Hello lecteur !
Voici un petit résumé rapide des personnages rencontrés jusqu’à maintenant et ceux qui vont apparaître dans le chapitre 4, pour ceux qui sont intéressés. Sinon le chapitre 4 est un peu plus bas ! Bonne lecture.
Talion (L’immortel) : Rôdeur du Gondor en poste à la Porte Noire, Talion vivait avec sa famille dans un avant-poste exposé aux forces de Sauron. Après que sa femme, Ioreth, et son fils, Dirhael, furent assassinés par les serviteurs de l’Ombre, il fut ressuscité et lié au spectre elfique Celebrimbor, héritant d’une soif de vengeance et de pouvoirs surnaturels. Talion est un homme sombre et implacable, hanté par la mort et la trahison, utilisant sa maîtrise du combat et de la domination pour traquer et dominer les Uruks. Son objectif reste centré sur la protection des innocents et la recherche du Palantír, tout en naviguant entre alliances fragiles et confrontations mortelles, et en entretenant des liens complexes avec Idril et Arachne.
Ioreth : Femme de Talion, a été assassiné à la Porte Noir. Il a gardé d’elle sa cape grise qui porte sur ses épaules. “L’étreinte de Ioreth”, fait d’un tissu elfique résistant, elle lui a offert pour leur premier anniversaire de mariage.
Dirhael : Fils de Talion et Ioreth, assassiné à la Porte Noir. Lors de sa mort, l’épée de son fils, “Acharné” à été brisé et Talion la récupéré s’en servant de Dague pour garder un peu de son fils avec lui.
Celebrimbor : Esprit elfique lié à Talion, Celebrimbor est le forgeron légendaire des Anneaux de Pouvoir, autrefois dupé par Sauron. Il guide et hante Talion, oscillant entre mentor et force manipulatrice. Sa présence est glaciale et calculatrice, motivée par la recherche du Palantír et le désir de vengeance contre Sauron, mais ses méthodes sont souvent impitoyables, contraignant Talion à accomplir des actes sombres. Leur relation est marquée par la tension : alliance nécessaire, mais fragile, où méfiance et dépendance s’entrelacent.
Ratbag : Uruk rusé et manipulateur, il sert d’espion pour repérer les capitaines d’Ushak et recueillir des informations, oscillant entre lâcheté et opportunisme. Malgré son statut de subalterne, il possède une certaine intelligence tactique et un humour grinçant qui contraste avec la noirceur des événements. Sa survie dépend de l’autorité de Talion et de la loyauté imposée par Azutra, mais il reste capable de choisir ses propres moments pour trahir ou s’échapper.
Arachne : Dernière-née d’un mal ancien nommé Ungoliant, Arachne est l’ancêtre de nombreuses araignées sournoises de la Terre du Milieu, y compris celles de la Forêt Noire. Elle se manifeste généralement sous une forme de grande araignée terrifiante, capable d’inspirer la peur chez les Orques comme chez les Hommes. Dans la fanfiction, elle entretient un lien complexe avec Talion : ensorcelante et mystérieuse, elle lui offre des visions prophétiques et le guide vers sa vengeance, tout en suscitant méfiance et tension avec Celebrimbor. Malgré sa nature inquiétante, elle éprouve de vrais sentiments pour Talion, mêlant fascination, désir et loyauté ambiguë.
Idril : Fille du Gondor et commandante : courageuse et intelligente, mais profondément meurtrie par les événements qui ravage Minas Ithil. Elle est amoureuse de Talion, ce qui crée une tension entre désir et prudence face à son côté sombre et à sa quête de vengeance. Malgré sa fragilité apparente, elle reste volontaire et capable de soutenir Talion, offrant un point d’ancrage humain à son tourment.
Baranor :Commandant Gondorien loyal et imposant, protecteur d’Idril. Né à Umbar en tant que Haradrim sous le nom de Warad, il fut échangé au Gondor avec son frère pour maintenir la paix, perdant ses parents lors de raids mercenaires. Adopté par une famille aisée de Minas Ithil, il en fit sa véritable maison. Il ressent un amour discret mais puissant pour Idril et se montre à la fois respectueux et ferme envers Talion, comme pour marquer sa place et prévenir toute intrusion dans son lien avec elle. Son tempérament est mesuré et réfléchi, oscillant entre autorité et douceur, préférant transmettre un message par nuances plutôt que par confrontation directe.
Castamir : Général gondorien fidèle, Castamir détient des informations cruciales sur le Palantír. Stratège expérimenté, il est déterminé à protéger son peuple malgré les dangers de Minas Ithil. Son rôle dans la fanfiction est clé : il est à la fois un allié de Talion et une pièce essentielle dans la lutte contre Ushak et les forces de Sauron.
Eltariel : Elfe guerrière et experte en infiltration, Eltariel est connue comme la Lame de Galadriel. Féroce et précise au combat, elle agit avec discrétion et détermination pour contrecarrer les forces de Sauron. Elle apparaît comme une alliée.
Lithariel : Membre de la tribu de Nurn et fille adoptive de la Reine Marwen, Lithariel est une combattante redoutable et pleine de ressources. Héritière du trône, elle incarne l’honneur et la détermination, refusant de se rendre même au prix de la vie de ses alliés. Elle nourrit des sentiments amoureux pour Talion, ajoutant une dimension personnelle à son engagement dans la lutte contre les forces de Sauron.
Hirgon : Ancien Rôdeur du Gondor, Hirgon a servi fidèlement avant de choisir l’amour plutôt que le devoir, en épousant Eryn, une femme exilée. Ayant déserté pour la suivre, il risqua l’exécution, mais gagne une nouvelle vie parmi les Exilés. Aujourd’hui chef de ce groupe méfiant envers les Rôdeurs, Hirgon incarne à la fois loyauté et sensibilité, mêlant expérience militaire et attachement profond à ceux qu’il protège.
Le monde autour de moi est flou, liquide… puis soudain, je flotte dans le néant, mon corps meurtri, mon esprit en feu. La douleur est un manteau que je porte comme toujours, familier, cruel… et pourtant, la vie revient. Mes yeux s’ouvrent sur un ciel grisâtre, chargé de nuages lourds, la pluie tombant sur mon visage et mes cheveux trempés. Sous moi, la terre est détrempée, boueuse. Minas Ithil n’est plus qu’un point sombre à plusieurs kilomètres. Je pose ma main sur mon torse, encore meurtri par la lance qui l’a transpercé, et je sais, comme à chaque fois : je suis revenu.
Mais quelque chose attire mon regard. Une silhouette, assise sur un rocher, face à moi. Le capuchon d’un manteau sombre ne parvient pas à cacher la grâce de cette créature. Ses mains fines et sûres aiguisent une lame elfique qui capte la lumière comme un fil d’argent pur. Quand elle relève la tête, je reste figé. Ses traits sont parfaits, presque irréels : de longs cheveux blonds soyeux qui tombent comme un rideau sur ses épaules, des yeux bleu, perçants et profonds, qui semblent lire mon âme. La finesse de ses pommettes, la courbe de ses lèvres, la peau claire et sans défaut… chaque détail respire l’élégance glaciale des elfes, mais son regard brûle d’une détermination et d’une autorité rare. Ses vêtements, sombres mais ajustés, épousent ses mouvements, prêts pour la bataille, et la lame qu’elle tient, tremblante d’éclat, est comme une extension de sa propre volonté. Elle est belle… et dangereuse. Comme si la lumière et l’acier avaient été façonnés en une seule entité vivante. Elle sourit, un léger arc parfait de ses lèvres, et dit :
Je me redresse, chaque muscle crispé par la douleur encore vive.
À côté de moi, une lueur spectral prend forme : Celebrimbor apparaît, son visage froid et hautain flottant dans l’air humide.
L’Elfe plisse légèrement les yeux à ses mots et réplique avec fermeté :
Elle s’avance vers moi, son pas silencieux sur l’herbe détrempée, et son regard me scrute avec une curiosité froide mais calculée. Elle me jauge, me trouvant… intéressant, mais ses intentions sont claires : elle est ici pour chasser les Nazgûl. Et quelque chose en elle laisse deviner qu’elle suppose que je suis… leur cible. Chaque mouvement, chaque souffle qu’elle fait, respire la puissance, l’agilité et l’autorité. Elle est une guerrière née, une ombre de lumière, une lame affûtée par la vengeance et le devoir. Et dans ses yeux, je lis la certitude silencieuse que rien ne pourra l’arrêter dans sa traque.
Eltariel fixe mes yeux avec une intensité presque déroutante. Ses yeux bleus me transpercent, clairs comme l’eau d’une rivière elfique, et je sens un frisson m’atteindre, une curiosité mêlée de respect. Sa voix, douce mais ferme, résonne dans l’air humide :
Puis elle disparaît. Comme une ombre filante qui glisse entre les troncs, ses cheveux blonds effleurant ses épaules, sa cape sombre se fondant dans la forêt. Elle s’éloigne avec une grâce qui défie toute lourdeur humaine, chaque pas silencieux comme un souffle de vent dans les feuilles. Je reste figé un instant, submergé par ce que je viens de voir. Je murmure, presque pour moi-même :
Celebrimbor apparaît à mes côtés, son visage spectral illuminé d’un éclat de fierté, et un sourire se dessine sur ses traits froids. Sa voix résonne dans mon esprit, emplie de l’orgueil de son peuple.
Je serre les poings, irrité. Cette arrogance, cette façon de rabaisser les hommes sous prétexte de leur mortalité… Je sens mon sang bouillir.
Mais je ne peux m’empêcher de jeter un dernier regard dans la direction où elle a disparu, mon cœur étrangement troublé. La forêt est redevenue silencieuse, la pluie fine qui tombe me caresse le visage. Pourtant, quelque chose brûle au creux de ma poitrine : un mélange de désir, de curiosité, et de frustration. Eltariel… elle est plus qu’une lame, plus qu’une guerrière. Elle est une énigme, et je sens que notre chemin est loin d’être terminé.
…
Je me concentre sur ma mission, le temps perdu me brûle encore l’esprit. Idril… Baranor… Je ne peux pas savoir ce qu’ils vivent là‑bas. Je ferme les yeux un instant, laisse Celebrimbor prendre le relais, et soudain le monde autour de moi s’efface. Je deviens une ombre filante, traversant collines et forêts en un souffle, la pierre et la terre se fondant sous mes pas. Le vent me mord le visage, mais je ne le sens pas. Seule ma volonté me pousse en avant, et la voix glaciale de Celebrimbor martèle mon esprit :
En un battement de cœur, les murailles de Minas Ithil se dessinent au loin. Les tours de la ville scintillent sous la lueur morne du feu et de la fumée, mais le chaos est palpable même à distance. J’accélère encore, mes sens aiguisés par l’œil spectral, prêt à plonger dans l’ombre de la cité et à reprendre le contrôle de ce qui nous échappe. Je serre les poings, sentant la colère bouillonner dans mes veines. Chaque pierre de Minas Ithil semble me rappeler mon échec momentané, et chaque cri des Uruks envahissant la ville supérieure me glace le sang. Je ferme les yeux un instant, laissant l’ombre de Celebrimbor parcourir mon esprit.
Je hoche la tête, et sans un mot, je m’élance dans les ruines. Les toits effondrés et les passerelles brisées défilent à une vitesse irréelle, mes sens aiguisés par l’œil spectral de Celebrimbor. Les silhouettes Uruks se dessinent à la lisière des flammes et de la fumée. L’odeur du sang et de la peur me prend à la gorge. Chaque capitaine que je traquerai sera une punition pour eux, mais aussi un message pour leurs troupes : que la mort qui m’a frappé n’était qu’un sursis, et que je reviens plus fort et plus implacable. Je repère l’Olog-Hai qui se fait appeler désormais “Ushata le tueur du Spectre”... Et il fait la fête avec ses guerriers Uruks, riant et se vantant de leur victoire. Ils boivent leur boue fermentée, éclaboussant le sol de leurs excréments et de leur arrogance. Mon estomac se noue de dégoût et de colère. Celebrimbor glisse sa voix glaciale dans mon esprit :
Je hoche la tête, me fondant dans l’ombre des ruines et des toits effondrés. Chaque pas me rapproche de lui, chaque arête et poutre devient un appui, chaque silence un allié. Je glisse au sommet d’un toit brisé, invisible, spectre parmi les cendres. Quelques Uruks m’aperçoivent, trop tard : un coup précis, un archer s’écroule et écrase l’un d’eux, les autres hurlent mais restent paralysés par la peur. Et puis je me tiens au-dessus de lui. Ushata, l’Olog-Hai qui se vante de sa cruauté, ne sait pas que la mort se tient sur ses épaules. D’un bond, je tombe sur lui, ma dague plantée droit dans son crâne. La lame… l’épée cassée de mon fils, que j’ai façonnée en dague, retrouve son sang de justice. La douleur, la rage, et la vengeance s’y mêlent. Ushata s’écroule dans un râle étouffé. Son corps massif heurte le sol et les Uruks, choqués, s’écartent en hurlant. La terreur s’empare d’eux, et bientôt ils fuient en courant, trébuchant sur les décombres, incapables de soutenir le spectre de leur maître tombé. Je reste un instant au-dessus du corps d’Ushata, ma respiration haletante. Celebrimbor murmure avec une froide satisfaction.
Le silence retombe sur la cité, seulement troublé par les échos des Uruks en fuite et le vent qui passe à travers les ruines. Et moi, je suis toujours là, veilleur et spectre, prêt à frapper à nouveau.
Mais avant de retourner au château, je repère un Uruk isolé, un de ces malades fiers de sa victoire. D’un bond, je le saisis par le col, le soulevant comme un fétu de paille. Ses yeux s’écarquillent de terreur tandis que je murmure, ma voix glaciale portée par Celebrimbor :
L’Uruk tremble, bredouille des paroles incompréhensibles, et je le lâche. Il s’éloigne en courant, glapissant de peur, disparaissant dans le chaos des ruines. Je retourne ensuite au château. La cité, en apparence, semble presque calme. Quelques Uruks osent encore s’approcher, mais ils reculent dès que je les aperçois. Je grimpe le mur comme un Caragor, silencieux et précis, et me glisse dans la cour intérieure. Les hommes me regardent, figés, la bouche entrouverte. Leurs yeux s’agrandissent, et je lis dans leurs regards ce mélange de crainte, de doute et d’émerveillement. Ils ont entendu les rumeurs, oui, ils savaient que j’étai immortel… Mais personne n’avait cru que je reviendrais vraiment. Et maintenant, me voilà, vivant, debout devant eux, comme si la mort elle-même avait été trompée. Dans ce silence, dans cette obscurité, je ne suis plus simplement un homme… Je suis un Valar à leurs yeux, une force de vengeance qui défie les ombres. Celebrimbor glisse un murmure dans mon esprit.
Je descends dans la cour, prêt à reprendre le contrôle, prêt à rallier mes hommes pour ce qui reste à accomplir. La nuit sera longue, et mes ennemis… effrayés. La cour est silencieuse, mais un bruit léger me fait tourner la tête. Idril est là, immobile un instant, le souffle suspendu. Puis ses jambes se mettent à courir, et elle se jette dans mes bras. La chaleur de son corps, la fragilité de ses mains, le soulagement qui tremble dans son étreinte… tout cela me fait un poids tomber des épaules. Ses yeux brillent de larmes et de sentiments que je reconnais… de l’amour, mais ce n’est pas pour moi que je ressens cette flamme, c’est elle qui brûle.
Je pose une main sur mon épée, sombre et gravée de l’histoire de mes pertes, et je baisse les yeux.
Il s’approche d’elle, posant doucement sa main sur son épaule, un geste tendre mais protecteur. Je remarque alors, dans ce simple contact, la profondeur de ses sentiments pour elle. Une étincelle d’amour, retenue mais brûlante. Idril, cependant, refuse de se détourner. Son regard revient vers moi, déterminé, imposant sa présence à mes côtés comme une flamme dans la nuit. Aucun argument, aucun geste affectueux de Baranor ne peut l’en détourner. Elle sera avec moi. Et je sais qu’aucune autorité, même amoureuse, ne pourra l’empêcher. Je serre les dents, une lueur de fierté et de défi dans les yeux. Dans ce monde de mort et de vengeance, elle choisit de se tenir à mes côtés. Et je ne l’en empêcherai pas.
…
Nous avançons dans l’ombre, Baranor à mes côtés, Idril juste derrière moi. La cité est un labyrinthe de ruines et de silence, chaque pas résonnant dans les pierres brisées. Bientôt, nous atteignons l’endroit de rendez-vous avec nos Uruks infiltrés. Nous nous arrêtons, figés dans l’ombre, et là… nous entendons leurs voix. Les deux idiots se disputent à voix basse, mais assez fort pour qu’on entende chaque mot. Deux cervelles d’Uruk incapables de fermer leurs gueules.
Je lève les yeux au ciel. Même dans les ruines d’une cité maudite, ils arrivent à faire plus de bruit qu’un warg affamé…
Je m’avance sans bruit, suivi de mes deux compagnons pendant qu’ils continuent leurs joutes verbales sans queue ni tête… Dès que nos silhouettes émergent des ténèbres, le silence tombe. Ratbag sursaute comme un Caragor pris au piège.
Azutra, lui, ne bronche pas. Il reste droit, massif, le regard bas, un sourire déformant sa gueule balafrée. Mais ses yeux traînent un instant sur Idril, un regard lourd, provocateur… Baranor serre la mâchoire. Idril ne dit rien, mais sa main glisse lentement vers la garde de sa lame. Azutra finit par baisser la tête, faussement respectueux.
Je m’approche lentement. Mon ombre se mêle à la leur et d’une voix autoritaire et menaçante j’impose ma volonté.
Ratbag, se cachant toujours derrière le colosse, lève un doigt hésitant :
Je laisse un bref silence planer, lâchant un soupir… Le genre de soupir fatigué par tant de bêtises. Et soudain, la voix glacée de Celebrimbor résonne dans mon esprit.
Honnêtement je préfère l’ignorer. Je pose mes yeux sur Azutra, attendant qu’il crache enfin ce qu’il a à dire. Son rictus s’élargit lentement.
Mais avant d’écouter l’Uruk corrompu par l’anneau bleu, je pose mon regard sur Ratbag, qui tremble encore derrière Azutra.
Azutra, toujours droit, se contente de grogner, visiblement amusé par l’autorité que je crois détenir sur le petit Uruk. Je sens le rictus de satisfaction se dessiner sur sa bouche balafrée. Et, comme prévu, la voix glaciale de Celebrimbor se glisse dans mon esprit, mordante :
Ratbag se ratatine encore un peu, mais répond d’une voix qui veut faire brave et qui tremble tout de même :
Il s’approche, jetant des regards prudents à Baranor et Idril comme s’ils allaient le découper pour l’apéro. Puis, surjouant son rôle d’espion courageux, il se plaque au plus près de moi, la voix basse et embrouillée :
Il avale, puis, comme pris d’un réflexe de lèche-bottes qu’il ne peut contenir, il ajoute en relevant la tête vers moi, les yeux brillants de peur et d’admiration :
Je sens la bile me remonter, mais je lui impose le silence d’un regard. Il bafouille encore, plus vite, pressé d’en finir : il pose sa main sale et transpirante sur mon bras, cherchant à me rassurer et à paraître loyal. Sa paume glisse, froide et poisseuse.
Un coin de ma bouche se lève, paradoxal et lent. Un sourire qui n’a rien d’innocent. Celebrimbor jaillit aussitôt dans ma tête, ivre :
Je n’ai pas encore répondu que Ratbag reprend, haletant, cherchant à enfoncer le clou avant que ma patience ne s’évapore. Il décrit, haletant :
Le nom frappe comme un coup de vent glacial. Baranor et Idril sursautent, leurs traits se durcissent. Idril avance d’un pas, la main sur la garde de sa lame, les yeux braqués sur Ratbag comme si elle allait lui trancher la gorge pour punir l’alerte. Sa voix est franche, tranchante :
Nous nous figeons là, sous les pierres brisées, au bord d’un silence qui pèse plus lourd que la mort. Ratbag recula instinctivement lorsque Idril le fixa de ses yeux bleu-gris étincelants. La peur se lisait sur chaque trait de son visage pâle et sale. À côté de lui, Azutra, massif et imposant, ne bouge pas. Son regard, sombre et affamé, ne quitte pas Idril. Un frisson parcourt son échine : l’Uruk l’évaluait, mais pas comme un adversaire… plutôt comme une proie. Sa voix rauque, comme un craquement d’os, fendit l’air humide :
Le ton est agressif, presque insultant, tranchant comme une lame. Idril ne broncha pas, mais je sens l’éclair de colère traverser mon esprit. Je me penche vers Azutra, mon souffle froid caressant son oreille :
Le colosse hésite un instant, ses yeux sombres cherchant une faille… mais mon regard ne laisse aucun doute. Avec un grognement sourd, il s’agenouille, la tête inclinée, soumis à ma volonté et à celle de Celebrimbor. Ratbag, tremblant, se tourna vers Idril :
Je fronce les sourcils. Son bégaiement ne fait qu’accentuer la gravité de la situation. Ratbag baissa les yeux, continuant d’une voix suppliante :
Je me tus un instant, laissant le vent glacial me fouetter le visage. La cité semble paisible de loin, mais la vérité me frappe comme une pierre. Celebrimbor glisse sa voix glaciale dans mon esprit, tranchante et implacable :
Je serre les dents, laissant mes yeux parcourir les ruines de la cité que je savais déjà à moitié perdue. Il a raison… chaque pas ici serait un piège, chaque ruine une promesse de mort. Pourtant, une colère sourde monte en moi, refusant de céder. Abandonner ? Jamais. Même face à cette marée d’Uruks, même face à Ushak le Mange-Peur… laisser ces monstres dominer la cité, laisser ces innocents périr… impossible. Mes pensées tourbillonnent, contradictoires : Celebrimbor a raison… je ne suis qu’un homme face à une armée… Si je pars… ils mourront tous… Et je ne peux pas. Je ne peux pas laisser ça arriver. Pas encore. Le silence pesant fut brisé par la voix de Baranor, ferme et tranchante :
Idril se redressa, ses yeux brillant d’une détermination glaciale. Elle pose sa main sur mon bras, la pression légère mais ferme :
Un frisson de dégoût me parcourt. La rage se mêle à un dégoût profond. La situation dépasse tout ce que j’ai déjà affronté. Celebrimbor s’immisça dans mon esprit, sombre et froid :
Je reste figé, le souffle court, les poings serrés. La mort, la vengeance, la peur… tout se mêle dans mon esprit. Je savais que la cité était presque perdue… et pourtant, l’idée de partir… de laisser ces innocents dans ce camp… était impossible. Le silence retombe sur nous, lourd, chargé d’horreur et de décision. Chacun retient son souffle, attendant… Je savais que la prochaine étape déterminerait qui survivrait… et qui périrait… Puis, je fixe Ratbag et Azutra, mes yeux perçants ancrés dans les leurs.
Avant qu’ils ne disparaissent, je me penche légèrement vers Ratbag, la voix basse, presque un murmure
Le petit Uruk se fige, surpris. Ses yeux s’écartent, il semble ne pas savoir comment répondre. Ses mains tremblent légèrement.
Je sens un pincement dans ma poitrine. Une partie de moi se soucie réellement de ce petit Uruk, malgré tout ce qu’il représente. Le danger, l’ombre de la mort qui plane sur chacun de ses gestes… Mais je n’y peux rien… Je suis comme ça… Je serre les dents et reprends, plus ferme :
Puis, ils disparaissent, rapides et silencieux, se fondant dans l’ombre des ruines. Et me voilà à nouveau seul avec Idril et Baranor. D’ailleurs, Baranor se tourne vers moi, son visage durci par la tension :
Idril me fixe, ses yeux brillants de cette lumière qui me trouble toujours, mêlée de courage et d’espoir.
Mais je secoue lentement la tête. La logique de ma mission tranche avec ce que je ressens.
Le regard d’Idril se voile d’inquiétude. Je peux presque sentir sa respiration retenir le souffle, son cœur battre pour moi autant que pour elle.
Elle s’éloigne avec Baranor, silencieuse mais tendue. Mon esprit est pris entre la mission et cette présence qui me hante, qui me rappelle ce que je ne peux plus jamais avoir. Mais Idril revient. Ses pas sont rapides, décidés. Elle s’avance et m’enlace, ses bras s’enroulant autour de moi avec une intensité qui surprend mon corps mortel. Son souffle chaud contre ma nuque, ses doigts serrant mes épaules, sa voix murmure :
Je sens son corps se détacher difficilement du mien, et elle repart en courant rejoindre Baranor. Je reste figé un instant, regardant son dos disparaître dans l’ombre. Je croise le regard de Baranor. Ses yeux sont durs, et pourtant je lis une pointe d’amertume : voir la femme qu’il aime montrer de l’affection pour un autre le déchire. La vie est injuste, même pour les hommes qui ont survécu à tant de pertes. Mais chaque étreinte d’Idril me frappe comme un rappel cruel… Chaque contact me rappelle ce que j’ai perdu : la chaleur d’une femme, la tendresse que je ne peux plus partager, le désir que mon corps mort ne peut combler. Et pourtant, ces instants éveillent quelque chose… quelque chose de trop humain pour un mort-vivant. Celebrimbor s’immisce dans mon esprit, glaciale et impérieuse :
Je serre les poings. Je sens la colère bouillir, et pourtant je l’ignore. Cette voix elfique est toujours là, omniprésente, tentant de me rappeler ma nature réelle. Mais je choisis de l’ignorer. Mon regard se tourne vers Minas Ithil, vers les flammes et la fumée qui s’élèvent encore de la ville. Gorgor m’attend. L’ombre du capitaine Uruk s’étend sur la cité, et la traque commence. Je sens mon esprit s’aiguiser, mon corps se tendre, prêt à fondre sur ma proie. Tout le reste, les regrets, la douleur, le désir, s’efface devant la nécessité de frapper, de punir, de survivre. Je suis le spectre de la vengeance. Et personne, ni Uruk ni homme, ne doit l’oublier.
…
Alors que je m’apprête à repartir, un murmure glacé traverse mon esprit. Une voix, sifflante et séduisante, surgit des profondeurs de la terre. Arachne… encore. Je la reconnais immédiatement. Malgré moi, je sens mes pas se diriger vers son antre, irrésistiblement attiré, comme un papillon vers la flamme.
Je serre les dents, mais mon corps avance, porté par une force que je ne contrôle pas entièrement. Les couloirs de pierre me guident vers l’obscurité, et bientôt, la grotte s’ouvre devant moi. L’air y est lourd, chargé d’une fragrance à la fois douce et venimeuse. Elle est là. Assise sur une large roche, les pieds plongés dans une eau cristalline qui reflète les reflets verts et noirs de la grotte. Sa silhouette est fascinante, dangereuse… et totalement immobile. Ses yeux percent l’ombre et se posent sur moi.
Je m’arrête à quelques pas d’elle, mes muscles tendus, mes mains prêtes à réagir. Celebrimbor gronde dans mon esprit, son mécontentement palpable…
Je serre les dents, incapable de détourner le regard. L’attrait de sa présence me brûle, m’attire… Mais je sais que céder pourrait tout détruire. Et pourtant… je sens que je dois parler, ou affronter ce qu’elle veut de moi. Je reste silencieux. Le murmure de l’eau et le bruissement léger des araignées dans la pierre sont les seuls sons qui emplissent la grotte. Arachne se lève lentement, chacun de ses mouvements semblant calculé, fluide, presque irréel. Ses pas résonnent à peine sur la roche humide alors qu’elle s’approche de moi. Ses yeux s’enfoncent dans les miens, d’un vert profond et envoûtant. Un sourire traverse ses lèvres.
Elle s’avance encore. Je sens son souffle froid contre ma peau. Ses doigts se glissent lentement jusqu’à ma nuque, y traçant une ligne invisible. Son contact est glacial, mais étrangement brûlant. Je reste immobile, incapable de bouger, mes mains crispées à mes côtés. Arachne incline la tête, si proche que ses lèvres frôlent presque les miennes.
La tentation est palpable, son parfum m’enveloppe, étouffant mes sens. Mais soudain, la voix de Celebrimbor s’élève dans mon esprit, glaciale, impérieuse :
Je ferme les yeux une seconde, tentant de chasser cette emprise. Le souffle d’Arachne glisse encore contre mes lèvres, et je sens la frontière fragile entre contrôle et perdition vaciller. Arachne penche légèrement la tête, ses yeux cherchant les miens.
Ses mots se faufilent dans mon esprit comme un poison tiède. Je reste figé, incapable de détourner les yeux. Elle… me désire ? Je sens mon cœur se contracter, un instant d’humanité que je croyais perdu depuis longtemps. Ses yeux brillent d’une sincérité déroutante, presque douloureuse à contempler. Je ne comprends pas ce qu’elle cherche à éveiller en moi, pitié, passion ou simple faiblesse… La voix de Celebrimbor tonne soudain dans mon crâne, dure, tranchante comme une lame d’acier :
Arachne se fige, ses pupilles se rétrécissant en un éclat furieux. Son ton devient bas, chargé d’une colère blessée.
Je la regarde. Et dans ses yeux, derrière le voile de mystère et de perfidie, je distingue autre chose. Une lueur de tristesse. De solitude. Peut-être même de vérité. Je secoue lentement la tête.
Arachne reste un instant immobile, son souffle tremblant contre mes lèvres. Puis, sans prévenir, elle m’embrasse. Son baiser n’a rien d’humain, il est froid, enivrant, presque spectral. Une morsure douce qui me vide et me brûle à la fois. Je sens son essence couler dans mes veines, un frisson ancien qui réveille quelque chose que j’aurais voulu oublier. Et dans ce baiser, je perçois autant de désir que de désespoir.
Je sens mes doigts se poser d’eux-mêmes sur sa taille, comme mus par une volonté étrangère. Sa peau est tiède, presque humaine. Arachne s’avance encore, ses lèvres retrouvant les miennes avec une lenteur calculée, et cette fois… Je lui rends son baiser. Un frisson me traverse, brutal, arraché du plus profond de mon être. Son goût est celui de la douceur mais aussi du venin mêlés. Je sens Celebrimbor frémir en moi, sa présence se cabre d’indignation et de dégoût.
Mais sa voix s’efface sous le poids du moment. Arachne se presse davantage contre moi, son corps sinueux épousant le mien. Ses doigts viennent chercher ma main, la guident lentement, dangereusement, vers sa poitrine. Je sens la chaleur de sa peau, le rythme de son souffle… et soudain, quelque chose en moi se brise. Je reprends mes esprits, d’un geste sec, je la repousse.
Elle chancelle légèrement, surprise. Je détourne le regard, mais son parfum me hante encore, et je sens la honte me ronger, ou est-ce autre chose ? Arachne esquisse un sourire, triste et cruel à la fois.
Je serre les poings, troublé, incapable de répondre. Son ombre se déploie derrière elle, vaste et menaçante. Celebrimbor murmure, glacé :
Je fais un pas en arrière, le souffle court. Et, dans le silence qui suit, je comprends que je viens de franchir une ligne, mince, invisible, entre l’homme que j’étais, et la créature qu’elle veut que je devienne. Arachne s’avance encore, ses pas effleurant la pierre comme une caresse. Ses doigts viennent chercher les miens, froids et brûlants tout à la fois.
Elle me lâche enfin, mais ses mains glissent sur moi en partant, une caresse lente, calculée, qui s’attarde sur ma poitrine avant de s’évanouir. Son sourire se fond dans l’ombre, puis son corps se dissout parmi les milliers d’araignées qui grouillent autour de moi. Il ne reste d’elle qu’un parfum âcre, enivrant, et un vide insupportable. Je sors de la caverne comme un homme ivre. L’air froid de la nuit me frappe, et mes jambes cèdent. Je tombe à genoux dans la boue, haletant, incapable de chasser son image de mon esprit. Son regard. Sa voix. Ses mains. Celebrimbor surgit dans mon esprit, sa colère glaciale me traversant comme une lame.
Je ne réponds pas. Je le sais… et pourtant, je sens au plus profond de moi que ce n’est pas seulement cela. Ce n’est pas qu’un piège. Pas entièrement. Quelque chose d’autre m’attire vers elle, une force que je ne veux pas nommer, que je refuse d’admettre. Je ferme les yeux, respire difficilement. Arachne… Son nom seul me brûle les lèvres.
…
Je me tiens seul, perché sur le faîte d’une tour éventrée de Minas Ithil. Le vent glacial s’engouffre entre les pierres, portant avec lui l’odeur du sang et de la suie. En contrebas, la ville respire dans son agonie, torches, cris, flammes, ombres. Minuit approche. Et moi, j’attends. Je devrais préparer ma lame, affûter ma colère, mais mes pensées dérivent ailleurs… vers elle. Arachne. Son nom résonne encore, doux et empoisonné. Je sens sur mes lèvres le souvenir de son baiser, sur mes doigts la chaleur de sa peau. Et plus j’essaie de chasser cette image, plus elle s’impose à moi. Est-ce la trace de sa magie noire ? Un lien invisible qu’elle tisse dans mon esprit ? Ou est-ce simplement… moi ? Un reste d’homme attiré par une beauté qui ne devrait pas exister. Je repense à Idril, sa jeunesse, sa bravoure, la pureté qu’elle essaie de préserver dans ce monde en ruine. Elle me regarde avec des yeux pleins d’espoir, d’amour même… mais ce n’est pas cela que je ressens. Ce n’est pas de l’amour. Seulement une chaleur, fugace, presque étrangère. Et Eltariel… Même sa lumière, même sa beauté elfique, n’a jamais brûlé comme le regard d’Arachne. Pourquoi elle ? Pourquoi cette créature née du mensonge et de la nuit m’attire-t-elle autant ? Celebrimbor reste silencieux. Peut-être devine-t-il mes pensées, peut-être préfère-t-il ne pas les entendre. Je fixe les flammes dans le lointain et sens mon cœur se serrer. Je suis mort une fois, et pourtant je découvre un tourment plus cruel que la mort elle-même : celui de désirer ce que je devrais haïr.
Je fixe encore les lumières vacillantes de la ville quand soudain, le froid du métal se glisse sous ma gorge. Un souffle derrière moi. Léger, précis. Je me fige.
Je reconnaîtrais ce ton entre mille. Je pivote légèrement, juste assez pour voir son reflet dans la lueur d’une torche : cheveux roux, barbe courte, des yeux d’un bleu profond, dur, marqués par les années et la poussière du Mordor : Hirgon. L’ancien rôdeur. Celui qui a tout quitté pour l’amour d’une femme, Eryn. Celui qui a trahi nos ordres, mais jamais son cœur. Son regard a perdu la peur, remplacé par la lucidité de ceux qui ont tout risqué et tout payé. Ses traits sont burinés, sa carrure plus lourde qu’autrefois, le cuir sombre de son armure constellé de cicatrices et de poussière. Derrière lui, une silhouette féminine s’avance d’un pas souple et assuré. Ses cheveux blonds, presque argentés, sont noués en une longue tresse qui retombe sur son épaule. Ses yeux bleus brillent d’une intelligence calme, d’une force tranquille. Sous la lumière vacillante, Lithariel paraît presque irréelle. Son visage marqué par la guerre, mais toujours empreint d’une beauté farouche. Sa tenue, mélange de cuir tanné et de mailles d’argent, porte encore les armoiries effacées de Nurn, sur sa hanche, sa lame fine, forgée par sa mère adoptive, brille faiblement.
Sa voix est douce, mais son regard trahit une émotion qu’elle peine à dissimuler. Hirgon, lui, finit par abaisser sa lame, sans pour autant la rengainer.
Je les dévisage un instant, partagé entre le soulagement et la méfiance. Ces deux-là, je les ai connus loyaux, courageux, mais ce monde a changé. Les hommes aussi.
Sa voix tremble à peine, mais je sens le poids des morts dans chacun de ses mots. Hirgon, lui, reste en retrait, scrutant l’horizon embrasé. Son regard s’attarde sur les tours éventrées, les ponts écroulés, les ombres qui dansent entre les décombres.
Hirgon me fixe, et dans son regard je lis quelque chose de plus tranchant que la lame qu’il tenait contre ma gorge quelques instants plus tôt.
Un silence pesant s’installe. Le vent s’engouffre entre les ruines et porte avec lui l’odeur du fer et du sang. Celebrimbor murmure dans mon esprit, sa voix froide comme la pierre :
Je ferme les yeux un instant, essayant de chasser cette présence de mon crâne. Mais ses mots s’enracinent, comme des chaînes invisibles. Mais je réfléchis et je grimace… Litariel et Hirgon ont raison. Il faut évacuer au moins les civils. Mon esprit tourne, revivant en silence les horreurs que les Uruks infligent aux innocents. Les cris des enfants arrachés à leurs mères, les femmes battues et violées, les villages réduits en cendres… Un dégoût noir me serre l’estomac. J’ai déjà vu trop de vies brisées par ces monstres. Mais ici, maintenant, je ne peux pas me permettre de rester figé dans ma colère. Il faut agir.
Je les observe un instant. Mes mains se crispent sur la lame de mon épée.
Elle s’approche, saisit avec fermeté mon bras, et d’un geste inattendu dépose un baiser sur ma joue. Ses yeux me lancent un dernier regard avant qu’elle ne se détourne et parte. Hirgon lui me regarde, amusé.
Je reste seul un instant, le silence de la ville me revenant comme un voile sombre. Et puis, la voix glaciale mais moqueuse de Celebrimbor résonne à mes oreilles :
Je serre les dents et réplique avec un ton sec, mais sans vraiment cacher ma lassitude :
Je reste silencieux un instant, pensif, laissant flotter dans l’air la vérité qu’il vient de m’énoncer. Puis je réponds, la voix basse mais chargée d’émotion :
Je serre les poings, mais un rictus cynique m’échappe. Peu importe. Les elfes et leurs vies éternelles… leur détachement me paraît absurde. Moi, j’ai connu l’amour, la perte… et la faim de ce qui fait sentir vivant. Je secoue la tête, les mâchoires serrées, et réponds, la voix ferme :
Je serre les poings, un mélange d’embarras et d’agacement montant en moi. Même dans l’ombre et la mort, cet esprit elfique n’a jamais manqué de se jouer de moi. Je serre les dents, agacé par les moqueries de Celebrimbor.
Le spectre elfique s’incline presque avec amusement, mais ne répond rien, comme si reconnaître ma détermination était déjà un petit triomphe. Je resserre mes gants, mes yeux se perdant dans les ruines devant moi. L’air est lourd, saturé de cendres et de fumée, mais mon esprit se focalise : un capitaine Uruk doit tomber. Une leçon doit être donnée. Une peur doit s’insinuer dans le camp ennemi. Chaque pas me rapproche de lui, chaque pensée est calculée, glaciale. Rien d’autre n’a d’importance.
A suivre,