Gambit Tome 2

Chapitre 10 : La fin de l'hiver

Par LaVerdure

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Les minutes passent. Puis les heures et les jours.


Un jour, je vois Céline et son petit, tandis que je suis de passage dans le quartier. Nos regards se croisent, et mon ancienne voisine prend son enfant dans les bras pour changer de trottoir. Sans un mot ni un regard derrière elle.   


De mes amis, la dernière à avoir tenté de me faire entendre raison, c’est ma précieuse Clarisse. Si belle, en rose et jaune. 


Le jour où mes cartons furent prêts au gym, et que ma démission avait été annoncée, elle est venue dans mon bureau pour me faire face. Du moins était-ce son intention.





Je ne répondis pas en fermant l’ordinateur, mais je lui adressai un sourire fatigué en continuant de remplir une boîte. Elle mit les mains sur ses hanches en se mordant les lèvres : elle fait toujours ça, quand elle s’impatiente.


 



Un haussement d’épaules lui répondit. Les mots me manquaient. 





Ce qu'elle croyait me faisait mal. Sans doute cela a-t-il paru sur mon visage, car elle s'est alors plantée devant moi. 





Cette fois, nos regards se sont rencontrés et elle a continué : 





Si ces mots avaient pour but de provoquer une réaction violente de ma part, l’effet était raté. La seule chose qui me traversa l’esprit, ce fut de lui offrir un pauvre sourire et un petit hochement de tête: 





Mon carton dans les bras, je l’ai contournée pour sortir du gym. 


Un dernier regard vers le ring, derrière moi, où une très jeune femme flamboyante se faisait entraîner. Il y aura, au moins, de la relève. 


Ce que Clarisse ne voit pas, et ne doit surtout pas voir, ce sont les jeunes vampires qui gagnent un peu plus en expérience à chaque nuit, qui découvrent leurs capacités, leurs forces personnelles, qui se traînent dans la boue printanière et qui donnent tout ce qu’elles ont pour leur survie. 


Certaines chassent maintenant en ville, en prenant soin de ne laisser aucune trace, toujours dans un territoire éloigné des agglomérations. Claudine s’est trouvé des contacts pour approvisionner les lieux de sacs de sang, et Élyse a repris contact avec un mécène en Europe, prêt à venir la rencontrer en secret, et “plus si affinités”. 


Cette nuit, je les accompagne dans les bois en repensant à Clarisse et à notre dernière conversation. Lucy traîne un peu à l’arrière du groupe, chose qui déroge à son habitude. Elle aime montrer qu’elle est agile et capable de suivre des adultes. En ralentissant ma course, nous nous retrouvons à marcher ensemble sur le chemin du retour. Les mains dans les poches, elle me demande : 





Prise de court, mon rire embarrassé serait, à lui seul, une réponse. Mais son visage est sérieux.





Mes pas s'arrêtent net. En étudiant son doux visage, aucun trait d’humour n’est perceptible. 





Non, mais c’est quoi, ça… 





Elle me laisse ensuite en plan, sous la lune qui dessine les silhouettes des arbres.  


Un peu plus tard cette nuit-là, Gab vient me trouver tandis que je regarde les papiers d’impôts compliqués pour m’annoncer : 





Juste comme ça. Sans cri, sans pleurs… Je fronce les sourcils et délaisse ma tâche, le coeur lourd.





L’indignation me gagne. 





Ces mots lui font mal, selon ce qui passe sur son visage. Je continue : 





Mes épaules tombent un peu : 





Il traverse la pièce pour me prendre dans ses bras. Il y a longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien contre lui. Avant de nous séparer, il colle son front contre le mien tandis que quelques larmes se mêlent. 


Il part ainsi, sans cris, ni haine. 


Mes gars se donnent à fond pour maintenir l’équilibre pour lequel nous nous sommes battus. Bien sûr, la boussole morale indique parfois que nous sommes à la limite de l’acceptable. C’est une fatalité que j’ai appris à accepter, faute de pouvoir offrir mieux. 


Un jour, je passerai le relais à quelqu’un qui le voudra. En attendant, je veille, et la poussière retombe enfin.


Cette nuit, Ti-Poe vient me trouver dans la salle d’entraînement. Avec sa tête des mauvais jours. 





Je m’éponge le visage et avance vers la feuille qu’il me tend : un courriel imprimé, envoyé par un certain dark.santa.close@bjibju.com qui habite la métropole. Le genre de type plutôt fendant, si j’en crois tout le passif agressif qui glisse sous mes yeux. Le correspondant termine avec un : “Selon mes sources, et elles sont plus efficaces que les vôtres, j’en ai peur, je vous confirme la venue des Brown Brothers pour le week-end du 29, afin de souligner le décès d’une certaine pisseuse. Vous n’êtes pas sans savoir que ces hurluberlus sont des chasseurs chevronnés, reliés à l’Église catholique et que leur présence peut rapidement devenir embêtante pour votre groupe, étant de grands partisans pour la dame qui fut exécutée. S’ils n’ont pas de nom à accuser pour sa mort, ils tenteront de désigner un coupable et appliqueront Nombre, 14:18. Ainsi, je recommande à votre princesse la plus grande des prudences, puisqu’elle est celle à qui le décès profite le plus. Je me porte garant des renseignements qui vont ici divulguer. Nous avons un ennemi commun.”







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