La mort de Clochette par

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Crossover / Fantastique / Drame

4 Chapitre 3

Catégorie: M , 1066 mots
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Elsa


"Alors, de quoi j'ai l'air ?"

Anna tourna sur elle-même, un immense sourire aux lèvres. Elle était magnifique ; sa petite poitrine était couverte d'un bustier nacré, ses épaules étaient nues mais les bras dissimulés d'une fine dentelle, une petite ceinture argentée retenait une chute de tissus blanc, sublimant ainsi sa taille. Son visage, si lumineux, était légèrement maquillé, et ses cheveux étaient noués en un chignon tressé qu'elle portait à merveille. Une once de jalousie me piqua. Anna était si belle.

Je n'avais enfilé d'une robe austère, d'un bleu clair aux longues et larges manches terminées par de fin gants gris. J'étais si terne.

"Tu es parfaite, lui fais-je en la prenant dans mes bras.

-t Fait attention à ne pas me décoiffer !", gloussa-t-elle.

Je ris avec elle, bien que le cœur n'y était pas.

"Tu me laisserais aller voir les invités ?

-t Oh non, je t'en prie reste avec moi !, me supplia Anna. Je ne peux rester ici seule."

Je m'asseyais sur le canapé en soie en levant les yeux au ciel.

"Tu es tant stressée ?"

Elle me dévisagea comme si j'étais une abrutie de premier rang.

"Stressée ? Je suis en train d'imploser là ! C'est le jour le plus important de ma vie !, s'exclama-t-elle.

-t Tout est déjà programmé et poffiné dans les moindre détails, Anna. Il n'y a aucun raison d'être aussi-

-t Imagine un instant qu'il hésite à dire oui !, me coupa-t-elle.

-t Kristoff, dire non ?, riais-je. Arrête, il est dingue de toi."

Et c'était réellement le cas. Jamais je n'avais vu un garçon autant amoureux. Et ce qui était dépitant, c'est qu'Anna était incapable de s'en rendre compte.

"Tu es à un tournant de ta vie, repris-je, je comprends que tu puisses te sentir tendue. Mais il est inutile de t'affoler de la sorte.

- Elsa, je n'ai pas besoin que tu me dises ça. Tu ne sais même pas ce que ça fait, toi.

- Comment ça ?

- Tu ne sais pas ce que ça fait de se marier, je ne vois pas comment tu peux me donner un tel conseil.

Mon coeur se serra. Anna n'y prêta aucune attention ; elle ne devait même pas réaliser la consistance de ses paroles. Je baissais les yeux sur mes mains, agrippées à ma robe.

Ce n'était pas un moment pour pleurer. C'était le plus beau jour de la vie d'Anna. Il fallait que je me reprenne.

Les cloches sonnèrent.

"C'est le moment."

Elle acquiesça et se redressa, tremblante. Je lui tendis le bras, qu'elle accepta avec un sourire spontané. Nous sortîmes du boudoir puis descendîmes les marches lentement. Le piano commença à retentir entre les murs.

Le mariage avait lieu dans la salle du trône elle-même, que l'on avait meublée d'une centaine de bancs de marbre. La famille proche était tout devant, les contrées non-loin dans les rangées suivantes, les personnages importants du pays encore derrière. On devinait dehors toute une population attendant que le couple se présente enfin au balcon. Nous ne pouvions pas faire mariage plus stéréotypé, au grand bonheur des mariés.

Nous arrivâmes enfin dans une allée baignée de fleur qui nous tendait les bras. Je dus retenir Anna dont le corps commençait à se décomposer de frayeur. Désormais, tous les invités pouvaient constater de la splendeur de ma petite sœur, et moi à son bras. La musique solennelle contrastait avec l'euphorie grandissante qu'Anna démontrait à l'assemblée amusée.

Kristoff, dans son costume des plus distingués, bomba le torse, le regard amoureux déposé sur sa fiancée.

Enfin arrivées devant le prêtre, j'offris la main d'Anna et à son marié puis reculai dans l'ombre ; la cérémonie commença. Durant l'interminable discours de notre homme de religion, ma sœur ne cessait de se trémousser, incapable de tenir en place.

"Anna d'Arendelle, souhaitez-vous prendre Kristoff Bjorgman pour époux ? 

- Oui !", cria-t-elle presque. 

La foule rit.

"Kristoff Bjorgman, souhaitez-vous prendre Anna d'Arendelle pour épouse ?

- Avec un immense plaisir.

- Si quelqu'un souhaite s'opposer à cette union, qu'il se manifeste maintenant ou se taise à jamais."

Un immense silence emplit la salle. Je guettais un éventuel accident, mais rien ne se produisit.

"Vous pouvez embrasser la mariée", finit le prêtre.

Avant même que le blond ne puisse réagir, Anna lui sauta dans les bras et l'embrassa langoureusement. Toute l'assemblée se leva, sifflante et applaudissante, moi avec. Je frappais dans mes mains de plus en plus fort, espérant que cette énergie dépensée empêcherait mes larmes de couler. Un vide profond me creusait le ventre. Une joie tellement forte émanait d'Anna, c'en était écrasant. Sven, le témoin de Kristoff, un bon ami, remarqua mon dépit et m'adressa un sourire d'encouragement.

Les mariés commencèrent à monter en direction du balcon. On m'indiqua de les suivre, ce que je fis à pas lents. Je n'étais pas encore arrivée que je percevais déjà une foule brailler, siffler, féliciter le royal. Je restais derrière, dans la pénombre, incapable de me tenir avec eux, debout, entre ces deux étincelles de lumière alors que je n'étais qu'obscurité.

Anna pivota, me remarqua, puis m'esquiva du regard rapidement. Je me serrais le bras, m'interdisant de pleurer. Une main aux doigts longs et fins se déposèrent sur mes épaules en guise de réconfort.

"Même si elle ne le montre pas, elle aura encore besoin de vous.", murmura Olaf en observant longuement ma cadette. 

Un joyeuse musique se dégagea de la foule, je devinais alors les festivités lancées. Je me retournais vers Olaf, le visage crispé par les sanglots. Je vis derrière lui la mine à la fois inquiète et interrogatrice de Raiponce. Je l'ignorais alors qu'elle s'approcha de moi. Toute la famille avait alors les yeux rivés sur mon visage tordu par une incompréhensible tristesse.

Alors qu'Olaf s'apprêtait à m'étreindre, il se figea de stupeur. Tous les regards se détachèrent de moi dans le couloir. L'instant d'après, le cri horrifié d'Anna me transperça.

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