L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

11 le retour dans le monde des Hommes

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Alors que Cliolyn partageait ses journées entre les rencontres avec Galadriel et ses entraînements, elle s’était accordée un peu de répit en se baladant sur son cheval. Elle faisait une reconnaissance autour des frontières de Lorien. Tout est si calme, pensa-t-elle. Rien ne laissait imaginer ce qui se préparait. Soudain, sa respiration se coupa, comme si quelqu’un l’avait frappée au ventre. Elle sentit son cœur bondir dans sa poitrine, et sut tout de suite ce qui se passait. Cliolyn fit courir sa monture jusqu’à Caras Galadhon, sauta de Midris et courut dans la salle du trône. Elle interrompit ses frères qui faisaient leurs rapports à leur père.

- Il est arrivé quelque chose, Ada, annonça la princesse au protecteur du royaume. Il est tombé, je l’ai senti, continua-t-elle à bout de souffle.

Haldir s’approcha de sa fille.

- Je sais ce que tu vas me dire, le coupa Cliolyn dans son élan. Et c’est déjà fait.

Sur le chemin du retour, elle était entrée en contact avec Arwen, son amie et l’amour de la vie d’Aragorn, afin qu’elle trouve son frère et la rassure sur son pressentiment. Cliolyn avait certes des pouvoirs du fait de son statut d’élue, et en avait développé d’autres grâce au soutien sans faille de la reine des elfes. Mais elle ne disposait pas du pouvoir de guérison dont étaient honorées les deux femmes. D’autant plus qu’elle ne pouvait plus se risquer à entrer en contact avec Aragorn ou Legolas, tant ses entraînements l’affaiblissaient.

- Nous devons attendre d’en savoir plus avant de prendre une décision, dit enfin Haldir. Viens te restaurer avec nous et reprendre ton souffle, insista t-il.

Cliolyn regarda ses frères l’encourager d’un sourire, elle savait que ce moment serait sans doute le dernier tous ensemble, en famille, sa famille de cœur et les suivit avec plaisir.

Pendant que ses frères continuaient à s’interrompre en relatant leurs exploits respectifs à Haldir, qui ne pouvait que rire à chaque trait d’humour fait par l’un d’eux, Cliolyn l’entendit. Tu avais raison, il a été blessé, lui disait Arwen. Il est en vie, poursuivit-elle, je viens d’échanger le reste de ce que j’ai vu avec elle. Les pièces sont en marche, nous ne pouvons plus reculer.

Haldir vit le trouble de sa fille dans son regard, et, avant d’avoir pu lui demander des explications, la reine de Lorien apparut dans la pièce.

- Il s’est passé quelque chose, dit alors Galadriel. Le monde des Hommes va s’effondrer, du moins si nous n’intervenons pas, poursuivit la reine.

Tous la regardaient et n’osaient l’interrompre, ressentant la gravité de la situation.

- Il faut prendre une décision, poursuivit Galadriel. Devons-nous abandonner la terre du milieu à son destin ? Les laisserons-nous se défendre seuls ? Devons-nous abandonner tout espoir ?

- Il faut organiser les équipes et partir sur le champ, dit Hildris en se levant de table.

- Assieds-toi, mon fils, le coupa Haldir d’un geste de la main. Nous ne pouvons vider la Lorien de ses forces sur un coup de tête.

- Le Rohan a été attaqué, lança enfin Cliolyn, qui était restée silencieuse jusqu’à maintenant.

Elle avait vu ce que la Reine des Elfes lui avait autorisé par la pensée.

- Le roi Théoden déplace son peuple au gouffre de Helm, poursuivit Cliolyn, regardant toujours face à elle. En parallèle, l’Isengard s’est vidé. Les monstruosités créées par le magicien Saroumane prennent la même direction, afin de détruire la race des hommes, pour toujours, ajouta t-elle dans un souffle de tristesse.

Ce qui laissa les trois hommes sans voix.

- Quels sont les ordres, ma Reine ? demanda Haldir en se dressant vers sa reine.

Cliolyn se permit de la regarder droit dans les yeux, car elle savait que de sa réponse dépendait le destin de tous.

- J’ai déjà échangé avec le seigneur Elrond à ce sujet, répondit Galadriel. En ce moment, quatre bataillons de son armée sont en route vers la Lorien. Ils seront là dès demain.

- Hildris, tu iras avec une troupe à leur rencontre, à l’orée sud de nos frontières, ordonna Haldir. Prépare tes hommes.

Hildris obéit à son père, salua sa reine et sortit de la pièce.

- Vinésis, commence à faire la liste des bataillons que tu souhaites conduire, et ceux qui resteront ici. Préviens nos artisans qu’ils vérifient et forgent déjà les armes, continua Haldir.

Cliolyn ne pouvait s’empêcher d’admirer la prestance de son père, ce chef de guerre qui savait se montrer si doux et tendre avec elle.

Le second fils du protecteur du royaume sortit de la pièce de la même manière que son frère aîné.

- Haldir, allez aider votre fils, je souhaite échanger avec Cliolyn avant cette … étape, annonça Galadriel.

Haldir fit le tour de la table pour embrasser sa fille, lui promit que tout irait bien et quitta la pièce, laissant les deux femmes dans un silence qui parut être une éternité pour Cliolyn.

- Tu es bien silencieuse, commença Galadriel, comme si elle avait lu dans les pensées de la jeune fille.

Et c’était le cas. Galadriel pouvait ressentir les multiples sentiments qui envahissaient l’élue : la peur de quitter l’endroit qu’elle avait toujours connu, l’endroit où elle était en sécurité ; le bonheur à l’idée de retrouver son frère et son amour ; la crainte de les voir mourir sur le champ de bataille et d’affronter son premier combat.

Galadriel s’était approchée de la jeune femme sans que celle-ci ne s’en rende compte ; elle se plaça devant Cliolyn et posa ses yeux dans les siens.

- Tu es prête, dit Galadriel pour la rassurer. Je n’ai plus rien à t’apprendre désormais, poursuivit la Reine. Le temps des elfes est révolu, nous devons placer notre espoir dans les Hommes. Certes, ils sont faibles et parfois bruts mais ils sont remplis d’un courage sans faille. Le monde des Hommes va sans doute t’effrayer, au début, mais je sais que tu seras bien entourée, finit-elle par dire en souriant à Cliolyn, qui lui rendit son sourire.

La reine embrassa la jeune femme sur le front et lui transmit alors toute sa puissance, Cliolyn ressentit ce don en inspirant fortement et en le laissant prendre place dans tout son corps.

- Tu as maintenant tout ce qu’il te faut pour affronter ton monde, lui dit Galadriel. Monte te reposer, je viendrai t’adresser un dernier au revoir demain avant votre départ.


Cliolyn n’avait pas beaucoup parlé, écoutant avec attention les conseils de son mentor. Elle savait qu’elle allait les retrouver, et bien qu’elle fût emplie d’une grande joie à cette idée, elle ne put qu’éprouver une certaine tristesse. Elle savait que, retrouver sa place dans le monde des Hommes signifiait quitter celui de Lorien, ce monde qui l’avait sauvée et construite, et qui avait fait d’elle ce qu’elle était désormais.

Courage, ma sœur de cœur, entendit-elle dans sa tête, alors qu’elle observait de son balcon Vinésis et leur père décider des équipes qui partiraient pour le Rohan. Je crois en toi, et je sais que tu vas t’en sortir. Je continuerai à te suivre tant que je le pourrai, ajouta Arwen à l’attention de son amie.

Cliolyn souffla un merci entre ses lèvres, car elle savait que cette épreuve affaiblirait la femme qu’aimait tant son frère. Elle savait que cette guerre risquait de coûter la vie à son amie, et s’il y avait une raison, parmi les autres, pour laquelle elle n’arrêterait pas le combat, c’était bien pour garantir le bonheur de son frère aux côtés de la femme qu’il aimait plus que sa propre vie.

- Toi aussi tu mérites ton bonheur à ses côtés, intervint alors Haldir, qu'elle avait vu revenir dans le palais.

- Ada, tu as promis de ne pas lire dans ma tête tant que je ne pourrais pas lire dans la tienne, répondit Cliolyn sans se retourner. Tous ses sens semblaient être un peu plus en éveil à chaque instant.

Haldir s’approcha de sa fille et s’appuya sur le balcon pour admirer la nuit en train de tomber.

- Tu sais que cela me coûte de laisser ma fille quitter cette terre, expliqua-t-il. J’ai toujours su que ce moment arriverait, mais je n’aime pas savoir que tu vas devoir te battre. Même s’il restera à tes côtés, tout peut arriver, poursuivit Haldir.

Cliolyn savait en effet ce que cela coûtait à son père ; il l’avait adoptée tout de suite, avait veillé ses nuits si difficiles au début de sa guérison, car elle se battait contre un si grand mal. Il l’avait toujours encouragée, ayant vite compris qu’il ne servait à rien de brider son besoin d’indépendance. Il admirait le courage et le travail dont elle avait fait preuve pour arriver au même niveau d’agilité, de rapidité et de puissance que ses fils, malgré la fragilité de sa partie humaine et sa destinée. Elle avait toujours refusé de s’avouer vaincue quelle que soit la situation.

- Merci, Ada, répondit Cliolyn en posant sa main sur celles de son père. Sache que je t’aime, tu es mon père, tu m’as tant donné, je ne t’en remercierai jamais assez. J’ai peur, continua la jeune femme. J’ai peur de ce que je vais devoir affronter.

- Seul un idiot n’avouerait pas sa peur dans un moment pareil, la rassura son père. Et tu n’as pas à me remercier pour t’aimer. Mais nous ne pouvons arrêter les choses en mouvement, et ton heure est venue, mon enfant. Quoiqu’il puisse arriver, je serai toujours à tes côtés, tu pourras t’appuyer sur moi, de quelque manière que ce soit, conclua Haldir en embrassant sa fille sur le front, laissant durer leur étreinte, pour la rassurer et se rassurer lui-même de ce qui les attendait.

- Bonne nuit, mon enfant, prends toutes les forces que tu peux pour demain, dit Haldir en quittant sa princesse.

- Bonne nuit, Ada, répondit Cliolyn, je t’aime.


Le lendemain, Cliolyn fut réveillée par un bruit sourd de sabots et de saluts. Elle se leva et se précipita à son balcon. Hildris venait de rentrer de sa mission, et les elfes de Fondcombe arrivaient en masse dans la cour de Caras Galadhon. L’espoir emplit le cœur de la jeune femme.

- C’est l’heure, dit alors Galadriel qui avait franchi la porte de la chambre de Cliolyn.

La jeune femme enfilait déjà son pantalon, sa tunique et sa veste. Elle plaça le poignard, présent de la reine, dans sa jambière.

- Ceci est pour ton équilibre, poursuivit Galadriel en tendant à Cliolyn un autre poignard. Au vu du nombre de guerriers créés par le traître, il te sera plus que nécessaire, ajouta t-elle dans un sourire.

La reine des elfes enlaça alors la jeune femme comme rarement et, en lisant dans ses pensées, la rassura. Tu es digne de ces pouvoirs, n’en doute jamais. Tu dois encore trouver ce qui les développe, laisse-le entrer complètement dans ton cœur, tu n’en seras que plus puissante. Garde espoir, mon enfant.

Cliolyn sentit les larmes monter. Galadriel lui essuya les yeux, et la gratifia de son plus beau sourire.

- Bonne chance, aranel nel estel, namarie, (princesse de l’espoir, adieu) conclua-t-elle en lui caressant une dernière fois la joue avant de se diriger vers la porte de la chambre de Cliolyn.

Haldir salua sa reine et se posa dans l’entrebâillement de la porte :

- Tu es prête ? demanda-t-il à sa fille.

Cliolyn fit un signe de la tête.

- Vinésis a préparé les équipes, Majesté, dit Haldir. Hildris restera en Lorien pour défendre la forêt avec ses troupes. Nous sommes prêts, conclua t-il.

Galadriel approuva, adressa une dernière fois ses encouragements à son commandant et retourna à l’étage pour voir ses équipes partir depuis le balcon.


Cliolyn se leva et se plaça devant son père. Il ne dit rien, il lui prit juste la main pour lui donner tout le courage possible et ils descendirent ensemble les escaliers de marbre. Cliolyn souhaitait ne jamais oublier ces lieux, qui avaient vu sa jeunesse, son bonheur, ses doutes, ses peines s’exprimer. Sa destinée était devant elle, elle le savait, et elle n’était pas du genre à se retourner sur le passé.

Une fois arrivés au pont, personne ne disait rien. Tous avaient le cœur lourd, sachant ce qui les attendait. Cliolyn enlaça tendrement Hildris avant son départ.

- Nous adopterons un pas léger et d’allure normale, commença Haldir. Nous devons atteindre le gouffre de Helm avec la force de nous battre. Merci à tous de votre présence pour aider le monde des Hommes à survivre au mal qui touche toute la terre du milieu, conclua-t-il.

Le discours de son père émut Cliolyn. Il avait dit ce qu’il fallait, il disait toujours ce qu’il fallait. Son frère Vinésis et son ami Elros se placèrent à côté d’elle pour l’encourager dans cette marche qui lui faisait quitter sa maison, tandis que Hildris avait la main sur le cœur pour envoyer les derniers signes d’amour à sa famille.


La route se déroula bien, il n’y eut aucune embûche sur leur progression. Cliolyn fut surprise par la grandeur du fort qui se dressait devant eux et entendit un cor sonner, annonçant ainsi leur arrivée. Elle ne pouvait se concentrer pour localiser son frère, car tout se brouillait dans sa tête ; le fort était rempli de peur et de tristesse, qu'elle ressentait dans tout son corps. Haldir monta les marches qui menaient au centre du fort puis s’arrêta devant les escaliers menant à la salle royale. Cliolyn vit alors son frère descendre d’une telle force qu’elle en fut heureuse, il était sur pied et semblait aller mieux.

- J’apporte la parole d’Elrond de Fondcombe, commença Haldir. Autrefois une alliance entre les Hommes et les elfes existait, à cette époque nous avons combattu et péri ensemble. Nous sommes venus honorer cette allégeance, conclua t-il dans une révérence, la main sur le coeur.

Un homme qui semblait supporter le poids des années, qui devait être le roi Théoden, salua son père de la même manière, ne sachant que dire, restant stupéfait par les colonnes d’elfes qui étaient prêts au combat.

- Vous êtes plus que bienvenus, dit Aragorn en prenant Haldir dans ses bras, puis se replaça aux côtés du roi du Rohan.

Alors elle le vit et son coeur se remplit de joie. Legolas suivit Aragorn dans son geste et se plaça aux côtés de Haldir.

- Nous sommes fiers de nous battre aux côtés des Hommes, dit Haldir.

- Je devrais peut être me placer entre vous, lança alors Cliolyn, s’échappant de la colonne de garde. 


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