Gambit Tome 1

Chapitre 6 : Le calme avant la tempête

Par LaVerdure

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L’entraînement pour mon prochain combat va déjà commencer. Ce sera un boxeur de mon poids, Carl Ferguson. Et notre confrontation aura lieu dans la grande arène sportive de la ville.


Mon cœur rate un battement quand on m’annonce ceci : c’est un gros combat, le plus gros de ma carrière. Ferguson est un boxeur côté professionnel, et la bourse financière qui est à remporter est… Titanesque. Pour moi, du moins.


Comme le dernier combattant que j'ai affronté, il vient de la métropole, et les vidéos que nous voyons de lui sur le web laissent présager qu’il va cogner drôlement dur.


Chez monsieur Dubé, duquel je m’occupe comme promis, Clarisse met le vidéo que nous regardons sur son laptop en pause et s’exclame à mon ancien coach :



- Mais enfin, c’est de la folie ! Vous avez vu, ce direct?



Elle me lance un regard presque tétanisé :



- Jess, tu ne vas pas te taper ça, je refuse.

- C’est vrai qu’il cogne… drôlement fort… je dis à l’adresse de mon propriétaire.



J’ai pris goût à la vie, et selon sa fiche, personne ne tient douze rounds avec lui. Tous ceux qui ont fait un combat avec Ferguson cèdent au troisième round par knock-out.


Mais monsieur Dubé n’en démord pas :



- Tu as la vitesse, la précision et l’endurance requise pour le battre, ce p’tit connard. Tout ce que tu as à faire, c’est garder le rythme et rester en mouvement pour éviter ses coups. Le pire qui puisse t’arriver, c’est que tu t’étourdisses.

- Douze rounds à tenter de m’échapper comme un lapin…

- T’es capable de le faire. Étudie-le comme il faut, regarde chaque feinte, perce son âme. Tu peux et tu vas le battre.



Clarisse et moi échangeons un regard, soudainement incertaines de la capacité de monsieur Dubé à sélectionner mes adversaires.


À partir de là, ma vie change du tout au tout. Le temps qui n’est pas passé à tenter de gagner de la vitesse est mis à l’observation de ses vidéos. Je les regarde, encore et encore, jusqu’à imprégner les images sur ma rétine. Il doit avoir une faiblesse. Tout le monde a une faiblesse.


Une conférence de presse est organisée, chose que je n’avais encore jamais vécu. Quand Ferguson s’adresse aux journalistes, il est respectueux, et déclare au micro : “Huit victoires, aucune défaite, je vais affronter une grande femme sur ce ring. Que le ou la meilleure gagne !” Même moi, je l’applaudis. À mon tour, je réponds aux questions et j’ajoute “C’est un immense honneur d’affronter quelqu’un comme monsieur Ferguson ; c’est un excellent boxeur. J’espère qu’il va me trouver à la hauteur de ses attentes!” Les journalistes rient : c’est vrai qu’il est grand...


Deux semaines avant le combat, c’est ma dernière soirée de loisir avant ce que Clarisse appelle ma “zone de rush”. C’est le moment de boire et d’être irresponsable. Mais j’ai beaucoup plus de plaisir à être sobre au Local, avec Sasha et Cassandra. D’ailleur, elle est la cobaye d’une nouvelle méthode de cordes, ce soir.


Sasha regarde Cassandra avec attention et, pile à un certain moment, fait un mouvement de la main et tire sur l’une des cordes. Notre amie a un petit soupir de joie inhabituel qui fait sourire.



- Voilà. fait Sasha. Je ne suis pas tout le temps capable, il faut le momentum. Mais avec la pratique, on refait simplement les mêmes mouvements…



À ses mots, ça fait tilt dans ma tête.


Je ressors mon cellulaire et me repasse une vidéo de mon adversaire. Vers la fin du combat, à la moitié du troisième round, au moment du K.O. Cette fois-ci, c’est visible : il se prépare. Il se passe quelque chose dans ce coup : il semble électrisé, vivifié, pile au moment où l’autre tente de lui faire un crochet.


Je passe à une autre vidéo tandis que Sasha regarde par-dessus mon épaule :


- Tu regardes quoi?

- C’est mon adversaire… je dis en avançant au moment que je veux voir. Tiens, tu vois? Il y a quelque chose qui se passe juste à ce moment-là…



Et effectivement, le même phénomène se reproduit. C’est plus explicite au ralenti, bien sûr, et ce sera plus facile de le voir faire sur un écran plus grand, mais… Un malaise inexplicable me prend quant à ce que je viens de découvrir.


Cassandra demande, à peine un peu dans les vapes :



- L’adrénaline? Ça peut faire soulever une locomotive à une femme qui pèse 80 livres…

- À chaque troisième round, presqu’à la même seconde pour faire un K.O? À chaque combat?

- Hello you…



J’ai oublié où nous sommes. Et le voilà : le masque orange, qui m’arrache un regard un peu étonné et me provoque un peu plus de couleurs au visage.



- Salut !

- Ça parle de boxe. Oh… And I see… Tu as retiré ton bracelet !



Sans un mot mais avec un sourire en coin, Sasha finit de détacher Cassandra qui sourit à pleines dents tandis que l’homme continue :



- Dis-moi que tu vas venir t’enfiler quelques rounds avec nous, tout à l’heure, baby cake.



Mon sourire trahit mon désir. Bon sang, j’en ai rêvé plus d’une fois depuis… Mais…



- La porte ouverte, c’est pas tout à fait mon truc. Mais je vais venir vous voir, ça, c’est certain.

- Je dis ça je dis rien, mais elle va devoir couper sec ensuite… fait Sasha en recommençant à attacher Cass. C’est sa dernière soirée de liberté, ensuite elle est à la sèche diète pendant un mois.

- Wouah ! This sounds terrible ! But why?

- Elle a un combat dans deux semaines. fait Cass avant que je ne réponde. Et ça a l’air que le sexe, ça plombe les genoux.



Ça me fait un peu rire de l’entendre dire ça : c’est qu’une légende urbaine.



- C’est pour maintenir le poids et garder la discipline. je la corrige gentiment.

- Two weeks is hard enough… Pourquoi un mois?

- Le temps de me remettre du combat. C’est juste une estimation. Ça peut être plus ou moins, ça dépend.

- Well… So ! Ça va valoir la peine de venir nous voir, alors.



Puis, il me fait un clin d'œil et s’éloigne vers l’une des chambres. J’envoie un message texte à Clarisse : “Je crois que j’ai trouvé quelque chose d’intéressant, on s’en parle demain, mais en attendant, regarde ses vidéos, au troisième round, son corps, juste avant qu’il donne le coup décisif.”


Les masques noir et rouge arrivent et me repèrent. La femme me salue de la main sous le regard bienveillant de son compagnon : je lui rends son geste. Lorsqu’ils ont disparu dans la chambre, Cassandra déclare :



- Ils donnent chaud…

- Pas autant qu’à Jess. fais Sacha en riant. Alors, tu vas rester plantée là à nous regarder, ou tu vas te décider à y aller?



Tranquillement, sans me presser, je me lève et me dirige vers la chambre.


À mon arrivée, le masque orange a déjà perdu sa chemise tandis que le masque rouge l’embrasse dans le cou en le faisant soupirer fort. La femme vient vers moi, prend ma main tout doucement pour s’assurer que le bracelet est bien absent de mon bras. Elle me demande en murmurant : “Ça te va si on ferme la porte derrière toi?” Un sourire, puis j’acquiesce.


La porte se ferme.


Le lendemain matin, les souvenirs des goûts, des sensations, des odeurs, des sons, des textures et des baisers me reviennent. J’ai le cœur gonflé d’une tonne d’émotions positives et sensuelles, gardées secrètement comme un trésor contre mon cœur. Je n’ai aucune idée des identités de ces personnes, et c’est probablement mieux comme ça. Le BDSM, c’est tout nouveau tout beau, et la crainte de me retrouver dans une situation chaotique n’est pas si loin dans mon esprit.


Donc, pour l’instant, ce qui s’est produit me convient tout à fait et l'idée de laisser le temps faire son œuvre m’est agréable.


Et si je veux pouvoir avoir le loisir de recommencer ou non, je dois me préparer adéquatement pour le combat contre Ferguson.


C’est long, douze rounds…




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