The Witcher - Le Prix à Payer

Chapitre 29 : Vivre et mourir dans l'ombre de l'intention

Par Auteur_sans_nom

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Quelques minutes avant le début du chapitre précédent.

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La foule en panique emporta Alric et Kavka d'un côté, ensevelit par la masse ondulante et effrayée. Dans un élan protecteur, Geralt avait enlacé Mira, la hissant dans la sécurité relative de ses bras. Mais même avec toute la finesse de sa maîtrise de Sorceleur, il ne put lutter contre la marée humaine qui les engloutit, les emportant à contre-courant de leurs compagnons. Leurs silhouettes se noyèrent rapidement dans la mer tumultueuse de visages horrifiés et de corps tremblants.


- Je crois... que je vais..., réussit à articuler Alric, sa voix tremblante presque submergée par le rugissement de la foule.


Kavka, avec un calme troublant face à une telle agitation, lança un avertissement sans ambage.


- Tiens-toi debout ou tu seras piétiné.


- Si tu t'envoles, je jure que... commença Alric, mais il fut coupé par un haut-le-cœur.


Faisant un effort surhumain pour se diriger vers la marge de la foule, Alric réussit à s'extirper du tumulte au niveau d'une ruelle étroite, où quatre hommes regardaient, hilares, la mêlée enragée dans l'artère principale de la ville.


- Ne fais pas ça, dit l'oiseau à l'oreille de son porteur.


- Oh, merde, ça va pas... murmura Alric, le visage blême comme un linceul.


- Ne fais pas ça, répéta l'oiseau.


Mais à peine eut-il prononcé ces mots qu'un puissant jet de vomi jaillit de sa bouche, éclaboussant joyeusement deux des quatre hommes qui, à ce moment précis, perdirent toute trace d'humour.


- Oh non... gémit Alric en essuyant sa bouche d'un revers de main.


- Fils de pute ! s'exclama l'un d'eux, la surprise succédant rapidement à la colère.


Kavka, avec une morgue acide retrouvée, lança un sarcasme cinglant.


- Quand vos mamans verront l'état de vos vêtements, vous allez passer un sale quart d'heure...


- Bordel, on va te faire la peau pour ça ! rugit le second, sa rage le rendant insensible à l'absurdité de se faire narguer par un oiseau.


- Écoutez, nous sommes vraiment désolés... commença Alric avant d'être interrompu par Kavka.


- La ferme et cours !


Réagissant instinctivement à l'injonction, Alric obéit sans hésitation, l'adrénaline sauvage injectée dans ses veines lui donnant une vigueur insoupçonnée. Ses jambes, presque indépendantes de sa volonté, le propulsèrent plus rapidement qu'il n'aurait jamais cru possible, chaque battement de son cœur résonnant comme un tambour de guerre dans sa poitrine. Tandis que les hommes furieux dégainaient leurs épées avec une menace sourde, Alric en profita pour s'infiltrer parmi eux, et courir jusqu'à disparaître au coin de la ruelle avant qu'ils ne puissent réagir.


- Je savais que j'aurais dû rester avec Régis, haleta Alric.


- Tais toi et prend à droite !


Guidé par les cris de Kavka, qui tranchaient à travers la cacophonie ambiante pour lui indiquer la voie, Alric se faufila à travers un labyrinthe de ruelles étroites. Il courait avec désespoir, ses poumons brûlant à chaque inspiration mais, telle une proie fuyant un prédateur, il était alimenté par la peur primitive de ne pas échapper à ses poursuivants. Finalement, il se retrouva face à un cul-de-sac, le désespoir assaillant son cœur comme une vague glaciale. Les murs semblaient se refermer sur lui, l'obscurité menaçante renforçant l'idée d'une impasse. Mais avant que la panique ne l'engloutisse totalement, Kavka, avec un calme effrayant, lui indiqua une porte dérobée au bout de l'allée. Elle était presque invisible, se fondant parfaitement avec les pierres vieillies par le temps qui l'entouraient. Sous l'impulsion d'une dernière poussée d'énergie, Alric se précipita vers la porte, bousculant le panneau de bois avec une force désespérée qu'il referma précipitamment derrière lui. L'air chaud et épicé de la pièce dans laquelle il se trouvait à présent contrastait violemment avec la poursuite glaciale qui se déroulait dehors et les lumières douces et vacillantes provenant des bougies suspendues dans des lanternes en fer forgé jetèrent des ombres dansantes sur les murs. A peine avait-il eu le temps de reprendre quelques bouffées d'oxygène salvatrices qu'une voix claqua au milieu du silence assourdissant qui régnait dans la petite taverne.


- Barre-toi d'ici avant que je m'énerve !


La voix tranchante interpela Alric. Les prunelles du jeune homme se tournèrent dans la direction de la source de l'invective. Il découvrit, assise dans l'ombre, à l'extrémité de la salle, une jeune femme solitaire aux yeux perçants, le scrutant d'un regard brillant de colère. Elle évoquait pour lui l'image des fauves majestueux de Zerrikania, décrits dans les ballades de Maître Jaskier comme des créatures aussi somptueuses que redoutables.


- Pardonnez notre intrusion... dit-il d'une voix tremblante. On s'est perdu, nous avons été poursuivis et...


- Alors allez vous faire poursuivre ailleurs, coupa-t-elle d'une voix glaciale, son dédain à peine voilé.


Avant qu'Alric puisse articuler une réponse, Kavka s'interposa avec un rire ironique.


- N'y prête pas attention, Lyv a toujours été directe avec les idiots, ça n'a rien de personnel. Pendant qu'il parlait, il se débarrassait avec délectation d'une puce qui s'était nichée sous son aile.


A peine l'oiseau avait-il fini sa phrase que la dénommée Lyv dégaina son épée et bondit à travers la pièce à une vitesse qui, pour Alric, semblait rivaliser avec celle de Geralt. Voire la dépassait de peu.


- Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous mon nom ? sa voix tranchait l'air aussi aiguisée que sa lame.


Alric était pétrifié, son regard fixé sur la lame luisante, luttant pour garder le contrôle de ses sens qui le poussait à fuir. Kavka, quant à lui, semblait tout à fait à son aise, continuant à soigner son plumage avec une indifférence insolente face à la tension électrique qui chargeait l'air.


- Autant je pourrais oublier une rencontre avec cet idiot, reprit la jeune femme en désignant Alric d'un signe de tête, autant je me souviendrais avoir rencontré un oiseau parlant. D'autant plus que tu sembles avoir une bien grande gueule, poursuivit-elle tout en fixant Kavka du regard.


- Peut-être, pourtant, que ta mémoire n'est pas aussi infaillible que tu le penses, répondit Kavka, jetant un air de défi à Lyv tout en se débarrassant des dernières plumes qu'il avait dans le bec.


- Que veux-tu dire ?


- Tu le découvriras en temps voulu... lança Kavka, laissant Lyv dans une perplexité palpable.


- Écoutez, nous ne cherchons pas d'ennuis, tenta d'apaiser Alric après avoir pris une profonde inspiration. De toute façon, il semble évident que nous ne représentons pas une menace pour vous...


- Parle pour toi l'avorton, l'interrompit Kavka sur un ton à la fois moqueur et provoquant, ses ailes s'agitant dans un simulacre de combat. J'aime me battre !


- Le seul danger que tu représentes, le piaf, c'est que je m'étouffe en croquant un de tes os fragiles noyé dans une délicieuse sauce au vin, rétorqua Lyv, un sourire carnassier étirant ses lèvres.


- Tu parles d'un danger, je suis sûr que tu t'en remettrais sans la moindre difficulté, répliqua-t-il avec un clin d'œil.


- Barrez-vous, j'aimerais finir ma pinte en paix. Certains ici n'ont pas le temps de se perdre, asséna-t-elle en regagnant sa table, marquant ainsi la fin de la discussion.


- Le temps est-il si précieux pour toi ? demanda Kavka, empêchant le silence de s'installer.


- Il l'est pour tout le monde, le Piaf, répondit-elle sèchement.


- C'est toujours ceux qui en ont le plus, qui en donnent le moins...


Lyv resta silencieuse, déconcertée par les sous-entendus de cet oiseau. Il semblait connaître des choses à son sujet qu'il ne devrait pas connaître, comme s'il comprenait certains détails de sa vie qu'elle-même ne comprenait pas. Et cela la mettait mal à l'aise. Bien plus qu'elle ne voulait l'admettre.


Alors qu'Alric s'apprêtait à nouveau à présenter des excuses, Kavka s'envola afin de se percher sur une des poutres qui soutenait le plafond. A peine s'eut-il posé sur le solide rondin de bois que la porte de l'auberge fut brusquement enfoncée d'un coup violent, projetant Alric en avant, au milieu des chaises et des tables qui valdinguèrent sur son passage. Faisant irruption dans la pièce, quatre silhouettes imposantes se détachèrent de la lumière aveuglante de l'extérieur, emplissant le cadre de la porte brisée. Leurs visages, rougis par la colère et l'effort, exprimaient clairement leur intention.


Le premier était un colosse aux muscles saillants et à la peau hâlée. Il avait une cicatrice qui partait de son front et s'étendait jusqu'à sa joue. Son regard perçant était fixé sur Alric avec une intensité qui ne laissait place à aucune équivoque. Juste derrière lui, le deuxième homme se tenait légèrement en retrait. Plus petit et plus maigre, ses yeux froids et calculateurs examinaient la salle. Il avait une moustache bien taillée et portait une tunique richement brodée, maculée de vomi, qui contrastait avec l'apparence robuste et échevelée de son compagnon. Le troisième, un homme aux épaules larges et aux bras musclés, avait une expression de colère froide sur son visage. Son crâne chauve brillait à la lumière tamisée de l'auberge, tandis que sa barbe épaisse et noire était parsemée de petits morceaux de nourriture a demi digérés. Le dernier était le plus grand du groupe, dépassant même le colosse de plusieurs centimètres. Cependant, contrairement à ce dernier, il était maigre comme un clou, ses longs membres dégingandés donnant l'impression qu'il pourrait se plier en deux à tout moment. Son visage osseux était marqué par une expression de mépris absolu.


A leur entrée, l'atmosphère dans l'auberge changea du tout au tout, la tension précédente se transformant en un danger imminent et palpable. Le visage d'Alric reflétait la surprise et l'appréhension face à la menace qui venait de surgir, celui de Lyv, le dépit de ne pouvoir être tranquille ne serait-ce qu'un moment tandis que Kavka, toujours perché sur sa poutre, fixait les nouveaux venus avec un soupçon d'amusement.


- Bordel, c'est pas mon jour... dit-elle d'un soupir.


- Comme on se retrouve, dit l'homme à la moustache bien taillée.


- Ouais, viens donc par là. On va te montrer comment gerber de manière plus colorée, poursuivit l'homme à la barbe noire tout en avançant dans la direction d'Alric.


S'approchant lentement l'épée à la main, le regard mauvais, l'homme reçu une substance visqueuse au sommet de son crâne luisant. Passant sous la poutre qui soutenait Kavka, ce dernier venait, au grand dam d'Alric, d'envoyer une ultime provocation à ces hommes en colères.


- Bordel de merde, mais c'est pas vrai ! rugit-il regardant l'oiseau qui venait de lui chier dessus.


- Si vous me permettez d'ajouter ma touche personnelle à cet hilarant tableau, piailla Kavka.


- Putain, mais c'est qu'il cause le piaf, s'étonna le grand homme maigre.


- Rien à foutre qu'il cause. Je vais attraper cet emplumé et l'enfoncer profondément dans le cul du gros benêt ! Comme ça, tu seras aux premières loges pour voir mon poing s'enfoncer dans sa gorge, renchérit-il ivre de colère à l'adresse de Kavka.


- J'aurais vraiment dû rester avec Régis, gémit Alric.


- Je vous conseille vivement de foutre le camp d'ici, dit Lyv aux quatre hommes qui se tenaient à présent à quelques mètres d'elle.


- Et moi je te conseille vivement de fermer ta gueule si tu ne veux pas qu'on t'apprenne à te mêler de tes affaires, rétorqua d'un air mauvais le colosse à la peau mate.


- Oh mais apprenez-moi donc, répondit la jeune femme sur un air de défi, un sourire aux lèvres pour mieux les narguer.


- Tu l'auras voulu, répondit l'homme en se dirigeant vers elle.


À peine l'homme eut-il fait un pas que la silhouette effilée de Lyv se détacha de l'ombre qui l'enveloppait, aussi rapide et mortelle qu'un serpent venimeux. La lame de son épée scintilla dans la lumière tamisée de l'auberge, révélant les glyphes gravés d'une forge ancienne et experte. Un rictus sauvage ourlait ses lèvres alors qu'elle se ruait sur son adversaire. L'homme musculeux se mit en garde avec une rapidité impressionnante pour quelqu'un de sa stature. Mais Lyv n'en fut pas impressionnée. Comme une danseuse, elle esquiva son attaque brutale d'un mouvement aussi fluide que l'eau d'un ruisseau. Son épée rencontra celle de l'homme avec un bruit métallique aigu, créant des étincelles qui scintillèrent dans l'obscurité. Avant que l'homme ne puisse se reprendre, Lyv passa à l'offensive, une série de frappes aussi rapides que précises s'abattirent sur lui. Sa défense ne fut qu'un faible rempart face à tant de maîtrise. D'un coup précis, elle transperça sa garde et le tranchant acéré de son épée se logea profondément dans sa gorge. L'homme s'écroula, un cri étranglé comme un gargarisme de sang s'échappant de ses lèvres tandis que sa vie s'évanouissait en une marée écarlate. Le second homme, celui à la moustache soignée, bondit sur Lyv avec un hurlement de rage. Il brandit son épée et l'abattit avec une force brutale. Lyv se déplaça, agile comme un félin, et esquiva la lame avant de frapper avec une précision dévastatrice. Son épée s'enfonça dans l'abdomen de l'homme, le traversant comme du beurre. Le visage de l'homme se tordit de douleur alors qu'il tombait à genoux, les mains agrippant l'acier planté dans son ventre. Sans perdre une seconde, Lyv abandonna son épée et tourna son attention vers les deux derniers hommes. Le crâne chauve et le géant efflanqué se tenaient côte à côte, prêts à charger. Un éclair sauvage dansait dans leurs yeux, la mort certaine ne semblant pas les effrayer.


L'homme chauve attaqua en premier, sa lame dessinant un arc dans l'air en direction de la jeune femme. Sans son épée, elle dut se fier à son agilité et à son instinct. Elle esquiva sa frappe, tournant sur elle-même pour éviter un second coup en provenance du grand homme dégingandé. Elle se glissa sous le bras du crâne chauve, saisit sa tête dans ses mains et tourna brusquement, un craquement sec retentit dans l'auberge. L'homme s'effondra, la vie quittant son corps instantanément. Avant même qu'il ne touche le sol, elle attrapa l'épée qui tombait de sa main et, dans un mouvement continu et plein de grâce, elle se tourna vers le dernier homme. Il était rapide, plus rapide que les autres, mais Lyv l'était bien plus encore. Elle tourna sur elle-même, sa nouvelle lame sifflant dans l'air. La pointe de l'épée rencontra le torse de l'homme, transperçant son cœur en un battement. Il s'effondra sans un bruit, sa vie s'éteignant dans ses yeux.


Lyv se tenait au milieu de l'auberge, l'épée du crâne chauve encore dans sa main, son propre fer délaissé dans le cadavre de l'homme à la moustache soignée. Son souffle était régulier, comme si le combat qu'elle venait de mener n'était qu'un exercice quotidien. Alric restait silencieux, abasourdis par la démonstration de violence et de précision qu'ils venaient de voir. Ils n'étaient pas simplement témoins d'une escrimeuse hors pair, ils avaient vu un prédateur en action. La tension retomba lentement, remplacée par un respect craintif à l'égard de la femme qui avait fait tomber quatre hommes en moins d'une minute et sans son épée personnelle.


- Merci pour votre aide, vraiment ! Sans vous, je n'ose imaginer ce qui se serait passé...


- Hmmm, grommela Lyv en délogeant sa lame du cadavre encore chaud de son adversaire.


Kavka éclata d'un rire moqueur.


- Alric, tu devrais vraiment songer à éviter les auberges.


- Je vous remercie encore, insista Alric, faisant fi des plaisanteries du choucas. Il est temps pour nous de partir, nous vous avons assez importunée...


- C'est cela, en route ! Le temps ne nous est pas favorable, trancha Kavka en regagnant sa position favorite sur l'épaule d'Alric, qui, déjà, se retournait pour quitter l'endroit.


- Où allons-nous, le Piaf ? demanda Alric. Nous devons retrouver Mira et Ger...


- En premier lieu, nous devons retrouver un troll, interrompit le choucas avant qu'Alric n'en dise trop. Notre quête est encore longue, reprit-il. Affronter des hommes armés, sauver un enfant... Nous filons tout droit vers la mort, mais que veux-tu, ma générosité causera ma perte, termina-t-il d'un air innocent tout en s'arrangeant pour que Lyv entende ses paroles.


- Es-tu tellement en manque d'amour, l'oiseau, que tu doives quémander sans cesse des éloges ? demanda la jeune fille.


- Je suis presque sûr que je pourrais survivre plus longtemps sans eau et sans nourriture qu'en l'absence de compliments, rétorqua-t-il du tac au tac.


- Vous prévoyez de défier un troll et des hommes armés ? ironisa Lyv, qui n'avait pas perdu une miette des paroles de l'oiseau. Celui-ci est à peine capable de manier une épée, dit-elle en pointant Alric du doigt. Et toi, le Piaf, quelles sont tes compétences de combat, hormis ton habileté à déféquer sur tes adversaires ?


- Heeeeey, ne sous-estime pas l'aide que je t'ai apporté dans ce combat, répondit l'oiseau, gonflant son plumage dans une vaine tentative de paraître plus menaçant.


- L'aide que tu m'as apporté ? Sans moi, tu visiterais actuellement de bien sombres et pestilentielles contrées, le piaf !


- Certes, nous étions légèrement en sous-effectif, concéda l'oiseau. Mais après tout, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...


- Ou on agonise dans une mare de son propre sang...


- Peut-être, admit-il avec une touche de fatalisme. Mais c'est le destin qui attend les héros, non ? Vivre et mourir dans l'ombre de l'intention !


À ces mots, Alric quitta la petite auberge, laissant Lyv plongée dans ses pensées. Son pas, presque hésitant, s'inscrivit lentement sur les pavés de la ruelle en impasse, comme si chaque empreinte reflétait une pensée profonde.

- Pourquoi as-tu choisi de taire l'existence de Geralt en sa présence ? interrogea Alric, jetant un regard intrigué à l'oiseau juché sur son épaule.


- Elle ne doit rien savoir à propos de Geralt. Question de sécurité nationale, ou quelque chose comme ça.


- Dans ce cas, n'était-il pas risqué de le faire venir avec nous ?


- Pourquoi crois-tu que je nous ai fais arriver au milieu de cette foule, Balou ? Ne marche pas si vite !


Alric, captif de ses réflexions, opina silencieusement et ralentit sa marche, ses bottes éraflant doucement les pavés moussus.


- Je vois... murmura-t-il, absorbé par une révélation soudaine. C'est donc cela, détenir des secrets que d'autres ignorent. Je comprends mieux maintenant pourquoi tu sembles toujours autant t'amuser. Depuis le début de cette histoire, tu nous manipules comme des pantins... comme tu viens de manipuler cette jeune femme pour qu'elle vienne à notre secours, n'est-ce pas ?


- Il semblerait qu'à force de côtoyer un génie tel que moi, tu commences à faire des progrès. Un jour, ta perspicacité pourrait même rivaliser avec celle d'une poule qui tente de traverser une route, se moqua-t-il, une légère note de dégoût ponctuant le mot poule.


- Tu as parlé de sauver un enfant... résonna une voix derrière eux, brisant leur marche tranquille.


- Nous avons parlé d'essayer, corrigea Kavka tout en lançant un clin d'œil complice à son porteur.


Un silence tomba, suspendant le temps alors que la jeune femme digérait ces paroles. Finalement, sa détermination brisa le silence :


- Dans ce cas, allons botter des culs !



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Note aux lecteurs

Le personnage de Lyv, apparaissant dans ce chapitre, n'est autre que le personnage principal du roman - 𝑇ℎ𝑒 𝑊𝑖𝑡𝑐ℎ𝑒𝑟 -, magnifiquement écrit par _reedus. qui m'a donné l'autorisation d'utiliser son personnage au cours de mon histoire.

Si vous n'avez pas encore eu l'opportunité de découvrir son œuvre, je vous encourage vivement à le faire. Sa plume habile y crée une intrigue haletante, où chaque personnage est peint avec précision et où le suspense ne fait que s'intensifier, chapitre après chapitre. Pour ma part, j'ai été tellement captivé par cette histoire que j'ai décidé de m'approprier son héroïne, le temps de deux chapitres, (avec l'accord de _reedus bien évidemment). Je ne peux que vous recommander de vous laisser transporter par son univers.

Pour celles et ceux qui voudront découvrir cette histoire :

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