L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

7 un dernier moment entre frère et soeur

Catégorie: M , 1933 mots
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Quand Cliolyn sentit la chaleur du soleil levant, elle n’osa ouvrir les yeux tout de suite. Elle avait peur que tout ce qu’elle avait vécu cette nuit ne soit qu’un rêve. Elle avait peur qu’il ne soit plus là, à ses côtés, l’entourant de sa force et de son amour. Elle avait ressenti tant d’émotions cette nuit, elle n’avait jamais aimé et n’avait jamais imaginé ce qu’il lui avait fait découvrir. A son plus grand bonheur, les beaux yeux verts de Legolas étaient posés sur elle.

- Bonjour, mon ange, dit Legolas en souriant.

- Bonjour, lui répondit Cliolyn en ne résistant pas à l’embrasser. Tu n’aurais pas dû rester là, si mon frère te voit ici ….

Avant qu’elle ne poursuive, il s’était délicatement penché sur elle, l''embrassant dans le cou, descendant sa main sur son bras, puis caressant le bas de son ventre, ayant découvert que cette zone était sensible pour sa bien-aimée.

- Elle a raison, intervint alors Haldir, ce qui eut pour effet de faire sursauter Legolas, qui s’assit subitement sur le lit et n’osait regarder le prince de ces lieux, et père de la femme avec qui il avait passé toute la nuit, ne sachant quelle colère l’attendait.

Cliolyn tira le drap sur son corps, très gênée également de cette arrivée.

- Rhabille-toi, Legolas, et remercie les Valars que ce soit moi qui t’aie trouvé ici, continua Haldir.

Legolas bondit du lit, enfila sa tunique et son pantalon bien plus rapidement que Cliolyn ne lui avait retiré. Il l’embrassa sur le front.

- Tu abandonnes si vite ? le taquina-t-elle.

- Je fais la guerre avec ton frère, je sais de quoi il est capable, répondit-il en sortant de la chambre.

Cela fit sourire la jeune femme. Son père s’était déjà avancé vers elle en lui tendant sa robe.

- Alors, as-tu bien dormi ma fille ? lui demanda t-il, avec un tel détachement, comme si rien ne s’était passé d’étrange à ses yeux.

-Ce n’est pas moi qui irai lui dire quoi que ce soit, continua Haldir, se dirigeant vers le balcon le temps que Cliolyn s’habilla. C’est un homme respectueux, et il t’aime tant, cela ne fait aucun doute. Cet amour est pur, poursuivit Haldir, c’est ce dont tu avais besoin ma fille, je suis très heureux, conclua-t-il en embrassant tendrement Cliolyn sur le front qui s’était approchée de lui.

Elle ne répondit rien, elle savait qu’il lisait dans son esprit tout le bonheur qu’elle avait ressenti. Haldir voyait également l’admiration que portait sa fille à son attitude en les ayant découvert ensemble, que pouvait-il faire de plus ? Réprimer ce qui était le plus beau moment de sa vie depuis tant d’années ? Se disputer avec sa fille et la laisser galoper au travers de la Lorien pour oublier sa peine ? Non, il l’aimait, et il savait que ce moment arriverait. Il était heureux que Legolas ait su prendre soin de sa protégée, il sentait qu’il serait toujours là pour elle, quand elle aurait peur, quand elle serait triste, quand elle serait en danger, Legolas le sentirait et serait à ses côtés jusqu’à la fin. Il ne pouvait cependant rien dire à sa fille, du moins pas encore.

- Bonjour, petite sœur, surgit Aragorn, qui semblait reposé et apaisé, ce qui semblait si rare depuis tout ce temps.

Haldir fut soulagé de cette intervention, car, bien que Cliolyn ne pouvait lire dans son esprit, il s’en était toujours protégé, elle avait ressenti les réflexions de son père et essayait de les percer.

- Bonjour, mon frère, dit Cliolyn en s'approchant d'Aragorn pour l'embrasser.

Haldir salua son ami d’une accolade et les laissa en famille. Ils avaient tant de choses à se raconter et si peu de temps pour le faire.

- Il te l'a dit ? demanda Aragorn.

- Dire quoi ? répondit Cliolyn.

- Accompagne-moi, je souhaite redécouvrir ses bois si magnifiques, si majestueux, emmène-moi dans tes endroits préférés, demanda Aragorn à sa sœur, d’un regard plein d’amour et de tendresse.

Leurs regards étaient identiques : de grands yeux bleus gris, dessinés par de magnifiques longs cils, et des fossettes qui se creusaient au moindre sourire. Cliolyn sourit à son frère, enjouée par cette demande, il voulait savoir tout ce qu’elle avait fait pendant ces années, ce qu’elle avait appris et comment. Cela lui emplissait le cœur de joie, même si, tout au fond de son coeur, elle sentait que sa crainte la plus grande allait se concrétiser dans peu de temps.


Ils ne prirent pas de monture pour cette balade; ils marchèrent côte à côte Il lui raconta les contrées qu'il avait explorées; elle détailla les exploits de ses frères de cœur et les combats qu'elle avait gagné. Ils s’arrêtèrent à l’orée de la clairière du souvenir.

- Elle est ici, n’est-ce pas ? Demanda Aragorn en regardant la lumière qui en ressortait.

- Oui, murmura Cliolyn, je viens la voir tous les matins.

Ils entrèrent dans la clairière, Cliolyn se mit à genou face à une tombe de marbre, d’une blancheur immaculée, que ni le temps ni les âges de ce monde ne couvriraient d’obscurité. Elle retira les quelques feuilles qui étaient tombées, et chuchota en elfique, Elmarie Amme (bonjour, mère).

Aragorn était ému à la vision de sa sœur si fragile, il savait que malgré les pouvoirs qu’elle avait, elle était douce et tendre et que l’amour l’avait toujours guidée.

- Tu es ma sœur, commença-t-il. Je ressens toutes tes émotions, et je n’aime pas te savoir triste.

- Nous ressentons les mêmes choses car le même sang coule dans nos veines, mais aussi la même faiblesse, répondit Cliolyn, gardant les yeux sur la tombe de sa mère. Tu te dois d’arrêter de supporter le fardeau des erreurs passées de nos rois de jadis. Tu dois faire face à ton destin, tu dois remonter sur le trône. Tu as la force nécessaire pour ne pas succomber, l’ombre s’étend sur toi, sur moi, sur elle, mais il y a encore de l’espoir. Nous sommes les derniers représentants de notre lignée, ce n’est pas mon destin de monter sur le trône. Si tu ne trouves pas le moyen d’y faire face, personne ne le pourra. Et le monde des hommes s’effondrera, conclua t-elle dans un soupir.

Tout comme moi, ajouta-t-elle en pensée. Cliolyn savait que ces paroles toucheraient son frère, il avait peur de perdre le peu qu’il lui restait ; il n’avait jamais voulu de cette destinée. Elle tenterait tout pour lui faire comprendre qu’il est digne de ce règne qui l’attend.

- Ce serait plus à moi d’avoir des paroles aussi sages, dit alors Aragorn avec un sourire. Et j’ai tant l’impression de l’entendre, elle commence à avoir de l’influence sur toi.

- Elle m’a bien formée, avoua Cliolyn en tournant la tête vers son frère pour lui rendre son sourire.

Elle se leva, et s’approcha de son frère, en posant une main sur son cœur.

- Elle t’aime d’un amour si fort et si pur, elle t’a déjà tout donné, continua t-elle en passant un doigt sur le bijou que portait son frère. L’étoile du soir te guidera jusqu’à la fin, que tu le veuilles ou non, elle a choisi son chemin, à toi de trouver le tien. Il est grand temps, mon frère, tu ne peux plus reculer, acheva Cliolyn.

Aragorn ne put que prendre sa sœur dans ses bras, et profiter de l’apaisement que procuraient ces lieux pour lui répondre.

- Je suis si fier de toi, je trouve que tu as tant grandi, commença-t-il. Tu as travaillé dur pour devenir la femme que tu es, je t’aime ma sœur. Tu m’as redonné espoir, tu es une belle personne. Elle serait tellement fière de toi, chuchota Aragorn.

Il embrassa tendrement sa sœur sur le front et se décida à lui dire enfin ce pour quoi il était entré dans sa chambre plus tôt.

- Notre route va se poursuivre, annonça Aragorn. Haldir et ses hommes préparent des bateaux pour que nous puissions passer par l’Anduin, pour rattraper la rive Est en début de journée.

Cliolyn n’osa lâcher son frère de son étreinte. Le moment qu’elle redoutait était donc arrivé, une nouvelle séparation s’annonçait, elle savait que celle-ci serait plus difficile que les précédentes, car les choses avaient changé. Elle revit le visage de Legolas, l’amour qu’il dégageait à travers son regard. Elle ressentit de nouveau sa présence à ses côtés ; elle se remémora les paroles que son frère avait prononcées un moment plus tôt, et se mit à pleurer, doucement.

- Ne me laisse pas emporter ce souvenir, ma petite sœur, lui demanda Aragorn, en lui caressant les cheveux.

Il a raison, prononça une voix dans sa tête. Cliolyn se redressa, cela ne se pouvait. Elle ne l’avait pas entendue depuis un moment, mais elle reconnaîtrait sa voix parmi mille autres. Elle se retourna vers la tombe de sa mère et la vit, si belle, si radieuse, ses cheveux blonds ondulés flottant dans une brise douce et fraîche.

- Ce n’est qu’un au revoir, tu vas les revoir. Ceci n’est pas la fin, mais le début, mon enfant. Et il a raison, je suis tellement fière de la femme que tu es devenue. Tu es unique, tu es d’une telle pureté et d’une telle douceur, crois en toi et en l’amour que tu portes à tes proches, car seul l’amour est plus puissant que la mort. Je t’aime. Et j’aime tes cheveux courts, dit la mère de Cliolyn avec un sourire.

Puis la vision s’eteignit aussi rapidement qu’elle était apparue à Cliolyn, qui se retourna vers son frère, comme coupée de toute respiration.

- Tu l’as … commença-t-elle.

-Oui, répondit-il d’un souffle. C’est un signe, un signe d’espoir. Mais, continua Aragorn en réfléchissant, que voulait-elle dire par « j’aime tes cheveux courts ? » tu aurais …. ?

Alors, face à la mine effarée de son frère, Cliolyn partit dans un fou rire imprévisible, rejointe par son frère qui lui dit :

- Pourquoi cela ne m’étonne-t-il même pas ?

Il était tellement ravi d’avoir ce visage si lumineux et si rayonnant en tant que souvenir de sa sœur, avant leur séparation. Ils rentrèrent ensemble pour se faire leurs adieux au bord du lac Anduin.


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