La Communauté après l'Anneau

Chapitre 8 : Le d'Herbies de printemps.

6706 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 25/06/2021 23:32

Le d’Herbies de Printemps


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Une fois n’est pas coutume, cette histoire nous conte les temps heureux, la période pas si lointaine de l’adolescence de nos hobbits.

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Sa pipe aux lèvres, Merry surveillait le conestable[1] cantonné dans sa loge, en feignant l’indifférence mais sans parvenir à dissimuler l’ironie de son petit sourire en coin. Une bande de joyeux jeunes gens s’exclamaient autour de lui, échangeant en sourdine des propos animés, avec des airs de conspirateurs. Notre Brandebouc toisait le solide et rustique dépositaire de l’autorité, qui lui jeta un regard torve et soupçonneux.

Délaissant le freluquet, le conestable replongea son gros nez cramoisi dans ses comptes. Consciencieusement, laborieusement, le fonctionnaire se hâtait avec lenteur, consignant les mises des parieurs. Sous les platanes du lac de Lézeaux, une longue file de hobbits patientait devant son guichet de fortune, les uns clamant pour se rassurer la combinaison qui allait faire leur fortune, les autres gardant par devers eux leur petit secret gagnant.

Le conestable scrutait le visage de chaque postulant. Puis, avec le zèle inquiet de l’officier civil incertain de son orthographe, il notait le nom lorsque sa mémoire s’accordait aux dires, à l’âge et à la bonne mine du quidam et encaissait le pari.

Évidemment le vaillant guichetier refoulait les mirliflores qui n’avaient pas encore atteint leur majorité – trente-trois ans révolus chez les hobbits. Pippin, qui flânait près des parieurs, prenait alors discrètement le bras de l’éconduit, lui glissait à l’oreille quelque espièglerie qui semblait égayer le malheureux et le menait avec un regard entendu vers la loge de bois où s’amusait la bande de Merry.

Le brave conestable, tenu d’accomplir son office, ne pouvait quitter son guichet, mais il se doutait bien que ces deux-là, le plus damnable duo de farceurs que la Comté ait porté, préparaient un coup pendable. Son instinct ne le trompait pas car, en représailles contre l’ostracisme des adultes qui leur interdisaient les paris, les deux cousins avaient organisé des mises d’un genre un peu particulier…

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Une compagnie de hobbits endimanchés et d’élégantes à chapeau avait investi la sablonnière, une carrière désaffectée envahie par les herbes où les paysans de Hobbitebourg et Lézeaux avaient l’habitude de faire paître leurs troupeaux. Officiels et éleveurs se pressaient autour d’un grand plateau de bois suspendu, environné de tout un système compliqué de montants, de poulies et de ressorts. C’est là que s’accomplissait le rituel de la pesée.

Les amateurs jouaient des coudes pour voir les coursiers, que leurs entraîneurs poussaient à tour de rôle sur le plateau. Dans un profond silence empreint de gravité, le premier conestable du quartier de l’Ouest annonçait alors la masse du concurrent. Les juges-arbitres notaient, se consultaient, se perdaient dans d’interminables conciliabules avec des mines de conjurés, embusqués sous leurs tricornes.

Enfin le maire, en sa qualité de premier juge, concluait le consistoire en annonçant la surcharge dont le coursier allait être handicapé.

Alors la foule, jusque-là attentive et retenue, se lâchait soudain ! Les opinions fusaient de toutes parts. Les péroraisons offusquées, les dubitatives, les approbatives, les étonnées se mêlaient en un déchaînement cacophonique. Les déçus, les satisfaits, les indécis, les furieux et même les approximatifs, ceux qui n’avaient pas tout compris, exprimaient bruyamment leurs avis quant à la pertinence ou la partialité des juges, qui bien entendu passaient outre à ce tapage purement consultatif.

Tout juste advint-il – une seule fois, pour Picottine, l’adorable reproductrice pommelée des Touque de Longuefaille – que, devant la réprobation générale, le premier conestable vérifia et corrigea sa mesure pour fournir aux juges un prétexte à ajuster un handicap manifestement sous-évalué.

Telle était l’étrange coutume des hobbits, que de vouloir à toute force donner sa chance de victoire au moindre tocard et d’épicer la course d’une glorieuse incertitude.

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Le maire allait déclarer close la pesée, lorsqu’une bande de joyeux drilles fit irruption au bout de la sablonnière.

Merry et Pippin menaient par la bride un jeune coursier de deux ans, un peu maigrelet, de robe pie. Tout guillerets, Sam et Frodon encadraient l’olibrius, auquel une tache noire sur l’œil donnait un petit air canaille.

– Qu’est-ce que c’est que cette haridelle ? rugit le maire en rajustant son tricorne à plumeau.

– Il s’appelle Rigodon, protesta Sam offusqué, comme si le nom du Champion-en-devenir suffisait à prouver sa valeur.

– Sam ! coupa Merry, laisse-moi parlementer ! Et arrête de le gaver de feuilles !

Le maire gonfla le torse, ce qui eut pour effet d’étaler sa large panse en travers du chemin qu’avait tracé, en s’écartant, la foule des amateurs de courses.

– Jeunes gens, gronda-t-il de sa voix de basse, je suis désolé, la pesée est terminée ! Et de toutes façons, vous n’avez pas l’âge requis pour présenter un concurrent !

Pippin et Merry firent une grimace qui augurait mal de la suite de la confrontation, mais un hobbit d’âge mûr, rondelet, à la mine réjouie, sortit des rangs pour s’immiscer dans la conversation. L’importun se dressa devant le maire, plantant résolument ses pouces sous le revers de son gilet chamarré :

– Maître Piedblanc, me ferez-vous la grâce de bien vouloir faire contre-peser ce concurrent ?

Tirant de sa pipe des ronds de fumée enjoués, Bilbon Bessac – Vous l’avez reconnu, j’espère ! –s’inclina avec bonhommie et ajouta :

– Que voulez-vous, mes chenapans de neveux et mon jardinier m’ont convaincu de le faire courir…

Rebuffer le Maître de Cul-de-Sac, qui traitait toujours le maire avec beaucoup d’égards, comme le plus imposant personnage de la Comté, était évidemment impossible, surtout en public.

– Si vous vous portez garant de la régularité de cette candidature… marmonna Will Piedblanc avec une moue onctueuse et résignée.

Bilbon fouilla dans la poche de son gilet, en tira quelques couronnes d’argent qu’il glissa dans la grosse paluche du maire en concluant :

– Mais bien entendu ! Et voici pour l’inscription !

D’ordinaire le tarif se déclinait en bottes de fourrage et de carottes, mais le maire ne fit point la fine bouche.

Les juges furent bien embarrassés pour attribuer un handicap à un si jeune coursier, mené par un si jeune entraîneur. Personne ne lui donnait la moindre chance. Sa casaque – le tapis qui lui couvrait le dos – ne fut pas lestée. Mais l’on se demanda un moment s’il ne fallait pas relever le handicap des autres concurrents. Le maire balaya cette hypothèse d’un regard courroucé, et il n’en fut plus question.

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Les coursiers étaient jalousement gardés dans des emplacements individuels au sol couvert de paille. Palefreniers et entraîneurs s’activaient autour des bêtes-à-concours, brossant leurs robes et curant leurs pattes. Enfin tous les concurrents, pomponnés, furent menés parader devant la tribune et les estrades.

On reconnut Sagette, la championne de Château-Brande, qui était aussi la reproductrice des Brandebouc. Une valeur sûre, croisement manifeste de lignées de la Comté avec les coursiers sauvages qui erraient sur les landes au-delà de la Vieille Forêt… Mais elle commençait à prendre de l’âge, entendit-on insinuer parmi les spectateurs.

Une svelte coursière beige parut ensuite, à l’œil doux et au poil lustré. L’on n’eut pas à chercher longtemps à qui appartenait cette nouvelle venue. Les fils Chaumine applaudissaient comme des enragés à la barrière, tandis que leur sœur Rosie menait la concurrente, toutes deux portant une coquette cocarde rose derrière l’oreille. Pour toute l’assemblée, elle fut désormais connue sous le nom de Chauminette !

Mais tous les regards convergeaient vers Follavoine, un énorme bai aux reflets noirs, d’une puissante musculature, ombrageux et combatif, le favori de la course, vainqueur l’an dernier, qui roulait des yeux aussi arrogants que Lothon Bessac-Descarcelles, son entraîneur.

Pour faire bonne contenance et rabattre un peu la superbe de cet adversaire redoutable, Souriceau, le champion des Touque, caracola un moment et se fendit d’une demi-volte remarquée, devant un parterre enthousiaste. Mais l’on sentait que son entraîneur « en gardait sous le jarret » !

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Les connaisseurs échangeaient de savants commentaires sur les préférences et petits travers des entraîneurs. Les uns tenaient pour un endurcissement énergique et prolongé ; d’autres, en bons hobbits, ne juraient que par l’alimentation. Un original prétendait mettre son champion en confiance en le faisant courir en harde, avec instruction de le laisser gagner :

– La fierté du coureur, y a que ça qui marche !

– Oh ben alors si y marche, y risque pas de gagner ! lança un farceur, traduisant là l’avis général.

La tribune rit franchement en voyant un entraîneur masser son coursier, le décontracter avant l’épreuve. On s’extasia également sur les attributs de Belbuirets, un reproducteur sur lequel les Sanglebuc fondaient de grands espoirs.

Aux estrades, on louait les robes des coursiers, mais il faut reconnaître que les toilettes extravagantes se pavanaient également dans la tribune : on y échangeait des politesses, on laissait choir son éventail, on exhibait son chapeau sous couvert d’élégantes révérences… Les hobbits goûtaient l’ambiance festive, observant en connaisseurs, sans gêne aucune, le défilé des champions et le manège de leurs propriétaires. Seuls les vrais mordus des courses s’en retournaient faire un petit pari supplémentaire, sur la bonne mine de leur favori.

Lorsque le petit Rigodon s’avança, mené par Sam, un silence mi surpris, mi amusé se fit sur l’estrade, mais Ted Rouquin s’écria en ricanant :

– Prends garde, le pompon passe à la casserole !

Il n’était pas rare, en effet, qu’un propriétaire malheureux à la course, dût vendre son champion pour couvrir ses frais. Et bien souvent seul le boucher acceptait d’acheter le « Pompon », le dernier de la course…

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La « tribune des disputations », un petit hémicycle naturel couvert d’un toit de chaume accueillait d’ordinaire les émissaires des clans, réunis pour régler les litiges de voisinage, les affaires commerciales ou les arrangements matrimoniaux. Mais ce jour-là, les bancs de chêne, patinés par des générations d’augustes derrières, bruissaient de froufrous et de courbettes. De graves et replets gentil-hobbits y plastronnaient aux bras de leurs matrones patronnesses.

Solennellement, on avait sorti les redingotes des buffets aux senteurs de lavande et de girofle, on avait dépoussiéré les hauts-de-forme, repassé les robes de printemps, à la hâte reprisé quelque basque et ajusté ce corset que l’hiver avait sournoisement rétréci. Les commères avaient tiré leurs toilettes précieuses du papier de soie, débuché flanelles légères et tulles de demi-saison. Une fois n’est pas coutume, les mères de famille avaient confié à leurs aînés la ribambelle de leurs turbulents cadets, soucis à l’avenant.

Les caciques du Conseil de la Comté occupaient les places d’honneur à la tribune. Le vieil et imposant Rorimac Brandebouc, affalé sur toute la largeur d’un banc, lampait une pinte et picorait des cochonnailles, son gilet en tartan déboutonné laissant échapper des gerbes de dentelles à jabot. Ferumbras Touque, un vieillard sec en sombre redingote et plastron empesé, dégustait lui aussi sa bière, adossé avec une élégance aristocratique. Les éternels rivaux se mesuraient une fois de plus du regard, la rondeur de l’un narguant la raideur de l’autre. Le Thain et le maître du Pays de Bouc avaient entretenu leurs champions à grands frais durant tout l’hiver. Chacun des deux terribles patriarches comptait bien rafler le prix qui réhausserait le prestige de son élevage et fonderait sa suprématie commerciale pour la saison. Les Coteaux de Touque et les vallons de Château-Brande disposaient de véritables coursiers, de grande taille, croisés avec les races prisées des hommes du pays de Bree ou des environs de Thalion. Mais ces champions étaient aussi plus sauvages et beaucoup plus difficiles à mener en course.

Touque et Brandebouc se jaugeaient d’un banc à l’autre, lorsque le couple des Bessac-Descarcelles fit son entrée à la tribune, flanqué de leur dadais de fils en costume de course, une toque de cuir surmontant son visage boutonneux.

Un nuage sombre sembla peser un instant sur l’assemblée, une froide risée retroussa cols et cotillons. Sanglé dans une tunique martiale un peu juste pour lui, Othon salua à la ronde, un rictus conquérant aux lèvres. Lobelia suivit, gênée par les volumes et volutes invraisemblables de tulle qui paraient sa robe, sans un regard pour quiconque mais avec un maquillage à faire cailler du lait frais. Il est vrai que la victoire de leur coursier, l’année précédente, les rendaient encore plus odieux que d’ordinaire. Rorimac, Ferumbras et leurs épouses, se trouvant soudain bien des choses à se dire, se rapprochèrent et trinquèrent à leur santé mutuelle.

L’affable Bilbon Bessac avait lui aussi rejoint la tribune et trônait à présent au milieu d’une sélection de jeunes cousins, qui n’auraient pas osé, sans lui, se risquer parmi les « gens rassis » - prétendant entendre par là qu’ils avaient une place assise. Il s’amusait beaucoup des rodomontades sociales et autres démonstrations d’honneur tribal qui se jouaient à la tribune pour les courses, qu’il jugeait un peu futiles. Pourtant à cette occasion particulière, il lui tenait à cœur de rabaisser un peu l’arrogance des Bessac-Descarcelles, tout cousins qu’ils fussent.

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Ombrelles et chapeaux fleurissaient la tribune de leurs motifs bariolés, flottant dans la brise avec l’air emprunté et frileux d’une première sortie printanière. La grande halle se donnait des airs de capitale endimanchée, pavoisée de tapis et jonchée d’herbe fraîche. Des oriflammes claquaient et striaient l’azur lumineux, que pommelaient de rares nuages blancs vivement roulés par le vent.

Des estrades complétaient la tribune qui dominait la ligne droite du départ. De proche en proche, des mats surmontés de fanions bariolés se dressaient çà et là dans les prés ou les labours, marquant les obstacles, haies ou bourbiers. Les hauts cippes marqués du sceau du roi, qui veillaient aux carrefours sur les sillons modestes et laborieux de la Comté, servaient de bornes principales au parcours de la course.

Will Piedblanc, le maire, revint trottinant, l’air essoufflé et important, épongeant son crâne chauve et rajustant sa perruque à rouleaux. Le magistrat avait présidé aux préparations de la course. Il venait de terminer sa tournée des « rabatteurs », ces jeunes gens rassemblés sous la houlette des conestables et placés aux endroits stratégiques du parcours pour vérifier qu’il n’y avait pas de tricherie et pour aider à remettre les concurrents étourdis dans le droit chemin.

Tout était prêt. Will fit signe à l’équipe de commis qui, en permanence, afficherait la position connue des concurrents sur un grand tableau de bois figurant le parcours.

La course prestigieuse qui ouvrait la saison à l’équinoxe de printemps, la fameuse « Ruée d’Herbies » allait commencer.

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Frédégar Bolger se hissa au sommet de la tour de bois, que les chasseurs de Hobbitebourg utilisaient d’ordinaire pour l’affût en lisière du lac de Lézeaux. L’édifice de planches et de rondins tangua un peu en grinçant durant l’ascension laborieuse du jeune hobbit. Il avait pris bien de l’embonpoint durant l’hiver dernier, constamment pris à témoin par ses tantes qui préparaient activement l’épreuve de la « Tourte aux cartoufles ».

Les entraîneurs engageaient les concurrents dans leurs stalles de départ. Les coursiers énervés tentaient déjà d’en découdre, les petits nouveaux se rangeaient de travers, cherchaient à s’élancer. Il fallut l’intervention d’un commissaire – un solide conestable aux favoris grisonnants – et de ses aides pour apaiser les esprits et aligner les champions.

Le maire s’approcha de la cloche qui servait d’ordinaire à réclamer le calme lors des conseils de la Comté. Tous les regards étaient rivés sur le magistrat. L’élu, dans sa chair et dans sa graisse, qui était considérable, savoura ce moment de gloire solennelle. Son visage lisse et rond se nimba d’une ineffable componction. Il saisit le maillet, se recueillit un instant et leva le bras.

L’âme de la Comté se trouvait suspendue à son geste. Les coursiers regimbaient. Les chefs de clan retenaient leur souffle – sauf Rorimac, qui déglutissait tranquillement bière et charcutaille en tentant de réprimer un rot.

Dans la tribune silencieuse, un bambin se mit à pleurer.

Soudain tinta la cloche !

Avec un ensemble admirable, les regards quittèrent le maire figé dans sa pose hiératique et se portèrent sur les coursiers.

Surprise ! Follavoine fusait à plusieurs longueurs alors qu’aucun autre concurrent n’avait encore quitté son box !

Après quelques secondes de stupeur, une trompe retentit pour annoncer un faux départ.

Ce fut une belle pagaille ! Le maire dut faire face au front vitupérant et cramoisi des propriétaires de Follavoine, les Bessac-Descarcelles – Père, Fils et Mère, la plus vindicative quoique son rouge carmin fût plus dû à son maquillage qu’à la colère. Mais Will Piedblanc n’était pas le premier oison tombé du nid. Il bomba sa formidable bedaine, qui se hérissa de dentelles, et quand il eut menacé d’une enquête pour déterminer pourquoi les stalles des autres concurrents ne s’étaient pas ouvertes, tout le monde retrouva son calme.

On vérifia et huila les mécanismes et le cérémonial du départ fut rejoué.

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Le tintement de cloche lança sur le champ de course une douzaine de lapins aux casaques bariolées, poursuivis et encouragés par leurs entraîneurs.

… L’auteur sent un flottement dans l’assistance...

Mais naturellement : « poursuivis » ! Vous ne voudriez tout de même pas que les entraîneurs montent sur le dos de leurs lapins ? Ou qu’ils les tiennent en laisse ? Quoique, je vous l’accorde, certains lapins se montrant paresseux, facétieux ou simplement gourmands, une laisse peut s’avérer nécessaire.

Mais ce n’est pas cela qui vous chagrine ? Ce sont les lapins, n’est-ce pas ?

Eh bien il va falloir vous y faire : les courses, chez les hobbits, ce sont des lapins ! Ni des chevaux, ni des chiens, mais bien des lapins ! Éventuellement des lièvres, lorsque des petits malins parviennent à en dresser un…

Et puis d’abord, vous ne vous imaginiez pas que ce nom, « Ruée d’Herbies », servait juste à épater la galerie, à se donner des airs ? Que nenni ! Ça veut dire « ruée sur l’herbe », tout simplement !

Et je vous assure que « les courses épiques » sont une véritable passion pour les hobbits ! Écoutez plutôt :

– … La croupe ronde, le jarret large, c’est Souriceau, l’inégalable coursier du Pays des Collines Vertes qui s’élance en tête ! Le champion incontesté des élevages de Bourg-de-Touque a déjà remporté deux fois l’épreuve, sur un terrain nettement plus vallonné qu’aujourd’hui, il est vrai ! Le voici qui prend immédiatement l’ascendant sur ses concurrents en déboulant le premier du pré aux oies du père Lavoine ! …

Frédégar Bolger, malgré son embonpoint, avait la langue agile et l’esprit vif. Il brandissait la lunette du Vieux Touque, une vénérable relique que le Maire de la Comté avait fait venir de la Maison des Mathoms[2], et la braquait sur la ligne droite en s’adonnant à une harangue étourdissante.

La tribune était en transes. Les aides s’activaient au pied du panneau d’affichage, accrochant sur le parcours les rondelles de bois colorées comme les casaques des coursiers. Souriceau menait grand train, mais le redoutable Follavoine le talonnait sans effort apparent. Le parterre s’esclaffait en apercevant certains concurrents sortir du parcours, poursuivis par leurs entraîneurs, qui tentaient vainement de ramener les coureurs récalcitrants dans le droit chemin.

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Ce n’était pas une mince affaire que le rôle d’entraîneur. Il s’agissait évidemment, vous l’avez deviné, sans laisse ni autre accessoire interdit, littéralement d’entraîner le concurrent sur le parcours. Il fallait pour cela un hobbit alerte ou une svelte hobbite, qui eût la confiance du lapin mais aussi son obéissance. Il arrivait donc souvent que certains concurrents se perdissent en chemin, victimes de leur peur, de leur gourmandise ou de leur indolence.

Lors de cette Ruée d’Herbies, le premier lapin à se perdre dans les champs fut le célèbre Grampopa :

– … Le maître incontesté des clapiers des tourbières Desgarennes vient de s’échapper juste après la seconde barrière, pour aller brouter un peu ! Le doyen de l’épreuve, le géniteur de deux douzaines de générations de lapereaux n’a pas su résister aux appétissantes luzernes du bord de l’Eau ! Notre malheureuse Hildefonce Lafouine, son entraîneuse, semble avoir sous-estimé la fringale du vieux Grampopa, qui fit les hautes heures des ruées d’Herbies pendant sa jeunesse ! …

Il est vrai que le dilemme n’est pas simple à résoudre ! Si l’on nourrit trop son lapin avant la course, il devient amorphe et cherche un petit coin pour dormir ; si on ne nourrit pas suffisamment son lapin, il a tendance à chercher à manger !

Pendant que le jeune Bolger déblatérait ses commentaires avec la verve qu’on lui connaît, les aides de course faisaient la chasse aux tire-au-flanc, cernant les concurrents échappés pour les remettre aux entraîneurs victimes d’une sortie de route.

– … Et c’est le cousin Frodon qui le premier met la main sur le vieux chenapan ! Voilà Grampopa et Hildefonce revenus dans la course ! Un triple Hourra pour le vieux Frodon ! …

Le « Vieux Frodon », le plus âgé de la petite bande toujours fourrée à Cul-de-Sac, s’était en effet porté volontaire comme garçon de course. Mais c’est à cet instant qu’un incident détourna l’attention de l’aristo-Hobbiterie suspendue aux bavardages de Frédégar.

Le vieux Rorimac, dépité du retard de Sagette sa championne, venait de plonger le nez dans un broc de bière fraîchement tirée. Le maître du Pays de Bouc se redressa, le tonnelet de son buste secoué d’un spasme qui soulevait bedondaine, jabot et double menton. Il recracha sa gorgée et lança un cri angoissé :

– Ma lambique est salée !

L’épouse de Rory eut sa robe tachée, elle poussa les hauts cris, toute la tribune en fut sens dessus-dessous, hormis Lobelia et Othon qui toisaient ces inconvenants avec un rictus méprisant.

Un hourvari parcourut les rangs des jeunes gens entourant Pippin et Merry, qui s’étaient réfugiés près du vieux Bilbon. Le prétoire des hobbits rassis et suspicieux se tourna vers le Bessac, qui tirait sur sa pipe avec un air de parfaite innocence et de réprobation indulgente. Derrière lui, Merry et Pippin annotaient frénétiquement leurs petits carnets de courses.

Frédégar, sentant s’émousser l’ardeur de son public, reprit de plus belle :

– … mais c’est au tour de Belbuirets de boire et déboire ! Le reproducteur des Sanglebuc s’arrête un instant pour s’abreuver au ruisselet. Et en repartant il omet tout simplement de sauter par-dessus la haie : Il est passé dessous ! Il y a perdu sa casaque et j’ai bien peur que cette maladresse ne soit éliminatoire ! Aïe, aïe, aïe ! C’en est fini des chances de Marcassis Sanglebuc, que nous voyons revenir, son gros lapin sous le bras et la casaque déshonorée sur le dos, tandis que, juste devant nous, Follavoine termine le premier tour en tête, talonné par Souriceau qui semble marquer le pas ! Je crains le pire ! …

Vous l’avez compris, rien n’obligeait Frédégar à une scrupuleuse neutralité. Pour prix de son incoercible bagout, le bavard pouvait presque tout se permettre, ce dont il ne se privait guère…

Le peloton abordait le second tour et commençait à s’étirer assez lamentablement, la plupart des entraîneurs s’avérant déjà fourbus…

Frédégar passa sournoisement sous silence un écart du champion des Bolger, à la faveur de plusieurs sorties de piste d’autres champions, heureusement rattrapées par de valeureux garçons de course.


Mais un second incident vint émailler l’engouement un peu guindé qui régnait à la tribune : la toute jeune Priscilla Beauminois poussa un cri horrifié.


On crut à un accident.

Tous les regards convergèrent vers la ravissante et fraîche hobbite, encadrée par ses trois prétendants du moment, qui se surveillaient mutuellement avec des mines renfrognées. On n’eut plus de nouvelles de la course, tandis que le maire venait en personne s’enquérir du malheur. Le visage décomposé, l’élégante tendit au magistrat, de sa petite main potelée et tremblante, son miroir en argent, sur lequel un importun avait collé le dessin d’une odieuse face de troll, qui n’était pas sans rappeler le visage poupin et suffisant de Priscilla…

Le maire promit de faire toute la lumière sur cette blague douteuse, lorgnant vers la clique de Merry et Pippin, secouée de ricanements mal contenus et toujours embusquée derrière les volutes de l’honorable et inébranlable Bilbon Bessac.

Ce que voyant, Frédégar, fidèle à sa promesse, enchaîna aussitôt en haussant le ton :

– … S’avancent loin derrière : Rigodon, poursuivi par Sam Gamegie, et Chauminette, magnifiquement entraînée par la délicieuse Rosie ! En avance d’une tête sur le peloton j’aperçois Picottine, tandis que la bonne Sagette, bonne dernière, s’avère assez décevante aujourd’hui ! …

Le pauvre Sam suivait son lapin en suant, le houspillant lorsqu’il parvenait à le rattraper, pour le remettre en piste. Le galapiat bondissait avec une grande rapidité, mais il était brouillon en diable et il fallait constamment le réorienter.

De la tribune on apercevait la cocarde rose de Rosie Chaumine sautiller gracieusement dans les champs bordant le parcours. Manifestement la discipline de la petite lapine économisait bien des pérégrinations à son entraîneuse. Chauminette passait les obstacles avec souplesse, le petit pompon blanc de son derrière et la cocarde rose de ses oreilles disparaissaient derrière les haies et réapparaissaient quelques instants après, sagement, bien au milieu de la piste.

Pourtant, vers la fin du second tour, juste avant le tournant du bois-lutin, la petite cocarde rose disparut. Un garçon de piste fit signe que l’étourdie avait bondi dans les taillis, aussi Rosie dut elle traverser la piste et s’aventurer dans les bois pour la récupérer.

De son côté, Sam poursuivait son lapin Rigodon, dont l’œil à la tache noire semblait rire d’aise à l’idée de fatiguer le brave jardinier. Loin devant eux bondissaient Follavoine et Souriceau, que rattrapait une certaine Picottine, une demi-hase farouche élevée par les Touque de Longuefaille.

Les minutes passaient. Sam avait perdu Rigodon et commençait à paniquer. Heureusement il tomba sur les fils Chaumine venus prêter main forte à leur sœur. Ensemble, ils organisèrent une petite battue en règle du bosquet du bois-lutin.

Et Sam retrouva ce farceur de Rigodon !

Mais le sauteur se trouvait en pleine séance de fraternisation avec l’adversaire. Rigodon et Chauminette partageaient blagues et saillies dans un douillet bosquet. Et ce libertin de Rigodon semblait cligner de son œil cocardé de noir, gesticulant et s’articulant dans le dos cocardé de rose de sa compagne.

L’honnête et prude Sam se précipita pour faire cesser ces ribauderies, mais une injonction ferme et douce l’arrêta net :

–Tu ne vas tout de même pas les interrompre ? Ah, les garçons !

Une main caressante se posa sur son épaule. Sam en se retournant rencontra les yeux clairs, le regard candide et les cils papillonnants de Rosie Chaumine :

– Tu ne vois pas que ces deux-là s’aiment ? …

D’un regard impérieux, Rosie congédia ses frères, restés bouche bée et bras ballants devant la scène. Demeurés seuls sous les bosquets, nos deux jeunes gens laissèrent libre cours à la nature, en rêvant ensemble à des lendemains prolifiques… C’est d’ailleurs juste après la ruée d’Herbies de cette année-là, que le Père Chaumine décida d’avoir une conversation entre garçons avec le freluquet Sam Gamegie.

Mais revenons à la course.

– … L’infatigable Picottine, après son époustouflante remontée, s’est une fois encore fourvoyée : elle a continué tout droit au tournant finissant la ligne droite ! J’aperçois les Touque de Longuefaille battre les halliers loin en aval de l’Eau ! ...

La branche nordique des Touque régnait sur les landes septentrionales de la Comté. Ils avaient croisé leurs lapins domestiques avec des lièvres des garennes des Champs Verts, mais ces coursiers, rapides et fins sauteurs, s’échappaient trop facilement du parcours et regagnaient souvent leur liberté. Picottine, de loin la plus rapide des concurrents, se voyait à présent moquée sur l’estrade, et particulièrement par les Brandebouc, qui pratiquaient depuis longtemps le même genre de croisement avec les lièvres des Hauts des Galgals et prétendaient maîtriser cet art !

– ... En ce début de troisième et dernier tour, il y a donc à nouveau duel en tête de course entre Souriceau – courage, Souriceau ! – et Follavoine, qui semble avoir fourni son effort...

Mais plus personne n’écoutait Frédégar. Lothon venait de déposer une plainte officielle, formulant une terrible accusation qui occasionnait des suées au pauvre maire.

L’affaire était très grave.

Le clan Bessac-Descarcelles accusait son adversaire, le champion en tête de course, d’avoir bénéficié d’un entraîneur surnuméraire !

On dut interrompre l’épreuve. Chaque concurrent fut immobilisé sur la piste avec leur entraîneur, tandis que les étourdis folâtrant hors piste trouvaient là le temps de regagner le parcours.

Et effet, il fut établi que Souriceau, malencontreusement sorti de piste, s’était fourvoyé dans un jardin où il avait grignoté quelques plans de cartoufles. Furieux, le propriétaire avait chassé le malotru, le remettant de fait dans le chemin de la course, et poursuivi jusque sur le parcours ! Et c’est là que le règlement était formel : il s’agissait du privilège de l’entraîneur, que de mener son champion sur le parcours même.

Les palabres s’éternisaient. Le maire diligentait les conestables récolter les témoignages ad hoc, le parti de l’accusation envoyant ses propres contre-enquêteurs. Le maire furieux suait à grosses gouttes, profondément contrarié et intimement persuadé que cette manœuvre ne visait qu’à laisser à Follavoine le temps de récupérer. Othon éructait, acerbe, tenace, dressé sur ses ergots, d’autant que d’irrévérencieux jeunes gens ne cessaient de l’importuner et de le chicaner alors qu’il plaidait sa cause.

Mais l’enquête put établir que le propriétaire qui avait involontairement interféré avec la course, n’était autre que Papa Gamegie, le père de Sam. Lorsque les juges-arbitres apprirent que Souriceau avait bénéficié de l’aide d’un vieillard aussi honorable et surtout aussi lent que l’Ancien, l’accusation fut déclarée sans fondement et les moqueries plurent sur les têtes courroucées du clan Bessac-Descarcelles.

La course reprit, mais l’enthousiasme de la tribune était retombé.

Chauminette et Rigodon cheminaient de concert, sans se quitter ni se presser, avec juste assez de constance pour dépasser le peloton, complètement désorienté après cet arrêt prolongé.

En tête, par contre, Souriceau et Follavoine se livraient un duel sans merci, puisant dans leurs dernières forces. On vit le duo se hâter au bout de la ligne d’arrivée, suivi de l’entraîneuse Touque et de Lothon qui peinaient derrière eux.

Frédégar s’égosillait, donnant le meilleur de lui-même pour animer cette fin de course :

– … Follavoine à la corde court sous la badine de Lothon qui le fouette sans pitié ! Sa robe sombre luit de sueur ! Souriceau se hâte, on voit les efforts sur-lapins qu’il déploie pour arracher la victoire, mais l’on doute que cela suffise ! ...

A la tribune, les Bessac-Descarcelles serraient les lèvres, prêts à laisser s’épanouir un sourire vainqueur. Rorimac Brandebouc mâchouillait rageusement un saucisson, tandis que Ferumbras, plus raide que jamais, dardait des regards désespérés vers son champion éreinté.

–... mais que vois-je derrière eux ? Une casaque verte déboule du Bois-Lutin ! … C’est Picottine ! …

En effet, une grande levrette, longue et bien découplée, les yeux exorbités, filait comme une flèche le long de la piste, bondissant comme quatre, possédée par une fureur inouïe.

Frédégar s’enthousiasma, un peu hésitant :

– … Il semble qu’il y ait encore un autre concurrent en lice pour la victoire… Euh non, deux autres ! …

La tribune se pencha sur sa gauche : une flamme rousse bondissait à la suite de la championne des Touque du Nord !

Picottine gagnait très rapidement du terrain sur Follavoine et Souriceau, elle-même rattrapée par une casaque orange.

– Horreur ! s’écria Frédégar, qui, le premier, discerna que le dernier poursuivant était en fait un renard !

Picottine, mue par une saine terreur, coiffa ses adversaires au poteau, tandis que le renard portait ses appétits sur les deux malheureux lapins !

Heureusement Pippin, avec beaucoup d’à-propos, se saisit de la perruque à rouleaux du maire et du saucisson du vieux Brandebouc. Fourrant l’un dans l’autre, il lança le tout vers le renard, qui s’en saisit et s’en fut !

.oOo.

– Premier prix, décerné à l’unanimité, pour avoir subtilisé sa perruque au maire Will Piedblanc, devant toute la Comté réunie et sans en être puni !

Merry annonçait les résultats du Grand Concours de Sots d’Herbies. Dans la tribune des Disputations, à présent désertée par les « rassis », les jeunes gens s’étaient rassemblés pour célébrer une sorte de fête clandestine des farceurs imaginatifs.

Pippin s’inclina et remercia d’un air modeste, trop heureux d’éclipser l’ascendant pris le jour même par les Touque du Nord grâce à la victoire de leur levrette.

– Le Second prix va sans conteste à Robin Petiterrier, pour sa très trolle caricature de Priscilla Beauminois !

Frédégar, qui avait péroré tout l’après-midi, se reposait la voix avec une bonne bière, applaudissant au discours de Merry.

– Le troisième prix va à Patton Folherbe, pour le coup classique, mais parfaitement réalisé du sel dans la bière du Brandebouc, mon grand-père !

Le parterre donna poliment de la voix et des mains.

– Un accessit pour l’idée si tentante de faire s’envoler Lobelia dans ces tulles encombrantes et ridicules ! Il était plaisant de l’imaginer mais je crains que notre dragon ait trop de chairs et pas assez d’ailes, même pour un dragon !

Un tonnerre de vivats s’éleva, s’il est vrai que Lobelia, Othon et Lothon faisaient bien l’unanimité contre eux.

– Et un encouragement pour l’idée de la petite Marguerite Fouine : crotter le Touque, toujours si bien mis, est une excellente blague, mais c’était sans compter l’habileté et la solidarité de son épouse, qui de son ombrelle a paré ce navet pourri avec une grande habileté et un sang-froid digne des Touque. Exécuter une bonne blague est une preuve de courage, mais le faire impunément est une preuve d’intelligence ! Notre confrérie requiert ces deux qualités ! Mais je suis sûr que tu feras mieux l’an prochain !


La toute jeunette Marguerite rosit sous le compliment, encouragée par ses frères, mais Merry poursuivait :

– Il nous reste à décerner le prix de consolation ! Arracher un poil de l’oreille de Othon Bessac-Descarcelles sans se faire pincer, c’était là une idée pittoresque mais la barre était décidément trop haute !


Deux concurrents malheureux exhibaient bien un artefact pileux qui pouvaient répondre au signalement du bouillant Bessac-Descarcelles, mais tous deux souffraient tellement du derrière qu’aucun ne pouvait prétendre avoir agi incognito...

– Je rappelle que le Grand Prix est remis en jeu pour l’année prochaine : il sera attribué à qui inventera le canular capable de faire annuler la ruée d’Herbies avec élégance et facétie, sans se faire prendre ! Imaginez les conestables qui nous rebuffent, obligés de rembourser tous les paris !

Pippin arbora un grand sourire rêveur, s’imaginant déjà saboter la course en proposant un arrêt gastronomique aux concurrents - bière pour les entraîneurs et avoine fermentée pour les lapins...

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Cette année-là, le « Pompon » fut bien la pauvre Sagette, l’ex-championne des Brandebouc.

Mais rassurez-vous, il s’avéra que si elle avait été si lente sur le parcours, c’est parce qu’elle était encombrée d’une portée de lapereaux. Elle coule encore des jours heureux…

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Vous avez compris, évidemment, qu’il s’agissait là d’une participation au défi d’Avril-Mai 2021 de Fanfictions.fr, « Le coup du Lapin » !

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NOTES

[1] J’ai traduit la fonction de shirriffe par conestable, qui est l’ancêtre du « constable » anglais, un officier de police. Littéralement, le conestable est le comte de l’étable, l’écuyer chargé de tenir les écuries d’un noble, d’une garnison, d’une armée. Le côté terrien des hobbits se marie très bien avec cette étymologie.

[2] Un mathom désignait tout objet ornemental, symbolique ou de prestige. Un mathom pouvait être tout objet dont les Hobbits n’avaient pas un usage immédiat mais qu’ils rechignaient à détruire. Certains mathoms étaient tellement passés de mains en mains que leur fonction initiale avait été oubliée depuis longtemps. Comme de tels objets avaient tendance à encombrer les demeures des Hobbits, ils décidèrent de les mettre à disposition de tous, en un lieu consacré à l’édification des jeunes générations, la Maison des Mathoms.


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