Jeux de Nains

Chapitre 12 : Bataille

Par fulgrimander

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Lenka se réveilla après l'aube. Elle n'aurait su dire tout d'abord ce qui l'avait tiré du sommeil, puis sût en sentant contre elle la tête de Thorin. Ses cheveux lui chatouillaient le nez. Il avait le visage collé contre sa poitrine. Il semblait plus doux, moins barbare endormi. Il n'était plus charismatique mais mignon, tel un enfant. La naine sourit et lui caressa la tête, heureuse. Elle se sentait calme, reposée, et bien qu'elle eut mal dans tous ses muscles, c'était une bonne douleur. Elle se mit à chantonner une berceuse, très bas, à peine murmurée. Elle se termina, finalement, mais Thorin avait écouté. Il se redressa sur le coude et plongea son regard dans celui de Lenka.

« C'est une jolie chanson. »

« Ma mère me la chantait quand j'étais petite, puis mon père. Mais je crois que je suis moins douée qu'eux. »

Thorin se laissa retomber sur le dos et grimaça quand son épaule blessée toucha le lit. Il n'avait pas prit garde à sa blessure hier soir, mais à présent, elle tirait sur ses muscles. Il observa la jeune femme qui, adossée au montant du lit, regardait le ciel bleu par la fenêtre.

« J'avais cru que tu ne te souviendrais de rien. J'avais peur que ce ne soit l'alcool qui ait parlé hier » avoua t-elle avec une sincérité innocente. Thorin lui caressa le dos, et elle ferma les yeux, profitant de cette caresse.

« Le vin m'a aidé à me décider, oui. Mais j'avais cette envie de toi depuis longtemps, je crois. »

Lenka lui sourit ; elle aurait été bien en peine d'expliquer pourquoi mais elle aussi l'avait désiré longtemps. Elle se leva et s'étira. Elle remarqua, quand Thorin s'habilla, des marques de griffures sur ses flancs et rougit. Ils avaient été ardents, cette nuit ; Thorin donnait l'impression qu'il ne serait jamais repu d'elle. Il ne cessait de l'embrasser, de la serrer contre lui ; Lenka attacha ses cheveux en queue de cheval puis elle s'arrêta devant la porte.

« Doit-on descendre ensemble ? Les autres ... »

« Je descends en premier, rejoins-moi dans quelques minutes » dit-il après un silence de réflexion. Il ouvrit la porte et sortit.

Lenka attendit un peu, puis descendit, le coeur tambourinant. Les autres, savaient-ils ? Oui, forcément, vu que Thorin était sensé dormir dans leur chambre ! Elle était rouge, embarrassé. Qu'allaient-ils tous penser d'elle ? Kili, Bilbo ... Les décevrait-elle ? Elle arriva à la table, et remarqua qu'il y avait bien peu de gens réveillés. Balin et Dwalin étaient en train de boire une chope de bière dans les fauteuils près du feu ; Bifur était dans la cour en train de discuter avec la fille du gérant.

« Tu veux manger quelque chose ? »

Thorin apparut près d'elle, venant apparemment de la cuisine. Il avait emporté avec lui un large plateau contenant diverses viandes froides, sortes de pain et confitures. Lenka hocha la tête sans rien dire ; était-ce une idée ou il se montrait plus gentil ? Et elle se rendit compte, gênée, qu'il la tutoyais, à présent. Elle le suivit, silencieuse, tandis qu'ils s'installaient tous les deux dans les fauteuils autour de la cheminée.

« Bien dormi, mon roi ? » demanda Dwalin, et Balin et lui eurent un petit sourire entendu, qui fit baisser les yeux de Lenka, mortifiée qu'ils sachent.

« Mieux que depuis des années » déclara Thorin, puis il se mit à manger, invitant les autres à faire la même chose. Dwalin servit une chope de bière au roi et une infusion à Lenka, qui préférait ne pas boire d'alcool dès le matin.

Le sujet ne fut plus abordé. Personne ne l'engueula ni ne protesta contre la conduite du Roi. Lenka se détendit finalement et plongea son regard dans le feu, la conversation des nains s'étendant sur leurs souvenirs.

« J'ai été déçu de ne pas vous voir plus longtemps, hier soir » déclara une voix féminine à Thorin.

Mliwyn, habillée d'une tunique ouverte sur le côté, dévoilant sa hanche et une cuisse, semblait à peine réveillée. Son maquillage avait coulé, et apparemment elle avait beaucoup bu et en retirait les conséquences ce matin. Ses cheveux emmêlées sur ses épaules, elle fusilla le groupe du regard.

« J'étais occupé ailleurs. »

« Avec elle, hein ? C'est une sale naine. Je ne vois pas ce que vous lui trouvez. Elle est petite, elle est bien trop grosse. Ses cheveux sont fadasses. Vous avez besoin d'une vraie femme, qui saura vous plaire. Qui saura être une reine. »

Sa voix était montée d'un cran ; elle paraissait hystérique à l'idée d'avoir perdu Thorin. Lenka était immobile, le visage hésitant entre le rouge pivoine et le blanc de craie. Thorin, lui, ne semblait pas du tout impressionné. Il se leva, et malgré qu'il fusse plus petit qu'elle, il sembla qu'il la dominait de toute sa taille.

« Un nain a besoin d'une naine. Vous auriez fait une piètre reine - car c'est cela que vous vouliez, depuis le début. Allez-vous en et laissez nous tranquille. »

Un nain a besoin d'une naine ? Faisait-il allusion à elle ? Lenka réalisait une chose : Thorin était roi, et le fait qu'ils aient partagé sa couche pouvait signifier bien des choses. Elle jeta un coup d'oeil en coin au roi, qui semblait plutôt content de lui quand Mliwyn s'en alla, en pleurant. Elle vit aussi quelque chose briller à son cou ; le collier. Elle cacha un sourire.

Thorin évoqua le fait de partir le jour même. Ils avait assez traîné ici. Il était temps de reprendre la route. Les autres nains arrivèrent, et apparemment beaucoup avaient découché, trouvant leur bonheur auprès de leurs camarades de danse. Kili et Fili revinrent en riant, très fiers d'eux. Ils sourirent à Lenka et hochèrent la tête ; cela signifiait-il qu'ils n'étaient pas intéressés par elle ? Lenka se faisait encore du bile pour ça ; elle ne voulait déplaire à personne. Bilbo la rejoignit quand l'odeur de pain cuit monta jusqu'aux étages. Il avait l'air propre et reposé ; Lenka doutait qu'il eut découché, lui.

« Lenka, tu veux bien m'aider à ranger mes affaires, s'il te plaît ? »

La naine hocha la tête et suivit le hobbit, non sans sourire, amusée par le regard faussement soupçonneux de Thorin. Ils échangèrent un regard entendu puis elle rejoignit Bilbo. Elle pénétra dans la chambre des hommes et remarqua que seuls quelques lits étaient dérangés ; la plupart n'avaient donc pas couché ici. Elle empaqueta les épices, les achats du hobbit, puis s'assit sur le lit car apparemment il voulait parler.

« Je suis content pour toi. »

Lenka rougit ; personne ne pouvait garder un secret ici ?

« Désolé d'y faire référence, mais je suppose que vous avez été peu discrets hier. Disons que l'on vous entendais. »

« Ho mon dieu ! » déclara t-elle, mortifiée. Bilbo était tout aussi rouge, mais il éclata de rire.

« Allons, on se doutait tous que ça allait se finir comme ça. Ecoute, c'est important ce que j'ai à te dire. »

Lenka avala sa salive, puis se concentra sur son ami. Toute trace de gêne avait disparu de son visage, et il souriait délicatement, comme pour annoncer une nouvelle difficile ou importante. Il passa une main dans ses cheveux bouclés.

« Depuis que tu es dans le groupe, l'ambiance a changé. C'était tantôt amusant, tantôt ambiance de jalousie. Mais nous nous doutions tous que ... Toi et Thorin, c'est comme si c'était écrit. Thorin a vécu longtemps, et je crois que Balin même se rends compte qu'il a l'air de tenir à toi. Je pense que tu feras une bonne reine, Lenka. »

« Mais ... Mais non ! Je ne veux pas devenir reine ! D'accord, nous ... Je crois qu'on s'aime bien, et je crois même qu'il est jaloux de toi ... Et que moi je l'étais de Mliwyn ... Mais nous ne sommes pas mariés ni rien. C'est idiot. Surtout dans une telle quête. Nous pouvons mourir, Bilbo ... »

En disant cela, la quête prenait réalité dans sa tête. Thorin et elle avaient échangé un lien profond, et peut-être comme Bilbo le disait, ils étaient destinés depuis le début à se retrouver à cet embranchement du destin, à cette nuit là qu'elle venait de vivre. Mais il était là pour retrouver sa maison, sa montagne. Il deviendrait roi. Elle, elle ne deviendrait rien du tout, tout simplement parce qu'elle ne désirait pas être reine et qu'elle n'aurait jamais su comment. Elle soupira et se redressa.

« Je te laisse finir » fit-elle et elle descendit. Elle n'aurait pas fait attention à ce qui se passait si un cri ne l'avait pas avertie.


Arrêtée en plein milieu de l'escalier, elle écouta mieux. Un long silence, pas calme mais angoissé. Puis un bruit mat.

« Nous vous cherchions, les nains. Vous allez enfin mourir. »

Lenka se tordit le cou pour voir ; un énorme Orc tenait Balin par le cou. D'autres, dans la salle, tenaient en respect les autres nains et les habitants de l'auberge. Un autre, enfin, s'amenait vers l'escalier.

« Va voir en haut, il doit y avoir ce fichu hobbit. »

Lenka se recula pour arriver dans le couloir et alla dans sa chambre chercher son arme. L'arc ne lui servirait à rien ici ; elle prit son couteau et attendit derrière la porte. Elle pria pour qu'il ouvre chez elle avant, mais manque de chance, elle entendit bientôt le cri de Bilbo. Elle ouvrit alors la porte, bondit et enfonça le couteau dans le dos de l'orc. Elle visait la nuque mais elle avait raté sa cible. Un cri retentit, celui de l'orc agonisant ; elle l'acheva d'un coup de lame pour trancher sa gorge.

« Va chercher ton poignard. Il y en a encore en bas ; ils tiennent les aubergistes, les danseuses et nos amis. Ils savent que tu es là ; descends. Je vais faire le tour et tenter quelque chose d'accord ? »

Bilbo était pâle, mais hocha la tête avec détermination. Il descendit l'escalier et Lenka chercha par où sortir. Arrivée au bout du couloir, elle remarqua qu'en dessous de la fenêtre il y avait un tas de foin fané mêlé à des ordures, des pelures de légumes. Elle n'avait pas le choix et se laissa tomber. Ce n'était pas haut, et le tas de déchets amortit sa chute. Elle courut rapidement faire le tour du bâtiment et se retrouva du côté de la cuisine où elle pénétra sans bruit. Elle se retrouva dans une pièce jointe au bâtiment, et s'approchant de la porte qui donnait sur la grande salle, elle entendit des cris.

« ... orin, fils de Chrain, fils de Chror, roi sous la montagne, je te défis ! Tue-moi comme un fier guerrier et non pas comme un vulgaire assassin ! » rugissait son roi, retenu par deux orcs qui le tenaient bien.

En face de lui, un énorme orc pâle. Il souriait, d'un sourire immonde aux dents sales. Il cracha au visage de Thorin qui détourna le regard, assez pour que l'orc se mit à rire de sa téméraire entreprise.

« Je préfère plutôt te tuer. Mais tout d'abord, jouons avec ce hobbit qui t'as empêché de mourir, la dernière fois. »

Gandalf avait été assommé, dans un coin, et attaché à une chaise. Un orc avança, tenant par le col Bilbo. Il gesticulait, essayait de mettre des coups de son coutelas. Lenka s'en voulut de l'avoir donné en pâture. Elle serra les dents et regretta de ne pas avoir pris son arc. Tant pis ! Elle s'avança en crabe, cachée par les meubles.

« Petit semi-homme, tu vas mourir ici, sous les yeux de l'homme auquel tu as donné ta vie. C'est moi qui vais te la prendre. Rassure-toi, il mourra bientôt aussi. »

Deux orcs étendirent le hobbit sur la table, et l'orc pâle leva sa hache, prêt à trancher en deux le semi-homme. Lenka devait agir. Elle bondit et lança un couteau de cuisine sur l'orc pâle, qui reçut l'arme  blanche dans le torse. Il recula d'un pas, perdant son avancée pour couper Bilbo. Les deux orcs se retournèrent, tandis que les autres regardaient ce qui se passait. Lenka tenait dans ses mains son poignard ; et elle se jeta sans peur sur l'un des orcs, tranchant un bras alors qu'elle-même esquivait une hache trop lente pour l'atteindre.

« Bombur, mets les humains à l'abri ! Nains, en avant ! » s'écria Thorin, en enfonçant son coude dans le ventre de l'orc pour se libérer. L'orc pâle était en train de retirer le couteau de son poitrail, bavant de rage. Il hurla, postillonnant aux alentours dans un hurlement de rage. Thorin se jeta sur lui, une colère meurtrière dans le regard et ils se mirent à se battre sans autre pensée. Les autres nains s'occupèrent rapidement des autres orcs, mais l'orc pâle restait une menace car sa hache était rapide, vive, tranchante.

On emmena Gandalf dehors, ainsi que les humains. Mliwyn s'assit, tremblante, pleurant.

« Occupez-vous d'elle aussi, s'il vous plaît » demanda Lenka aux nains, ayant pitié de la femme. Elle avait été légèrement brutalisée, mais rien de grave. Bilbo hocha la tête et essaya de réconforter la rousse qui l'envoya paître avec des cris stridents.

Lenka pénétra dans le bâtiment et vit l'orc pâle détaler sur son coursier blanc. Thorin lança son marteau mais il brisa un mur sans toucher sa cible trop loin pour lui. Il cria de rage et se retourna, le visage déformé par la fureur. Lenka crut un instant qu'il allait la frapper, tant ses yeux semblaient fous, comme si il ne la voyait pas vraiment. Il inspira enfin et sembla se calmer.

« Comment vont-ils ? » demanda le nain en s'approchant d'elle.

« Ils survivront. »

« Et toi ? » fit-il plus bas, en continuant de s'approcher.

Lenka continuait d'être intimidée par cette aura de combat sauvage qu'il avait en lui. Elle sourit, incapable de sourire.

« Tu nous as sauvé, je crois. Si tu n'étais pas intervenue, nous aurions été dans de beaux draps. »

Lenka secoua la tête. Elle n'avait rien fait d'exceptionnel ; les autres nains s'étaient occupés des orcs. Elle-même n'avait rien fait, mis à part qu'elle avait été la diversion. Il n'y avait rien de bien reluisant à cela. Comme si il suivait ses pensées, Thorin la contredit.

« Tu as quand même sauvé Bilbo. »

Lenka haussa les épaules.

« Je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu avais été blessée. Si tu étais morte. »

La naine leva les yeux ; elle connaissait son histoire. Il avait perdu sa famille au combat. Son père. Il s'était promis de le venger contre son assassin : l'orc pâle qui venait de s'échapper. Elle sourit encore, ne sachant que dire. Elle entendit des pas derrière elle et voulut se retourner, pour demander si elle pouvait aider, mais Thorin lui attrapa l'épaule. Elle se sentit attirée contre lui et il déposa ses lèvres contre les siennes, partageant le goût du sang qu'il avait sur ses lèvres abîmées. L'orc l'avait un peu chahuté, pour rire ; il n'avait rien de bien grave. Kili et Bilbo arrivèrent dans la salle, les virent, et restèrent un instant immobiles, puis, dans la force des choses, se mirent à applaudir. Les autres arrivèrent et mêlèrent leurs applaudissements.

« Tu feras une bonne reine » prononça Thorin avant de prendre une pose guerrière, fier de son peuple, de ses vivats.

Lenka écarquilla les yeux : QUUUUUUOOOOIIII ?!




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés