L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

14 une nouvelle amitié

Catégorie: T , 1464 mots
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Cliolyn commençait à émerger ; elle avait senti son corps s’affaiblir à la vision de son frère emportant le corps de leur père. Elle n’avait plus de force pour résister à toute l'émotion qu'elle ressentait et avait laissé le chagrin prendre le dessus. Cependant, elle n’avait pas rêvé, ni eu de visions. C’était peut-être le repos qu’elle méritait. Lorsqu’elle tourna la tête vers la fenêtre, elle le vit.

- Comment te sens-tu ? demanda Aragorn tout en tenant la main de sa sœur.

- Mieux, je crois, répondit Cliolyn en se redressant.

- C’est moi qui lui ai ordonné de quitter la pièce, dit Aragorn en s’asseyant aux côtés de sa sœur, lui permettant ainsi de poser sa tête sur son épaule. Il ne t’aurait pas quittée, il ne le voulait pas. Il n’a pas voulu s’opposer à moi, par respect, poursuivit-il.

- Car il redoute ta colère, dit Cliolyn.

Elle savait que c’était Aragorn qui les avait surpris au fort lors de leurs retrouvailles et elle concédait qu’il y avait mieux comme annonce et présentation de l’homme dont sa petite sœur était amoureuse.

- Je ne suis pas en colère, se défendit Aragorn. Je sais ce que ce sacrifice représente, j’ai toujours des doutes quant à votre avenir. Mais je l’accepte. S’il pouvait éviter de te bécoter sous mes yeux, je n’y verrais pas d’inconvénient bien sûr, avoua-t-il en embrassant sa sœur sur le front.

Cliolyn rit comme elle ne l’aurait pas cru être possible, au vue des derniers événements. Elle bouscula son frère d’un coup de coude.

- Ne sois pas trop dur avec lui, lui demanda Cliolyn. Je n’ai pas besoin d’une dispute entre vous maintenant, souffla t-elle.

Je sais, pensa Aragorn en serrant sa sœur dans ses bras. Je sais que tu n’es pas prête à en parler, pas encore. Mais sache que je t’aime et que je ne souhaite que ton bonheur ; je ne te demande pas de l’oublier, jamais tu ne le pourras. Mais avec le temps, la douleur s’atténuera. Tu dois continuer ton chemin et accomplir ta destinée, c’est ce qu’il aurait voulu.

Quelqu’un frappa et une jeune femme entra. A la vue d’Aragorn, son souffle se coupa. Cliolyn eut la même sensation, comme si elle avait pris la place de la jeune femme qui s’était figée devant son frère.

- Toutes mes excuses, mon seigneur, dit alors la jeune femme. Le roi m’a demandé d’aider la princesse à se préparer pour ce soir ; je lui ai apporté des tenues à ce propos, continua t-elle0

- Ne vous excusez pas, Dame Eowyn, annonça Aragorn en se levant. Je vous laisse entre filles. Je dois quant à moi détendre un jeune homme qui s’impatiente de revoir sa bien-aimée, finit-il par dire.

 Il déposa un dernier baiser sur le front de sa sœur avant de sortir de sa chambre.

- Comment pouvez-vous vivre comme ça ? dit Cliolyn à l’attention de la jeune femme.

- Je vous demande pardon ? répondit Eowyn.

- Je suis désolée, répondit Cliolyn. Je suis trop brutale. C’est juste que j’ai l’impression de ressentir tous vos sentiments, et vous êtes remplie d’une telle douleur à la vue de mon frère que c’est à la limite du supportable, continua t-elle.

Cliolyn ne savait pas ce qui lui arrivait, était-ce l’émergence d’un nouveau pouvoir ? Si c’était le cas, elle aurait aimé autre chose. Cela ne lui plaisait pas du tout, après avoir essuyé le chagrin de la mort de Haldir, elle souhaitait tout sauf être le berceau de la peine du monde.

- Vous avez le pouvoir d’empathie, j’ai lu que cela était permis chez les grands elfes de cette terre, répondit Eowyn. Vous êtes une des leurs ? Mais votre frère est …

Cliolyn interrompit la jeune femme d’un geste de la main.

- Je pue l’Uruk et la sueur, dit-elle. Aide-moi à me lever pour prendre un bain, et je te raconterai mon histoire, demanda-t-elle à Eowyn.

Eowyn était heureuse à cette idée et Cliolyn avait envie de faire confiance à cette jeune femme, car elles n’étaient pas tant différentes, elle le sentait. Et cela permit à Eowyn d’oublier, pendant un instant, qu’elle s'était trouvée si proche de l'homme qu’elle aimait en secret que cela lui coupait le souffle à chaque fois.


Eowyn écoutait attentivement chaque histoire de Clio, entre son arrivée à Caras Galadhon, sa formation au combat, le développement de ses pouvoirs et l’amour de Legolas.

- Il n’y a pas besoin de le savoir pour le ressentir, dit Eowyn en coiffant les cheveux de Cliolyn. Il suffit de voir comme il te regarde, s’il ne se retenait pas, il voudrait te prendre dans ses bras et ne plus jamais te laisser partir. Ce qui vous relie est extrêmement fort, continua Eowyn alors qu’elle avait remonté les mèches de Cliolyn sur le dessus de sa tête pour réaliser une tresse, qu’elle maintint avec la pince offerte par Galadriel. Cela est rare, cela ressemble à l’amour éternel de deux âmes sœurs, continua t-elle.

Cliolyn s’arrêta sur cette phrase : comment cela se pouvait-il ? Il était un elfe issu d’une lignée royale, elle à demi-humaine et vouée à un destin plus qu’incertain.

- Et voilà ! dit Eowyn en se levant. Si la princesse veut bien se donner la peine de s’approcher, continua la jeune femme en faisant la révérence après avoir approché le miroir.

Cliolyn la sermonna du regard, sur ce point elle ressemblait à son frère, elle refusait tout titre de noblesse. Elle était Cliolyn, juste Clio. Elle se leva et se vit, vêtue d’une robe bleu azur, tenue à la taille pour une large ceinture argentée, et coiffée d’un diadème blanc, étincelant dans ses cheveux dorés.

- Je pense qu’il va adorer, lui dit Eowyn en rangeant les accessoires et en se dirigeant vers la porte qu’elle entrouvrit. Elle se retourna alors vers Cliolyn, lui adressa un grand sourire et se retourna vers son amie :

- En parlant du loup … je le laisse entrer ? chuchota t-elle.

Cliolyn releva la tête et murmura un oui, s’il te plait. Elle ajouta un merci, Eowyn. La jeune femme fit la révérence pour agacer sa nouvelle amie une dernière fois et sortit.


Cliolyn s’était levée pour s’appuyer sur le balcon et respirer un brin d’air frais ; Legolas la vit alors de dos et en eut le souffle coupé. Elle est magnifique, pensa-t-il, ce qui maintint le sourire que Cliolyn avait depuis son entrée dans la pièce. L’elfe s’approcha de la jeune femme et l’enlaça tendrement.

- Je n’ai pas le cœur à la fête, dit Cliolyn, se retournant vers Legolas et posant sa tête sur son torse. C’est trop récent, poursuivit-elle.

Legolas lui fit délicatement lever le menton pour pouvoir poser ses yeux dans le regard de son amour.

- Je resterai à tes côtés, dit-il. Par respect pour le roi qui nous accueille, nous devons descendre. Nous remonterons quand tu le voudras., continua t-il avant d'embrasser Cliolyn qui lui rendit son baiser. Malgré le développement de plus en plus forts des sentiments, qu'il s'agisse des siens ou de ceux autour d'elle qu'elle avait la capacité de ressentir, la présence de Legolas l'aidait tant à trouver la force de les surmonter.

- Il n’aurait pas voulu te voir te morfondre, poursuivit l’elfe en invitant Cliolyn à sortir de la pièce. Il aurait voulu que tu profites de cette soirée. C’est également le souhait de ton frère, honore leur amour, viens avec moi, conclua-t-il dans un sourire pour l'encourager.

Les paroles de Legolas étaient toujours tellement rassurantes et justes. Il était capable de sentir la peine et le chagrin de Cliolyn, il savait quoi dire pour la faire sourire ou lui permettre d’avancer. Peut-être qu’Eowyn avait raison, peut-être qu’il était son âme sœur, pensa la jeune femme, se sentant plus légère désormais. 


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