Vaer aen birke - the Witcher

Chapitre 18 : Belleteyn

Par jiriu

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Année 1275, au plus profond des forêts du Nord, Loc Feainnn

 

Elina observe une petite bête, une simple grenouille verte. L'animal la scrute de ses yeux ronds et noirs avant de gonfler sa gorge pour coasser. La petite se met aussitôt à rire et à essayer d'imiter le son étrange.

–Elina ! Est-ce que je peux avoir un peu de ton attention s'il te plait. La rappelle à l'ordre une voix masculine.

La jeune demi-elfe aux cheveux noirs se retourne avec un soupir, fixant ses yeux de cristal sur son mentor. Calened a noué ses cheveux roux en une longue tresse qui lui descend jusqu'au milieu du dos et a troqué sa robe de mage habituelle contre une tenue de voyage plus pratique pour leur périple. Elina n'a qu'une vague idée de l'endroit où ils se trouvent car ils se sont téléportés pour la majeur partie du voyage jusqu'à ce que Calened décide subitement de marcher. Tout ce qu'elle sait est qu'ils doivent trouver un lieu mystérieux perdu quelque part dans ces bois.

–Du courage mon élève, on est presque arrivé. Ce que tu vas voir est l'un des plus anciens mystères de ce monde et un de ses nœuds d'énergie les plus puissants. Continue le Sage en avançant à travers les buissons. Il existait bien avant que nous les Aen Seidhes arrivions dans ce monde et probablement même avant les Gnomes.

Elina écoute comme elle peut, encerclée par cette nature sauvage et exubérante. C'est la première fois qu'elle sort enfin à l'extérieur du palais de Calened. Celui-ci lui a fait faire des tests pendant les deux premières semaines afin de mesurer son potentiel puis a enfin commencé les leçons proprement dites il y a une semaine. Des leçons d'histoire, de géographie, de Langue Ancienne et sur la nature de la magie. Calened n'est pas un mauvais professeur mais par les dieux, elle ne peut s'empêcher de sourire alors que le vent caresse sa peau et le soleil réchauffe son visage. Elle tourbillonne à la suite de Calened en une danse un peu gauche, profitant pleinement du moment.

–Ah ! Elina, nous sommes arrivés, viens voir.

La jeune demie-elfe s'approche et s’arrête, la bouche ouverte, les yeux ronds comme une assiette. Devant elle s'étend le paysage le plus enchanteur qu'elle ait jamais vu. Un immense lac aux eaux pures comme du cristal, si transparente qu'on peut en apercevoir le fond. Des arches blanches et des troncs décolorés parsèment le rivage sablonneux où volettent des essaims de libellules et de papillons. Les rayons du soleil l’illuminent doucement. Une aura de sérénité émane de l'endroit et le murmure de l'eau invite à la relaxation.

–Ceci, dit Calened d'une voix basse et révérencieuse. Est le lac Feainn ou Loc Feainn en Hen Llinge. C'est l'un des plus grands carrefours d'énergie du Continent. Ici, la nature retourne à sa source et la vie trouve son renouveau, Est-ce que tu entends les murmures ? Qu'est-ce qu'ils te disent ?

Elina tend l'oreille attentive.

–Elles me disent... de rester sur le rivage, de ne pas entrer dans l'eau.

–C'est ainsi qu'elle parle à ceux qui sont purs de cœur. Pour les mauvais, elle a un tout autre discours, elle les invite dans ses eaux afin de renaitre dans un nouveau corps pour une nouvelle vie, elle offre la pénitence. Toi et moi n'avons pas besoin d'une seconde chance mais pour les Sages, Loc Feainn a d'autres usages.

Sur ces mots, il grimpe sur un rocher et invite Elina à le suivre.

–Le lac est aussi un miroir sur le passé et le futur. Quand nous méditons, notre prescience dans ces lieux est décuplée. C'est pourquoi tous les Sages à la recherche de quelque chose ou qui essaient de deviner le futur viennent se ressourcer ici. Viens ici, oui là, regarde dans le lac et dis-moi ce que tu vois.

Peu rassurée, la petite obtempère et se penche au-dessus de l'eau. L'eau est si claire qu'elle peut voir le fond sablonneux, elle ne voit même pas son propre reflet. Puis, soudainement, l'eau se trouble et une image se forme.

– Je vois... une elfe. Elle a l'air douce et... familière. Attendez, ça change... maintenant je vois des armées en marche, du feu et du sang partout ! Des corps partout ! Je vois... une ville en feu. Sa voix devient de plus en plus métallique et étrange. C'est le Temps, le Temps de la Hache et du Mépris. Et toi Vagabond ? Tu espères l'empêcher ? Tu oses chercher un autre chemin que l'Hirondelle ? Ta voie est marquée par le mensonge et la manipulation, pitié pour les crédules qui se font facilement bernés. Le sang coule sur ton chemin, toi qui t'es retourné contre les tiens, pauvre Vagabond qui ne pourra jamais rentrer chez lui...

–Suffit, par le pouvoir des Sphères, je t'adjure par l'eau, la terre, le feu et l'air, je t'adjure par la pensée, le rêve et la mort, par ce qui fut, ce qui est et ce qui encore à venir, je t'adjure de laisser cette enfant.

Elina émet une faible plainte avant de glisser sur le sol. Calened la rattrape juste avant qu'elle ne tombe dans l'eau. Calened s'assied et pose la tête de la demi-elfe inconsciente sur ses genoux. Quelques instants plus tard, l'enfant ouvre les yeux.

–Je... qu'est ce qui s'est passé ? Demande t'elle étourdie.

–Tu as reçu une puissante vision, c'est assez inhabituel pour une première fois. De quoi te rappelles tu.

–Mmm, d'une elfe, le feu, la mort et... c'est tout.

–C'est tout, tu en es bien sûre ?

–Oui mais... maitre, l'elfe dans ma vision, je crois, je crois que c'était ma mère.

–C'est possible, ton esprit a dû inconsciemment la rechercher et le lac montre aussi bien le passé que le futur.

–Vous croyez qu'elle est encore en vie ? Qu'elle pourrait être... quelque part ?

–Honnêtement, Elina, cela m'étonnerait. À moins qu'on vous ait séparés de force, une elfe n'abandonne jamais son enfant même s’il est à demi-humain.

–Mais vous pourriez chercher ? Pour moi, s'il vous plait, fait la petite, implorante.

–D'accord, soupire Calened mais je ne peux pas te promettre de miracles.

Un claquement d'aile se fait entendre non loin d'eux. Ils se retournent pour découvrir une étrange créature, un oiseau aux ailes colorées de crépuscules et avec une tête humanoïde coiffée d'un chapeau en forme de croissant de lune. Elle a de grands yeux jaunes et intelligents qui les observent avec intérêt.

–Maitre, qu'est-ce que... fait Elina dans un souffle.

–Chut, il n'y a rien à craindre, il s'agit d'une Gardienne du Crépuscule, l'une de celles qui veillent sur le lac et assurent sa sauvegarde.

Sur ces mots, il s'incline devant la créature avant de relever Elina.

– Viens maintenant, il est temps de rentrer. Nous aurons l'occasion de revenir plus tard pendant ta formation.

Ainsi, ils se glissent dans les bois à la recherche d'un endroit adéquat pour un portail. Une fois qu'ils sont suffisamment loin pour que les émanations magiques du portail ne perturbent pas le lac, Calened les téléporte droit sur Fidhail.

 

Année 1275, Dol Blathanna, environs de Fidhail.

 

 

Les bois non loin de la capitale grouillent d'activité. De grandes nappes blanches sont étendues sur le sol d'une grande clairière. Dessus on dépose de nombreux plats : des rôtis, des salades, des faisans cuisinés avec de la sauce, des gâteaux, du cidre et du vin. Au centre de la clairière se dresse un grand tas de bois sec, réuni tel une pyramide. Juchés sur une petite estrade de bois adossée à la colline, des musiciens tirent de leurs violons, flûtes et harpes, des mélodies joyeuses et printanières.. Une grande foule d'elfes se presse, discutant, mangeant bon train sur les nappes duveteuses, nobles et roturiers mélangés sans distinctions. Les enfants slaloment entre les adultes, jouant et mangeant de bon cœur. C'est la fête de Belleteyn, la fête de la fertilité, une ancienne tradition adoptée par la plupart des races.

Calened est occupé dans les bois, mettant en place des protections magiques afin de garantir qu'aucune mauvaise surprise ne viendra interrompre les festivités. Elina est avec lui, observant distraitement les efforts de son maitre.

–Déconcentrée, je vois ? Dit-il avec un sourire.

Le visage de la jeune demie-elfe s'empourpre aussitôt.

–Pas du tout, je... je fais attention. J'ai juste un peu de soleil dans les yeux.

–Mhmm, fait le mage en déposant un petit totem serti d'inscription mystiques. Il reste quelques heures avant que le soleil se couche, pourquoi n'irais tu pas rejoindre tes amis et profiter du temps qu'il reste ?

–C'est vrai, je peux ? s'enthousiasme la petite. Mais et les protections ?

–Eh bien je suis parfaitement capable de les faire sans toi. Va donc t'amuser mais je veux que tu sois attentive à tes leçons demain, compris ?

Elina émet un couinement excité qui n'aurait rien à envier à un écureuil.

–Je le serai, merci, merci dit-elle avant de partir comme une flèche vers la clairière. Une fois là-bas, elle tourne un peu en rond, cherchant ses amis avant de les repérer et les rejoindre. Ceux-ci l’accueillent avec des cris de joie et l'entrainent dans leurs folles aventures.

Le Sage sourit en la voyant engloutie dans la foule d'enfants. Aaaah, d'être jeune à nouveau, pense-t-il, un peu perdu dans de lointain souvenirs autour d'un grand brasier. Se secouant, il reprend son travail finissant les totems. Alors qu'il se redresse, il entend le son doux d'un pas sur le sol feuillu de la forêt. Tournant la tête, il aperçoit une elfe en tenue légère, sombre et brodée d'or, deux sabres à ses côtés. Ses longs cheveux blonds se balancent sur ses épaules comme si elle n'avait pas pris le temps de les peigner. Les traits de son visage sont durcit par la froide aura typique des vieux elfes.

–Ceàdmil, Gvaern glaeddyvan, la salue t'il. Vous ne participez pas aux festivités ?

–Hael, Aen Saevherne, lui répond-elle. Non, ce serait un peu malséant, non ? C'est une fête pour les jeunes, pour ceux qui ont encore l'espoir de concevoir. Nous autres vieux elfes n'y avont pas vraiment notre place. Non, je rends service en patrouillant dans les bois et en écartant tout danger.

–Je vous assure, maitresse d'armes, que mes sorts protecteurs sauront écarter toute menace.

–Mieux vaut une double protection qu'une seule. Je ne suis pas la seule, d'ailleurs, d'autres elfes de notre âge patrouillent le bois. Une façon comme une autre de rester utile à notre peuple.

–Exact, fait une voix derrière Calened. Laissons les jeunes s'amuser tant qu'ils le peuvent encore. Il y aura bien assez de soucis demain.

Le Sage se retourne et aperçoit un elfe au visage terriblement scarifié. Le nouveau venu est habillé de vert comme un Scoia'tael et cache sa cicatrice sous un foulard rouge.

–Céadmil, Commandant Iorweth, le salue Calened. Je suis surpris de vous voir ici à Fidhail. J'ai cru comprendre qu'il y avait un... contentieux entre vous et sa majesté la reine.

–Si par contentieux, vous faites référence à sa trahison des officiers de la brigade Vrihed, je peux vous assurer qu'il existe toujours. Mais ceci, rassembler tous les elfes à Dol Blathanna et s'allier aux autres Races Anciennes contre Radovid, c'est le meilleur plan dont j'ai entendu parler depuis... l'échec du royaume de la Vallée du Pontar. Je suis ici pour la même raison que vous: protéger mon peuple et si pour ça je dois coopérer avec l'autoproclamée reine qui nous a trahis, eh bien, c'est un sacrifice que je suis prêt à faire. Ce qui ne veut pas dire que je lui aie pardonné.

–Chacun suit son chemin pour ses propres raisons, approuve la femme elfe.

–Du moment que nous travaillons ensemble, peu importent les raisons. Conclut le Sage.

Au-dessus d'eux, le soleil commence à décliner, Calened, accompagné de plusieurs elfes âgés, continue de patrouiller dans les bois tandis que la fête bat son plein. La clairière se colore doucement de rose avant de commencer à s'assombrir. Des tambours se mettent à jouer à un rythme d'abord lent puis de plus en plus rapide. Quelqu'un a dû allumer le brasier car bientôt une grande flamme éclaire la prairie. Prenant ça comme un signal, les parents rassemblent leurs enfants et quittent la clairière. Calened, connaissant la suite des festivités, se met à la recherche de Elina. Il la trouve en train de danser entourée de ses amis.

–Elina, il est temps de rentrer à la maison, Dit Calened en se plaçant près d'elle.

–Oh, pourquoi ? On s'amuse bien là...

–Ne discute pas, il commence à se faire tard. Les festivités nocturnes sont seulement pour les adultes.

La jeune demi-elfe fait la moue mais obtempère quand elle voit ses amis être requis par leurs parents adoptifs.

Calened la raccompagne vers la maison et attend qu'elle se change et se glisse dans son lit pour lui souhaiter bonne nuit.

–Maitre, demande Elina, d'un ton hésitant.

–Tu peux m'appeler Calened, tu sais.

–Calened, vous allez retourner à la fête ? Quand est ce que je serai assez grande pour participer ?

–Oui, je dois m'assurer que tout aille bien. Et tu vas devoir attendre encore plusieurs années, quand tu seras bien plus âgée

–C'est pas juste. Fait Elina d'un air boudeur.

–La vie n'est pas juste, petite corneille. On fait avec. Maintenant repose toi, je te verrai demain à l'aube.

Sur ces mots, il l'embrasse sur le front avant de sortir. Les derniers rayons du soleil déclinent à l'ouest. Quelques palais s'illuminent d'une lueur argentée. Calened reprend le chemin vers le lieu de festivité dans la lumière mourante. Loin au-dessus, dans les champs du ciel, les étoiles apparaissent lentement, Un croissant de lune apparait, baignant la forêt d'une faible lumière d'argent. Il trouve facilement la clairière grâce à la violente lumière du grand brasier. Tout autour du feu, couronnés de fleurs, des elfes dans la fleur de l'âge font une ronde. La clairière résonne de musiques, de rires et de chants. Alors qu'il regarde les environs, Calened aperçoit une très jeune femme à la beauté simple, des gerbes de blés dans les bras. À ses pieds se trouve un faon et le plus gros hérisson que Calened ait jamais vu. Sur ses lèvres, un sourire, dans ses yeux le vert profond des forêts. Quelqu'un passe rapidement entre eux et quand Calened regarde à nouveau, il n'y a plus personne. Le Sage se frotte les yeux, j'ai des visions,je dois être fatigué, pense t'il. Il souffle un bon coup et s'appuie sur son bâton. Il se masse le ventre alors qu'une étrange sensation est en train de naitre dans le creux de ses reins.

Autour de lui, les danses deviennent plus sensuelles, plus sauvages, Les corps se rapprochent et se touchent, d'abord de légères caresses puis de manière plus prolongée. Une jeune elfe laisse tomber les épaules de sa longue robe verte, exposant ses seins, un homme retire prestement sa chemise avant de saisir sa compagne dans ses bras et la fait tournoyer dans les airs. Lentement, les convives abandonnent leurs vêtements, dévoilant leurs corps imberbes et gracieux. Les tambours résonnent dans le bois de manière hypnotique, un elfe complétement nu, embrasse doucement la jambe d'une harpiste à la robe bleue, remontant doucement le vêtement.

Calened s'agrippe à un tronc d'arbre. J’ai la tête qui tourne, que se passe-t-il ? La chaleur dans ses hanches ne cesse de se faire plus oppressante. Une elfe nue aux longues nattes bondit devant lui poursuivie par son compagnon tout aussi dévêtu. À la vue de leur joyeux batifolage, la chaleur devient encore plus intolérable et enfin la lumière se fait dans la tête de Calened. Du désir ? j'ai envie... pense-t-il mais à mon âge ? Comment est-ce possible ? Cela fait des siècles que je n'ai pas ressenti la moindre pulsion sexuelle ?!

Alentour, les elfes dansent joyeusement sous les étoiles sans se soucier du reste du monde. Des couples se forment et échappent à la lumière du grand feu, parmi les ombres de la forêt. D'autres moins pudiques ou plus ensorcelés s'étendent directement sur les nappes blanches et les piles de vêtements. Ils s'embrassent sauvagement sur la bouche, le cou, le ventre et les parties les plus intimes du corps. Le Sage aperçoit Yaevinn entre deux partenaires aussi dévêtus que lui.

Calened a de plus en plus chaud et le contact de ses vêtements sur sa peau lui devient insupportable. Seuls ses siècles de restriction lui permettent de garder un esprit cohérent. Je ne comprends pas, qu'est ce qui m'arrive ?

–Aen Saevherne fait une voix près de lui.

Calened se retourne et voit Isengrim, entièrement nu, les yeux brillants comme pris d'une fièvre. Son sourire est doux et vorace à la fois et l'ombre cache à moitié ses cicatrices.

–Que Suecc's, Aen Saevherne ? Pourquoi restez vous à l'écart ? C'est Belleteyn. Venez danser près du feu.

–Je ne peux pas, répond, hésitant, le Sage. Trop vieux pour cela. Pourquoi ne pas choisir des partenaires plus jeunes ? Pourquoi ne pas saisir votre chance de devenir un père ?

–J'ai accompli mon devoir, trois fois maintenant. Dit Isengrim en se coulant contre Calened. Maintenant je veux être auprès de celui pour qui mon cœur chante si fort, jour et nuit.

Décontenancé par ces mots, la tête plus fiévreuse que jamais, Calened laisse Isengrim glisser sa main dans la sienne, faisant tomber son bâton au sol. Tel un chat joueur, le Scoia'tael mordille les lèvres du Sage avant de l'embrasser passionnément. La chaleur dans les reins de Calened devient un feu de forêt, envahissant tout son corps et il répond désespérément à ce baiser. Isengrim tire sur ses vêtements pour le déshabiller et ceux-ci disparaissent bien vite.

Il ne reste pratiquement plus aucun danseur dans la clairière ni de musique. La nuit est rythmée par le son des soupirs, des baisers et des cris de plaisirs.

Calened et Isengrim s'étalent sur l'herbe qui leur parait aussi confortable qu'un matelas. Le roux embrasse les cicatrices de son amant tandis que la main de celui-ci descend jusqu'à leurs sexes dressés. Joueur, Calened mordille la lèvre inférieure d'Isengrim avant de se positionner au-dessus de lui. Sa tête, sa poitrine, ses hanches, tout est en feu pendant que son cœur bat comme un tambour. Le Loup de Fer s'allonge sur le dos et attrape ses jambes, exposant complétement son intimité. Calened s'approche et prépare de sa langue et de ses doigts son partenaire. Isengrim gémit sous les sensations de plaisir et son gémissement se perd dans les sons de l'orgie qui a lieu maintenant sous le clair de lune. Une fois certain que son compagnon est prêt, Calened attrape son sexe et l'insère dans l'intimité de Isengrim. Aussitôt ses hanches explosent et un cri franchit ses lèvres pendant qu'il commence des mouvements de va et viens. Isengrim ferme les yeux et resserre ses jambes autour de Calened, l’insistant à aller plus vite et plus fort.

–veloë, me minne, l'encourage le fier Scoia'tael alors que ses mains empoignent le dos de Calened.

Un cri féminin retentit non loin d'eux attirant l'attention de Calened et il voit la maitresse d'armes qu'il a vu plutôt, nue, plaquée contre un arbre par un elfe plus jeune, les yeux fermés, l'extase sur le visage. La maitresse d'armes... trop vieux... pas normal. Mais des mains attrapent son visage et attirent son attention sur sa tâche. Isengrim prend ses lèvres en un baiser langoureux et le peu de pensées rationnelles qui restent au Sage s'évapore comme neige sous le soleil. Une main fraiche se pose sur son épaule et il tombe nez à nez avec une femme blonde qu'il n'a jamais vue de sa vie. Pourtant, les tympans battant aussi fort que les tambours de Belleteyn, il se penche et l'embrasse passionnément. Au-dessous de lui, Isengrim continue de gémir sous ses tendres assauts. L'elfe inconnue se penche elle aussi en avant et attrape les lèvres du Scoia'tael dans les siennes. Alors qu'il continue son œuvre, Calened sent le plaisir monter vague après vague dans tous son corps jusqu'à ce qu'il atteigne son paroxysme dans un grand cri, relâchant sa semence dans Isengrim. Comme répondant à un signal, celui-ci vient également, son sperme laiteux se répandant sur son ventre. Il se dégage doucement, le corps brillant de sueur sous les feux de Belleteyn. Mais le feu fait toujours rage en lui et son sexe se tend, dur à nouveau. Il embrasse la femme elfe qui le pousse à terre et s'installe sur ses hanches. Elle sourit et ses dents blanches brillent dans l'obscurité.

Avec douceur elle descend son bassin jusqu'à ce qu'il entre en contact avec le sexe de Calened et l'introduise dans son intimité humide. C'est elle qui prend l'initiative, bougeant ses hanches en un rythme hypnotique. Isengrim s'approche et se place près de la tête du Sage. Ses yeux brillent de désirs pourtant il y a quelque chose d'autre dans ce regard, quelque chose d'inconnu bien que Calened sache au fond de lui que c'est précieux. Le Scoia'tael l'embrasse pendant que la femme poursuit sa chevauchée lascive. D'autres elfes viennent les voir cette nuit, partageant passion et désirs mais le Sage et le guerrier ne se quittent pas.

Au palais royal, Fransesca regarde le feu de Belleteyn qui s'élève au loin depuis la fenêtre de son bureau. Pourtant, elle a l'impression que la chaleur des flammes arrive jusqu'ici.

–Votre majesté, dit doucement Filavandrel, un parchemin en main. Tout va bien ?

–Je ne sais pas, confie-t-elle. Le feu... La nuit m'appelle comme du temps où j'étais jeune... Mais comment est-ce possible ?

–Je n'en sais rien, ma reine, je ressens aussi ce feu dévorant pour la première fois depuis des siècles. J'ignore ce qui se passe mais je sais... je sens ce que je veux. La question, est ce que vous le voulez aussi ?

La reine se retourne et contemple l'elfe aux cheveux d'argents de ses yeux clairs comme du verre. Avec lui ?... Mais enfin, c'est ridicule, je n'ai plus 80 ans... Et puis c'est mon conseiller, ce n'est vraiment pas une bonne idée... Mais il est si beau, si loyal...

Elle reste là, à l'observer, pesant le pour et le contre. Filavandrel prend ce silence comme une réponse à la question qu'il s'est longtemps posée.

–Très bien, je suis désolé votre majesté, je vais vous laisser.

Alors qu'il s'écarte du bureau vers la porte d'entrée, Francesca saisit son bras et l'arrête. Ils se regardent, yeux dans les yeux, avant de se rapprocher en un tendre baiser.

–Me enid, gémit Filavandrel alors qu'ils reprennent leur souffle.

Enid an Gleanna entoure de ses bras blancs le cou du seigneur elfe qui d'un geste brusque, dégage tous les parchemins du bureau. Là il la renverse, embrassant son décolleté. Ils s'accrochent désespérément l'un à l'autre alors que le vent emporte leurs soupirs.

Calened gémit, une lumière intense perce ses paupières. Autour de lui résonnent des chants d'oiseaux et le craquement de branches. Il ouvre les yeux en grognant et le monde se trouble un instant, mélange de couleurs et de mouvements. Enfin sa vue s'éclaircit et il peut voir autour de lui. Partout sur les nappes blanches sont étendus des corps nus, dormant d'un sommeil content et satisfait. C'est alors qu'il note le bras placé sur sa poitrine et découvre étendu à ses côtés, Isengrim Faoltirna, son visage serein encore dans l'ombre du feuillage. Qu'est-ce que ?... Je suis.... Qu'est ce qui... Ô dieux, je me rappelle maintenant. Comment est-ce que c'est arrivé ? Tout est si... flou. Isengrim grogne un instant avant de se repositionner plus confortablement. Je dois partir, il faut que je repense à tout ceci... Et je dois réveiller Elina.

Doucement, pour ne pas réveiller les dormeurs, il se saisit de ses vêtements et s'habille en toute hâte avant de partir vers la ville.







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