Gambit Tome 1

Chapitre 20 : Mes boys à moi

Par LaVerdure

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Revoir le gym me trouble, ce matin-là. Reprendre mes dossiers, ouvrir l’ordinateur, passer les yeux sur les trophées… L’odeur de la sueur me rappelle que j’ai eu une vie, et les femmes présentes, parfois amochées, que ça avait une importance dans mon quartier. 


Si je ne croise personne à mon arrivée, avant de repartir, la voix de Clarisse qui discute avec Fabrice Poulin me parvient avant mon départ. Instinctivement, mes pas bifurquent au coin d’un couloir. Ce réflexe me surprend moi-même, mais me lancer dans une conversation avec elle pourrait compromettre ma présence auprès d’Erika pour prendre la place de mon père et le couvrir. Alors Clarisse est évitée soigneusement. 


J’ai du temps libre, ensuite, jusqu’à la réunion qui se déroulera plus tard. Alors je décide de sortir un peu ma TransAm et de rouler. La sensation du cuir sous mes doigts me ferait presque culpabiliser de bonheur… Tout est parfait, dans cette voiture. Même la musique, différente en tout point de ce que me fait entendre Mère Supérieure, est une source de réconfort. Ces quelques heures de liberté m’aident à relâcher un peu mes épaules et à faire diminuer mon mal de tête qui dure depuis la veille. Des marteaux-piqueurs semblent avoir pris mes tempes pour un chantier de construction.


À l’heure convenue, je reviens donc à la maison de mon enfance. Comme la dernière fois, Ti-Poe m’attend dans l’entrée. Il m’arrête :





Mais de quoi est-ce qu’il parle…





Mon regard se détourne. C’est vrai que…





Ti-Poe semble médusé. Il secoue négativement la tête et ajoute : 





Il m’ouvre la porte et me suit à l’intérieur. Déjà, une forte odeur de cigarette et de bière tablette m’arrivent, ainsi que les rires gras de ceux qui pensent qu’ils n’ont plus rien à perdre. 


Presque immédiatement, mon père sort du salon et vient vers moi, les bras encore grands ouverts : 





Je le suis avec un sourire ému, tandis que Ti-Poe regarde ailleurs. 


Dans le salon, comme annoncé, une quinzaine de boys avec les manteaux de cuir arborant les couleurs du groupe criminalisé. Certains sont de grands durs à cuir, d’autres plus petits et nerveux. Quand j’entre, certains ont des exclamations d’approbation ou de bonne humeur. Cette fois, Gab ne se prive pas de venir me faire une accolade qui reste, somme toute, très chaste. Sans doute parce que mon père le fixe comme s’il lui disait “Attention…”.

 

Mon ex se recule et me déclare: 





Les gens rient dans la pièce, et je ne peux pas m’empêcher de sourire à mon tour :





J’ouvre la bouche pour répondre que “Jamais, oh grand jamais !” Mais rien ne sort. Parce que si c’est ce qu’il faut pour avoir la place de mon père aux côtés d’Erika... Un sourire me gagne : 





Sans même avoir à lever la voix, dès qu’il parle, tout le monde se tait. 





Plusieurs hochent la tête, certains disent “Oui, Le Flot”, personne ne se bute. Un étrange sentiment de fierté me prend quand mon père me fait signe que c’est à mon tour de parler. 





Les hommes font un signe négatif de la tête, ayant déjà signé pour ce genre de mission. Mon père me regarde avec une fierté débordante ; il met une main sur mon épaule et déclare : 





Certains rient à cette phrase. Personnellement, la migraine se fait plus intense. Je reprends quand même: 





Les gars applaudissent ou approuvent vivement. Mon père fait signe à Ti-Poe de le suivre, et Gab revient à la charge : 





Nous nous éclipsons, laissant les gars se remettre à discuter entre eux. 


Une fois à l’abri des oreilles indiscrètes, il me fait un vrai câlin, le genre qui me fait battre le cœur et me réconforte, et non pour simplement me saluer. Le nez dans mes cheveux, il me dit: 





Je me sépare un peu, indignée : 





Et c’est vrai qu’il  me distrait. Quand il me prend par la taille pour m’adosser au mur, un sourire gourmand me prend et j’oublie tout le reste. Sans dépasser la limite, il pose son front contre le mien et son odeur m'enivre. 





Mon cœur s’accélère et une chaleur incontrôlable me prend. J’ai tellement envie de lui que j’ai de la difficulté à penser rationnellement. 





J’hésite. Après tout, à qui est-ce que ça pourrait faire mal? Et puis merde, j’ai besoin de ça.   


À mon retour au QG de Mère Supérieure, je suis sur un nuage, avec un sourire niais sur le visage, et je n’ai presque plus mal à tête. J’aurais passé la nuit dans ses bras, à le couvrir de baisers, à me laisser caresser, à jouer avec ses mains, à laisser nos rires et soupirs s'entrelacer…  


Mais c’est le retour à la réalité. Et ceci doit rester discret.


Le matin venu, ma routine prend toute la place dans mon esprit. Cette fois, Ti-Poe qui s’inquiète pour moi est à l’honneur dans ma prière. Je prends le fouet, rituel que la Mère Supérieure désire tant que j’accomplisse même si je n’en vois pas tant l’utilité. Je donne le premier coup et un cri de surprise et d’indignation m’échappe. 


Cette fois-ci, la douleur résonne.






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