L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

17 la passerelle

Catégorie: T , 1511 mots
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Cliolyn sortit précipitamment de la pièce et courut à travers les prairies du Rohan jusqu’à ce qu’elle sente ses poumons privés d’air. Elle s’arrêta subitement, s’agenouilla dans l’herbe et se mit à pleurer. De sa vision d’elfe, du haut du balcon, Legolas l’avait vue partir mais avait senti que de nombreuses pensées l’envahissaient. Il savait qu’elle lui parlerait quand elle serait prête. Il n’était pas en colère contre elle, il comprenait son besoin de solitude. Ce qu’il comprenait moins, c’était la réaction d’Aragorn. Pourquoi son ami s’était-il montré si dur avec sa sœur ? Pourquoi avait-il perdu espoir alors que la première bataille avait été gagnée? Car ce fut bien Aragorn et non Théoden qui fut le roi à ce moment.

Pendant ce temps, Cliolyn repensait à ce que Gandalf lui avait montré. Les paroles du magicien résonnaient dans sa tête. N’aie pas peur d’exploiter tous tes pouvoirs. Alors elle décida de s’y mettre. Elle devait savoir pour de bon jusqu’où elle était capable d’aller et de tenir. Elle se redressa, fit le vide dans sa tête et ferma les yeux. Elle se replongea dans la bataille, elle entendit le bruit des épées et des boucliers, elle sentit l’odeur de la peur et de la mort de plus en plus forte. Ouvrant les yeux, elle vit qu’elle avait réussi sa projection. Elle prit ses deux dagues et commença le combat. Ce fut comme si elle y était de nouveau, elle ressentait l’excitation de la bataille, le désir de tous les détruire, la rage de protéger les siens. Elle arriva à mettre à bas ses ennemis un à un, mais soudain un nouveau bataillon changea de direction et l’encercla. C’est maintenant qu’on va voir si j’en suis capable, se dit-elle. Cliolyn lança ses dagues dans le cœur de deux adversaires. Puis elle ferma les yeux, leva ses mains progressivement, sentant les armes qu’elles voulaient attraper se relever dans le ciel. Elle plia ses doigts un à un et ferma soudainement ses poings. Elle rouvrit les yeux : les armes avaient toutes atteints leurs cibles, sans exception, et ses adversaires étaient tombés. Le ciel s’éclaircit, le champ de bataille s’effaça pour laisser place à la prairie au milieu de laquelle elle se trouvait. Merci, Gandalf, murmura-t-elle avec un grand sourire. Elle avait été capable de gérer les nombreux pouvoirs qui grandissaient en elle, elle avait réussi, elle était tellement heureuse ; l’espoir renaissait en elle.


Son frère avait tout vu et n’en revenait pas. Comment cela était possible ? Il était passé à côté de tant de choses, il regrettait de l’avoir repoussée plus tôt ce matin. Mais il n’avait pas supporté ces sentiments de rage et d’impuissance qui l’avaient envahi, quand les images de la cité en feu s’étaient imposées à lui. Il avait eu envie de hurler, de taper dans tout ce qui se trouvait face à lui. Il décida de s’approcher de sa sœur. Cliolyn se retourna, car ses dons lui permettaient de sentir les choses, encore plus qu’auparavant. Elle lui adressa un grand sourire.

- Veux-tu que l’on s’entraîne ensemble ? lui demanda t-elle.

- Je crois que j’aurais presque peur, répondit-il.

Il hésita à la serrer dans ses bras. Cliolyn pouvait lire de nouveau dans sa tête et embrassa son frère sur la joue avant de le serrer dans ses bras.

- Je ne t’en veux pas, ne t’en fais pas, lui dit-elle.

- Je ne veux pas perdre le peu qu’il me reste, répondit Aragorn. Elle me manque tellement, et je sais que, plus le pouvoir de l’Unique grandit, plus elle est faible. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas revue, ni entendue, et mon cœur en souffre, continua t-il dans un sanglot.

 Cliolyn était tellement heureuse de ces confidences mais ne savait comment atténuer la peine de son frère. Pendant qu’elle-même grandissait avec le pouvoir de l’Anneau, Arwen s’affaiblissait, puisqu’elle avait fait don de son immortalité à Aragorn. Soudain, elle l’entendit. Je suis rentrée, je suis là. Laisse-moi lui parler, il a besoin d’espoir, mais j’ai besoin de toi Cliolyn, il faut que tu sois ma passerelle.

La jeune femme n’hésita pas un instant. Elle prit entre ses mains le visage de son frère, lui demanda de se taire et de fermer les yeux. Elle sentit alors que la princesse elfe était en train de passer dans sa tête, pour prendre sa place auprès de l’homme qu’elle aimait et pour lequel elle avait donné sa vie.

Courage mon amour, la fin est proche, dit alors Arwen. Cliolyn se décala sur le côté, tout en restant concentrée, car de sa force dépendait le maintien de ce moment. Et elle ferait tout pour qu’il soit le plus long possible, son frère le méritait. Elle observait avec tant de bonheur le sourire de son frère face à la vision de sa bien-aimée, les yeux toujours clos. Tu ne peux perdre espoir, pas maintenant. Je vis en toi et j’y serai toujours, poursuivit Arwen en caressant la poitrine d’Aragorn. Notre bonheur est possible, je l’ai vu, tout n’est pas perdu. Nous nous retrouverons, quoiqu’il puisse arriver, je serai une flamme dans ton cœur, pour toujours. Arwen embrassa tendrement Aragorn qui lui rendit son baiser ; Cliolyn se sentit faiblir, elle tomba à genoux, mais refusa d’abandonner. Legolas les avait retrouvés mais était resté en retrait jusqu’à ce moment ; il se précipita vers Cliolyn pour la retenir.

- Je dois tenir, expliqua Cliolyn, pour lui, pour eux, je dois tenir. Elle passe par moi pour lui accorder ce moment, je ne peux pas lâcher, souffla t-elle.

Ouvre lui ton cœur, laisse-le y entrer, laisse-le être ton encre. Les paroles de Gandalf résonnaient en Cliolyn, qui se retourna vers son amour. Tu as confiance en moi, lui demanda t-elle par la pensée. Ear neen an-uir nin, pour toujours et à jamais, répondit l’amour de sa vie. Alors Cliolyn prit dans ses mains celles de Legolas et s’imprégna de sa force. Le jeune elfe sentit son souffle se couper et ferma les yeux, il n’avait pas peur, il avait confiance en elle. Cliolyn referma les yeux pour se concentrer et maintenir ainsi la passerelle, ce qui permit à Arwen de poursuivre ses encouragements envers son amour.


Aragorn resta un moment debout, sans rien dire, les bras pendants, repensant à ce qu’il venait de vivre. Elle était en vie, elle n’était pas partie, elle était revenue pour lui, pour son amour, pour leur avenir. Elle gardait et garderait espoir jusqu’à la fin. Ceci le remplit de bonheur et de tristesse en même temps, lui rappelant qu’elle avait donné sa vie pour lui. Il ne pouvait donc pas abandonner ni perdre espoir, par respect pour son geste. Il rouvrit les yeux et se tourna vers sa sœur qui discutait à voix basse avec Legolas. Elle avait finalement pris le même chemin que lui, elle était tombée amoureuse d’un elfe, au sang pur, doté de la vie éternelle. Mais sa sœur ne s’inquiétait pas de ce que cela pouvait signifier, ou du moins elle ne le montrait pas. Elle continuait son ascension pour se préparer au moment qu’il avait tant redouté depuis toujours. Aragorn s’approcha de Cliolyn, qui lui sourit.

- Merci, petite sœur, dit-il en l’embrassant sur le front. Je n’avais pas besoin d’autre chose. J’espère que cela ne t’a pas trop fatiguée, continua t-il en l’enlaçant.

- C’était un plaisir, répondit Cliolyn, profitant de ce moment. Je sais ce dont je suis capable et j’ai trouvé ma force, poursuivit-elle en tournant la tête vers Legolas.

Aragorn décida de laisser les deux jeunes gens ensemble et retourna vers le palais.

Legolas avait de nouveau pris sa bien-aimée dans ses bras :

- Je suis tellement fier de toi, dit-il en déposant un baiser dans son cou.

- J'ai ressenti tant de choses, tu as accepté ma requête sans savoir où je t’emmenais, poursuivit-elle en se retournant pour placer ses bras autour de son cou.

- Mon cœur est tien, je t'aime, dit Legolas avant de l'embrasser.

Cliolyn lui rendit son baiser et tous deux profitèrent de ces derniers moments de bonheur et de tranquillité avant de faire face, ensemble, à ce qui les attendait.


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