Gambit Tome 2

Chapitre 8 : Éthique

Par LaVerdure

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Gab évite soigneusement de me regarder lorsqu'il passe devant moi pour rejoindre Ti-Poe. Il n'est pas à la place des filles ni à la mienne. Il ne peut pas comprendre. 


J'aimerais en avoir rien à foutre.


J'aimerais, mais... je n'y arrive pas. Mon estomac se contracte, et l'envie l'agripper par le manteau, le plaquer dans le mur et lui crier dessus me prend. Ça, ou de me blottir contre lui en lui demandant de ne pas me laisser tomber maintenant. Ça me coûte de l'admettre, parce que bordel que ce n'est pas le moment de faire dans le sentiment, mais j'ai besoin de sentir qu'il me soutient, qu'il sera là quoi qu’il arrive.


D'un autre côté, je ne peux pas lui demander de se dénaturer. Les Boys de mon père, c'est tout ce qu'il a connu et protégé. Là, non seulement est-il confronté au monde surnaturel, mais en plus je lui demande de tuer des gens qu'il connaît depuis des années pour sauver des vampires dans le besoin, en laissant ces mêmes vampires se pratiquer à se nourrir sur eux... Moi-même, je ne comprends pas tout ce que je fais, alors comment lui demander d'être solide?


Il s’arrête juste avant de sortir, sur le pas de la porte, pousse un soupir, puis fait volte face pour revenir lentement vers moi, avec l’air d’un chien battu. Son visage est un peu déformé par une souffrance qui m’indique une bataille intérieure difficile à ignorer. 





Ma réponse semble le rassurer. Il m’embrasse sur la joue avant de partir. Je le vois monter dans le pick up de Ti-Poe et je me dirige entre la maison des gars et le QG, à admirer les étoiles qui brillent dans cette nuit froide.


Tout est allé si vite dans les derniers temps… Les moments que je devrais prendre à m’interroger sur “où je suis dans ma vie” sont sapés par des questions plus urgentes de logistique et de survie. Dire que je me sens dépassée par la situation est un euphémisme, mais le laisser paraître ne ferait qu'augmenter l’insécurité des gens qui m’entourent.  


J'en suis là dans ma réflexion quand les filles reviennent d’un jogging de groupe dans les bois. Nous avons vite compris qu’il n’y avait pas de cardio à développer chez les vampires. Mais l’agilité, s’habituer à bouger la nuit, évaluer les effets du poids sur la neige, éviter les racines… Ça, ce sont des choses qui pourraient les aider un jour. Lucy avec elles, c’est Danaë qui mène le groupe, cette nuit. Et Danaë, c’est celle qui me demandait la permission de mourir, il y a maintenant une semaine. 


Elle affronte.


L’une a eu l’idée de piéger les bois aux alentours. C’est devenu une espèce de nouvelle passion : sécuriser les lieux au maximum, malgré les armes et armures sur place. Les gars sont avertis d’éviter les endroits sensibles, et je ne peux qu’encourager ce genre d’initiative. Donner des coups, c’est bien, se protéger, c’est mieux. 

 

À mon approche, les filles se regroupent et nous formons une espèce de cercle, sous le lampadaire situé derrière la ferme. Personne n’est essoufflé réellement, outre Lola dont la respiration forme de petits nuages de vapeur. 



 


Elles m’écoutent toutes gravement. Je leur rapporte les paroles de Samuel et l’une d’entre elles a une moue de dégoût. Stéphanie, celle qui semble avoir le sang un peu plus chaud que ses consoeurs, rage un peu: 



 


C’est difficile, pour moi, d’acquiescer. La colère monte encore : lorsqu’elle s’énerve, elle est particulièrement dangereuse. Je l’ai vu, déjà, s’enrager et cogner dans le mur de brique qui sépare leur pièce de l’armurerie. Elle l’a défoncé à main nue. 

 

Lucy, avec toute sa petite sagesse, regarde autour et désigne une voiture rouillée, à l’arrière de la maison. Stéphanie s’y rend en se contrôlant de son mieux, et elle bat le véhicule à grands coups de poing. Je suis contente de ne pas être à la place de cette voiture... 

 

La porte de la maison s’ouvre sur le vieil André qui l’appelle par son nom. 



 


Il est toujours mielleux avec elle lorsqu’elle s’emporte et ça la calme très rapidement. De nous tous, il est le seul à ne pas en avoir peur, dans ce genre de situation. 

 

En avançant, il lui ouvre les bras et elle se blottit contre lui, le nez vers l’extérieur pour éviter la tentation du cou. André lui flatte les cheveux, comme il le ferait à sa propre fille : 



 


Lorsque Stéphanie est calmée, le duo revient vers nous. Elle s’excuse, mais personne ne lui reproche. Danaë me demande : 



 


L’horreur passe sur les traits de certaines, mais Danaë et Stéphanie ne bronchent pas. 



 


Sa réflexion nous laisse sans mots. 

 

En fait, les voir se questionner, se positionner sur ce qui est bien ou mal ou entre les deux, ça a quelque chose de rassurant. Je suis obligée de donner raison à Claudine, et je trouve injuste que de telles responsabilités pèsent sur leurs épaules. Mais elles prennent le temps de bien discuter. 

 

Après un moment, je conclus : 



 


Lucy se rapproche de moi : ses yeux débordent de questions. Malheureusement, ça va devoir attendre, et elle le sait. Alors, elle demande à la rigolade :



 



Le pick-up de Ti-Poe revient tranquillement sur le chemin qui va devenir boueux lorsque la neige va fondre. Yann, Gab et Ti-Poe en sortent, faisant signe à trois hommes d’en sortir. Deux sont dans la moyenne en taille et en hauteur. L’un est grand, peut-être plus que moi, de ce que j’évalue. Ti-Poe me fait un signe de la main : ça semble s'être bien passé. 

 

Puis, la porte du pick-up se rouvre. 


Il y a un intrus.






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