Gambit Tome 1

Chapitre 28 : Les cloisons de verre

Par LaVerdure

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Dans la camionnette, un silence de plomb nous accompagne. Mes mains tremblent et, même si la migraine n’est plus, une tension reste dans mon cou. À l’image d’un poids qui aurait été porté trop longtemps et qui est retiré, cette sensation de muscle endolori me fait réaliser que ma posture a changé dans les dernières semaines. 


Gab ne dit rien pour le moment. Il se contente de fixer la route. De temps à autre, il risque un regard vers moi, et je devine qu’il m’évalue. Il finit par prendre ma main dans la sienne et la serrer fort : il restera à mes côtés, coûte que coûte. 


Quand le véhicule se gare au QG, Ti-Poe, qui fume une cigarette devant la sortie du zoo, vient vers nous. Il a pleuré, ça se voit à la rougeur de ses yeux. Il jette négligemment sa clope et vient vers nous en cherchant quelqu’un des yeux.


 



Je referme la portière du véhicule et réponds d’une voix qui me fait un peu peur, par son absence de sentiment et le son rauque provoqué par la blessure :





Le silence qui suit ma déclaration présente son lot de chaos. Il se dandine un peu, inquiet : 





J’observe sa réaction tandis que j’annonce : 





Il ne semble pas endeuillé. Son visage trahit plutôt une inquiétude tout autre qu’il énonce à haute-voix : 





Gab rit un peu derrière moi. Personnellement, cette situation m’énerve un peu:





Il dit ceci sans doute parce que c’est le plan d’urgence en de pareilles situations. Mais une certaine crainte se faufile dans son ton. Je secoue la tête :





Ces paroles prennent du temps à se faire comprendre par mon cerveau. 





J’acquiesce, le cœur lourd. J’acquiesce et je m’en veux… Mais il faut bouger. 





Gab acquiesce et suit Ti-Poe vers le zoo. En passant par l’autre entrée qui donne directement sur nos appartements, le silence qui m’accueille est pesant. Certaine que je vais entendre les pas d’Erika, le moindre son est guetté, mais il ne se passe rien.


Lorsque Ti-Poe et Gab arrivent en encadrant le jeune technicien, ce dernier regarde partout, l’œil hagard. Le sniper lui désigne une place à la table, et le jeune s’assoit, sur le point de pleurer. Je demande à mes gars de nous laisser. Ils hésitent, puis semblent se dire que le Mage n’est pas une menace. Lorsqu’ils sont sortis, je lui demande :





Ma voix est usée. Trop lourde pour ce que je voudrais. Et ma gorge me fait un mal de chien. Mais c’est le mieux qui puisse être attendu de ma part, en ce moment. Il approuve d’un signe de la tête et ne cache pas sa souffrance. 





Il a de la difficulté à comprendre et de la méfiance passe sur son visage. 





Mes mots se frayent un chemin dans son esprit : il se redresse un peu et cette scène restera à jamais gravée dans mon esprit. Il me dit : 





Je papillonne un peu des yeux et, cette fois, c’est un sourire authentique et ému qui me prend. 





Il ouvre grand les yeux de crainte. Je lui demande : 





Cette fois, il fige un peu et cherche dans sa mémoire. Il a un signe négatif de la tête tandis que je pose mon cellulaire sur la table. Il le regarde un moment, puis il réalise.





Il semble retrouver un peu d’appétit quand je lui présente une assiette remplie de sandwich. Aussitôt, ce modeste et indigne plat se retrouve entre ses dents. Tandis qu’il mange, je continue : 





Il acquiesce et la reconnaissance dans ses yeux brille immédiatement. 





Il réfléchit. Non pas à sa capacité de le faire, mais il se méfie encore un peu. 





C’est de bonne guerre. Alors je réponds : 





Là, des larmes d’indignation montent. Ma vie. Bon sang qu’elle me manque…





Je secoue la tête et ma gorge me fait encore plus mal. Les larmes roulent et je lui souris difficilement pour tenter de cacher mon  mal-être : 





Il hausse les épaules, mais lui aussi est sur le point de pleurer. Il n’y a pas de monstre, en face de moi. Seulement un jeune homme du quartier où j’habite qui en a bavé. Il me répond, la lèvre tremblante et avec tout son petit courage : 





Je ris un peu au travers des larmes :





Et il rit à son tour, également au travers ses propres larmes. 


Quelques minutes plus tard, Pascal et moi distribuons plusieurs sacs de sang et de la nourriture. Le garou prend ce que lui donne Pascal, et Lucy avec un “y” fronce le nez : 





Je la vois qui se trouble. Le blond vampire s’écrie, outré : 





En me souvenant des avertissements que Ti-Poe m’a donné dès mon arrivés, je brise les phrases inscrites aux murs avec un marteau et décroche les images de saints.


En m’arrêtant devant la cellule du gobelin, le petit ne bouge pas. Dans la cellule, une odeur sucrée m’attend, mais toujours pas de mouvement. Est-ce que ça respire, un gobelin? Le soulagement me gagne tandis qu’il ouvre les yeux et me regarde. Il me sourit : 





Je n’écoute pas et me dirige vers Pascal. Ce dernier regarde le petit et lui met une main sur le front. Il secoue la tête : 





Son regard glisse vers les vampires qui encaissent tout le sang donné. Le blond, attentif, déclare lorsqu’il termine sa poche : 





Mon regard passe à Lucy. Elle lève les mains, comme si de rien n'était et déclare: 





L’air froid semble faire du bien au petit paquet que je porte contre moi. 


À l’extérieur, Ti-Poe me lance un regard étonné et inquiet. Il vient vers nous et observe le gobelin.





Il me regarde presque sévèrement et lève les yeux au ciel : 





Et il me donne ses clés avec un soupire. Rapidement, je place le petit sur la banquette arrière : il n’a presque plus de tonus.


Quelques minutes plus tard, nous ouvrons les autres cloisons. Préparée à recevoir un coup ou , au moins, à me faire bousculer, je reste sur mes gardes quand le jeune garou passe, mais pas un seul mot de sa part ne me parvient. Il a le regard braqué sur la sortie. En tendant les clés à Pascal, le blond vampire passe près de moi et s’arrête : la crainte que, sur un coup de tête qui pourrait être légitime, il ne m’attaque me prend. Mais il n’en fait rien et me dit à voix basse : 





Mes lèvres se pincent. Lucy vient se planter à côté de nous. Je me passe la main sur le visage, et Pascal revient sur ses pas. 





La jeune affiche un air étonné et regarde le blond vampire, Pascal et moi tour à tour. Je continue : 





Mon regard se porte ailleurs : bordel que c’est injuste. Elle n’a rien demandé à personne, la petite.





La petite acquiesce et serre les dents en se détournant de la sortie. Ce n’est pas comme si elle avait le choix… 


J’ajoute à l’endroit du blond : 





La gentillesse de ce jeune homme… Gentillesse, ou tente-t-il de pouvoir garder un œil sur moi lorsqu’il sera de retour auprès des siens ? C’est drôle de me dire que cette deuxième option serait plus naturelle que la première dans cette situation, mais j’accepte de prendre ce risque : avec un peu d’espoir, Pascal et moi échangeons nos numéros respectifs.  


La voix de l’adolescent nous parvient. Lui, il est pressé de partir.


Et je le comprends.






Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés