L'espoir de la prophétie par

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Deviation / Drame / Romance

21 la prophétie s'accomplit

Catégorie: T , 2564 mots
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Cliolyn ouvrit les yeux et mit du temps à réaliser où elle se trouvait : une immense chambre faite de murs blancs, et baignée de lumière, avec un balcon lui donnant vue sur la cour centrale du palais. Des drapeaux argentés avec l'arbre blanc du Gondor ornaient les murs et le sol. Ils avaient donc réussi : Aragorn et elle étaient de retour chez eux. Cliolyn n’avait pas connu longtemps la cité blanche, mais ressentait l’importance qu’elle représentait aux yeux de son frère, elle avait le réel sentiment d’être chez elle. Lorsqu’elle se redressa, elle vit face à elle Gandalf, le magicien blanc, assis sur une chaise et son regard plongé dans le sien, comme à son habitude.

- Bonjour, mon enfant, comment te sens-tu ? lui demanda Gandalf.

- Je vais bien, je crois, répondit Cliolyn.

Puis, se remémorant les événements, elle allait poser la question quand surgit de la porte celui pour qui elle venait de s’inquiéter. Legolas s’était précipité et venait de la prendre dans ses bras d’une telle force qu’elle ne pouvait ressentir que son amour, malgré la peine qu’il avait endurée durant le sommeil de sa bien-aimée.

- Je vais bien, le rassura Cliolyn. Es-tu guéri ? lui demanda t-elle.

Legolas l’embrassa, comme pour traduire sa réponse.

- Si tu l’es, il l’est également, dit Gandalf.

Cliolyn s’assit sur le bord du lit face au magicien.

- Il est temps de tout nous révéler, lui intima-t-elle. Mais d’abord, dites-moi si vous l’avez trouvée, si elle va bien, poursuivit Cliolyn.

- Grâce à ton message, Eomer l’a retrouvée et Aragorn a pu la faire revenir parmi nous, dit Gandalf. Eowyn est en vie. Et pour le reste, tu as entièrement raison, poursuivit le magicien.

Legolas s’assit alors à côté de Cliolyn sans lâcher ses mains.

- Entre vous deux existe un lien plus fort que tout, qui n’est pas permis de voir entre tous les couples sur cette terre, commença le magicien. De par son rôle d’élue, et de par ses capacités elfiques, l'amour que ressent Cliolyn décuple ses pouvoirs. Ainsi, lorsque vous êtes tombés amoureux, cela n’a fait que les accroître. Car oui, Cliolyn, tes pouvoirs sont liés à tes sentiments. Pour certains, c’est une source de faiblesse ; dans ton cas, ils font ta force.

Gandalf fit une pause car Aragorn venait de pénétrer dans la chambre. Il décida cependant de ne pas couper le magicien dans ses explications.

- Le pouvoir des âmes sœurs est certes un grand cadeau dans ton destin, Cliolyn, poursuivit Gandalf. Legolas a toujours ressenti ce qui t’animait : tes peines, tes joies, tes peurs, ta tristesse. Cela a été d’un grand secours dans certaines situations. Cependant, comme tu as pu le remarquer, s’il arrive quelque chose à l’un, la même chose est affligée à l’autre, conclut le magicien.

Gandalf soutint alors le regard de la jeune femme qui ne put que poser sa main sur sa hanche, guérie désormais.

- Bien qu’Haldir t’ait fait un don plus qu’incroyable, ce qui t'a permis de survivre hier, je ne peux garantir que la prophétie ne se déroule … commença Gandalf.

Il coûtait au magicien de finir sa phrase : il se refusait d’y croire, il refusait de prononcer les mots qui lui laissait imaginer la perte de sa protégée. Il l’avait sauvée deux fois auparavant, et il ne voulait pas se résoudre à échouer cette fois, cette ultime fois. Le destin de la terre du milieu dépendait de sa survie, et la transmission de sa magie en dépendait également, mais cela il ne pouvait le dire, pas encore, les choses n'étant pas certaines.

- Comme prévu, conclut alors Cliolyn qui était restée silencieuse jusqu’à maintenant. Et si je ne survis pas …

- Legolas te suivra dans la mort, acheva Aragorn.

Son ton était celui d’un frère, d’un ami et d’un roi en même temps. En s’attardant sur le regard de son frère, Cliolyn vit alors qu’il lui manquait quelque chose. Elle ne sut dire quoi, c'était comme s'il avait perdu l'éclat de son visage, jusqu’au moment où elle pencha les yeux vers son cou : le pendentif d’Arwen avait disparu, son frère ne s’en séparait pourtant jamais. La vision dans laquelle elle avait été transportée quelques jours plus tôt s’était donc réalisée. Cela la désorienta, elle sentit une immense tristesse l’envahir, que Legolas ressentit également. Il prit Cliolyn dans ses bras pour qu’elle pose sa tête sur son épaule.

- J’ai réuni le conseil, dit alors Aragorn, s’approchant pour se tenir aux côtés de Gandalf. La décision a été prise : nous irons devant la porte noire, afin de provoquer une dernière fois Sauron, pour aider Frodon dans sa progression. L’anneau est toujours entre ses mains, cela est une certitude, poursuivit Aragorn. Nos forces se regroupent, nous partirons d’ici peu.

- Alors mon destin arrive enfin, finit par dire Cliolyn. S’il faut rendre aveugle Sauron à toute autre chose en mouvement, je peux y mettre du mien également, conclut-elle en adressant un sourire à son frère.

Sur ses paroles, elle sentit Legolas trembler mais il ne la lâcha pas. Gandalf se leva et prit les mains de Cliolyn dans les siennes :

-Je n’ai plus rien à t’apprendre désormais, dit-il. Je ne peux te donner que l’espoir que j’ai en toi depuis le premier jour de notre rencontre, princesse Cliolyn, conclut-il en l’embrassant sur le front. Je vous sauverai une nouvelle fois avec ce don, pensa-t-il. Venez, roi Aragorn, laissons-leur un dernier moment.

Cliolyn sentait dans sa main quelque chose, mais ne voulut l’ouvrir tout de suite. Aragorn la regarda de son regard perçant, mais sut que son moment serait pour plus tard et suivit Gandalf.

Cliolyn ouvrit enfin la main, ses yeux se portèrent sur l’anneau de feu, Narya, l’un des trois. Legolas était aussi ébloui qu’elle, tandis que résonnait dans la tête de Cliolyn la phrase du magicien, souvent, l’espoir s’embrase dans les flammes. Alors elle sut qu’il y avait bel et bien un espoir de sortir de son tragique destin.

- Je ne comprends pas, dit enfin Legolas.

- Gandalf n’a pas le pouvoir de s’opposer à Sauron, répondit Cliolyn. S’il y a une personne qui le peut, c’est moi, poursuivit-elle. Mais, dans cette quête, tu dois savoir ce que tu risques, poursuivit la jeune femme en regardant l’homme qu’elle aimait et qu’elle ne voulait et ne pouvait pas perdre.

- Alors ne mets pas cet anneau à ta main gauche, mon ange, répondit Legolas.

Il s’était levé, et avait pris dans sa poche une boite blanche, sur laquelle était dessiné l’arbre blanc du Gondor.

- Ton frère a accepté ma demande, j’espère que tu diras oui, se lança Legolas en mettant un genou à terre et en prenant la main gauche de Cliolyn. Accepte de m’épouser, poursuivit-il. De toute façon, si tu ne survis pas à cette quête, nous savons maintenant que tu m’emporteras avec toi.

Il entreprit d’insérer la bague au doigt de Cliolyn, bague que le père d’Aragorn avait gardée pour sa fille durant tout ce temps, en espoir de son retour et de sa survie.

- OUI !! cria alors Cliolyn avec un grand sourire. Elle se redressa et mit ses mains autour du cou de Legolas.

- Ear neen an-uir nin, pour toujours et à jamais, je t’aime, oui, répéta-t-elle avant de l’embrasser . Ainsi eurent-ils leur dernier moment d’amour.


Allongés côte à côte, ils ne se quittaient pas des yeux ; Legolas caressait les joues de Cliolyn, qui ne pouvait s’empêcher de sourire à chaque regard vers sa main gauche, vers cette magnifique bague en or ornée d’une émeraude en son centre. Elle avait bien sur mis l’anneau de rubis à sa main droite.

- N’aie pas peur de me le demander, dit alors Legolas en embrassant Cliolyn sur le front. Après tout ce que nous avons vécu, tu sais que la réponse est oui.

- La dernière fois, ce n’était pas pour te vider de ton énergie, répondit Cliolyn. Si tu es mon encre dans cette épreuve, je risque de te prendre ta force, ton âme et ta vie.

Legolas se pencha un peu plus au-dessus de Cliolyn et l’embrassa :

- Tu sais que tu as déjà tout cela car tu possèdes mon cœur, dit-il. J’ai confiance en toi, je suis prêt à cela.

Autant en finir maintenant afin d’avoir toute l’éternité pour nous, pensa Legolas en serrant sa femme dans ses bras. Il embrassa Cliolyn sur le front et se recula, car Aragorn venait d’entrer.

- Legolas, nous sommes prêts, dit-il.

- Je sais, répondit son ami en se levant, imité par Cliolyn.

Legolas la serra une dernière fois dans ses bras, Je t’aime ma femme, reste en moi et reviens-moi, ou je viendrai te tuer moi-même, lui dit-il à travers sa pensée.

Cliolyn embrassa une dernière fois son amour. Puis son frère s’approcha d’elle et lui prit les mains dans les siennes.

-Je ne sais pas par quoi commencer, petite sœur, dit alors Aragorn.

- Ne dis rien, et prends-moi dans tes bras, l’incita Cliolyn. Au fond de ton coeur tu sais qu’elle est en vie, une vie de mortelle désormais, mais tu la reverras, poursuivit-elle. Et vous pourrez être heureux, profiter de votre vie et avoir votre fils et des filles.

- Tu as toujours les mots qu’il faut, répondit-il. Je ne sais que croire, mais s’il y a bien une chose en laquelle je crois, c’est ta force, Clio. Et l’amour que te porte Legolas est plus fort que tout, j’ai donc espoir que tu sois là à notre retour. Il est temps.

Aragorn embrassa sa sœur sur le front et sortit, après s’être retourné pour lui adresser un dernier sourire.


Ainsi Cliolyn vit-elle les deux hommes de son cœur s’éloigner, sur un pas léger en direction d’une terre hostile et remplie de l’odeur de la mort. Elle s’approcha de la porte de sa chambre et demanda à ses gardes que personne ne rentre tant qu'elle n’en avait pas donné l’ordre, pas même leur roi.

 Elle s’installa au milieu de la pièce, s’assit sur le sol, croisa les jambes et posa ses mains sur ses genoux. Elle avait placé des bougies autour d’elle et les alluma d’un geste de la main. Alors elle ferma les yeux, se concentrant pour lâcher sa protection. Il ne mit pas longtemps à s’installer dans sa tête.

Tu te montres enfin raisonnable, il était tant. Pendant que ton frère défit mes troupes, tu te rallies à moi pour les sauver.

- Plutôt mourir ! Hurla Cliolyn. Son bouclier de protection se développait déjà autour d'elle.

Alors tu vas mourir, tout comme ceux que tu aimes, et toute vie sur cette terre. Je t'emporterai au fond du trépas et je gouvernerai tout sur cette terre.

- Pas si je t'emporte avec moi!

La force de vaincre de Cliolyn était telle qu'elle s'était redressée. Son bouclier s'étendit telle une bulle la protégeant du mal, et des parcelles de lumière jaillirent autour d'elle. C’est alors qu’elle les vit autour d’elle : son père et sa mère, Haldir et tous ceux qui n’étaient plus sur cette terre. Des personnes qu'elles ne connaissaient pas, des puissances des temps anciens, entourant tous leur espoir de leur protection,. Elle apercevait également en projection la Dame Galadriel, venue apporter son dernier soutien à sa protégée.

- Courage mon enfant, dit alors sa mère. C’est le moment, nous sommes là, à tes côtés.

- Je suis fière de te revoir, mon enfant, lui dit son père. Dis à ton frère qu’il est digne de ce trône, et que je lui donne ma bénédiction, il sera un si bon roi. Quant à toi, je te félicite, il est digne de ta pureté et de ton amour.

- C’est le moment, ma fille, poursuivit Haldir. A toi de le détruire pour de bon, avec nous et avec tes pouvoirs, tu peux le battre.

- Ne doute pas de toi, conclut Galadriel. Nous serons avec toi jusqu'à la fin.

Alors, Cliolyn se sentit animée d’une telle force qu’elle se laissa envahir par tous ses pouvoirs, toute cette magie et tout l’amour de ses proches. Sa force était telle que ses pieds décolèrent du sol, une aura de pureté et de magie l’envahissant. La diversion d’Aragorn avait permis à sa sœur de se préparer à l'ultime combat, ainsi quand Sauron revint se concentrer sur l’esprit de Cliolyn pour lancer son attaque, elle répliqua d’avance en lâchant tous ses pouvoirs. Un immense fluide blanc s’échappa des mains de Cliolyn et bloqua le feu du Mal. Son bouclier tenait, elle arrivait à le repousser, le feu de Sauron réduisait en intensité et il semblait reculer vers sa tour, mais il était puissant, et Cliolyn dut puiser dans toutes ses forces.

Du côté de la porte noire, Legolas avait ressenti l’affaiblissement de Cliolyn car il se sentait faible lui aussi. Maintenant, pensa-t-il, j’ai confiance, fais-le, je t’aime.

Alors la jeune femme se projeta dans la tête de son amour, prit toute la force qu’il lui donnait et relança l’assaut, son bouclier se développant de nouveau ce qui permit de contrer la nouvelle attaque et de repousser Sauron. Cliolyn arriva à faire reculer Sauron Malgré sa puissance, son feu n'atteignit pas la jeune femme et réduisit de plus en plus. Quand soudain, Cliolyn ressentit enfin l’affaiblissement de son adversaire. Elle avait entendu le cri strident de Sauron et avait vu, dans le même temps, la chute de l’anneau dans la montagne du destin. Cette vision lui avait fait baisser sa garde, et Sauron lança un dernier assaut avant de disparaître, pour toujours. Bien que les gardiens de Cliolyn se soient précipités dans le feu, une infime partie du sort de Sauron avait touché Cliolyn, laissant la jeune femme s’effondrer sur le sol, inconsciente.


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