Gambit Tome 2

Chapitre 6 : Deux cafés

Par LaVerdure

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L’exécuteur testamentaire et maître Leblanc restent silencieux en observant ma réaction. Outre un malaise palpable, il n’y a rien d’autre à déceler. Le procureur regarde encore le testament et secoue négativement la tête : 



 


L’homme en costume noir se racle la gorge :



 


Lorsque j’ai été appelée pour la lecture du testament, j’ai eu une pensée pour le procureur. Si je ne peux pas tout lui dire, au moins, ça, je peux jouer cartes sur table. Je veux qu’il voit tout, qu’il ait son mot à dire sur le lègue de mon père. Et c’est drôle : même s’il me fusille parfois du regard, ça me rassure, qu’il soit avec moi dans cette situation. 

 

Je hoche la tête : 



 


J’observe l’homme devant nous : c'est satisfaisant, de le voir un peu choqué. L’inverse m’aurait mise sur mes gardes.



 


Il me tend une enveloppe où un bruit métallique se fait entendre. Et elle est presque immédiatement tendue au procureur. 

 

Je sais qu’il n’y aura pas de victimes en ces lieux : ils ont déjà fouillés avec Ti-Poe et Gab. Il va trouver de la drogue, ça oui, et des photos compromettantes de certains élus ou figures médiatiques. Mais il n’y a pas de jeunes vampires attachées en ces lieux.

 

Maître Leblanc fouille dans l’enveloppe et me tend des clés de motos : 





Je les prends avec une grimace de dégoût : qu’est–ce que je vais bien pouvoir faire avec une Harley Davidson?

 

En sortant du bureau de l’exécuteur, le procureur me demande : 



 


J’étudie la question et j’évalue ma capacité à rester une heure de plus éveillée. La fatigue doit se lire sur mon visage, car il ajoute :



 


Alors j’acquiesce.

 

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons assis dans une brûlerie anonyme, dans un coin anonyme, entre deux tasses de café fumant. Le procureur commence : 



 


Effectivement. Et les non-dits minent nos discussions. 



 


Il semble tellement me suspecter que c’en est dérangeant. Il continue : 



 


Un seau de glace me traverse le dos et me réveille un peu. Il connaît Pascal?


Le Procureur déclare d’une voix qui témoigne d’une certaine fierté, comme s’il abattait une carte lors d’un duel de poker :



 


Il s’en est passé des choses, depuis ma visite à dame Chae-A. 



 


Le petit sourire fendant qu’il m’affiche mériterait une bonne baffe. Je réponds :



 


Un silence s’installe pendant quelques secondes. 



 

Il éclate d’un rire fort et sonore dans le café avant de répondre : 



 


Ma tête se penche un peu sur le côté. 



 


Nous passons quelques secondes à nous dévisager. Il me demande, avec une note d’ironie : 



 


Mon ton s’assombrit graduellement et je baisse la tête. La douleur, la colère, l’indignation et la détresse de cet après-midi-là remontent en flèche. C’est trop tôt pour penser à tout ceci avec légèreté. 



 


Il lève les sourcils. 



 


Je hoche la tête lentement, les bras croisés. À ce moment, l’envie de partager un poids que je n’ai nommé à personne me prend.



 


Encore un mouvement lent et positif de ma part. La peur me reprend au ventre en me souvenant. Inconsciemment, je m’entoure de mes bras et regarde la table, tandis que j’ajoute sur le bout des lèvres. 





Une larme m’échappe tandis que je hoche la tête encore : 



 


Le bruit de quelque chose qui éclate me fait sursauter : la tasse, dans la main du procureur, a explosée. 

 

La serveuse lance un petit cri et accourt vers nous en s’excusant avec un torchon : 



 


Elle ramasse ce qu’elle peut et repart, nous laissant sans mots. J’essuie mon visage avec l’impression, finalement, d’en avoir trop dit à la mauvaise personne. J’aurais dû me la fermer. Un arrière-goût de culpabilité me gagne ; qu’est-ce qui m’a pris de lui raconter ça? 

 

Maître Leblanc reprend, mal à l’aise : 



 


Un maigre sourire se peint sur mon visage : 



 


Plus tard, en sortant du café, il prend une grande bouffée d’air et revient sur un sujet tandis que nous nous dirigeons vers nos voitures : 



 


Je m’arrête de marcher et fouille dans ma mémoire : pourtant, pas de Peter… Puis je comprends : 



 


Sa voix est claironnante : 



 



J’embarque dans ma voiture, et constate sa surprise. 

 

Je l’ai enfin appelé par son prénom.






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