Affaires Russes

Chapitre 1 : Affaires Russes

Chapitre final

3324 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 07/02/2026 13:14

Contribution au Jeu d’écriture Les dés sont jetés

Tirage, Caractéristique 4 (Débrouillard), Lieu 18 (Labyrinthe), Objectif 4 (Foi), Objet 10 (Pelle), Rencontre 15 (Compagnon) et Obstacle 19 (Feu)




Affaires Russes




Dans une rue de Saint-Pétersbourg, Russie, un jour d’automne 1997.

Danilo arpentait les trottoirs depuis un instant, bien emmitouflé dans son sombre manteau. 

« J’arrive bientôt, mon frère ! » songeait-il en soufflant sur ses mains froides.

Il s’arrêta devant un simple immeuble gris à deux étages qui se découpait dans le ciel dégagé. Il frappa à la porte. Personne ne lui ouvrit. Il murmura : 

— Étrange… Pourtant mère ne s’est pas trompée sur l’adresse de Vitya(1). Il travaille ? Alors, je reviendrai plus tard.

Les mains dans les poches, il se rendit au marché. Il s’arrêta près d’un homme aux cheveux blancs assis devant un étal de quelques biens qu’il vendait : des assiettes, des pelles et des casseroles. Danilo scrutait les objets. 


Soudain, un jeune homme musclé apparut devant le marchand. Vêtu de noir, portant une cagoule de même couleur, il avançait d'un pas méfiant. Ses vêtements élimés, son maintien voûté et ses regards suspicieux qui balayaient les alentours trahissaient un loup solitaire, craignant qu'on lui dérobe sa proie. Il s'approcha du vieillard et hurla : 

— Le fric, vite !

Il pointa une arme à feu vers le vieil homme qui tremblait malgré lui, cachant sous son manteau une assiette. Le voleur poussa le marchand et fouilla partout, semant un désordre. 

« Quelle injustice ! Je ne peux le laisser agir ainsi ! Mon honneur ! » pensa le jeune homme.

Le regard sombre, chargé d'une colère à peine contenue, Danilo s’approcha du voleur à pas de loup, saisit une pelle au passage et frappa.

— Laissez-le tranquille ! s’emporta Danilo en avançant d’un pas sûr, sans la moindre hésitation, en lui assénant un violent coup dans les jambes.

Le marchand esquissa un sourire effrayé. Le racketteur gisait, inconscient, aux pieds du jeune homme. Danilo ramassa les biens éparpillés au marchand et ajouta : 

— Il est encore en vie. Il a eu peur, mais il est en vie ! S’en prendre ainsi à plus faible que soi est absolument injuste et abject !

— Merci jeune homme de m’aider ainsi. Je suis Christian Ivanovitch Hoffman.

— Allemand Juif ?

— Non, je suis luthérien, jeune homme, le corrigea-t-il avec un sourire, mais sans importance.

— L’Allemand, je recherche mon frère. Un grand homme en complet noir, chauve et aux yeux marron. L’aviez-vous vu ?

Une lueur de reconnaissance s’alluma dans les yeux sombres de son interlocuteur qui se leva d’un bond en s’appuyant sur la main tendue de son jeune interlocuteur. Il dépassait d’une tête Danilo, mais n’avait aucunement une présence écrasante. Christian ajusta son béret et se confia : 

— Je sais où est votre frère, Viktor Sergueïevitch !

Les yeux agrandis d’étonnement, il demanda :

— Comment ?

Christian extirpa de son manteau l’assiette qu’il gardait cachée.

— Grâce à cet artefact de voyance, gracieuseté de mon ancêtre maternel Baba Yaga…

Danilo fronça des sourcils.

« Qu’est-ce que toute cette histoire farfelue ? Ce n’est pas des contes qu’il me faut, mais la vérité ! »

— Je vous dis la vérité ! Cet objet s’est transmis de génération en génération de mon arrière-arrière-arrière-grand-mère maternelle jusqu’à ma mère, Irina, de laquelle je l’ai hérité. Il faut être prudent. Pour connaître où il se trouve exactement, je vous invite à venir chez moi. C’est une humble demeure, mais plus sécuritaire que sur une place publique.

— J’accepte, je n’ai guère le choix, soupira Danilo. Je ne sais pas pourquoi, mais je vous fais confiance et je suis convaincu que je retrouverai mon frère. Je vous suis !


Christian le guida à travers un parc, puis par quelques rues perpendiculaires et parallèles jusqu'à la maison où il habitait. Un petit immeuble délabré, flanqué de deux arbres rabougris aux branches levées au ciel comme des bras décharnés en prière, les attendait. Le marchand passa le seuil, embrassa sa femme qui les accueillit sur les joues, lui présenta Danilo qu’il conduisit au salon. Il l’installa dans un fauteuil, se mit en face et déposa l’artefact de voyance sur la table placée entre eux. Le jeune homme l’examina : une simple assiette en porcelaine avec une décoration dorée au pourtour, rien de particulier au premier regard. Deux tasses de thé et un samovar étaient également présentes sur la table. Christian en prit une gorgée et demanda : 

— Danilo Sergueïevitch, que voulez-vous savoir sur votre frère ?

— Où est-il ?

— Concentrons-nous ! Où est Viktor Sergueïevitch Bagrov maintenant ? interrogea d’un ton hypnotique l’Allemand.

L’objet magique changea de couleur sous les yeux éberlués de Danilo qui demeurait fixé sur les souvenirs et les photographies que sa mère lui avait montrées de son aîné. La teinte de l’assiette se modifia de vert forêt, à bleu nuit, en passant par bleu ciel, orange pâle et rouge vermeil, une brume laiteuse se dessina à la surface de l’artefact où apparut de plus en plus distinctement la tête chauve de Viktor, puis tout son corps et son environnement. Il était dans une salle luxueuse aux murs d’or incrustés de centaines de pierres précieuses. Sur un trône qui brillait de mille feux, Viktor semblait être immobilisé, malgré l’absence de liens. Ses yeux cernés et ses traits tirés signifiaient son état alarmant. Dans le champ limitrophe de l’assiette un bras squelettique flottant dans une manche trop large apparut.

— Pourquoi Vitya est ainsi ? C’est où ?

Christian fixa intensément Danilo.

— Vous ne vous rappelez plus des contes ?

Le frère de Viktor, main sur le menton imberbe, expression pensive, s’exclama d’un ton hésitant après quelques instants : 

— Ne serait-ce pas chez Kochtcheï l’Immortel ?

L’Allemand lui sourit amèrement et répondit : 

— Oui, le terrible tsar du Vingt-Septième Royaume(2) !

« Dans tous les contes que ma mère m’a lus, Kochtcheï l’Immortel est mort à la fin de l’histoire… S’il a enlevé Vitya, c’est qu’il serait encore vivant ! Mais comment ? »

— Pourquoi ?

— Je l’ignore, haussa les épaules Christian. Mais ce ne peut être vain.

— Allons-y ! Mais comment on accède à ce monde ? questionna Danilo, perplexe.

— J’ai trouvé une formule dans un manuscrit ancien, un conte pour les enfants de mon arrière-grand-mère. Je n’ai jamais fait ce voyage, mais voilà l'occasion. Essayons-le !

« Tout est si étrange ! Mais je dois aider mon frère ! Je veux le sauver ! » pensa Danilo.

— Et n’oubliez pas d’amener un objet pour pouvoir se protéger, on ne sait jamais, lui conseilla l’Allemand.

— Je vous prendrais une pelle. C’est mieux que rien !

Christian approuva, se leva et se rendit à la bibliothèque au fond de la pièce. Danilo revint récupérer une pelle de la réserve de son invité. L’Allemand ramassa un manuscrit illustré en plus d’un autre ouvrage récemment acheté et lut un extrait : 

— Il était une fois, dans un lointain royaume, aux confins de l’univers, vivait un tsar puissant et redouté…

Serrant fermement entre sa main la pelle, Danilo ressentit un souffle glacial qui l’entourait.

— Seul ce tsar à être immortel, continua le marchand d’une voix encore plus puissante. Immortalité gardée sur une île…

L’air changea, comme si l’espace se tordait. Les deux hommes fermèrent les yeux. Christian continuait en murmurant : 

— Sa mort est dans un œuf, l’œuf dans un canard, le canard dans un lièvre, le lièvre dans un coffre et le coffre au sommet d’un chêne sur l’Île mythique Bouïane au milieu de l’Océan.

Un bref éclair se manifesta et les deux Pétersbourgeois disparurent dans une lueur dorée, laissant la pièce dans la noirceur ambiante de la nuit qui commençait à descendre sur la ville.


***


Quelques instants plus tard, au Vingt-Septième Royaume.

Danilo et Christian ouvrirent les yeux et constatèrent qu’ils étaient dans une salle gigantesque aux murs dorés avec des portes orientées aux quatre directions de la rose des vents ornées d’arabesques. Une table faite d’une essence inconnue trônait au milieu, entourée de deux sièges dorés décorés des écussons tout aussi impossibles à identifier : un soleil aux rayons se terminant par des flèches, et surmonté d’une couronne royale.

— L’Allemand, je ne m'assois pas ! J’ai bien vu mon frère fait prisonnier ainsi. On prend quelle porte ?

— Bonne question ! 

Se penchant vers la fenêtre, son compagnon murmura : 

— Dans le palais de… Celui que nous recherchons… Où ?

— Jeunes hommes ! tonna une voix depuis le fond de la salle. 

Les deux visiteurs se retournèrent. Le propriétaire de cette voix était un jeune homme qui lévitait à quelques centimètres du sol vêtu d’une ample robe royale dans le style des tsars du Xe siècle.

— Vous cherchez Viktor Sergueïevitch Bagrov ? continua-t-il avec une ombre de sourire.

Ils demeurèrent cois.

— Si vous voulez le retrouver, bonne chance ! conclut-il d’un ton moqueur. Il est dans l’une des salles de ce palais.

Et Kochtcheï l’Immortel — car c’était bien lui — quitta la pièce en levant un écran de fumée noire. Danilo scruta les portes minutieusement et demanda : 

— On prend quelle porte ?

— Celle au Nord ? suggéra le plus âgé.

— Ou celle à l’Est ?

— Et celle au Sud ! s’exclamèrent-ils à l’unisson. Allons-y !

Ils prirent le passage indiqué et le battant se referma immédiatement derrière eux. Ils se retrouvèrent dans un corridor bordé de portes magnifiques, avec des murs en marbre ornés d'or et de pierres précieuses.


***


Christian et Danilo marchèrent longtemps, sans découvrir quoi que ce soit, et le découragement commença à les envahir. Ne sachant que faire, ils s’arrêtèrent. C’est alors que Danilo, en désespoir de cause et ne trouvant pas de meilleure solution, proposa : 

— Et si nous revenions vers la porte sur notre droite, que nous avons passé un peu plus tôt ?

— Pourquoi pas ?

Le duo se retourna et blêmit. Des flammes gigantesques rouges et oranges formaient un rideau infranchissable derrière eux mais, chose étrange sans calciner les murs du couloir. Lorsque le plus jeune des compagnons avança d’un pas vers le feu, la chaleur devint insupportable, le forçant à reculer.

— Impossible de faire marche arrière, marmonna Danilo. Bon, nous continuons !

— À droite ?

Le jeune homme ouvrit la porte et entra. Dans cette petite pièce qui ne comportait qu’une table derrière laquelle était assis un homme aux yeux noirs comme l’ébène et aux cheveux aussi luisants que les ailes d’un corbeau, qui affichait un sourire énigmatique. Il se leva et ajusta d’un geste expert son veston de complet brun foncé décoré de pierres et d’insignes.

— Messieurs, je suis Ivan Ivanovitch, secrétaire du tsar Kochtcheï l’Immortel. Que cherchez-vous ?

— Je cherche mon frère ! lui répondit directement Danilo.

Un sourire s’étira sur le visage austère de son étrange interlocuteur.

— Je sais où il est… Mais il faut que vous répondiez à deux questions…

Les deux Soviétiques approuvèrent d’un geste à peine perceptible.

— En quelle année est sacré Ivan le Terrible ?

— Le 16 janvier 1547, il me semble, hésita Danilo en fronçant les sourcils.

— Seconde question, sous le règne de quel tsar, les Allemands commencent à venir en Russie ?

Une lueur de panique traversa le regard du frère de Viktor.

— Sous le règne de…

— Catherine II, le devança Christian avec certitude.

Le secrétaire approuva et griffonna quelques mots sur un parchemin, comme si ses deux interlocuteurs n’existaient plus.

— Vous devez maintenant nous dire où se trouve mon frère, lui rappela Danilo.

Un petit sourire moqueur, Ivan Ivanovitch lui répliqua : 

— Pourquoi ?

Danilo s’approcha du secrétaire, le prit par le collet et le colla contre le mur. Il se servit du manche de la pelle pour lui couper le souffle.

— Répondez ! Si vous ne voulez pas…

Il appuya avec encore plus de force sur la pelle. Son interlocuteur reprit l’air avec difficulté.

— Très bien ! 

Danilo desserra l’étau. Un sourire narquois, le rond-de-cuir répondit :

— Prenez l’escalier au fond, montez de deux étages, tournez à droite, puis prenez la troisième porte à gauche et la cinquième porte à droite.

Le frère de Viktor s’approcha de lui et le frappa aux pieds.

— Ne mentez pas ! Si vous ne voulez pas qu’au lieu des jambes je vise la tête.

Une expression de crainte passa fugacement sur le visage du secrétaire avant de disparaître quelques secondes plus tard.

— Prenez l’escalier au fond, montez de deux étages, tournez à gauche, puis prenez la troisième porte à droite et la cinquième porte à droite.

— Merci, le secrétaire ! Vous pouvez le noter sur un bout de papier ?

— Non, jeune homme !

Christian et Danilo quittèrent la pièce pour se rendre jusqu’au fond du couloir, toujours poursuivis par les flammes.


***


Ils montèrent deux étages et tournèrent à gauche sans rencontrer âme qui vive. Appuyé contre le mur, Christian supplia : 

— Je n’en peux plus ! Mes vieilles jambes !

Danilo se retourna, soupira et murmura :

— L’Allemand, on ne peut pas arrêter. On doit continuer ! D’ailleurs, c’est la troisième porte à droite ou à gauche ! Je crains de me tromper !

Les deux compagnons s’entre-observèrent, une lueur d’inquiétude dans le regard. La chaleur du feu derrière leur dos se fit ressentir plus fortement.

« Droite ou Gauche ! Gauche ou droite ! Qu’a dit le secrétaire déjà ? Il ne faut pas que je m’égare ! Vitya, où es-tu ? Et l’Allemand, il saura m’aider ? »

— L’ami, pouvez-vous avec vos objets de voyance me montrer ce qui se trouve de l’autre côté de la porte de droite et de gauche ?

— Oui, je pense que je pourrais, mais je doute que ce puisse être utile.

— Au contraire, si vous me montrez ce qui se trouve derrière la porte de droite puis derrière celle de gauche, alors, je saurais derrière laquelle se trouve Vitya, logique ?

— Effectivement ! 

Il baissa le ton de sa voix jusqu’au murmure craintif :

— Si je peux… user de cet artefact dans ce palais. Je vais essayer.

Le descendant de Baba Yaga murmura une incantation en slavon et deux images, chacune séparée par une fine ligne blanche, dévoilèrent ce qui se cachait derrière les portes.


À gauche, un svelte et grand jeune homme aux cheveux châtain vêtu d’un complet noir duquel dépassait une queue reptilienne, aux yeux cachés derrière des lunettes de soleil discutait avec un autre homme plus petit, à l’expression effrayée. Le premier déposa sur la table entre eux des liasses des billets, des bourses remplies d’or et d’argent, avant d’avaler une large rasade de whisky. 

À droite, Viktor était assis, à côté de Kochtcheï qui l’interrogeait sans douceur, lui infligeant des chocs électriques et en tailladant son visage et ses bras.


Un sourire amer se dessina sur le visage du frère de Viktor et son cœur se serra dans sa poitrine.

« J’arrive, je  suis si près du but ! »

— Prenons la droite ! ordonna-t-il.

— Oui, confirma son interlocuteur. 


Danilo se précipita vers la porte mentionnée, suivi par Christian qui allait d’un pas plus lent. En l’ouvrant, il vit son frère, exténué, et le scruta, une lueur d’étonnement dans le regard. Le tsar ne se retourna même pas et affirma d’une voix caverneuse : 

— Vous y êtes arrivés, finalement !

Il leva la main droite chargée de bagues, produisant un voile et une vitre entre les nouveaux venus et Viktor.

— Où est-il ? l’interrogea d’un ton menaçant Kochtcheï. Dans quelle cache secrète est-il ? Réponds-moi !

— Je ne le sais pas, gémit Viktor.

Le sang frappant fort dans ses tempes et les mains serrées en poings, Danilo prit la pelle et brisa la vitre. Celle-ci vola en mille éclats.

— Kochtcheï l’Immortel, hurla-t-il, que cherchez-vous ? Lâchez Vitya !

Il bondit vers le sorcier et le prit par le collet, frappant avec son arme de fortune l’entrejambe de celui-ci.

Kochtcheï grimaça de douleur et se dégagea avec un effort. Le mage maléfique s’approcha de Viktor et plaça une épée, apparut de nulle part, contre sa gorge. La lame tranchante frôlait dangereusement sa pomme d’Adam.

« Que faire ? » s’alarma en son for intérieur Danilo.

— Je l’ai vendu à Dimitri Petrovitch et c’est tout ! Je ne pourrais même pas dire qui et où, un peu de pitié, terrible Kochtcheï l’Immortel, le supplia Viktor.

— Je le sais ! s’exclama Christian en brandissant le livre à la couverture en maroquin émeraude aux lettres dorées qu’il avait amené avec lui. C’est ce grimoire que vous recherchiez ! Je l’ai acheté de Dimitri Petrovitch depuis une semaine.

Le tsar se retourna et pointa un doigt vers l’objet qui quitta instantanément les mains de l’Allemand pour flotter sous ses yeux.

— Oui, oui, confirma Viktor, c’est ce livre !

Un sourire narquois et les yeux pétillants de malice, le redoutable tsar feuilleta le manuscrit. Il leva sa main gauche au plafond et marmonna une formule en slavon. Les frères et l’Allemand, immobiles, retinrent leur souffle.

« Nous nous tirons de là ou pas ? » réfléchit Danilo en essayant de faire un pas sans y parvenir.

Un rire tonitruant éclata dans la petite pièce, le regard flamboyant de l’être folklorique brilla encore plus.

— Oui, c’est bien ce grimoire ! Un drôle de hasard ! Je vous ramène en Russie !

Il claqua des doigts et Viktor fut immédiatement délié et tous retrouvèrent la capacité de se mouvoir. Danilo donna une accolade à son frère. Les trois mortels disparurent dans un halo de lumière bleue dès que le tsar chuchota une formule magique.


***


Dans la demeure de l’Allemand, Saint-Pétersbourg, 1997.

Viktor, Danilo et Christian vidèrent le samovar et firent leurs adieux. 

Danilo murmura : 

— Merci l’Allemand pour votre aide ! Sans vous, j’aurai échoué. Je vous suis redevable !

— J’ai fait de mon mieux. À la prochaine, l’ami.

— Au revoir !


Les frères Bagrov quittèrent la maison pour revenir chez Viktor. Ce dernier chuchota à son benjamin avec un petit air mystérieux : 

— Veux-tu m’aider dans une mission ?

— Je ne raterai pas cela pour rien au monde ! Tu peux compter sur moi, frangin !

Et les deux hommes burent du thé jusqu’à tard le soir tout en discutant de tout et de rien. Puis ils allèrent se coucher pour se reposer avant de nouvelles aventures.





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(1) Vitya — Diminutif largement admis en russe pour le prénom Viktor.

(2) Vingt-Septième Royaume — Qualificatif pour un royaume lointain dans les contes russes.

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