Le Journal de Petiote

Chapitre 1 : Ce soir au grand théâtre.

416 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/05/2026 22:16

Mon cher journal.


Je viens à peine de rentrer. Mes pieds me font mal et j’ai une affreuse odeur d'alcool sur les mains. Servir toute la soirée dans la salle du grand théâtre est toujours fatigant. Mais plus particulièrement ce soir. La salle était pleine. Pas étonnant, pour un soir de spectacle de la fameuse “Pai niang niang “, la soit disant immortelle qui pourrait lire dans les pensées. 


Ce qui était peu habituel en revanche, c'était l'attitude d'un groupe de clients assis à une table. Ils étaient quatre : trois hommes et une jeune femme. Je leur ai servi de l'alcool comme à mon habitude. Pendant une seconde, j’ai croisé le regard d'un des hommes que je servais. Il était assez bel homme et devait avoir la vingtaine d'années. J'avais l’impression qu’il observait tout, même une simple serveuse comme moi, qui passait par là. Les quatre personnes n'ont pas touché à leur verre d'alcool, ce qui montre qu'ils n'étaient pas venus pour se divertir et voulaient garder les idées claires. 


Alors que le spectacle allait commencer, l’Immortelle a désigné un volontaire… et c’est la jeune femme de leur table qui a été choisie. Elle avait l’air réticente sur le coup, mais s'est finalement laissée prendre au jeu, avec un certain intérêt. Deux des hommes de sa table en particulier, regardaient la scène avec beaucoup trop d’attention pour de simples spectateurs. Finalement, je ne sais pas qui ils étaient ni ce qu’ils cherchaient vraiment ce soir-là, mais ils n’ont rien fait de plus.


Du moins, jusqu’à la fin du spectacle. Le groupe a alors quitté sa table et s’est dirigé vers la sortie. Au moment où il passait devant moi, le bel homme que j’avais servi m’a regardée avec un doux sourire… puis il m’a fait un clin d’œil ! 


Oui. Un vrai !

 

Je suis restée là, immobile, avec mon plateau dans les mains comme si mon cerveau avait décidé de faire une petite pause.

Je dois avouer que ça m’a surprise… mais aussi un peu fait sourire. Quelle audace ! 


Je ne connais même pas son nom.


Je ne le reverrai sûrement jamais.


Mais qui sait… peut-être que cette nuit, je rêverai de ce bel inconnu au clin d’œil, un peu trop sûr de lui.



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