La femme de ménage 2 : Quand la maison dort

Chapitre 3 : Chaque chose à sa place

Par onzelunes

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Chapitre 3

— Alors... je ne t'ai même pas demandé. Comment tu t'appelles ? je demande en sirotant mon Coca-cola.

— Maddie. Et toi ?

— Millie.

— T'as l'air d'adorer ça, dis-je en l'observant dévorer ses frites avec envie.

— C'est le cas ! J'adore.

— T'es un peu plus jeune que moi... Tu étudies ?

— Pas vraiment. Pour le moment, je cherche ma voie, dit-elle, pensive.

Je me mets à dévorer mon burger.

— Tu étudies, toi ?

Je manque de recracher la nourriture. Je bois une gorgée puis je réponds :

— Moi ? Nan. Je fais du ménage.

— Oh.

— Ouais, dis-je en acquiesçant.

Après avoir fini de manger, je propose à Maddie de la raccompagner, même si je n'ai pas de voiture. Elle refuse gentiment mais me propose son numéro.

— On sait jamais, ça peut toujours servir ! lance-t-elle en me faisant un clin d’œil.

On s'échange nos contacts. Je lui fais un signe de la main et je me dirige vers l'arrêt de bus.


Un jour plus tard

Je compose le code pour entrer dans la villa des Fowler. L'allée bordée de plantes vertes est très agréable à regarder, surtout avec les lueurs de fin de journée. Je monte les escaliers extérieurs et j'ouvre la porte d'entrée de la maison. C'est toujours ouvert. Sauf là. J'essaie une nouvelle fois. Fermé. Pourtant on est bien mercredi... J'attrape mon téléphone pour vérifier. Oui, c'est bien ça. Mercredi. Je toque à la porte.

— Madame Fowler ? Monsieur Fowler ?

J'attends quelques secondes. Puis quelqu'un ouvre. C'est Isobel. Elle est en peignoir.

— Millie ? demande-t-elle, l'air hébété. Je ne vous attendais pas aujourd'hui... Qu'est-ce que vous faites là ?

— Madame Fowler, nous sommes mercredi. Le mercredi je viens travailler chez vous, vous souvenez ?

— Oh... J'aurais pourtant juré que...

Ses yeux châtaigne se fixent un instant sur le sol, pour aucune raison apparente. Isobel a l'air complètement perdue.

— Vous allez bien, Madame Fowler ?

— Oui oui, je... Je vais prendre une douche.

Prendre une douche ? Prendre une douche ? Je me répète la phrase en tête mais rien n'y fait. Ça sonne faux. Comme une fausse note de musique en plein milieu d'un concert. Si on n'y connait rien, on n'y fait pas attention, mais si on tend l'oreille, on ne peut pas ne pas le voir. Isobel m'a dit qu'elle allait prendre une douche, et effectivement, je la vois qui se rend à la salle de bains. Pourtant, elle porte un peignoir et ses cheveux sont déjà mouillés. Jusque là je pensais que c'était enfin une famille normale sur qui je tombais, mais force est de constater que ce n'est pas le cas. Quelque chose cloche. Je passe dans le long couloir et je vais jusque dans la cuisine. Les produits ménagers y sont rangés dans un placard. Je constate alors une pile de vaisselle sale entassée dans l'évier. Je n'ai pas pris l'habitude de la faire, alors je ne sais pas trop comment réagir. Je me dis que je vais m'occuper du reste avant.


Généralement, le mercredi, je passe un chiffon sur tous les meubles et les objets, pour ne pas qu'ils prennent la poussière. Je décide donc de commencer par ça. Dans le grand salon, il y a matière à faire. Des vases et petites sculptures en tous genres ornent la pièce. Je fais très attention aux pièces que je touche, de peur de les briser. Et puis, je me fais la remarque qu'il y a un vase qui a été déplacé. Oui, ce vase bleu en porcelaine. Je m'en souviens très bien, il est toujours à la même place et là... Il a été décalé de quelques centimètres en arrière. Il y a même une trace qu'il a laissé. Sans doute que personne ne l'a jamais déplacé avant et pourtant, là c'est le cas. Encore quelque chose que je trouve étrange. Ça, et la douche.

Non Millie, tu te fais des idées. Tu es parano. Isobel était tout simplement déjà entrée dans la douche quand tu as toqué et du coup, elle doit y retourner. Et ce vase en porcelaine, peut-être qu'elle s'est dit qu'après tout ce temps il fallait le bouger un peu. Qu'est-ce que j'en sais finalement ? Ce ne sont pas tes affaires Millie.

J'entends soudain la porte d'entrée s'ouvrir.

— Chérie, je suis rentré.

Il est 19h30. Ethan avance d'un pas pressé dans le long couloir. Ses pas résonnent. Je l'entends très bien arriver.

— Bonsoir Millie, me salue-t-il.

— Oh bonsoir Monsieur Fowler.

Alors qu'il pose ses affaires sur un canapé, je me permets de l'interroger.

— Je me demandais... Est-ce que... Madame Fowler a des soucis de santé particuliers ?

Ethan se retourne vers moi, l'air grave.

— Que voulez-vous dire ?

— C'est-à-dire que... Je m'inquiète un peu, c'est tout...

— Vous n'avez pas à vous inquiéter de quoique ce soit. Elle va très bien, elle est juste un peu fatiguée. Faites votre boulot.

— Oui... Excusez-moi, je réponds en baissant les yeux.

— Je vais lui préparer une tisane.

— Je peux le faire si vous le souhaitez, je propose en souriant.

— Ça ira. Continuez ce que vous faites, ordonne-t-il.

Je continue à dépoussiérer le salon, puis je m'attaque aux autres meubles ailleurs, à une autre chambre, et enfin, à la chambre principale. Isobel est maintenant allongée dans le lit. Elle a les yeux fermés. Je ne veux pas la déranger, mais je ne peux pas m'empêcher de constater un nouveau bleu sur son bras.


Alors que je sors de la pièce après avoir dépoussiéré, je croise Ethan Fowler à nouveau.

— Millie, pourriez-vous laisser ma femme tranquille la prochaine fois ? Elle a besoin de repos.

— Je suis désolée. Je n'aurais pas dû entrer pendant qu'elle se reposait.

Il commence à faire un pas en avant pour vaquer à ses occupations lorsque je lui demande :

— Je voulais vous demander... J'ai vu que la vaisselle n'était pas faite. Souhaitez-vous que je m'en occupe ?

— Oui ce serait génial. Merci. Vous me direz combien d'heures supplémentaires je vous dois.

Il a dit ça sur un ton froid. Je me demande si c'est un remerciement ou un reproche.

— OK.

— Oh, et, ne mélangez pas les assiettes creuses et les plates. Chaque chose à sa place ici.

Je me dirige dans la cuisine. J'enfile des gants. Je badigeonne le tas de plats sales de liquide vaisselle. J'en ai pour au moins une heure. Après ça, un peu de repassage et j'en aurai terminé pour aujourd'hui. Il faut dire aussi que les vêtements me prennent énormément de temps.


Il est 23 heures passées quand j'arrive chez moi. Un peu plus tard que d'habitude. Quand j'arrive au premier étage, je vois de la lumière chez Byron. Comme tous les soirs, il n'est jamais couché à cette heure-ci. J'entends la télévision. J'entre chez moi. Je pose mon sac dans l'entrée. Je regarde autour. C'est le bazar complet. Je me dirige vers la petite cuisine que j'ai. Dans le frigo ? Quelques concombres se battent en duel avec deux tranches de cheddar. Merde. Les courses. Après la rencontre avec Maddie, j'ai complètement zappé d'acheter de quoi manger. C'est pas la première fois que ça m'arrive. J'en viens d'ailleurs à me demander si je suis saine d'esprit. Après tout, j'ai pas tant de choses que ça de prévu dans mes journées, et pourtant ce genre de choses arrive. Je soupire et claque la porte du vieux frigo jauni. Je sors de mon appartement et je m'en vais sonner chez Byron.

La porte s'ouvre.

— Salut Byron, t'aurais pas un sandwich à me dépanner par hasard ?

Je lève les yeux car il met du temps à répondre.

Ce que je vois en face de moi me rend bouche bée.




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés