Le Rempart des Hommes

Chapitre 0 : Chapitre Prologue

558 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 15/11/2020 18:44

Le Rempart des Hommes

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Chapitre Prologue

- L'homme qui fuyait -

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Un homme courait.


Où? Il l'ignorait.


Sa destination n'avait aucune importance. Ses mouvements étaient guidés par une force inconnue vers un endroit qui l'était encore plus.


Ses jambes étaient las, fatiguée d'une course dont, pensait-il, dépendait sa vie.


Le soleil s'était à peine couché quand lui et les siens, dormant auprès du feu, furent réveillés par des cris.


D'affreux cris qui leur glaçaient le sang.


À peine avaient ils eu le temps de bouger que les flammes cessaient de vivre et plongeaient le camp dans la nuit noire de l’hiver.


Aussitôt, il avait répondu à une pensée qui le fit courir, loin de ses compagnons livrés à un sort sordide.


Obéissant à cette volonté plus forte que lui, il n’avait pour dernier souvenir que des hurlements d'agonies, ceux de ses hommes promis à un destin dont il ne voulait pas faire partie.


Ses mains serraient le seul bien qu'elles avaient attrapés, un arc long et fin.


Elles l'empoignaient comme s'il avait été sont bien le plus précieux.


Paniqué, apeuré, il se réconfortait en pensant que cet objet lui serait plus utile que des camarades, ceux la même qu'il avait abandonnée.


Cette pensée à leur égard le mettait mal à l'aise. Il se souvenait encore des injures à sa personne, le traitant de lâche, de traître et de parjure.


Était-ce un crime de vouloir rester en vie?


La question le fit s’arrêter brutalement, soudain prit de réel remord.


Non, se disait-il car seule sa vie était précieuse puisqu'il en était le maître.


Puis il entendait le léger craquement d'une branche, quelque part derrière lui.


Il se pétrifiait de terreur quand ses yeux de brun sombre contemplaient une ombre, haute et menaçante, si peu visible qu'il ne parvenait pas à la décrire.


De nouveau prit par l'envie de vivre, il courait mais ne fit pas plus de deux pas avant que la réalité ne le rattrape.


Ses jambes s’effondraient, l’entraînant avec elles au sol, écrasant sont visages contre une motte de neige.


Se relevant sur ses genoux, sa bouche poussait des hurlements car il voyait l'ombre s'avancer, à pas de loup.


Son esprit lui sommait de courir mais ses jambes l'en empêchaient. C'était comme s'il n'en possédait plus.


Alors il rampait, usant de ses mains pour agripper le sol gelé et se traîner, ce qui arrachait au passage ses ongles attaqués par le froid des nuits précédentes.


Avec une peine immense, il put gagner un mètre bien que cela ne fit plus aucune différence.


Lentement, l'ombre approchait, salivante à l'idée de cette proie désormais inoffensive.


L'homme au sol avait laissé tomber son arc qui était désormais fendu. Sans les confronter, il sentait des yeux malsains le scruter, évocateur de désirs pervers.


Il ne cessait pourtant pas de ramper, convaincu que son seul espoir d’échapper au même destin de ceux qu'il avait laissés résidait en chaque mètre gagner par ses bras.


Il était pourtant trop tard.


L'ombre bondissait et s'abattait sur lui.


L'homme fuyait.


Où? Il l'ignorait mais il y trouvait le destin auquel il souhaitait se dérober.

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