L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

5 Un destin difficile à accepter

Catégorie: T , 1438 mots
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Arrivés au cœur de la Lorien, les voyageurs empruntèrent les escaliers construits au cœur des arbres les plus majestueux et les plus magnifiques qui leur avaient été donnés d’admirer. Les jeunes Hobbits se sentaient tellement petits face à tant de grandeur. Cliolyn les attendit pour les rassurer.

- Bien qu’ayant grandi ici, ce lieu m’impressionne toujours, les rassura t-elle en souriant. Nous sommes au cœur de la Lorien, le berceau de la puissance elfique en Terre du milieu, mais gardez un peu d’admiration pour votre rencontre avec le Seigneur Celeborn et la dame Galadriel, continua t-elle, toujours avec un sourire.

- Vous êtes si belle, dame Cliolyn, osa Pippin, rouge de honte et Merry, son acolyte, lui donna un coup de coude. Cliolyn leur sourit mais sentit que ce jeune Hobbit était attiré par tout ce qui était puissant en ce monde, ne sachant distinguer le bien du mal, du moins pas encore, mais il était bien entouré par ses amis, cela la rassura.

Belle est presque indigne de ce qui m’est permis de voir, entendit-elle derrière elle. Legolas avait les yeux rivés sur elle, malgré le respect qu’il témoignait à ces lieux, la seule beauté qu’il s’était donné d’admirer en secret était celle de Cliolyn. Elle lui adressa un sourire et, continuant son chemin, le remercia par la pensée de ce compliment. L’elfe eut un sursaut mais comprit rapidement l’étendue du pouvoir de la jeune femme.


Arrivés au pied de l’escalier de marbre blanc immaculé, les elfes se retirèrent sur les côtés de la grande salle pour laisser les voyageurs au centre, et un halo de lumière remplit les lieux lorsque descendirent, main dans la main, les seigneurs de Lorien. Tous furent envahis d’admiration et mirent genou à terre pour témoigner leur respect. La dame de Lorien permit à ses hommes de se retirer, Cliolyn se dirigea alors vers sa chambre au deuxième niveau, sentant le regard de Legolas la suivre jusqu’à ce qu’elle disparut de sa vision.


Elle s’était revêtue de sa robe émeraude, avait défait sa courte tresse et avait peigné ses cheveux. Ils étaient ondulés, d’une couleur rappelant le reflet du soleil, si clairs par rapport à ceux de son frère. Elle prit alors sa position favorite : elle s’allongea sur le balcon de sa chambre, plaça ses deux mains derrière sa tête pour admirer les étoiles et la lune qui brillaient, d’une force si incroyable que personne ne pouvait deviner le Mal qui régnait dehors. Cela l’apaisait tant, et lui permettait de se ressourcer. Elle eu un sourire aux lèvres en entendant son frère approcher :

- Tu es toujours aussi prudente, à ce que je vois, dit Aragorn.

- Tu es toujours aussi inquiet de tout, lui répondit sa sœur en descendant de son perchoir pour le serrer dans ses bras.

Elle avait tant attendu ce moment, tant espéré sentir son odeur et retrouver l’amour qui les unissait depuis toujours. Elle se permit de lever la tête vers celle de son frère et de lui demander :

- Pourquoi as-tu bloqué ton esprit soudainement ? N’essaie pas de nier, je sais que c’est ce qui s’est passé, demanda alors Cliolyn. Je pouvais te parler et te voir, te localiser, et un jour, plus rien, il me fut impossible de te retrouver. Les seules nouvelles que je recevais étaient celles qu’Arwen me transmettait à travers notre correspondance, poursuivit-elle.

Cliolyn s’arrêta à cet instant, ne disant pas à son frère qu’elle voyait également la jeune femme lors de ses visites en Lorien, ne souhaitant lui procurer une peine plus grande que celle qu’il ressentait à l’idée du choix de la femme de sa vie. 

- Peux-tu imaginer ce que je ressentais ? Crois-tu que je ne pensais pas, par moment, qu'elle me disait que tout allait bien uniquement pour me rassurer ? continua Cliolyn.

Elle sentait la colère monter en elle, mais il était trop tard pour contrôler les larmes qui coulaient le long de son visage.

Aragorn, les essuyant d’une délicatesse digne d’un grand frère, soupira profondément :

- Je devais le faire pour te protéger, pour ta sécurité. Je ne pouvais risquer qu’Il s’immisce dans nos échanges et qu’il t’atteigne. Il est devenu puissant et fort, répondit-il.

- Et je suis prête à l’affronter ! dit Cliolyn d’une voix si forte qu’elle se surprit elle-même. Je ne suis plus la petite fille que tu as laissée derrière toi il y a plus de dix ans, je me suis entraînée, mes pouvoirs se développent. Et tu t’en serais rendu compte par toi-même si tu avais pris le temps de revenir, acheva Cliolyn.

- Mais tu ne les maîtrises pas assez pour quitter ces terres, intervint Haldir, d’un ton digne d’un père. Ton frère a toujours fait ce qu’il fallait pour ta protection, Cliolyn, ne lui reproche pas de s’être sacrifié en évitant de penser à toi, car Aragorn en a autant souffert que toi, conclua Haldir.

Cliolyn pencha la tête, si honteuse d’avoir gâché ce moment de retrouvailles avec le seul membre de sa famille qu'il lui restait.

- Je ne t’en veux pas, petite sœur, dit Aragorn en la serrant dans ses bras, je donnerais ma vie pour toi, tu le sais. Je t’aime tant, je ne souhaite que ton bonheur, et si je pouvais prendre en main ta destinée, je le ferais. Rien n’est plus important pour moi que toi. Tu es ma force. Je t’aime, continua t-il.

- Nous sommes tous très fatigués, intervint Haldir. Aragorn, va donc te reposer, les loges du premier niveau ont été préparées pour vous. Je dois parler à Cliolyn encore un moment si tu le permets, dit-il.

Aragorn embrassa une dernière fois sa sœur et salua son ami d’une accolade.

Cliolyn s’était accoudée au balcon, emprise à une telle mélancolie et à un fort sentiment de tristesse.

- Il va repartir, et je ne pourrais le suivre, dit-elle en devançant l’annonce que son père allait lui faire.

- Oui, Aragorn doit suivre sa destinée, et il a encore beaucoup de travail à faire sur lui-même, avoua Haldir. Et toi aussi, poursuivit-il. Si tu partais avec eux maintenant, tu sais comme moi qu’il n’aurait en tête que d’assurer ta sécurité et ta protection, ce qui l’éloignerait de la route qu’il se doit de prendre.

- Je ne supporterai pas une nouvelle séparation, avoua Cliolyn. Il est mon frère, le même sang coule dans nos veines, il ne peut continuer de supporter le fardeau des erreurs de nos rois passés. Il vaincra ce mal et deviendra un roi aimé et respecté de tous, pourquoi lui seul ne le voit-il pas ? l'interrogea Cliolyn d'un regard si triste.

- Parce qu’il est toujours difficile d’imaginer sa destinée lorsque l’on sait que l’on perd les personnes qui comptent le plus pour l’accomplir, dit tendrement Haldir en prenant sa fille dans ses bras. Tu sais comme moi que, si Aragorn se voit sur le trône du Gondor, il sait au fond de lui que cela signifiera que la prophétie sera accomplie, ce qui veut dire ….

- Que je ne serai plus de ce monde, termina Cliolyn, les larmes aux yeux, et serrant l’homme qui avait toujours été là dans ces moments si difficiles.

- Dors tranquille, ma fille, lui dit alors Haldir en l’embrassant sur le front ; demain est un autre jour ; les choses sont en mouvement, nous ne pouvons les arrêter, mais tout n’est pas scellé. Des forces plus puissantes et inconnues encore peuvent changer le destin de tous. Même si cela ne concerne que deux personnes parmi tous, ajouta t-il un sourire aux lèvres.

Cliolyn lui rendit son sourire, sans réellement comprendre ce sous-entendu. Elle souhaita bonne nuit à son père et se tourna de nouveau vers le ciel pour admirer une dernière fois la vision qui l’avait toujours apaisée.


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