Le Journal de Petiote
Mon cher journal,
Cela faisait environ deux mois que je n'avais pas revu Likuson… et pourtant, pas une seule seconde je n’avais cessé de penser à lui. Le souvenir de notre dernière rencontre, et surtout la douceur de son baiser, ne quittaient mes pensées . J'ai toujours eu cet espoir que le destin nous réunisse à nouveau. À raison, puisque me revoilà aujourd'hui, le cœur en émoi.
Ici, chez le gouverneur, quelques changements se sont passés. Après que sa fille soit devenue impératrice, il a dû partir à la capitale. C’est son fils qui gère les affaires en son absence. Mais, j'ai pu garder néanmoins mon travail. Hier, le fils du gouverneur m’informa qu’un assistant arriverait aujourd'hui de la capitale et qu’il fallait lui préparer une chambre.. Un dîner était également prévu ce soir pour son arrivée.
Dans la salle à manger, j'installais la table pour le dîner. J'étais perdue dans mes pensées… je ne l'entendit pas s'approcher. Surprise, je senti deux mains venant par derrière, s'enrouler autour de ma taille. Puis, un souffle chaud vint effleurer mon cou et j'entendis murmurer à mon oreille :
- Bonsoir… je suis revenu…
Cette voix, pas de doute…. mon cœur sembla exploser dans ma poitrine.
Je me retournais.
C’était bien lui, Likuson.
Toujours dans ses bras, nous étions serrés l'un contre l'autre.
Je le regardais, figée, sans dire un mot.
Nos regards ne se quittaient pas.
Était-je en train de rêver? Pour m'enlever ce doute, sans réfléchir, je lui pinça le ventre.
- Aïe ! fit Likuson.
Puis, il dit avec malice :
-je vois… Voilà le prix à payer de t'avoir trop fait attendre.
Je souris et le pinça une deuxième fois.
- petit plaisir personnel, lui répondis-je.
- Hum, j'espère que tu prendras autant de plaisir cette nuit dans mes bras, répondit Likuson …
Je rougis à ces mots. Cette nuit, avait-il dit….
Des pas se firent entendre.
Likuson déposa un rapide baiser sur ma main et murmura :
-À plus tard...
Le dîner fut servi. À la dérobée, je ne pouvais m’empêcher de l’observer. Nos regards se croisèrent plusieurs fois. Au moment où je lui servais un verre, nos mains se frôlèrent… et un frisson délicat se répandit en moi.
Le repas terminé, le fils du gouverneur me pria d’accompagner Likuson jusqu’à sa chambre.
- Suivez-moi, Monsieur.
Il me suivit en silence. Une fois arrivés devant sa chambre , j’ouvris la porte et lui indiquais qu’il pouvait faire appel au personnel s’il avait besoin de quoi que ce soit.
C’est alors qu’il m’attrapa par le poignet et m’entraîna à l'intérieur de sa chambre.
- je n'ai besoin que de toi, cette nuit et plus encore … me dit-il.
Il prit mon visage entre ses mains et m’embrassa avec fougue. Une chaleur envahit tout mon corps.
Après ce moment intense, je repris mes esprits et murmurais :
-Je dois retourner travailler…
-Rejoins-moi, après…. Le lion t'attend… et cette fois, il compte bien te dévorer cette nuit, dit Likuson avec un léger sourire.
Mon cœur s’accéléra malgré moi, et je dus détourner le regard pour dissimuler le trouble qu’il faisait naître en moi. Je retournais finir mon travail. Je ne cessais de penser à ces mots, à cette nuit qui arrivait.. J’étais impatiente… mais aussi troublée par ce que je ressentais. Était-ce une simple attirance ou plus encore…
Une fois mon travail terminé , je regagnais sa chambre.
Devant la porte, je toquais doucement. Aucune réponse.
J’entrouvris alors la porte… et le découvris endormi dans le lit.
Je n’avais qu’une envie : le rejoindre.
Je retirais mes vêtements et me glissais sous les draps, tout contre lui.
Il ouvrit les yeux et se retourna vers moi. Il murmura :
- Tu es venue…
Il me serra dans ses bras. La chaleur de son corps se mêlait à la mienne. Ses mains glissaient lentement sur ma peau, comme s’il cherchait à en apprendre chaque contour. Il m'embrassa puis ses lèvres descendirent lentement le long de mon corps. Je me laissais aller à ce plaisir intense. Nos gestes devenaient instinctifs, presque évidents, comme si nous nous reconnaissions depuis toujours. Puis, de baisers en caresses, dans un murmure de soupirs, nos corps ne firent plus qu’un cette nuit-là.
Ce matin, je le sens… c’est un nouveau jour qui commence pour moi, pour nous… Un jour rempli de promesses… et d’un amour naissant.