The Witcher - Le Prix à Payer

Chapitre 26 : Res Gestae Gentium I

Par Auteur_sans_nom

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Traité de l'Histoire du Continent,


par Ysbrand d'Ard Carraigh, Chroniqueur des Âges



Introduction - Cantus Historiae


La narration de l'Histoire des Civilisations représente un défi colossal, une quête qui a laissé de nombreux érudits en échec et il ne fait aucun doute que le présent essai subira le même sort au fur et à mesure des découvertes futures. L'Homme, dans sa vanité, a immortalisé son histoire dans d'innombrables documents, consignant soigneusement ses triomphes et ses échecs, sa grandeur et ses décadences. Pourtant, l'histoire humaine est un murmure passager dans l'immensité temporelle du Continent. Ce dernier, avec ses profonds océans, ses majestueuses chaînes montagneuses et ses déserts interminables, existait depuis une éternité avant que le premier Homme n'y mette les pieds. Pourquoi, sinon, retrouvons-nous des êtres marins changés en pierre au sommet de nos plus hautes montagnes ? En voilà une question qui embarrasse au plus au point les défenseurs de ces théories, que je qualifierais au mieux de farfelues, exposant que notre monde n'existe qu'au travers de notre présence et de notre domination. Quel orgueil de la part de l'Homme de revendiquer la propriété de cette terre, alors que nous sommes des arrivants si récents !


Ainsi, malgré l'absence de documents écrits fiables et de témoignages oraux crédibles, je m'efforcerai, à travers ces lignes, de partager le fruit d'une vie dédiée à l'exploration des âges qui ont sculpté notre monde. Je distinguerai principalement deux groupes de peuples : d'une part, les Peuples Anciens, qui peuplaient notre terre avant le cataclysme que les Hommes ont plus tard nommé la Conjonction des Sphères, et d'autre part, les peuples plus récents, apparus soit juste avant, soit à la suite du cataclysme. Ces derniers, étant apparus bien plus récemment et étant bien plus communs en notre monde, il est évident que le lecteur aura une connaissance sur ces races bien supérieures à celle concernant les Peuples Anciens. Aussi, je ne détaillerai pas les caractéristiques des races qui les composent. Pour les lecteurs, curieux d'en apprendre plus concernant, par ordre d'apparition, les Nains, les Halfelins, les Elfes et les Hommes, je ne peux que vous conseiller de vous tourner vers les excellents ouvrages rédigés par mon confrère Vysogota de Corvo, l'anachorète. Si tant est, bien sûr, que vous parveniez à trouver un de ces livres qui aurait échappé au bûché. Plus facile à trouver, L'Encyclopædia Maxima Mundi de Effenberg et Talbot vous donnera également toute la compréhension nécessaire sur ces différentes races. Dernière omission de ma part, le lecteur aura également à cœur de prendre en considération que le présent ouvrage ne s'attardera pas sur l'histoire des Êtres Antiques, aussi vénérables que les Peuples Anciens. Bien que je caresse le rêve d'intégrer des données sur les vestiges du monde que constituent les Célicoles, les Leshen, ou l'entité désignée dans les marais de Torséchine sous le nom de "Celle qui Sait", mes connaissances à leur égard sont trop fragmentaires pour relater leur histoire sans tomber dans l'erreur.



Chapitre Premier – Carmina Temporum Perditorum


Les Peuples Anciens regroupent trois races distinctes : les Gnomes, les Vrans et les Bobolaks. Même si certains historiens affirment que les Gnomes furent les premiers à fouler cette terre, je maintiens que cette assertion est, au mieux, audacieuse. La présence de ces races sur ces Terres est si ancienne qu'il est impossible d'établir avec précision leurs origines. J'exhorte ainsi, ceux affirmant une telle chose, de rester prudent tant que des preuves irréfutables ne puissent être fournies. S'il est, pour l'heure, impossible de savoir qui de ces trois races a foulé les terres du Continent en premier, il est toutefois évident qu'ils forment des peuples antérieurs au nôtre. Certains indices méritent notamment un minimum de considération. Toute ma vie, j'ai étudié les traces les plus anciennes de civilisation encore visibles de nos jours. A titre d'exemple, des structures pyramidales dans les environs du Mont Dragon et dans la région de Poviss, indubitablement plus anciennes que les plus vieilles constructions Elfes, témoignent de l'existence des Vrans. Les gravures ornant ces structures dépeignent des scènes du quotidien des Vrans, des Gnomes et des Bobolaks, vivant en harmonie et coopérant lors de périodes de famine. Ces gravures sont remarquables par l'absence de représentations de guerre, indiquant des civilisations pacifiques et évoluées. Certes, nous, les Hommes, avons été plus forts qu'eux. Certes, les Elfes ont construit des cités plus grandes et magnifiques que les leurs. Mais je soutiens fermement que le progrès ne devrait pas se mesurer par l'industrie, l'architecture ou la puissance militaire, mais plutôt par la valeur accordée à la vie. En cela, Gnomes, Vrans et Bobolaks étaient, et sont peut-être toujours, bien plus avancés que nous autres les Hommes, car ils chérissaient la vie sous toutes ses formes, aussi insignifiantes puissent-elles paraître. Cette déclaration peut sembler audacieuse, j'en ai bien conscience, mais j'ose espérer que le lecteur pardonnera cette affirmation qui n'engage que moi. Car, après tout, l'histoire est une interprétation des faits et je ne prétends pas détenir la vérité absolue.


Pour en revenir aux faits, et seulement aux faits, voici ce que nous pouvons dire sur les races anciennes. Bien qu'ils soient extrêmement difficiles de les décrire avec précision, j'aimerais tout de même vous faire part de quelques-unes de mes découvertes les plus intéressantes.


Les Vrans, à n'en point douter, incarnent la race la plus mystérieuse du Continent. Il semble incontestable que parmi tous les êtres qui ont un jour parcouru ces terres, ils figuraient parmi les plus éclairés. Les gravures, retrouvées dans les structures pyramidales de Poviss dont je parlais précédemment, suggèrent l'apparence de ces êtres : de grands reptiles bipèdes. Mis à part leur stature verticale, leur morphologie rappelle singulièrement celle des lézards que l'on trouve principalement dans les contrées désertiques de Zerricania. Vous noterez sans doute que j'évoque ces êtres en me référant au passé. La raison en est simple, mais profondément désolante : de nos jours, il est tout simplement impossible de savoir si quelques-uns d'entre eux ont pu échapper à l'extinction. Certains témoignages affirment avoir aperçu quelques individus dans le Royaume des Hommes, mais sans preuves tangibles pour étayer ces affirmations, je m'abstiendrais de faire toute déclaration catégorique à ce sujet. Ce qui est certain, c'est que les derniers représentants de leur race, tout comme ceux des Bobolaks, ont autrefois fui nos terres pour échapper au chaos des guerres incessantes qui ont secoué les races plus récentes des Hommes et des Elfes. Je tiens cette information d'un manuscrit presque entièrement consumé par le temps, que j'ai découvert il y a longtemps dans les archives d'un temple elfe millénaire. Selon cette légende, les Vrans auraient traversé les Monts Bleus et le Massif de Tochair pour rebâtir leur civilisation presque totalement anéantie, dans ces régions sauvages encore inexplorées par les autres races. Pour le lecteur doté de ce qui, à mes yeux, est la plus grande des qualités - le scepticisme, sachez que le manuscrit en question est disponible pour consultation supervisée à l'Académie d'Oxenfurt.

Il est impossible d'évoquer les Vrans sans mentionner simultanément les Bobolaks, tant l'histoire de ces deux races semble étroitement entrelacée. Les Bobolaks, parfois dédaigneusement surnommés "Hommes-marmottes", représentent une civilisation qui, tout comme les Vrans, connaît incontestablement un déclin, voire est à l'aube de l'extinction. D'une stature légèrement plus grande que celle des nains, ils sont revêtus d'une épaisse toison sombre. Leurs yeux étroits et leurs fines dents acérées les placent, aux côtés des Vrans, parmi les races les moins anthropomorphiques du Continent. Si vous me permettez une légère digression, cher lecteur, je dirais que leur ressemblance avec certaines créatures animales explique en grande partie leur persécution par les races plus récentes. Nous avons tendance à détruire ce qui diffère le plus de nous... Cette cruelle vérité vaut tant pour les Vrans que pour les Bobolaks.


Une autre raison possible de l'animosité des Hommes et des Elfes envers les Bobolaks, mais qui touchèrent moins les Vrans, réside dans la simplicité relative de leur structure sociale. Organisée en clans et en petites tribus, avec un mode de vie dénué de prétention, la société Bobolak a souvent été jugée comme peu sophistiquée, voire primitive, par les races plus récentes. Lorsqu'ils résidaient encore dans les vallées et les contreforts montagneux du continent, ils suivaient des traditions ancestrales en cherchant à vivre en harmonie avec la terre qui les accueillait. Ce respect profond pour leur environnement pourrait bien expliquer pourquoi aucun monument issu de leur civilisation n'a été découvert. Un Bobolak vit de manière à laisser une empreinte minime sur la terre qu'il arpente. Les quelques connaissances que je partage avec vous ici à propos des Bobolaks ont été acquises grâce à une rencontre fortuite avec un membre de cette race, dans le cœur des monts Amell, plus précisément dans la passe de Klamat. Cette rencontre a grandement enrichi ce traité sur l'Histoire du Continent.

L'éclairage sur les Peuples Anciens de ce monde serait incomplet sans un regard porté sur la race des Gnomes. Reconnus comme le peuple le plus antique du Continent, les Gnomes présentent une apparence qui évoque celle des nains, bien que des différences clés existent entre ces deux races. Plus petits et moins imposants que les nains, les Gnomes se distinguent aisément par leur nez remarquablement plus allongé et pointu. De même, bien qu'ils puissent paraître moins robustes, ils compensent cette apparente fragilité par une vivacité, une agilité et une endurance surpassant largement celles de leurs cousins nains. La véritable force de leur race, comme me le confiait un gnome lors d'une rencontre fortuite à Mahakam, réside dans leur intelligence exceptionnelle, source d'une pléthore d'inventions qui suscitent l'admiration des autres races. Sans mon expérience personnelle, j'aurais pu être tenté de croire que leurs revendications concernant leur maîtrise de la ferronnerie relevaient de la vantardise. Néanmoins, il est indéniable que leur race possède un talent incomparable dans l'art de la forge. Il n'est donc guère surprenant que les armures les plus raffinées et les épées les plus tranchantes, utilisées par les Sorceleurs, aient de tout temps été forgées selon les schémas transmis par les maîtres forgerons Gnomes.






Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés