Gambit Tome 3

Chapitre 2 : L'Élysée

Par LaVerdure

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Jack m’invite à entrer tandis qu’une personne me demande mes clés de voiture pour la déplacer. Une hésitation dans mon geste fait sourire mon hôte qui m’amène à une femme portant des des voiles par-dessus des vêtements classiques, un petit point rouge au front, les cheveux soigneusement coiffés et tout. Postée à un bureau d’accueil qui détonne de la salle blanche immaculée, elle s’incline respectueusement.  




 

J’ai un regard de validation vers Jack qui acquiesce. Tandis que le tout est déposé sur le bureau, elle demande à celui qui m’accompagne : 




 

Dunn? Il semble contrarié, avec ses lèvres qui se pincent et ses sourcils froncés. Ce pourrait-il que “Jack” ne soit pas son vrai nom? Elle ne savait peut-être pas que je ne savais pas… 

 

En déposant l’épée dans son fourreau, j’ajoute : 



 


Jack-Dunn m’invite à poursuivre notre chemin, non sans lancer un sourire serré à la jeune femme. Ce faisant, le bruit de talons hauts résonne sur le plancher de marbre, et indique que la personne qui les possède marche vite. Une voix, ravissante, mais contrariée, peste en murmurant : 




 

Un couple tourne le coin et la jeune femme passe à un cheveu de me rentrer dedans. Avec grâce,  elle replace sa robe qui date d’une autre époque, un peu déstabilisée par son réflexe soudain, et pose les yeux sur moi. Elle doit lever la tête pour me regarder en face, et je constate qu’elle manque de mots pendant quelques secondes. 

 

C’est une jeune femme blonde aux yeux d’un bleu très vif, vêtue d’une robe à la “Marie-Antoinette” qui doit valoir, à elle seule, au moins une maison. Derrière elle, un jeune homme, vêtu comme un soldat en parade, écarquille les yeux en m’apercevant.

 

Effectivement, à côté de la demoiselle, je détonne. Ça fait un bon moment que mes vêtements sont plus fonctionnels que beaux, et la tempête de la dernière année qui dure dans ma vie paraît sur mon visage. C’est difficile de leur en vouloir de figer un peu… 

 

Mais ça n’explique pas pourquoi la jeune femme passe tout près d’éclater en sanglots en me voyant. Elle semble sur le point de me prendre dans ses bras pour pleurer… 

 

Jack-Dunn a un petit rire carnassier et brise le moment: 



 


Elle reprend contenance tandis que Jack-Dunn encaisse maintenant que sa couverture est plus que compromise. La nommée Lanceford me présente sa main droite. Je la lui serre, en essayant de ne pas l’écraser, si douce et délicate, mais ce n’était pas la chose à faire, vu la façon dont elle la retire. L’homme derrière elle baisse la tête pour éviter de rire, tandis que Jack-Dunn ne se prive pas. 

 

Je n’ose plus bouger ou respirer. La demoiselle, ramenant sa main molestée à son coeur, ajoute : 




 

Cette vampire est donc si protocolaire? Chae-A me manque… 



 


Elle me lance encore un nouveau regard d’observation et rétorque avec un sourire en coin : 




 

Gracieusement, elle s’incline et passe son chemin pour aller retrouver la femme à l’allure indienne. Le soldat qui la suit fait un signe de tête à Jack-Dunn qui me murmure : 



 


Il me fait passer dans un couloir qui change complètement du style blanc aseptisé, avec des boiseries aux murs et de riches tableaux présentés. Parfois, de lourdes draperies qui touchent le sol encadrent ce qui semble être des fenêtres. En m’approchant, je me rends compte qu’il s’agit, en fait, de peintures faites à même le mur, représentant des fenêtres banales. D’où je suis, je vois, au bout du couloir, ce qui semble être une salle de bal. 


Dissimulé derrière l’un rideau très lourd, Dunn me fait emprunter un couloir dont les murs de béton illuminés par des néons clairs détonnent gravement du couloir. L’air ambiant y est également un peu plus froid.



 


En marchant, il fait une grimace :    



 


Un haussement d’épaules lui répond. 



 


Dunn hoche la tête: 




 

Puis, il observe le silence jusqu’à ce que nous ayons pris un escalier. Il tire une porte, soulève un drap et nous nous retrouvons dans un nouveau couloir luxueux. Une porte est gardée par un homme aux cheveux rasés et à la barbe un peu négligée. Il porte une oreillette qui est bien visible. En nous apercevant, il lance :

 


 


Il dit ceci sans chaleur, sans séduction, juste comme ça. Probablement pour me déstabiliser. C’est drôle : ils font beaucoup ça, ici, tester les gens…  




 

Le nommé Oman plisse les yeux, puis semble me reconnaître. Et il est bien le seul, car il ne me dit rien. 



 


Mon nom est crié à l’autre bout du couloir ;  heureuse et dans une jolie robe de satin noire, Paty presse le pas jusqu’à nous et me prend dans ses bras, complètement folle de joie.

 

Oman murmure à Dunn : 



 


Patricia fait un pas de recul et me détaille : 



 


Oman ferme les yeux devant le commentaire de Patricia sur Le Russe tandis que Dunn s’incline poliment devant elle. Au même moment, le gardien met un doigt sur son oreillette et acquiesce : 




 

Paty me serre la main en guise d’encouragement avec le sourire le plus lumineux du monde. J’aimerais pouvoir lui rendre ce sourire.







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