L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

3 L'amour d'un frère retrouvé

Catégorie: T , 1897 mots
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Le soir venu, Cliolyn se prépara dans sa chambre, beignée de la lumière de la Lune et des étoiles. Elle se regarda dans la glace, ne sachant si elle devait orienter ses cheveux vers la gauche ou vers la droite pour réaliser une courte tresse. D’ailleurs, dirait-il quelque chose à la vue de ses cheveux mi-longs ? La reconnaîtrait-il seulement ? Aurait-il ce même mélange de sentiments, entre soulagement et crainte d’une nouvelle séparation ?

- Ta nouvelle coupe te va très bien, intervient alors Galadriel, tirant la jeune femme de ses pensées. Je mettrais la tresse sur la gauche, cela serait plus flatteur, ajouta t-elle avec un sourire rassurant.

- Merci, Dame Galadriel, répondit simplement Cliolyn.

- Il ne pourra qu’être heureux en te retrouvant, mon enfant, il sera tant rassuré de te savoir en vie, ne t’en fais pas.

Alors Galadriel sortit de ses manches un poignard, qu’elle offrit à Cliolyn.

- Je sais que tu sais admirablement bien te défendre, mais une arme supplémentaire peut toujours s’avérer utile, lui dit-elle. Et je souhaite également mettre ma touche à ta nouvelle coupe, si tu le permets, demanda alors Galadriel.

Cliolyn ne put qu’acquiescer, et regarda alors dans le miroir la reine des elfes déposer une pince ornée de trois perles reflétant les étoiles.

- Dans ces perles se trouve la source de ton pouvoir, continua la reine, tu es désormais prête à y faire face, malgré ce que pourront dire ton père et ton frère. Mais vos quêtes sont loin d’être terminées à tous les deux, et pour toi, Cliolyn, il te faudra trouver ce qui est ta force.

Cliolyn ne comprit pas ces paroles, mais elle ne voulut pas y penser ; la reine des elfes lui avait offert deux magnifiques présents qui traduisaient, pour Cliolyn, toute la confiance et l’espoir qu’elle mettait en sa destinée.


Se sentant prête à affronter cette nuit, et après avoir choisi de placer le poignard offert par Galadriel dans l’une de ses jambières, Cliolyn rejoignit son père et ses frères devant les portes de Caras Galadhon. Les troupes que menaient habituellement Hildris et Vinésis, les fils de Haldir, étaient armées des arcs des Galadrim et de leurs doubles dagues, équipement caractéristique et témoignant de l’agilité légendaire des elfes. Cependant, Cliolyn remarqua une troisième colonne.

- Bonsoir Cliolyn, nous n’attendions que toi, l’accueillirent en souriant ses frères.

Haldir lui adressa également un sourire et se retourna vers ses soldats.

-Cette nuit risque de ne ressembler à aucune patrouille telle que vous avez pu les connaître jusque-là, leur dit-il d’une voix si forte qu’elle surprit Cliolyn. Le mal se répand sur les terres du milieu, et nous risquons d’avoir tous à combattre pour protéger notre terre. Notre objectif est de s’assurer de la sécurité de nos frontières, et de pouvoir identifier les voyageurs qui souhaitent les franchir. Nous devons garantir que leur quête ne mette en danger la Lothlorien, ainsi restez tous sur vos gardes et soyez prudents.

Puis Haldir se tourna vers sa fille, lui prit la main pour la faire avancer à son niveau et annonça :

- En ces temps troubles, tout capitaine digne de ce titre doit être à nos côtés. Ainsi je vous annonce que la princesse Cliolyn dirigera sa propre équipe ce soir, afin de mener à bien notre mission.

Cliolyn parut aussi surprise que les elfes face à elle, et ne sut que dire ; elle ne put que dire merci à son père par la pensée, émue par cette belle déclaration de confiance.

- Vous ne pouvez confier ce rôle à cette fille, s’insurgea un combattant.

Cliolyn le reconnut aussitôt : c’était Viaris, un guerrier extrêmement doué, mais qui avait toujours remis en question l’affection que lui portait Haldir. Car Viaris ne prônait que la race pure des elfes, et voir une femme, d'autant plus mi-elfe mi-humaine, issue d’une lignée plus que douteuse et dévastée par les malheurs, en capitaine de Lothlorien, le mettait en colère.

- Qui es-tu pour douter de la décision de ton seigneur ? le menaça Hildris, la main sur son fourreau.

- Elle a bien plus de courage que tu n’en auras jamais, ajouta Vinésis, qui avait imité le geste de son frère aîné.

Haldir intervient alors d’un geste de la main pour arrêter tout drame.

- Cette décision n’est pas seulement la mienne, car tu as déjà pu entendre des reproches que j’ai pu exprimer face à des décisions prises par mes propres fils, Viaris, dit-il. Si tu as un avis à émettre, je te suggère d’exposer tes arguments au seigneur Celeborn et à la Dame Galadriel dès notre retour, conclut-il.

Tous surent que cela signifiait que la discussion était clause ; Cliolyn ne pouvait qu’admirer l’amour que lui portait Haldir, face à ses propres hommes, qui lui portaient tous un respect inégalable. Elle pouvait entendre les pensées de Viaris face à cet affront, et cela lui procura non pas une sensation de peur, mais plus d'assurance. Elle se prépara à se mettre à la tête de sa troupe, et implora malgré tout son plus grand frère Hildris, par la pensée, qu’elle ne se retrouve jamais seule face à Viaris. Il lui promit d’un clin d’œil.


Les troupes se mirent en marche ; Haldir avait demandé à Hildris de mener ses hommes en direction de l’Est à l’orée des cascades bleues, Vinésis devrait diriger les siens vers l’Ouest tandis que Cliolyn suivrait Haldir vers le Sud jusqu’au lac de Diamant. En chemin, elle évita de trop penser à ce qui l’attendait, mais elle sentit une douceur et une aura de bienveillance quand, Elros, son ami d’enfance, qui l’avait toujours soutenue face aux moqueries du clan de Viaris qu’elle avait pu subir, se rapprocha d’elle.

- Je suis très fier que tu sois mon capitaine, et très heureux pour toi, lui dit-il. Tu le mérites, et tu passeras au-dessus de ces sous-entendus, comme toujours. Il est juste jaloux car tu l’as battu, encore une fois, ajouta Elros d’un sourire.

En effet, lors de leur dernier entraînement, Viaris avait tenté d’attaquer Cliolyn alors qu’elle était en pleine exploitation de son agilité d’elfe, tentant de se tenir d’une main sur le pont aux trois étoiles, les jambes droitement dirigées vers le ciel. Viaris était alors arrivé par derrière elle, mais ses pensées étaient tellement remplies de colère que Cliolyn avait déjà son autre main sur sa dague et le surprit en empêchant son épée de se retrouver dans sa hanche, tout en étant arrivée au sol de la manière si délicate et si discrète des elfes. S’en était suivi un long combat entre les deux adversaires, Cliolyn arrivait à avoir le dessus sur son adversaire et était redoutable au combat, car la rage de Viaris lui faisait faire des erreurs sur ses coups, et l'une des dagues de Cliolyn était proche du cou de Viaris avant que Haldir ne vienne leur demander de cesser cela.

Ils furent tous les deux tirés de ce souvenir par un bruissement et des bruits sourds. Haldir demanda à sa fille de diriger son équipe à gauche du lac, tandis qu’il menait ses hommes à droite, tous ayant apprêtés leurs arcs de flèches en vue d’une potentielle attaque d’orques.

La vision qui se porta à eux fut d’une telle surprise que Cliolyn ne sut que faire : elle avait face à elle une troupe de jeunes enfants accompagnés d’un nain, d’un elfe et de deux hommes. Elle attendait les ordres de leur commandant lorsque Haldir s’approcha de l’homme le plus à droite :

- Le nain respire si fort que nous aurions pu le tuer dans le noir, dit-il avec un léger sourire.

- Vous seriez mort au moindre geste, intervint alors l’elfe, poitant son arc sur Haldir.

Cliolyn ne comprit pas pourquoi mais le son de cette voix lui provoqua des frissons dans tout son corps. L’homme auprès duquel Haldir s’était approché tenta de calmer les ardeurs de tous et chuchota alors une requête que Haldir accepta. D’un simple hochement de tête, tous les elfes de la Lothlorien abaissèrent leurs arcs et Haldir demanda à tous de se diriger vers le centre du lac.

Une fois arrivés, Hildris avait ordonné à sa troupe de surveiller l’orée est de la forêt ; il rejoignit alors sa sœur.

- Rien à signaler, et toi ? lui demanda t-il simplement.

- Rien de ce côté non plus, mais je préfère rester prudente, répondit Cliolyn.

Elle savait vers où son frère souhaitait mener la discussion, mais elle ne savait comment aborder le sujet.

- J'ai demandé à mes hommes de rester deux par deux, par précaution, ajouta t-elle.

- Bonne initiative, tu apprends vite, je suis fier de toi, dit alors Hildris en lui souriant.

Il avait toujours trouvé sa jeune sœur douée dans les missions, et son courage n’était qu’une source d’inspiration. Elle avait toujours tout fait pour réussir comme ses frères, et ils l’avaient toujours soutenue. Hildris soutint le regard de sa sœur comme pour lui transmettre son amour.

- Le prince Haldir te fait quérir, Cliolyn, intervint Elros. Je vais surveiller le lac.

- Vas-y, petite sœur, je reste avec lui jusqu’à ton retour, l’encouragea Hildris.


Cliolyn s’approcha de l’endroit où son père discutait à voix basse avec un des deux hommes. Elle avait gardé son capuchon baissé, mais elle savait qu’il l’avait reconnue car il s’interrompit à son arrivée.

- Même si le temps presse, il y a quelqu’un qui souhaite te dire bonjour, mon ami, annonça Haldir en encourageant Cliolyn d’un sourire.

Elle abaissa alors son capuchon et une larme perlait au bord de ses magnifiques et grands yeux bleus gris.

- Bonjour Aragorn, dit-elle en essayant de ne pas se laisser dépasser par les battements de son cœur. Je suis tellement heureuse de te revoir sain et sauf.

Il ne prononça mot mais s’approcha de la jeune femme pour la serrer dans ses bras.

- Je me suis imaginé tant de choses, chuchota-t-il, je ne peux le croire. Tu es tellement magnifique, tu as tant grandi, et tu me sembles en pleine forme. Je suis tellement heureux de te retrouver, tu m’as tant manqué, continua Aragorn, à voix basse.

Lâchant son étreinte, il la présenta alors à ses compagnons :

- Mes amis, je suis fier de vous présenter ma petite sœur, Cliolyn, dit-il en embrassant la jeune femme sur la joue.

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