escaliers. Ils se séparèrent à la hâte en reprenant couteaux et légumes, et tentèrent de prendre un air décontracté malgré leurs émotions. Rizzo finit par apparaitre derrière la cloison, ses moustaches frémissantes d’impatience.

 — L’équipaze se demande quand le repas sera prêt parce que, ça commence à sentir drôlement bon sur le pont !

— Par « l’équipage », tu ne veux pas plutôt dire toi ? plaisanta le mousse, encore euphorique.

Le petit muppet haussa les épaules sans se démonter. 

— On peut dire que ze suis un porte-parole très dévoué. Mais sérieusement, on a des estomacs qui crient famine, là-haut !

— T'inquiète pas, ventre sur patte, le repas est presque prêt ! Je l’ai goûté et laisse-moi te dire, c’était parfait ! Tendre, doux et qui éveille les sens… n’est-ce pas Jim ?

Son maître le fixa d’un air entendu, et il se mit à rougir en comprenant que celui-ci ne parlait pas du tout du repas.

— Oui, oui… c’était parfait… je veux dire, le repas ! Il sera très bon, Rizzo !

Il laissa échapper un gloussement et se cacha derrière la patate qu’il était en train d’éplucher, le sourire jusqu’aux oreilles. Le rat fronça les sourcils, clairement perdu.

— Euh… ouais d'accord. Tant que ça se manze et que ça arrive bientôt, ça me va.

Il fit une pause, dévisageant tour à tour les deux hommes qui affichaient toujours une expression étrange, avant de tourner les talons vers la sortie. 

« C’est quoi ces réactions ? Ils se sont crus devant un critique gastronomique, ou quoi ? »

— Allez, gamin, taquina Silver en lui donnant un léger coup de coude, finissons ce repas avant que notre « porte-parole » ne revienne avec des renforts !

Le reste de la soirée se passa en douceur. Jim apporta à manger aux officiers ainsi qu’au capitaine, et prit le sien entouré de ses camarades. La plupart des marins ne mangèrent pas tout de suite, effectuant leur prière habituelle avant de prendre leur repas. Il attendit en silence qu’ils aient fini, avant de commencer à manger. Il n’avait pas prié depuis des jours.

Tout petit, il avait appris à prier avant chaque repas, à se rendre à l’église tous les jours avec sa mère, à réciter les mêmes paroles sans en comprendre le sens. Il n’avait jamais compris l’intérêt de parler à un être qui ne vous répondait jamais, tandis que son père était là pour l’écouter et lui raconter de formidables histoires. Sa disparition n’avait fait qu’accentuer son malaise vis-à-vis des pratiques religieuses qu’il devait exercer, devant l’œil vigilant de sa mère ou du prêtre de leur église.

Il avait prié toute sa vie sans grande conviction, et depuis qu’il avait rejoint l’équipage de l’Hispaniola, cette manie s’était raréfiée jusqu’à disparaître complétement. Personne ne s’en était rendu compte, les marins étant trop occupés sur leurs propres bénédictions, et il n’avait jamais eu à se justifier. Et il se sentait bien mieux comme ça.

La nuit tomba doucement sur le vaisseau, l’enveloppant d’une ambiance sereine. Certains marins se dépêchaient de finir leurs dernières tâches ou digéraient tranquillement. D’autres se nettoyaient à l’eau de mer ou rasaient leur barbe qui devenait trop épaisse à leur goût. Jim était redescendu aux cuisines pour aider le coq à mettre de l’ordre, car il était toujours un des derniers à être debout avec son travail.

— Comment tu te sens ce soir ?

Jetant les déchets à la mer, Long John lança un reste de carotte à Flint qui l’attrapa joyeusement avant de le grignoter sur une caisse.

— Bien. Étrangement bien, répondit le mousse tout en nettoyant les plans de travail. Pour le moment, je n’ai plus envie de réfléchir à tout cela. J’ai seulement envie de profiter de cette aventure.

— Tu es quelqu’un de très courageux, tu sais. J’ai vu des gens devenir agressifs ou pire, si on contredisait la foi, ne serait-ce qu’un petit peu. Ta réaction de tout à l’heure est admirable et très sage !

— En fait… Je… je pense pouvoir vous l’avouer mais… s’il vous plait ne me jugez pas.

— Quoi donc ?

— Je… n’y ai jamais vraiment cru. La foi, les prières. Toutes ces années j’ai, pour ainsi dire, feint ma croyance. Pour ne pas décevoir ma mère, ou pour ne pas me faire gronder ou juger par les autres de mon village. Je… j’espère que vous n’êtes pas déçu ?

Il s'attendait à une réaction, peut-être même à une réprimande. Mais à sa grande surprise, son ami eut une expression amusée.

— Tu crois vraiment que ça me choque, Jim ? répondit-il, sa voix empreinte de chaleur. C’est bien plus commun que tu ne le penses. Moi non plus, je n’y crois pas.

Il fut de nouveau surpris par sa réaction. Mais comment faisait-il pour prendre chaque révélation aussi sereinement ?

— À cause de tous ces voyages que vous avez faits, je suppose ?

— En partie. J’étais comme toi, à y croire sans trop y croire. Mais oui, lorsque tu rencontres des gens qui prient d’autres Dieux, ou vénèrent d’autres croyances, tu finis par te dire que c’est trop compliqué pour une vie aussi courte. Je ne crois en rien d’autre qu’à moi.

Il lui adressa un de ses innombrables sourires et continua son travail. Jim le lui rendit, mais son regard devint tout à coup plus tendre. Ce soir, il venait de se rendre compte de l’importance qu’avait désormais cet homme à ses yeux. Apercevant son visage, celui-ci demanda.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Mon père m’a dit un jour que ce qui était important ce n’était pas notre destination, mais bien le chemin qu’on choisissait d’emprunter. C’était un homme incroyable. Là où ma mère essayait de me faire rentrer dans les codes de la bonne conduite, lui me laissait rêver de ma propre voie, sans jugement.

Il sortit la boussole de sa poche et l’observa un instant. Le Nord pointait vers Long John et il ne put s’empêcher d’être ému par ce petit signe du destin.

— Vous êtes quelqu’un d’incroyable, poursuivit-il. Je sens qu’avec vous, je peux me dévoiler sans crainte d’être jugé. Comme mon père autrefois.

Pris au dépourvu par le compliment et cette soudaine confession, Silver eut beaucoup de mal à trouver ses mots.

— Ah… c’est vrai que… ça doit te changer de toutes ces vieilles phrases emplies de reproche des gens de ton patelin ! blagua-t-il d’une voix qu’il espérait détachée, malgré le trouble qui était apparu un instant sur son visage.

— Ça, oui !

Heureusement, son élève n’avait rien remarqué. Il porta la main à sa bouche pour étouffer un bâillement. La journée avait été bien chargée en émotion pour lui !

— Va te reposer, gamin. Je vais finir tout seul ce soir, ordonna le marin en se nettoyant les mains dans un seau d’eau.

— Vous êtes sûr ? Je peux continuer à…

— Va dormir !

Le coq retourna à ses tâches et sentit toujours sa présence, non loin.

— Tu es encore là ?

— Je… j’aurais voulu savoir si on pouvait le refaire une dernière fois… ?

Il leva les yeux au ciel. Décidément, pensa-t-il, Jim était tellement adorable que cela en devenait touchant.

— Tu sais, tu n’es pas obligé de me le demander à chaque…

Il fut interrompu par les douces lèvres sur les siennes. Ne pouvant résister, il le rapprocha dans une douce étreinte et le baiser devint bien plus intime. Après ces quelques secondes de plaisir le garçon recula enfin.

— Merci pour tout ce que vous faites pour moi… murmura-t-il d’une voix douce.

— Allez, file maintenant. Avant que ce soit moi qui te retienne… répondit le marin, grisé par le baiser.

Et il disparut avec un sourire espiègle, laissant son maître enveloppé dans une brume sensuelle. Il pouvait encore sentir la douceur de ses lèvres ; et sa voix qui murmurait son prénom tintait délicieusement dans ses oreilles. Long John Silver était un homme qui avait vu et vécu des tas de choses incroyables. Et pourtant, le destin parvenait encore à le surprendre. Se serait-il douté que ce voyage, censé l’emmener vers la richesse et la liberté, lui ferait croiser la route de ce jeune homme à la peau lisse, aux yeux d’émeraude, et d’une adorable naïveté ? Pas du tout, et c’était pour cela que Silver adorait la vie qu’il menait. Et dans son euphorie, il commençait presque à espérer pouvoir convaincre son jeune apprenti de le rejoindre dans cette vie semée de rebondissements !




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