Gambit Tome 2

Chapitre 5 : Le début de leur marche

Par LaVerdure

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J’aurais envie de faire du tapage et de hurler mon indignation. Que la ville entière sache que des monstres se cachent parmi les gens qui font de leur mieux. Par monstre, je n’entends pas des vampires ou des garous. Je parle de ces “personnes” qui exploitent ceux qu’ils considèrent plus faibles, toutes “conditions” confondues.


Les paroles de dame Chae-A ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde, et un plan s'échafaude tranquillement, avec la plus grande des prudences. C’est même troublant, à quel point, maintenant, c’est évident.

Ma TransAm transperce la nuit, et je dois faire attention à ma vitesse. Mon pied est lourd et le serait encore plus si c’était permis.


Une pensée va vers le vampire blond, et je me demande s’il va bien, s’il a trouvé des gens qui l’aident adéquatement. Sachant maintenant qu’il baigne dans une atmosphère féodale, je crois savoir que l’ancien temps gérait ce genre de situation à grands coups de silence…


Lorsque j’arrive devant la maison de mes gars, presque toutes les lumières sont éteintes. Il est tard, et Gab s’occupera de leur entraînement de jour.


Gab qui n’arrive plus à me regarder dans les yeux.


Il dort avec moi, me soutient, ne s’oppose jamais devant autrui, me prend dans ses bras lorsqu’il croit que j’ai besoin d’être réconforté.


Mais quelque chose s’est cassé, entre nous. Il n’a pas le courage de l’aborder, et je n’ai pas l’énergie de l’encaisser.


Dans le sous-sol, les hommes qui ont été enlevés au réseau de mon père sont là, enfermés par précaution. Il va falloir que je m’occupe de ça et que j’en fasse le tri. Cette perspective ne me réjouit pas du tout. Il y en a que j’ai connu toute petite, d’autres avant mon incarcération. Ce ne sont pas tous des Sanschagrin, mais certains ont des principes profonds et impossibles à ébranler. Fort malheureusement pour eux, ces principes n’ont pas leur place dans ce qui va suivre.


Je rentre donc par le zoo, en passant devant l’armurerie. Il n’y a personne dans l’espace de cloison. Les filles sont toutes avec Lucy dans la cuisinette. Portant des vêtements trouvés çà et là, elles donnent l’impression d’un regroupement de femmes de tous les jours.


À mon arrivée, elles lèvent toutes la tête et certaines se cachent derrière les plus droites. Lola et Lucy tentent de les apaiser d’un mouvement de main. Je leur montre que je ne suis pas armée avant de m’approcher du frigo pour me faire un shake. L’appétit commence à revenir, mais cuisiner n’est pas dans mes plans, cette nuit. Ma gorge est encore trop douloureuse pour tenter de la nourriture entièrement solide.


Lucy demande de sa petite voix :





Je serre les lèvres, en calculant tout le courage que ça va prendre à chacune d’entre elles. Les risques que l’une ou l’autre demande la mort existent, et bordel, ce serait légitime. Injuste, cruel, mais légitime. Une gorgée me fait gagner quelques secondes, avant la suite.





Mes idées se placent avant de continuer :





La peur s’insinue dans les yeux de plusieurs. Immédiatement, je lève les mains pour calmer le courant de peur qui veut se répandre :





Quelques-unes me répondent d’un signe négatif de la tête.





Je fais un signe négatif de la tête et elle s’écroule en pleurant. Des larmes de sang ruissellent sur son visage, et la seule qui bouge, c'est Lucy, qui va à la salle de bain pour lui apporter des mouchoirs. Elle se calme graduellement et l’ambiance reste tout aussi lourde quand l’une d’entre elles a le courage de demander :





Un silence accueille mes mots. Elles ne s’imaginent pas avoir le choix, croyant sans doute que j’arriverais avec des réponses à leurs questions ou une solution carrément radicale, et bon sang, je comprends la déception à cette attente non résolue.





La place est laissée à la colère de l’une d’entre elles, et rien d’autre n’est à dire pour le moment. Je baisse un peu la tête. Après quelques secondes, elle s’écrie :





Certaines regardent ailleurs, d’autres me toisent avec une certaine crainte. Celle qui s’indigne crache :





Celle qui pleurait pose la question qui m'effraie le plus :





J’ai énormément de difficulté à soutenir la souffrance dans son regard. Ma gorge se serre un peu plus et c’est à peine si ma voix est perceptible :





Ma réponse la rassure.


Lucy demande :





Ma réponse consiste en un haussement d’épaules de découragement à ce sujet.





J'agrandis un peu les yeux. Tout ce que je sais sur leur état me vient d’Erika. L’exercice mental consiste donc à me baser sur ses recommandations pour la chasse.






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