Après le départ de Taie d’Oreiller, Ario reçut la visite de Kapoeira et Kizumba, deux concubines venues le masser sur ordre d’Andrino. Les sirènes, à leur insu, lui fournirent l’excuse parfaite pour se débarrasser de la décapode. Sébastienne fut ainsi mandatée par le triton pour raccompagner les jeunes créatures au Harem Princier. Profitant de l’absence provisoire de la conseillère du Roi, Ario se faufila en dehors de la Suite et dû rester dissimulé une bonne demi-heure dans la forêt de Kelp bordant le palais. Dès la nuit tombée, toute activité cessa à Atlantica et une fois tous les tritons et sirènes rentrés chez eux, le calme s'abattit sur la Cité Sous la Mer. Ario quitta sa cachette pour regagner la surface et se diriger vers la route maritime la plus proche, déterminé à observer un bateau humain qui ne soit pas une épave vieille de plusieurs décennies !
Plus il progressait vers la surface, plus le jeune triton devait lutter contre l’agitation de l’océan ; il ne faisait aucun doute qu’une violente tempête faisait rage là-haut. Même si Ario ne risquait pas la noyade ; en principe, son peuple évitait de nager dans les eaux agitées, c’était le meilleur moyen de se perdre ou de s’échouer, embarqué par les vagues. Le triton était d’ailleurs sur le point de s’éloigner lorsqu’il faillît heurter un débris. Surpris, il chercha des yeux l’objet qui dérivait, déjà loin de lui. Il fut heurté alors par un nouveau débris, qui lui érafla le flanc droit ; l’objet ressemblait à un “tonneau”, du moins, c’était comme ça que les nommait Eurêka ! Cela ne pouvait signifier qu’une chose : un navire humain se trouvait à proximité et qui plus était, un navire en difficulté…
D’un puissant coup de queue, Ario accéléra pour regagner la surface. Un typhon s’abattait ici, déchaînant sa violence contre un majestueux navire de commerce que le triton n’eut aucun mal à localiser. Le tumulte des vagues se fracassait sans répit contre sa coque, déjà percée en plusieurs endroits, laissant dériver le contenu de la cale. De petites embarcations s’en écartaient avec difficulté, ballotées par les bourrasques et les remous. Ario se trouvait prêt de la poupe du bâtiment, où s’inscrivait fièrement son nom, le “Black Marlin”.
Soudain, un sinistre bruit se fit entendre et le navire se brisa en deux entités, créant une aspiration contre laquelle Ario eut beaucoup de mal à lutter ! Il songea rapidement à Andrino, dont le corps, plus ventripotent, se serait fait happer par la proue du navire, qui sombrait déjà vers les profondeurs…
Le jeune prince avait le visage fouetté par les trombes d’eau qui s’abattaient du ciel, tel un rappel à toutes les créatures vivantes de la puissance des Éléments. C’est alors qu’il aperçut une silhouette ; debout sur le bastingage, agrippé à une drisse, un homme attendait vraisemblablement que ce qui restait du navire s’approche suffisamment de l’eau pour y plonger sans risquer de se tuer avec le choc. Le bipède semblait être le dernier à bord, d’après les observations du triton. Les modestes embarcations de sauvetage étaient déjà hors de vue… Ario tournait frénétiquement en rond, cherchant de quoi aider l’humain ; non loin, il repéra un morceau de bois suffisamment grand pour servir de radeau au bipède, si tant est qu’il survive à sa chute… L’instant de rapprocher la frêle planche, le bipède avait disparu ! Ario paniqua, cherchant dans le remue-ménage alentour une trace de l’humain, qu’il finit par repérer, nageant éperdument pour s’éloigner du navire. Ario se précipita vers lui car il lui sembla que le bipède nageait avec de plus en plus de difficulté, perdant rapidement ses forces. Alors que le triton arriva à sa hauteur, l’humain ne nageait déjà plus, perdant connaissance. De justesse, Ario rattrapa le corps inerte et le hissa sur la planche, en manquant de le faire tomber à plusieurs reprises tant les courants violents s’acharnaient contre lui. Soulagé et essoufflé après avoir mis en sécurité l’homme, Ario sursauta en
entendant un bruit qu’il n’avait encore jamais entendu. Se retournant vivement, il aperçut la créature qui poussait des gémissements plaintifs ; l’animal avait quatre pattes et de longs poils qui dissimulaient ses yeux. Il paraissait affolé et au bord de la noyade lui aussi. Repoussant sa crainte, Ario porta secours à la bête et la hissa sur le radeau de fortune, en compagnie de l’homme. Aussitôt, la bête se tût et se mit à lécher le visage du bipède. Le triton nagea alors de toutes ses forces en poussant devant lui la planche lourdement chargée et s’éloigna avec peine de ce qui restait du Black Marlin, avant qu’il ne s’engouffre vers les fonds marins pour l’éternité. Tandis que le fracas se faisait plus lointain, le bipède, stimulé par l’animal, finit par ouvrir un œil apeuré :
— Mais… Qu’est-ce que… Maxie, tu es là ! Comment as-tu pu…
Ario constata avec joie qu’il comprenait le langage du bipède, il s’empressa alors de répondre :
— Tu as sauté du bateau et tu as perdu connaissance ! Je t’ai grimpé sur un débris et cette… Chose a nagé vers nous. halèta le triton, en désignant l’animal.
— Ma chienne tu veux dire ? Elle s’appelle Maxie… Qui es-tu ? Je ne reconnais pas ton visage…
— Je… Je m’appelle Ario, mais je ne faisais pas partie de l’équipage… Ils sont tous partis sur des, euh… Des bateaux plus petits !
— Si tu ne faisais pas partie des matelots, alors… D’où sors-tu ?
— Je, euh… Je suis… Je suis un triton…
— Un quoi? s’étonna le bipède.
Ario lâcha la planche le temps de pouvoir s’éloigner afin de montrer sa queue au bipède, mais lorsque celui-ci la détailla au clair de lune, il s’évanouit à nouveau. Le triton se remit à pousser la planche en direction d’une crique qu’il connaissait sur une île de pêcheurs, un peu plus loin, afin de mettre en sécurité son précieux chargement. Tandis qu’il s’éloignait, la tempête perdit peu à peu de son ardeur et Ario nagea avec plus d’aisance.
— Moins vite, l’espadon !
Le prince sursauta encore, mais cette fois-ci, il reconnut sans peine la voix qui criait dans son dos :
— Taie d’Oreiller ! Qu’est-ce que tu fais là, anguille ? C’est dangereux pour une petite poisson de ta taille !
— Je ne suis pas aussi naïve que Sébastienne ! Je me doutais bien que tu allais faire quelque chose de stupide dans ce goût-là… C’est qui lui ?
— Aucune idée ! Un bipède que j’ai sauvé de la noyade…
Alertée par le bruit de la conversation, la bête à poils se redressa et se mit à japper en direction de Taie d’Oreiller.
— C’est étrange… Pourquoi cet animal ne parle-t-il pas ? Ou bien peut-être que seuls les bipèdes les comprennent ? se demanda Ario.
— Les bipèdes, ils comprennent rien ! C’est un “chien”...
— Ah… Son meilleur ami, tu crois ? demanda le prince.
— Certainement… Je crois qu’il veut me bouffer !
— Je crois que c’est “elle”, Maxie, c’est comme ça qu’il l’a appelée.
— Et lui, il s’appelle comment ?
— Je ne sais pas, il s’est évanoui quand il a vu ma queue…
— Tu lui as montré ta queue ?
— Ben oui… C’est mal ?
— Disons plutôt que… Ça a dû l’impressionner si c’est la première fois… Que vas-tu faire de lui ? Le poser près d’un village de pêcheurs ?
— Je pensais le… L’emmener dans la crique de la Fraie. répondit Ario.
— Hein ? Mais c’est la crique des sorties nuptiales ça !
— C’est, euh… C’est plus près d’ici que les villages, ils sont de l’autre côté de l’île ! se défendit le prince.
— Ouais… Ça tombe bien, non ?
— C’est quoi ces sous-entendus ?
— Rien ! Je ne veux pas être témoin de ça, c’est tout ! Je sais que tu aimes les alliances à contre-courant, mais alors là, c’est pire contre-nature que tout… Si ton père apprend…
— Il n’apprendra rien si tu tiens ta langue, Taie d’Oreiller ! Et puis d’abord je vais juste le déposer et m’assurer qu’il ne soit pas blessé, c’est tout…
⚓⚓⚓
La crique de la Fraie était relativement grande et le clair de lune se réverbérait contre le calcaire brillant des concrétions et de la multitude de stalactites qui entourait les différents bassins formés par l’océan selon les marées. Ario fit accoster sa planche et prit un moment pour observer l’humain toujours endormi, pendant que Maxie sautait déjà, ravie de retrouver la terre ferme. Il était plutôt grand, plus que lui en tout cas ; il avait les cheveux bruns, relativement longs et une courte barbe. Sa chemise, en partie déchirée, laissait voir un torse musclé, recouvert d’une toison aussi brune que ses cheveux. L’homme avait perdu ses bottes et son pantalon était lui aussi déchiré en plusieurs endroits. Ce qui attira le plus le regard du triton fût le bas-ventre du bipède ; là où naissait la queue des tritons, les abdominaux musclés de l’humain formaient un “V” vers… Ce qu’il y avait plus bas. Le regard d’Ario restait scotché à cette partie de son anatomie.
— Je crois qu’ils appellent ça, la “ceinture d’Apollon” !
— P… Pardon ?
— La courbure de ces muscles qui mènent à leurs orifices… répondit distraitement Taie d’Oreiller.
— Qui est cet Apollon ?
— On s’en fout ! Sûrement un gars outrageusement musclé qui donne soit des faux-espoirs, soit des complexes, selon le public… Rentrons maintenant, Ario !
— Mais…
— Ça va, il n’est pas blessé à part quelques égratignures ! Les pêcheurs le trouveront, rentrons vite avant que quelqu’un s’aperçoive de ta disparition…
— J’aimerais lui parler ! Je n’ai jamais parlé à un humain…
— Je m’en doutais ! Bon, moi je m’en vais, je ne veux rien voir et je ne veux rien savoir ! Je t’attends au large… Fais vite !
Une fois Taie d’Oreiller sortie de la crique, Ario hésita à sortir de l’eau, mais, plus à l’aise dans son élément, il décida de rester immergé à moitié. Tendant un bras timide vers le bipède, il passa une main sur les poils recouvrants l’avant-bras de l’homme. La sensation était inédite pour Ario, les tritons et sirènes ne possédant aucun poil… Le prince trouvait agréable le doux chatouillement de la toison brune contre la paume de sa main, mais alors qu’il recommençait, l’humain lui saisit brutalement le poignet :
— Qui est-ce ? Que me voulez-vous ? Maxie ! hurla l’humain, visiblement affolé et désorienté.
La chienne s’approcha en courant, ce qui effraya Ario, mais l’homme resserra sa prise, ne le laissant pas s’échapper. Maxie, cependant, remuait la queue et poussait des jappements joyeux, ce qui sembla rassurer le bipède.
— Toi ! dit-il, horrifié en reconnaissant le triton.
Il relâcha immédiatement Ario, qui recula dans le bassin en ne laissant dépasser que sa tête, frottant son poignet douloureux :
— Je suis désolé, je ne voulais pas t’effrayer ! s’empressa-t-il de répondre.
— Tu… C’est toi qui m’as emmené ici ? Et tu… Tu as sauvé Maxie aussi ?
Le triton, apeuré, acquiesça d’un signe de tête en regardant l’animal s’éloigner à nouveau pour explorer l’immense crique. L’homme le regarda, circonspect, puis se frotta la nuque en soupirant, avant de répondre :
— Merci à toi… Qui que tu sois…
— Ario ! Je m’appelle Ario…
L’homme se redressa pour s’asseoir face au bassin, ce qui fit reculer encore davantage le triton.
— Je ne vais pas te faire de mal Ario... Approche !
Le triton nagea lentement vers le rebord du bassin calcaire, prêt à s’enfuir au moindre signe d’agressivité et se redressa, juste assez pour que l’humain voie le haut de son torse. Le bipède observa la longue chevelure d’un roux cuivré reposant sur les épaules de la créature, ainsi que ses pectoraux musclés et la naissance de ses abdominaux. Les yeux noisette de l’homme scrutèrent les iris émeraude de son vis-à-vis, dont le regard timide ne cessait de s’attarder sur la chemise déchirée, ce qui n’échappa pas au naufragé :
— Je m’appelle Eric ! Puis-je serrer la main de mon sauveur ? demanda l’humain, en passant ses doigts dans ses longues mèches brunes trempées pour dégager son visage.
Le triton parcourut les derniers centimètres le séparant du bipède et lui tendit avec hésitation une main fine, que l’homme saisit délicatement pour y poser en fait un baiser sur le dessus. Ario tressaillit au contact de la barbe qui effleura sa peau délicate, lui provoquant un doux frisson le long de sa colonne vertébrale.
— Eric... Enchanté ! répondit le triton.
— En vérité c’est “Prince Eric”, mais j’ai toujours trouvé ce titre un peu pompeux et surtout très inadapté car je me refuse à devenir Roi après mon père… C’est pourquoi j’ai fui dans la marine marchande ! Maintenant j'ai échoué Dieu sait où grâce à… Grâce à une créature dont je ne soupçonnais pas l’existence en dehors des contes pour enfants ! Tu es prodigieux Ario… Dis m'en plus sur toi, je t’en conjure !
— Je… Je suis Prince moi aussi… Mon royaume se nomme Atlantica… J’ai… J’ai six frères, mais je suis le plus jeune, ce qui ne me destine pas à devenir Roi. Je n’avais jamais vu d’humain avant toi !
— Prodigieux… Et… Existe-t-il des… Sirènes également ?
— Bien sûr ! Mais elles ne chantent pas, contrairement à ce que racontent vos légendes… À part Kenza Fara, mais elle, c’est juste pour me casser les oreilles…
— Fascinant… Et.. En tant que Prince, tu as euh… Une Princesse à tes côtés ?
Ario s’empourpra :
— N… Non…
— Patience… Tu trouveras une sirène aussi magnifique que toi, Ario ! Je n’en doute pas… Et d’ailleurs, que faites-vous pour vous séduire ? Je veux dire, dans votre royaume…
— Hum… Mes frères ont l’habitude d'emmener leurs concubines préférées manger au Kroustibat… C’est un bar à fruits de mer !
— Des concubines ? Vous avez… Des concubines ? s’étonna Eric.
— Oui, beaucoup, pas vous ? Elles sont nombreuses à nous donner du plaisir… Enfin… Elles donnent du plaisir à mes frères…
— Ah ? Ça ne se fait pas chez les humains, du moins, pas dans mon royaume… Et, euh… Pourquoi ne te donnent-elles pas de plaisir à toi, Ario ? Serais-tu considéré comme trop jeune parmi les tiens ?
— Oh non… Depuis mes seize ans, je participe aux remontées...
— Qu’est-ce donc ?
— Eh bien, certaines nuits, nous remontons à la surface, dans des endroits comme celui-ci, accompagnés des concubines et nous nous adonnons aux plaisirs charnels avec elles…
— Je… Je ne suis pas sûr d’avoir compris le principe ?
— Les concubines s’occupent de nos organes génitaux pour faire couler notre sève.
— Oui ça… Ça j'avais saisi, mais euh… Où se trouvent vos organes génitaux ? demanda le bipède, le teint cramoisi.
— Lorsque nous sortons de l’eau, comment dire… Notre corps devient identique au vôtre ! Et dès que nous nous immergeons… Nous redevenons sirènes et tritons. Tout simplement.
— “Tout simplement”, ce n’est pas forcément comme ça que j’aurai qualifié le processus, mais enfin… Accepterais-tu de me montrer ce prodige, Ario ?
Après quelques instants d’hésitation et après avoir vérifié l’absence de Taie d’Oreiller dans les parages, le triton s’extirpa du bassin et, aidé par Eric, rampa à distance de l’eau. Sous les yeux ébahis de l’homme, l’immense queue aux reflets arc-en-ciel d’Ario muta pour laisser place à deux longues jambes et un postérieur charnu. Le triton, devenu provisoirement homme, se leva alors pour faire face à Eric. Ario était grand et sec, tout en muscles ; son corps ne possédait aucun poil, à aucun endroit. Son sexe, ainsi exposé était de belle taille, bien qu’un peu moins long et moins large que celui de l’homme, qui s’animait sous son pantalon en haillon devant cette vue des plus érotiques. Ario ne semblait pas souffrir d’une quelconque pudeur, cette étrange gêne étant certainement l’apanage de la seule espèce humaine… Eric se leva pour se tenir en face du triton, il était lui-même plus grand de quelques centimètres.
— Prodigieux ! Tu es une merveille de la nature, Ario ! Tu es… Magnifique.
L’intéressé tendit une main tremblante vers la toison brune dépassant de la chemise de l’homme. Eric laissa Ario caresser timidement ses poils pectoraux :
— Cela s’appelle des poils… Ton espèce n’en porte pas visiblement…
— Non, c’est étrange… En as-tu partout ?
— J’ai bien peur que oui… répondit Eric en souriant.
— Montre-moi ! demanda le triton.
Eric obtempéra en écartant les pans de sa chemise et en descendant un peu son pantalon sur ses hanches, peinant à dissimuler son début d’érection, qui ne sembla pas choquer Ario, cependant… Au contraire, celui-ci détailla avidement le corps du bipède, fasciné par sa musculature et la toison brune qui, effectivement recouvrait la totalité de son corps. Il passa ses mains sur les poils de ses bras, de son torse, avant de descendre, sans la moindre gêne se glisser dans le pantalon vers le sexe durcit du Prince Eric :
— Tu as même des poils ici ? s’étonna Ario, en caressant la toison pubienne de l’homme, lui arrachant un long soupir.
— Ario… Tu ne devrais peut-être pas… halèta Eric.
Le triton ne s’arrêta pas, mais au contraire se mit à caresser de ses longs doigts la verge d’Eric, ainsi que ses testicules, qui se durcirent au creux de sa main :
— Ton… Ton sexe… Il réagit comme celui de mes frères quand les concubines les touchent… s’étonna Ario.
— Le tien ne réagit donc pas au toucher des sirènes ? souffla l’humain.
— Non… Mais le fait de… Te toucher ainsi…
Ario ne termina pas sa phrase, mais se pencha pour observer son propre sexe, qui se redressait à vue d'œil.
— Ça t’excite de me toucher, n’est-ce pas, Ario ? Tu aimes ça ?
L’intonation suave de la voix de l’humain suffit à elle seule à finir de faire bander le triton :
— Ou… Oui… souffla-t-il, perturbé, les joues rosies.
— C’est la première fois que tu touches un autre homme, n’est-ce pas ?
— Oui… C’est prohibé à Atlantica…
— Nous sommes nombreux parmi les humains à… Nous aimer et nous donner du plaisir entre personnes de même sexe ! Je peux te montrer si tu veux ?
— Me… Me montrer quoi ?
— Comment un homme peut te satisfaire et comment tu peux le satisfaire en retour…
Ario s’empourpra à la suggestion du bipède, mais son cœur se mit à battre la chamade, emballé par cette possibilité. Il acquiesça silencieusement, affolé à l’idée que Taie d’Oreiller puisse le surprendre, ou pire… Des tritons envoyés par son père à sa recherche ! Mais bizarrement cela rendait toute l’expérience encore plus excitante à ses yeux.
— Je vais te montrer, Ario…
Eric lui offrit un large sourire et descendit se placer à genoux entre les jambes du triton.
— Que fais-tu ? s’affola celui-ci.
— Tu as déjà dû voir les concubines faire ça ? C’est un moyen très agréable de faire couler “la sève”, tu vas voir !
Aussitôt, Eric saisit la verge du triton et la caressa avant de la mettre dans sa bouche. Ario n’avait jamais rien ressenti de pareil ! La bouche chaude et humide de l’humain accueillait avec délicatesse et fermeté son sexe, tout en caressant ses boules et en le masturbant. Les concubines avaient déjà toutes tenté de le prendre ainsi en bouche, mais sans jamais réussir à maintenir une érection suffisante pour le faire jouir ! Eric, en revanche, rivalisait d’expérience pour le lécher et le sucer aux bons endroits, insistant particulièrement sur son gland gonflé et sur son frein délicat. Rapidement, Ario fut débordé par les sensations et l’excitation provoquée par les caresses buccales d’Eric ; son corps se mit à trembler et il se crispa, se cambrant inconsciemment pour pénétrer davantage la bouche du bipède, avant de s’y déverser sans crier gare ! Avec un profond gémissement, son corps se laissa aller à la jouissance, avant de se relâcher brutalement :
— Je… Je suis désolé ! bafouilla-t-il, honteux, en se reculant.
— Il ne faut pas ! Tu as un goût iodé des plus agréables…
Ario se laissa tomber pour venir s’asseoir aux côtés d’Eric :
— C’était tellement intense… Merci ! chuchota-t-il.
L’homme s’essuya la bouche d’un revers de main, s’asseyant sur son postérieur, les jambes écartées de part et d’autre du triton. Ario l’observa un long moment avant de s’enhardir :
— Est-ce que… Je pourrais te faire pareil ?
Étonné, Eric sourit :
— Tu n’es pas obligé…
— J’ai envie, je n’ai jamais… Jamais fait ça ! répondit abruptement le triton, curieux.
L’homme se débarrassa de son pantalon et recula ses bras derrière son torse pour prendre appui confortablement :
— Alors vas-y Ario, je suis tout à toi !
Le triton descendit timidement entre les jambes de l’humain, ne sachant pas trop comment commencer… Après un regard timide vers Eric, il caressa ses attributs, lentement, avec application. Il s’émerveilla de sentir la dureté du sexe entre ses mains délicates, ses veines saillantes palpiter contre ses doigts fins, cette amusante toison chatouillant sa peau sensible… Il ouvrit la bouche pour descendre avidement sur cette verge qui attendait d’être soulagée. Il engouffra chaque centimètre avec satisfaction, ravi de se sentir aussi rempli, salivant en gainant ses lèvres autour du large membre ! Innocemment, avec des gestes maladroits et inexpérimentés, il tenta de le prendre en entier, mais il se heurta à sa taille imposante et eut un haut-le-cœur brutal ! Il retira l’homme de sa bouche pour l’observer avec de grands yeux noyés de larmes, le regard perplexe.
— J’aime quand un homme me regarde comme ça entre mes jambes ! Elle est trop grosse pour ta bouche, Ario ! Mais pas pour tes fesses, je te le prouverai tout à l’heure… Continue, j’y suis presque, tu fais un travail formidable !
Ario se remit à la tâche et suça l’homme avec une ardeur décuplée, ravi de lui faire autant d’effet ! Eric avait déjà visité la bouche de nombreux hommes, mais la candeur d’Ario était inédite et c’était la meilleure fellation que l’homme avait reçue de toute sa vie ! Basculant sa tête en arrière, il remonta son bassin pour s’enfoncer un peu plus dans la bouche du triton au moment où l’orgasme soulagea enfin sa douloureuse érection. Il y avait plusieurs semaines qu’Eric n’avait eu aucune relation sexuelle, aussi il lui sembla que son sexe pulsa un nombre incalculable de fois dans l’innocente bouche du triton, qui déglutit périlleusement, se retenant de recracher à plusieurs reprises l’épaisse sève de l’homme. C’était un goût et une texture inconnue pour le triton qui, de nouveau, eut les yeux baignés de larmes quand l’homme se retira enfin :
— C’était… Parfait, Ario ! Tu es très doué… Tu finiras par aimer ça, la première fois le goût est toujours… Déstabilisant… Viens sur moi !
Ario avança à quatre pattes pour venir se placer au-dessus du corps relâché d’Eric. Le bipède s'allongea sur le dos et caressa les cheveux d’Ario, avant d’attirer son visage contre le sien et de l’embrasser. Le triton se laissa faire, ouvrant sa bouche pour laisser la langue d’Eric s’enrouler autour de la sienne, chassant peu à peu le goût amer du sperme humain. Ario n’avait jamais embrassé personne et il trouva cela très intime et érotique, il aima tout de suite cet acte qui, à n’en pas douté, était aussi sexuel et prohibé que ce qu’il venait de faire…
— Laisse-moi une petite demi-heure pour récupérer et je ferais l’amour à une autre partie de ton corps, Ario… souffla Eric à son oreille, avant d’en mordiller le lobe.
Le triton soupira d’aise et s’affala à côté d’Eric, caressant son torse, appuyé sur un coude :
— Tu es blessé… constata-t-il, devant les nombreuses égratignures qui parcellaient la peau tannée du brun.
— Ce n’est rien ! J’ai vu pire, ne t’inquiète pas… L’eau de l’océan a déjà nettoyé les plaies, elles auront vite disparu.
— Raconte-moi comment c’est la vie sur terre !
Eric soupira, en caressant distraitement le bras d’Ario :
— C’est… Un peu le bazar… La vie est assez chaotique et les hommes sont facilement distraits… Ils sont bagarreurs aussi… Égoïstes…
— Ah… Alors ce n’est pas parfait ?
— Non, loin de là ! Mais il y a des côtés positifs tout de même… Les hommes sont très curieux et certains sont généreux. Nous prenons soin les uns des autres… Tu imaginais un monde parfait ? La perfection n’existe nulle part, Ario, tu peux me croire, j’ai beaucoup voyagé à sa recherche…
— Alors pourquoi continuer à voyager ?
— Eh bien je suppose que c’est parce que… Parce que je n’ai pas encore trouvé ce que je cherchais…
— La perfection ? demande candidement le triton…
L’homme eut un rire amer :
— Non… Juste une raison de rester…
💘💘💘
Eric fut réveillé par les caresses d’Ario sur son sexe :
— Mmmmm… Ario…
— Tu as dit qu’il y avait d'autres moyens de se donner du plaisir ! Montre-moi… susurra le triton, en léchant les boules de l’homme.
— Ario... Tu es si curieux… Si gourmand… J’adore ça ! Mets-moi dans ta bouche encore… Et je te prendrai, c’est promis !
Ravi de s’exécuter, Ario, moins timoré cette fois, descendit sur le sexe encore apathique de l’humain pour lui donner de la vigueur. Eric se redressa sur ses coudes pour mieux observer le triton faire durcir son membre, mais dû l’arrêter assez rapidement, sous peine de ne pas pouvoir honorer sa promesse :
— Laisse-moi me lever, Ario…
Le triton se redressa sur ses genoux et observa Eric se mettre debout devant lui, puis leva son visage vers l’homme, avant de lui offrir un sourire taquin en le reprenant en bouche.
— Ario... soupira le bipède, en passant une main dans la chevelure fauve.
Eric se retira doucement des lèvres gourmandes du triton et lui saisit les mains pour le redresser avant de l’embrasser avec passion tout en lui caressant le sexe. Surprit, Ario gémit de plaisir dans la bouche de l’homme, se frottant contre sa main.
— Mets-toi à quatre pattes, Ario… Ce sera plus facile pour toi la première fois…
L’homme accompagna le mouvement du triton pour l’aider à se placer correctement. Ario se retourna timidement :
— C’est… C’est un peu… Humiliant…
— Je sais mon petit fretin… Mais je rentrerai plus facilement comme ça… Je ne veux pas te faire mal !
Partiellement rassuré, Ario se laissa guider par l’homme, qui lui caressa longuement le dos pour le détendre :
— Ne t’inquiète pas, mon petit fretin… Tu vas aimer ça…
L’homme se mit à caresser l’intimité du triton, tout en le masturbant de son autre main. Une fois Ario acclimaté à ce contact, Eric arrêta momentanément ses caresses pour venir se planter devant le triton et lui présenter ses doigts :
— Suce-les ! commanda-t-il, avec un petit sourire.
Rien que le ton employé par l’homme suffit à mettre le triton dans un état d’excitation suffisant pour la suite… Le triton, à quatre pattes devant lui, lécha les doigts de l’homme un par un, avant de les sucer avidement sous le regard satisfait d’Eric :
— Tu fais ça bien, Ario…
Eric caressa la joue rosie du triton, avant de retourner se placer derrière lui et de reprendre ses caresses, sous les soupirs d’excitation d’Ario, de plus en plus erratiques. L’homme finit par enfoncer un doigt dans l’intimité du triton, qui poussa un cri de surprise mêlé de plaisir :
— Eric...
Le triton tortilla ses hanches sous les mains expertes de l’homme, qui en profita pour introduire un deuxième doigt dans l’ouverture déjà dilatée par le plaisir :
— Tu aimes ça, Ario ?
— Ou… Oui… halèta laborieusement l’intéressé.
— Je vais entrer en toi…
Ario se cambra d’anticipation et enfonça ses doigts dans le sol glissant de la grotte pour se stabiliser. Eric caressa l’intimité du triton longuement, puis pencha son visage pour faire glisser un filet de salive sur l’anus d’Ario :
— Je vais te montrer comment un homme en aime un autre… susurra Eric en pénétrant la douce intimité offerte à lui.
L’homme s’introduisit avec une infinie douceur, centimètre par centimètre, pour laisser Ario s’habituer à sa présence. Ce dernier poussa un petit cri de douleur au passage du gland enflé de l’homme, puis soupira de soulagement lorsque son corps cessa de lutter et laissa Eric s’enfoncer jusqu’à la garde. L’homme resta quelques instants sans bouger, penché sur le dos du triton pour y déposer de doux baisers, sans jamais cesser de le masturber, soucieux de son plaisir. Lorsqu’il sentit le triton commencer à s’agiter et à se tortiller entre ses cuisses, il commença quelques mouvements de va-et-vient :
— Tu es si étroit, Ario… ton cul me comprime tellement que je ne vais pas tarder à venir… Tu aimes me sentir en toi ?
— C’est… Étonnant… J’aime me sentir rempli par toi, Eric ! Continue, je t’en prie… supplia-t-il, se tortillant toujours plus autour du membre palpitant de l’homme.
— Je… Ario, je vais venir… Jouis avec moi !
Eric accéléra sa pénétration, délicieusement masturbé par l’étroit canal comprimant sa large verge au zénith et dû lâcher le sexe du triton pour agripper ses hanches avec ses mains tremblantes. Sans même y penser, Ario prit le relais et se caressa en même temps qu’il fermait les yeux pour se concentrer sur la vague de plaisir qui l’inondait. L’excitation de l’homme était contagieuse ! Il le sentait grossir en lui, l’entendait gémir alors qu’il s'enfonçait de plus en plus vite et de plus en plus profondément en lui, les mains tellement crispées sur ses hanches qu’il ressentait ses doigts s’enfoncer dans sa chair en lui arrachant un petit cri de douleur. Le plaisir et la souffrance se mélangeaient divinement, décuplant les sensations du triton, qui se mit à jouir subitement, avec une violence qui le prit au dépourvu, hurlant le prénom du bipède. En entendant ainsi son nom être scandé par le triton, Eric cessa de se retenir et laissa l’orgasme le submerger à son tour, éjaculant avec un plaisir inégalable dans l’intimité désormais corrompue d’Ario…
Lorsqu’il se retira, à bout de souffle, Eric vit avec plaisir un peu de sa semence couler le long des cuisses du triton. Ario, lui, s’assit laborieusement, essoufflé et le feu aux joues ; ses cheveux en désordre encadrant un visage luisant de transpiration.
— Merci, Ario… halèta le bipède.
— Merci de quoi ? réussit à articuler le triton, surprit.
— De m’avoir laissé prendre ta virginité… J’espère que tu as aimé ça ?
Aimer ça était un euphémisme… Ario venait de découvrir la jouissance. Il comprit enfin pourquoi ses frères adoraient s’adonner aux plaisirs de la chair ! Il se demandait comment il avait pu vivre jusqu’à présent sans avoir expérimenté un tel plaisir. Il se demandait également pourquoi la vie ne se résumait pas à ça, tout le reste semblait à présent si terne et inutile. Tout était vain en comparaison de ça. Ario avait envie de ressentir ce plaisir encore et encore.
— J’aimerais recommencer ! répondit-il à brûle-pourpoint.
— De quoi ? Maintenant ? Mon petit fretin dépravé… J’admire ton enthousiasme, mais… Laisse-moi récupérer un peu…
L’homme entra dans le bassin naturel pour se laver, en faisant face à Ario :
— Tu viens avec moi ?
— Je… Si je viens, je vais… Redevenir triton.
L’homme haussa ses épaules :
— Dans tous les cas, tu es magnifique, Ario ! Laisse l’eau te sublimer… Rejoins-moi !
Le triton bu les compliments de l’homme comme de l’eau douce et sauta dans le bassin. Aussitôt, ses longues jambes se muèrent en une puissante queue terminée par deux délicates nageoires dont les fines membranes couvrant les rayons exosquelettiques reflétaient les rayons de lune pénétrant par les fractures de la grotte. Émerveillé, Eric détailla le corps d’Ario et caressa les écailles de sa queue, avant de l'attirer contre lui pour l’embrasser :
— Je ne sais si c’est un rêve ou si je suis mort et que tu es un Ange, mais je voudrais que ça ne s’arrête jamais ! avoua le bipède.
— C’est quoi un ange ?
— Un être qui ne fait pas ce que nous venons de faire… Ce qui me fait dire que je suis bien en vie ! sourit l’humain.
— Que vas-tu faire maintenant ? Repartir ?
— Pour la première fois… Je n’en ai pas envie…
— Il y a… Des villages de pêcheurs le long de la côte opposée ! Tu pourrais… Rester vivre avec eux quelque temps ? suggéra Ario, non sans une tristesse manifeste.
— Nous pourrions nous revoir ?
— Tu… Tu voudrais me revoir ?
— J’ai encore beaucoup à t’apprendre !
— Comme quoi ?
— Eh bien… J’aimerais te prendre debout contre la paroi pour commencer… Et aussi allongé sur toi, pour voir la beauté de ton visage quand tu jouis pour moi…
Le triton s’empourpra :
— Lorsque je retournerai chez moi, je serai certainement puni à vie… Et marié de force ! Je ne pourrai jamais te revoir, Eric…
— Ou alors, tu pourrais rester avec moi ?
— Comment ça rester avec toi ? Ici ?
— Avec les pêcheurs ! Tant que tu ne touches pas l’eau, tu ne te transformes pas… Nous pourrions partager une cabane toi et moi ? J’irai pêcher la journée et la nuit, nous viendrons ici pour que je puisse t’aimer… De toutes les façons possibles…
Ario considéra sérieusement la proposition du bipède :
— Et Taie d’Oreiller ?
— Tu pourras revenir la voir ici quand tu veux… Tu pourras même aller nager avec elle !
— Je ne sais pas…
— Alors laisse-moi te convaincre… Nous avons encore quelques heures avant le lever du soleil, tu n’auras qu’à prendre ta décision au matin ! Je vais te faire jouir encore et encore, mon petit fretin… proposa l’homme en sortant de l’eau.
Il se redressa devant le regard gourmand du triton, puis se pencha pour offrir une main à Ario :
— Qu’en dis-tu ?
Le Prince Sous la Mer hésita un instant, puis son regard se posa sur les attributs d’Eric dont le sexe commençait déjà à se redresser. Il plongea une dernière fois dans les profondeurs du bassin pour discipliner ses cheveux et les plaquer en arrière, puis sourit à l’homme en saisissant sa main tendue :
— J’en dis que tu vas devoir t’appliquer pour me convaincre !
— J’ai oublié de te dire que les humains peuvent se montrer très persuasifs ! Alors viens vite et laisse-moi te lécher… À un autre endroit que tout à l’heure…
Fin
***** Merci d'avoir suivi mon petit délire ❤️. Ça aurait limite justifié une fic complète cette histoire 😂
Photos sur le forum du site 😉
À bientôt ❤️❤️❤️ *****