Shelley est la première à s’éveiller avec la lumière du jour naissante.
Son cellulaire indique qu’il est 7h31 lorsqu’elle texte son amoureux : “Bon matin, bel homme, je te fais plein de bisous partout! ;)”
Tranquillement, en faisant bien attention à ne pas faire trop de bruit pour respecter le sommeil de sa coéquipière, elle prend le nécessaire et se dirige vers la douche en repensant aux événements de la veille : la jeune femme à la fenêtre, la main posée sur son épaule… Effectivement, on est très loin d’un Gérard Robert.
Une fois habillée, elle revient discrètement vers la chambre pour découvrir une Candide éveillée et lumineuse qui s’étire. L’ambiance est à la rigolade et à l’excitation de faire de nouvelles découvertes. Elles descendent enfin à la cuisine avec ordinateurs, magnétophones et cellulaires.
Dans la pièce, une alléchante odeur d’oeufs et de bacon leur ouvre l’appétit : déjà sur place, Madeleine les salue chaleureusement :
Madame Gagnon dépose les assiettes des deux femmes sur la table et sort de la cuisine, les laissant s’installer. Tandis qu’elles sont seules, Candide explique :
Madeleine revient avec un livre fin et un peu usé, déjà ouvert, qu’elle feuillette, les sourcils froncés :
Intriguée, Candide prend une photo du livre avant que l’hôtesse ne se mette à le parcourir. Tout en tournant les pages, elle raconte :
Elle montre un témoignage daté du 17 août 2015. Une écriture fine déclare :
“(...) Nous aussi, on a nos maisons hantées, en Gaspésie, mais ici, j’ai carrément senti une main sur mon bras! Mes cheveux se sont dressés sur ma tête et j’ai failli hurler! Quelle auberge hantée formidable! Encore merci pour le soutien de toute votre équipe : il manque de gens comme vous dans l’univers! Sonia T.”
Shelley fronce les sourcils en lisant à haute voix :
La policière et la psychologue ont une grimace de tristesse. Candide commente:
L’agent lance un regard de biais à Candide qui rayonne.
Les deux amies aident à ranger avant de se concentrer sur ce qui fut enregistré pendant leur sommeil. Madame Gagnon repart chez elle, soulignant encore qu’elles peuvent faire appel à elle s’il y a quoi que ce soit.
Pendant près de deux heures, Candide passe les vidéos de la chambre inhabitée tandis que Shelley s’occupe de celle dans le couloir. Ni l’une ni l’autre n’a de résultat. Lorsqu’elle décide de faire à deux les images captées dans leur chambre, elles ne constatent d’abord rien pendant les premières minutes.
Puis, subtilement, quelque chose se trouble dans l’image captée. À la fenêtre donnant sur le stationnement, une forme très vague, brumeuse et imparfaite se dessine. Cela pourrait passer pour un bug de l’image, mais non : cela se déplace vers le lit de la policière, se penche par-dessus elle, et semble… lui caresser les cheveux...
Candide monte le son tandis que Shelley frissonne en ramenant ses bras autour d’elle, mortifiée. De loin, très loin, presque imperceptiblement, elles entendent quelque chose, comme une voix qui chante tout bas.
Shelley a un demi-sourire amusé :
Tout heureuse, Candide contacte Seb par SMS et lui envoie l’extrait de la vidéo par courriel. Après quelques heures où seul le bruit de leurs doigts sur leur clavier respectif brise le silence, la policière s’étire pour se dégourdir un peu et déclare :
Shelley se penche sur l’ordinateur de Candide et soupire en voyant la forme un peu plus claire. Elle serait prête à mettre la main au feu qu’il s’agit de la même personne qu’elle a aperçu à son arrivée à la fenêtre de la chambre. La psychologue ajoute :
Un lien vers une chanson sur YouTube fait s’élever une chanson. Une vieille, TRÈS vieille chanson. Candide lit les paroles suivantes à haute voix : “Quand l’amour meurt, les yeux versent des larmes, Le cœur brisé n’a plus d’illusion, À nos désirs, le temps retire ses charmes, On reste seul avec sa passion…” https://www.youtube.com/watch?v=JqaMoy7HF3c
Les deux jeunes femmes revêtent leurs manteaux et sortent dans le froid mordant. Le soleil fort et aveuglant les fait un peu grimacer, contrastant avec la lumière un peu plus feutrée du Couvent.
Lorsqu’elles arrivent à la bibliothèque, après de délicieuses poutines bien satisfaisantes, les deux femmes, ayant décidé de marcher pour se déculpabiliser du gras ingéré, se frottent les mains pour se réchauffer. Immédiatement, un homme derrière le comptoir les dévisage. Mi-trentaine, avec de fines lunettes rondes et une barbe joliment entretenue, il semble toutefois un peu grognon lorsqu’elles s’approchent de lui. Sans même une salutation, il déclare :
Shelley sourit et passe à un cheveu d’éclater de rire devant l’embarras du bibliothécaire qui doit trop souvent rediriger les touristes vers la fameuse salle de spectacle. Il hausse les sourcils et incline la tête :
L’homme sort de derrière son comptoir et accompagne les deux amies vers le sous-sol ouvert au public. Chemin faisant, Candide demande :
Le sous-sol est sec et adapté à la conservation de vieux documents. Le bibliothécaire les conduit à une rangée d’étagères remplie de documents divers.
Il fait un signe de tête et remonte à son comptoir. Shelley lui dit à voix basse :
Les recherches reprennent de plus belle. À l’étage, des gens vont et viennent : des personnes âgées qui bravent le froid, de petites familles qui cherchent à occuper les enfants sainement… Et tandis que tout ce beau monde fait leur petite vie, Candide et Shelley enquêtent sur chaque piste qu’elles peuvent trouver.
Lorsqu’elles relèvent la tête pour prendre une pause, la psychologue déclare :
La question est franchement et directement posée, légitime, qui plus est. Shelley s’adosse au dossier de sa chaise d’abord en silence pour réfléchir. Finalement, elle répond :
La blonde baisse les yeux, un peu honteuse.
La question surprend la policière qui hausse les épaules :
Un silence lourd de sens s’abat sur elles tandis que Shelley comprend où veut en venir son amie. La psychologue déclare :
Un silence s’installe pendant lequel Candide lui offre un sourire compatissant. Shelley sent la lourdeur sur ses épaules qui s’arrondissent un peu, mais pas question de prendre de décision ici et maintenant.
Les deux femmes reprennent leurs recherches, le cœur un peu plus lourd.
15h49. Le bibliothécaire annonce du haut de l’escalier : “Dix minutes avant la fermeture!”. Candide soupire :
L’agent regarde la photo quelques secondes : effectivement : c’est crédible. Cette femme pourrait être celle qu’elle a vu à la fenêtre à leur arrivé. Elle prend une photo avec son cellulaire avant de poursuivre :
Elles rangent ce qu’elles ont sorti soigneusement, ayant le souci de ne pas laisser plus de travail qu’il n’en faut au bibliothécaire, puis repartent dans le froid.
Déjà, le ciel est de nouveau orangé lorsque les deux femmes reprennent la route en marchant rapidement vers le “Couvent”. Si elles se sentaient mentalement épuisées en sortant de la bibliothèque, l’air froid leur donne un bon coup de fouet. Pas de Dame blanche à la fenêtre de leur chambre, ce qui déçoit beaucoup Candide, mais Madeleine les attend avec un copieux repas chaud et une nouvelle bouteille. Juste avant de manger, tandis qu’elles sont seules à la table, la psychologue déclare subjuguée :
Shelley éclate de rire.
Après le repas, tandis que la policière fait la vaisselle, elle entend son amie qui narre au microphone :
Elle éteint le magnétophone et lance un regard vers Shelley qui essuie ses mains, songeuse. Son cerveau lui décoche une information à l’improviste, faisant un lien avec ce qu’elles ont appris et la photo du touriste :
La policière dépose le torchon sur le comptoir en faisant signe à la psychologue de la suivre. Ensemble, elles montent au deuxième étage et Shelley regarde les portraits un à un. Elle s’arrête devant l’un dont la légende déclare : “Mère Béatrice Lemoine avec Soeur Mathilde Gauvreau au cimetière paroissial, le 19 juin 1914.”
Elles observent les deux femmes sur la photo ; celle qui semble être Soeur Mathilde est une femme très délicate, petite, presque enfantine. Shelley murmure :
Candide claque des doigts, comme si Shelley lui donnait une idée. Elle se dépêche vers leur chambre et revient avec une copie de la photo que leur avait donnée Madeleine où l’on voit une forme fantomatique dans ce même couloir. La policière prend approximativement la mesure :
Elle lui montre la photo du soldat titrée : “Soldat Emerick Couture à son retour de la Première Guerre mondiale”.
Candide relit ses notes et ses yeux s’agrandissent.
Quelque chose brille dans les yeux de la psychologue, quelque part entre la terreur et l’excitation, elle pèse le pour et le contre pendant plusieurs secondes et finit par s’exclamer :
Candide lève les yeux au ciel en déclarant tout bas : “James va me tuer…”
Quelques minutes plus tard, Shelley revient avec un grand carton trouvé dans la récupération et un crayon-feutre noir réservé pour les enfants. Elle s’applique sur les lettres de l'alphabet, les chiffres et “oui et non” tandis que Candide positionne micro, Rem Pod, caméra, détecteur EMF et autres outils.
Tandis qu’elles s’affairent, le bruit d’une vitre qui craque brise le silence. Immédiatement, Shelley relève la tête vers la fenêtre et oublie de respirer pendant quelques secondes, ses pensées allant vers Gérard et le miroir sans teinte. Elle déglutit péniblement tandis que Candide vérifie sa solidité :
Candide acquiesce et descend à la cuisine, laissant seule la policière qui calme les battements de son cœur et tente de maîtriser la peur qui menace de l’emporter. Elle met une main sur la planche de Ouija “home made” et déclare à voix basse, comme si elle s’adressait à un prisonnier récalcitrant : “Je te jure que c’est juste pour pouvoir te parler, promis. Nos intentions sont bonnes. On est maladroites, désolée, mais j’ai pas d’autres idées qui me viennent.”
Le silence lui répond. Quelques minutes plus tard, Candide revient avec deux bougies blanches et un briquet.
Aidées d’une coupe à l’envers, les deux femmes s'assoient l’une en face de l’autre. nerveuse, la psychologue essuie ses mains moites sur son pantalon en demandant :
Les deux femmes vont mettre les mains sur la coupe quand Candide retire immédiatement la sienne et s’exclame :
Elle prend le feutre et trace les mots “Good Bye” en racontant :
Les lumières s’éteignent toutes en même temps. À l’extérieur, le vent hurle et se heurte contre le “Couvent”. C’est à peine si Candide entend le bruit des batteries de secours qui prennent le relais sur les caméras.
Elle allume les chandelles et les femmes, tremblantes, remettent leurs mains sur la coupe. Candide commence alors :
Le silence suit les paroles de la psychologue. Cette dernière prend une grande inspiration pour tenter de se calmer avant de reprendre :
Sa demande tombe encore dans le silence. Elles attendent plusieurs secondes, voire presque une minute, avant qu’elle ne demande encore :
Cette fois, la coupe glisse mollement sur le carton. Le mouvement est presque imperceptible, si léger que Shelley se demande si ce n’est pas dans sa tête. Le curseur se dirige pourtant vaillamment vers le “Oui” et y reste.
L’agent lève les yeux de la planche et regarde un peu partout, aux aguets. Elle se rend alors compte qu’une couche de poussière recouvre le plancher, autour d’elle. Peut-être est-ce dû à un jeu de lumière?
Les deux femmes se regardent, un peu hésitantes. Candide reprend :
La coupe se déplace très lentement, exécute un petit cercle pour revenir vers le “Oui”. À ce moment, la policière se sent un peu étrange, comme si elle n’avait pas de raison d’avoir peur. Elle remarque, cette fois, que le papier peint sur les murs s’est décollé par endroit et semble moisie.
Mais, et ça, elle en est certaine, il n’y a jamais eu de papier peint dans cette chambre. Les murs étaient peints en blanc…
Timidement, quoiqu’avec un peu plus d’assurance, la coupe va vers le “Non”. Candide demande alors :
La coupe se dirige vers le “Oui”. Et si Candide sourit à pleine dent, tremblante d’excitation, Shelley sent sa peur entièrement envolée. Une sensation de tristesse s’éprend d’elle.
Avec plus d’assurance, la coupe décrit un cercle et se repositionne sur le “Oui”. Shelley sent quelque chose d’humide sur son visage et se rend compte, avec une certaine surprise, qu’elle pleure à grandes larmes. Le Rem Pod fait un bruit léger en même temps qu’un énorme coup de vent cognant contre la fenêtre, maintenant sale et pleine de toile d’araignées mortes et sèches.
La coupe, avec plus d’énergie, se déplace vers les lettres “R” “E” “C” “O” “N” “F” “O” “R” “T”.
Un sanglot serre la gorge de la policière tandis que la psychologue épelle :
Immédiatement, sans hésitation, la coupe va vers le “Oui”. Le Rem Pod et le détecteur EMF s’activent en même temps, faisant sursauter Candide qui retire sa main de la coupe, laissant seule Shelley qui pleure à grands sanglots sans savoir pourquoi. Elle demande en tentant de maîtriser sa voix :
Candide, réalisant l’état psychologique de son amie, descend du sentiment d’excitation qui l’avait gagné pour devenir inquiète. “Shelley…” l’appelle-t-elle pour attirer son attention, mais l’agent reste concentrée sur l’esprit.
La coupe fait un cercle et revient sur “Oui”. La policière baisse la tête en gardant les yeux fermés.
Candide déglutit péniblement et sursaute lorsqu’elle aperçoit une main surgir des ténèbres pour se poser sur le bras de Shelley. La psychologue se lève et fait un bond à l’arrière tandis qu’une silhouette de femme un peu brumeuse s’accroupit à côté de la policière. Une voix semblant lointaine et polluée de distorsion leur parvient sous la forme d’un écho qui se fait alors entendre :
Dépassée par la peine, la policière ouvre les yeux et ne semble même pas se formaliser de cette apparition. Elle délaisse la planche pour se tourner totalement vers la forme fantomatique et demande, sous le regard ahuri de Candide :
L’esprit semble devenir un plus flou : ses contours deviennent incertains, comme s’il perdait de sa consistance.
L’esprit reprend un peu de consistance. Cette fois, la policière perçoit le regard ô combien mélancolique de Clémence qui la fixe intensément dans sa tristesse. L’agent dit d’une voix tout aussi triste que le fantôme :
Au-delà de la tristesse, une pointe de douceur travers le regard du fantôme. Ses formes deviennent encore plus floues, passant d’une presque silhouette à un amas de brume en suspension dans l’air. Au fur et à mesure qu’elle se dissout, le vent se calme à l’extérieur jusqu’à ne devenir qu’une brise qui transporte un peu de neige.
L’électricité revient, laissant une Candide perplexe, la bouche entrouverte. Le papier peint n’est plus sur les murs, et la fenêtre est propre à nouveau. Peu à peu, Shelley reprend le contrôle sur ses émotions et essuie les larmes de ses joues.
La psychologue se rend à l’une et lui fait faire marche arrière pour visionner la dernière heure. Lorsque les images lui apparaissent, elle hoche gravement la tête :
Candide lève les yeux vers la policière et explique, un peu embarrassée :
Shelley acquiesce, débordée de fatigue.
Même s’il est encore tôt dans la soirée, Candide insiste et, après avoir rangé chandelles et Ouija, elles se couchent. Shelley dort encore d’un sommeil de plomb pour s’éveiller bien avant l’aube tardive du dimanche matin.
La policière se lève et s’assoit à la petite table ronde pour deux qui se trouve dans un coin de la chambre. Elle se met à écrire sur une page d’un cahier de notes duquel elle ne s’est pas servie :
“Chère Clémence,
Vous savez, peu importe ce que je crois. Ce qui est important, c’est ce que vous, vous croyez, dans votre situation.
Je tiens à ce que vous sachiez que j’amène précieusement avec moi votre histoire, et qu’elle aura son importance dans ma vie. Merci d’avoir accepté de la partager avec nous.
Je reviendrai vous visiter lorsque le temps me le permettra. Si je puis faire quoi que ce soit pour vous, merci de me le faire savoir.
En attendant, sachez que mes sentiments les meilleurs vous accompagnent.
Au revoir,
Shelley Doyon.”
Elle referme le cahier, songeuse. Ses yeux traînent un peu partout dans la pièce, se demandant où est-ce qu’elle pourrait bien laisser ce cartable quand son regard est attiré par un léger mouvement des rideaux de tissus à la fenêtre. En s’approchant, elle sent une petite brise discrète. À force de tâtons, elle cherche et remarque qu’une petite partie de la lucarne peut se soulever. Surprise, elle la lève et découvre un petit compartiment secret. Elle y glisse donc le cahier et, en refermant, un très léger bruit métallique se fait entendre. Le bruit que ferait un petit objet qui tombe.
À l’aide de la lampe de poche de son cellulaire, elle regarde au sol et trouve presque immédiatement un petit anneau d’or, sans pierres ni gravures.
Elle hoche la tête, semble comprendre quelque chose et met la frêle bague dans son portefeuille.
Lorsque Candide s’éveille à son tour, elles font leurs bagages et en sont à remettre la chambre impeccable quand Madeleine vient les trouver pour annoncer que le déjeuner est servi. Attablée, Candide déclare à l’hôtesse, après une grande gorgée d’un café fraîchement moulu et en enregistrant le tout :
Candide hésite une seconde avant de déclarer :
La psychologue arrête le magnétophone.
Une heure plus tard, elles sont de retour dans la voiture bleu ciel qui les mène jusqu’à la ville. Shelley regarde défiler le paysage silencieusement, songeuse. Son amie, satisfaite de leur enquête, lui demande :
La policière tourne un regard vers elle sans répondre immédiatement.
Lorsqu’elle pousse la porte de la maison du procureur, Brutus est le premier à venir l’accueillir joyeusement dans l’entrée. Shelley retire ses bottes et son manteau tout en calmant le malinois qui s’est tellement ennuyé de sa maîtresse. Quelques secondes plus tard, c’est James qui arrive dans l’entrée.
À genoux, à gratouiller son chien joyeusement, Shelley se calme un peu, vite imitée par Brutus qui semble comprendre que la situation est un peu plus grave. Les yeux brillants de larmes d’émotion, la jeune femme débute :
James garde le silence, hochant la tête et croisant ses bras.
Elle lève un regard doux vers lui avant d’ajouter, cette fois de vive voix, et non par texto :
Ces mots font trembler le géant devant cette femme à genoux. Il se penche pour la prendre dans ses bras et l’y maintenir, le temps d’un long baiser passionné, avant qu’il ne niche son visage dans le creux de son cou pour respirer son odeur. Alors seulement, comme si ce fut un précieux secret, il murmure avec toute la délicatesse du monde :