L'espoir de la prophétie par

0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Deviation / Drame / Romance

32 la tourmente des couples

Catégorie: T , 1806 mots
0 commentaire(s)

Les jours et semaines qui suivirent permirent d’embellir Minas Tirith. L’arrivée de la princesse de Fondcombe et désormais reine du Gondor avait adouci les habitants et une ambiance heureuse régnait dans la cité blanche. Arwen avait tenu à découvrir chaque niveau et chaque commerce qu’abritait la ville, sa ville désormais. Cliolyn était plus qu’heureuse de l’accompagner à chaque balade, elle tenait sérieusement son rôle de princesse du Gondor, et les deux jeunes femmes ne laissaient que sourire et joie derrière elles.


Cela permettait aussi à Cliolyn d’éviter Legolas. Bien qu’elle n’ait jamais cru cela possible, il était devenu inquiet de tout depuis leur retour de la forêt noire et maintenait une pression insoutenable sur Cliolyn.

Cela avait commencé à la soirée de mariage d’Aragorn et d’Arwen, et aux jours de fête qui suivirent. Il surveillait ses boissons et son repas. Lorsqu’il l’avait vu danser avec Arwen et son amie Eowyn en sautillant sur place et en tournant sur elle même les yeux fermés, Legolas était venu l’interrompre pour lui demander de s’asseoir, elle ne devait pas faire cela dans son état. Plus sa grossesse avançait, moins Legolas la laissait respirer. Depuis quelques semaines, il la sermonnait pour qu’elle arrête les balades à cheval et reste au sein du palais.

- Ne lui en veux pas, il ne sait pas comment gérer son stress, dit Arwen en sortant Cliolyn de ses pensées. Je sais que c’est tendu en ce moment entre vous.

- Comment ? Il t’en a parlé ? demanda Cliolyn.

- Non, répondit Arwen. Votre dispute d’hier soir a juste résonné jusque dans notre chambre, continua Arwen en souriant à son amie.

Effectivement, la soirée précédente avait été plus qu’agitée, bien plus que les précédentes. Cliolyn, ne supportant plus d’avoir Legolas sur son dos à longueur de journée depuis des jours, s’était emportée et avait fui la cité à cheval, sans prévenir quiconque. 

- Tu es complètement inconsciente !! Partir ainsi, sans ton frère, sans garde, mais que se passe t-il ? Tu aurais pu te blesser ou être attaquée ! Hurlait Legolas les mains sur la tête. Je ne te comprends plus, je n’aime pas ce climat, mais que nous arrive t-il ? continuait-il en s’approchant de Cliolyn pour prendre ses mains dans les siennes.

- Ne me touche pas ! avait alors répliqué Cliolyn. Il se passe que tu te comportes avec moi comme si j’étais une enfant ! Je vais bien, je fais attention, n’en doutes pas. Jamais je ne risquerai de faire quelque chose qui leur couteraient, tu le sais bien, alors pourquoi agis-tu comme si j’allais tomber à chaque pas ? poursuivit Cliolyn en pleurs. 

Et pour la première fois depuis tout ce temps, elle avait réactivé son bouclier. Mais ses pouvoirs étaient inconstants depuis sa grossesse et son action n’eut pas l’effet escompté : sa puissance entraîna un jet de lumière qui projeta Legolas contre la porte de la chambre. 

- Dis-moi que tu n’as pas fait cela volontairement, Cria Legolas en se relevant. Tu ne contrôles plus tes pouvoirs, Clio, tu ne maîtrises plus ce que tu fais, il faut que tu t’arrêtes ! 

- Je m’arrêterai lorsque tu arrêteras de me traiter comme si j’étais faite de verre ! hurla Cliolyn en le poussant pour ouvrir la porte de la chambre et s’enfuir. 

La dispute avait résonné dans le château, et Aragorn était déjà dans le couloir lorsqu’il vit sa sœur courir en larmes vers l’arbre blanc. Legolas n’avait pas tenté de la rattraper, cela ne servait à rien, il était appuyé contre la porte et ne pouvait retenir ses larmes. Aragorn avait alors décidé de rester le reste de la soirée avec son ami pour l’écouter, le rassurer et le conseiller, car il connaissait sa sœur et son caractère. 

Cliolyn ne voulait quant à elle voir personne. Les paroles de Legolas résonnaient dans sa tête, elle ne maitrisait en effet plus grand-chose depuis quelques temps, la moindre remarque la faisait s’emporter. Et en effet, ses pouvoirs étaient devenus incontrôlables dernierement. A chaque tentative de projection, elle faisait tomber du ciel de la pluie ou de la neige. A chaque tentative de télékinésie, les objets qu’elle tentait d’approcher d’elle ou d’envoyer dans une direction donnée finissaient en se désagrégeant en bouquet de fleurs ou en se transformant en oiseaux. Elle n’arrivait plus à lire dans les pensées, tout était brouillé. Mais elle était encore plus choquée d’avoir dirigé son pouvoir contre Legolas, son mari, son âme sœur, le père de ses enfants, qu’elle redoutait que cela ait changé les choses entre eux. Cliolyn avait peur qu’à la naissance des enfants, rien ne soit comme avant et qu’ils ne s’éloignent l’un de l’autre.

- Il t’aime au-delà de ce qui est possible, entendit-elle.

Cliolyn releva la tête au dessus de l’arbre et vit alors la silhouette de l’homme qui l’avait elevée comme sa fille flotter dans le ciel et qui était le premier homme de son coeur.

- Ne lui en veux pas de te protéger, lui aussi est inquiet à l’idée de cette naissance, poursuivit Haldir en souriant à sa fille. Crois en toi, crois en vous, ne doutez pas de votre amour. Vos enfants sont voués à de grands desseins, il faudra être unis face à leurs destinées, alors ne le rejette pas, ajouta Haldir en souriant à sa fille.

Cliolyn ne disait rien mais ne cessait de pleurer, elle sentit de nouveau ses pouvoirs monter en elle. Elle voulait les arrêter mais ne put les retenir, elle ferma les yeux et sentit une main lui caresser la joue.

- Ce n’est pas toi qui les diriges, disait Haldir en essuyant les larmes de sa fille. Legolas est dépassé par tout ce qui se passe, et toi aussi. Vous n’avez juste pas la bonne méthode pour vous le dire, conclua Haldir en embrassant sa fille sur le front et en refermant ses bras autour de Cliolyn. Bien qu'il ne soit plus là, Haldir avait toujours su revenir dans l'esprit de Cliolyn lorsqu'elle perdait espoir, pour dire ce qu'il fallait, il lui montrait ainsi, une nouvelle fois, la voie à suivre. 

En revenant au château, elle voulut s’arrêter dans la chambre de son frère mais se ravisa. Elle ne voulait pas imposer sa détresse à ce dernier, l’amour de sa vie était de retour et il était le plus heureux des hommes. Il n’était pas question qu’elle lui enlève ce bonheur, elle devait faire face à sa vie de couple. Quand elle arriva dans sa chambre, Cliolyn ne trouva personne. Elle s’allongea alors sur le lit, si épuisée qu’elle ne prit pas la peine de retirer ses vêtements et s’endormit aussitôt. Legolas l’avait trouvée ainsi et s’était allongé délicatement à ses côtés, posant ses mains sur le ventre de sa femme. Ainsi les pouvoirs de Cliolyn se réactivèrent, mais cette fois le bouclier entourait les deux futurs parents d’une lumière blanche.


- Tu sais que tu trouveras toujours en moi l’épaule dont tu auras besoin, dit Arwen en sortant de nouveau Cliolyn de ses pensées. Et je te rassure, nous aussi il nous arrive de ne pas toujours être d’accord, c’est le jeu du couple. Il ne faut pas vous éloigner, vous devez tout vous dire, même si certaines choses ne sont pas toujours agréables à entendre, poursuivit-elle.

Arwen décida de se diriger dans une ruelle qui permettait de regagner la cour du palais en faisant un détour que personne n’empruntait.

- Il n’y a personne ici, donc dis-moi enfin ce qu’il vous arrive, l’encouragea Arwen. 

Cliolyn restait silencieuse, les larmes commençaient à couler, Arwen la prit alors dans ses bras.

- Est-ce que tu penses que, si je t’annonce que je te rejoins dans le clan des futures mamans, cela te rendra ton sourire ? annonça Arwen en prenant le menton de Cliolyn pour lui faire relever la tête. Il ne le sait pas encore, ajouta t-elle.

Cliolyn était sous le choc, et effectivement cela permit de lui rendre son sourire. Elle serra son amie dans ses bras :

- Toutes mes félicitations, il en sera tellement bouleversé, je suis très heureuse pour vous. J’ai si peur, commença t-elle sans lâcher Arwen. J’ai peur qu’il ne soit plus comme avant, j’ai peur qu’il soit aussi protecteur avec eux. Je sais qu’au jour d’aujourd’hui rien ne nous menace mais j’ai tellement peur que quelque chose ne survienne sans que nous pussions faire quoique ce soit. Je ne veux pas que notre amour s’éteigne, je me sens si différente, je ne maîtrise plus grand-chose et cela m’inquiète, poursuivit Cliolyn en recommençant à pleurer.

- Tu ne sais pas comment lui dire, et lui ne sait pas comment être avec toi, commença Arwen en caressant les cheveux de son amie. Il t’aime et t’aimeras jusqu’à son dernier souffle, et il continuera à t’aimer aux valars quant il t’y rejoindra, continua Arwen. Vos enfants vous demanderont certes beaucoup, et vous ne pourrez vous empêcher de vous faire du souci pour eux, chacun à votre façon, mais vous ne devez en aucun cas vous éloigner l’un de l’autre, conclua Arwen doucement.

Arwen fit lever la tête de Cliolyn et lui adressa un sourire.

- il faut que vous vous retrouviez, il faut que vous vous parliez de nouveau, tu ne peux plus le rejeter ainsi, l’encouragea t-elle.

Cliolyn sourit et avoua enfin à son amie :

- C’est ce qu’il m’a dit, j’ai vu Haldir hier à la suite de notre dispute, je ne saurais dire si c’était une projection ou un semi-rêve, mais il était là, dit Cliolyn.

- Et il sera toujours là pour toi, répondit Arwen en déposant un baiser sur le front de son amie. Allons retrouver nos hommes, poursuivit-elle en prenant Cliolyn par le bras, pour l’encourager de retourner au palais.

0 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?