Gambit Tome 2

Chapitre 3 : Temps mort

Par LaVerdure

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Ma mère. 

 

Sur une croix de bois.

 

Crucifiée à l’image du Christ sur l’autel que mon père tient. 

 

Couronnée d’épines, elle pleure des larmes de sang en me regardant, une infinie tristesse dans ses yeux. Mon père récite une fausse messe, et je suis figée devant cette scène. Totalement immobile, seules mes larmes me sont permises. Ma voix se perd à tenter de l’appeler : elle me fait un pauvre sourire. Du sang s’écoule de sa bouche tandis qu’elle dit: 



 


Ma main se lève dans un effort surhumain.


Un bruit incongru. 

 

Mon cellulaire. 

 

J’ouvre les yeux. 

 

Il sonne. 

 

À mes côtés, Gab marmonne quelque chose. Mon bras, réellement dans les airs, revient vers moi en réalisant que j’ai réussi à m’endormir, malgré l’adrénaline qui a été difficile à vaincre. 

 

Je cherche à tâtons et trouve le coupable de cette cacophonie. Ma gorge fait un très approximatif: 




 

Je m’assois sur le bord de mon lit en gardant une voix basse. 




 

Dans la pénombre, la question se pose : qu’est-ce qu’il a bien pu vivre de pire que d’être enlevé, séquestré et torturé? Cette curiosité de ma part serait probablement mal placée vu les circonstances et j’opte pour : 




 

Doucement, je rejoins la cuisinette et allume en continuant: 




 

Un moment de silence avant qu’il ne s’exclame : 




 

Puis nous raccrochons. Il est encore très tôt en soirée. Tranquillement, je me dirige vers l’ancien zoo où sont les filles. La porte reste maintenant ouverte, ce qui donnera à ces femmes le loisir de circuler. C’est tellement triste de se retrouver comme ça… 

 

L’une d’entre elles remue. Tranquillement, celle qui présente des traits colombiens se lève et regarde autour d’elle. Lorsqu’elle me voit, elle me sourit, se lève et passe la porte : elle est si légère et frêle que c’est à peine si j’entends ses pas sur le sol. 




 

Un silence suit ses paroles. Elle ajoute : 




 

Mes yeux regardent ailleurs : sa voix est si douce, et ses paroles sont si dures.




 

Ti-Poe et André, passés par la porte arrière, s’approchent de nous. André est incapable de regarder la vampire et Ti-Poe a son visage des mauvaises nouvelles. 




 

Mon cellulaire s’illumine : Cass qui m’envoie un “OMG Jess… T’es-tu correct ?” puis Sacha et Clarisse qui surenchérissent, et Céline, et… 

 

Lola ne cache pas sa surprise : 




 

J’ai un sourire serré : 




 

Mon cellulaire sonne : Pascal. 

 

Je m’excuse auprès de mes interlocuteurs et m’éloigne. J’entends Ti-Poe s’inquiéter de la vampire et lui montrer la réserve de sac de sang qui va sur le déclin, en répondant : 




 

Cette fois, c’est lui qui observe un silence. Alors j’ajoute : 




 

Une voix se fait entendre derrière lui ; quelqu’un s’inquiète que notre appel soit trop long et lui rappelle de ne pas trop en dire. Pascal s’excuse et reprend :   





Nous raccrochons. Lucy sort de sa chambre, une liasse de papiers usés entre les mains. Un signe de tête et elle s’approche lentement. Je lui demande: 





Il va falloir faire le ménage de cette chambre…





Elle me tend la liasse pour me laisser voir : plusieurs symboles semblent former des mots dans un texte qui ne m’évoque aucun souvenir.






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