Tout d'abord, merci encore mille fois de me lire!!!
Comme ce chapitre est MA, j'en ferai comme d'habitude un résumé au chapitre suivant pour celles et ceux qui préfèrent en sauter la lecture ;)
Ce sera d'ailleurs le dernier chapitre dans ce rating. Et on approche gentiment de la fin (snif snif). Je prévois encore une dizaine de chapitres. N'hésitez pas à me contacter s'il y des choses que vous ne comprenez pas – et... que le Don soit avec vous :D
Le fouet semblait être le jouet préféré d’Astrid. Elle avait essayé les tisons ardents durant la matinée, mais voyant qu’elle n’arrivait à rien, elle avait changé de méthode durant l’après-midi. Silyen savait qu’il devait s’estimer heureux de n’avoir encore perdu aucun membre sauf que cela ne durerait pas. Il fallait qu’il réussisse à gagner assez de temps.
Il avait bloqué le lien avec Luke jusqu’au milieu de l’après-midi. Après, il n’en avait plus eu la force, et devait donc partir du principe que le jeune homme ressentait tout ce qu’il subissait. Au moins lui avait-il évité le pire, la veille au soir. Nao ne l’avait quitté qu’au petit matin - du moins c’était ce qui lui avait semblé.
Sil avait mis un temps infini à reconstituer les miettes de sa dignité, saccagée par cette ordure. Il n’avait jamais été aussi humilié de sa vie. Il se jura de faire payer le Tiāncái au centuple et s’imagina ses mains autour de son cou; il commençait à mieux comprendre Chien.
Bouda était confortablement lovée dans le fauteuil qu’elle occupait depuis le début de la matinée. Elle n’avait même pas daigné quitter la pièce pour déjeuner, se contentant de sortir un sandwich de son sac. Son ex-belle-soeur voulait être là au moment où il demanderait grâce, supposait Silyen.
L’Egal se mordit la langue quand le fouet déchira une nouvelle fois sa peau. Son dos devait être une bouillie rougeâtre. Il réussit à ne pas crier et à retenir ses larmes. Ce maudit Tiāncái maintenait la barrière mentale qui l’empêchait de s’évader de son corps pour échapper à ce supplice. Jamais feindre de ne rien ressentir n’avait été aussi compliqué. Mais pour l’instant, cette stratégie restait sa meilleure chance.
– Joli coup de main, Astrid. Des années de pratique je suppose, commenta-t-il en luttant pour maîtriser sa voix.
A son grand dépit, il dérailla vers la fin.
– Je dois avouer que c'est la première fois que je teste mes méthodes sur un Egal, répliqua Astrid avec une note de jubilation.
– Ravi de pouvoir t’offrir cette expérience.
Un nouveau coup le contraignit au silence et il s’affaissa lamentablement contre le poteau, à moitié évanoui. La main de l'Egale lui agrippa les cheveux et lui tira violemment la tête en arrière.
Sa voix claqua, sèche:
– Il lui faut une guérison.
Silyen entendit le cliquetis des ongles de Bouda sur son téléphone.
– Nao arrive, annonça-t-elle.
Silyen se demanda s’il allait perdre conscience pour de bon, mais des ongles s’enfonçant dans son menton l’en empêchèrent. Il se retrouva nez à nez avec Bouda, qui lui lança un regard narquois:
– Le grand Silyen Jardine, totalement impuissant. Quel spectacle.
L’Egal voulut lui lancer une réplique cinglante mais son corps lui faisait si mal qu’il ne s’en sentait pas capable. Il se contenta donc de lever les yeux au ciel. Bouda lui passa une main griffue sur son dos, lui tirant des cris qu’il ne put réprimer, cette fois.
– Hmm… Tu voudrais peut-être m’expliquer ce qui s’est passé dans ce sous-sol?
– C’était une mise en scène. Je t’ai déjà tout dit, marmonna-t-il, les dents serrées.
Les ongles de Bouda s’enfoncèrent à nouveau dans sa peau. La jeune femme approcha sa bouche de son oreille:
– Je te briserai Silyen, comme j’ai brisé le roturier avant toi. A moins que tu ne fasses preuve de bonne volonté.
Nao fit alors son entrée. Avec un dégoût évident, il laissa son Don se déployer autour du dos de Silyen, qui étouffa un soupir de soulagement tout en lançant au Chinois un regard méprisant. Il était temps d’abattre une carte afin d’obtenir un peu de répit. Car il n’était pas sûr de pouvoir endurer plus.
– Tu devrais mieux surveiller tes laquais, Bouda. Celui-ci a cru bon de s’offrir une séance de torture privée cette nuit. Je suppose qu’il y a un lien avec la perte de son acolyte. (Il marqua une pause pour ménager le suspense.) Le plus intéressant, c’est qu’il n’a pas arrêté de demander ce qui s’était passé dans ce fameux sous-sol.
La jeune femme blêmit.
– Qu’est-ce que tu racontes? siffla-t-elle.
– Eh bien, à côté de ce que j’ai subi, ces coups de fouets s’apparentent à une promenade de santé.
– Est-ce vrai? demanda Bouda d’un ton sec au Tiāncái.
Celui-ci haussa les épaules en ramenant ses mains crépitantes de Don à lui.
– Je ne vois pas de quoi il parle.
– Vraiment? insista Silyen.
– Regardez par vous même. Il ne porte pas la moindre blessure en dehors de celles que lui a infligées la Tiāncái Alfdan, se défendit le Doué.
Parce que tu as eu le bon sens de me guérir ce matin, compléta mentalement Silyen avant de dire cette phrase à voix haute.
Bouda avait gommé son expression de surprise et restait désormais indéchiffrable.
– Nao, suivez-moi, ordonna-t-elle en quittant la pièce. Astrid, attend mon retour.
Silyen se laissa à nouveau aller contre le poteau, affichant son habituel sourire suffisant, tandis qu’Astrid allait s’assoir sur le fauteuil auparavant occupé par Bouda. L’Egal testa le lien, essayant de toucher l’esprit de Luke mais son ridicule état de faiblesse lui empêcha cette simple manoeuvre.
Pour la énième fois, il voulut atteindre son Don, se heurta aux collier de gruach. Il tenta quelques faibles coups de boutoir, sans succès; il devait impérativement récupérer des forces. Il regretta de ne pas s’être introduit dans la tête de Bouda, d’Astrid ou même de ce Faiers lorsqu’il leur avait imposé les Silences. Il en aurait tiré des informations qui auraient semé la pagaille. Pour l’instant, il n’avait rien de valable à utiliser.
La pause fut hélas de courte durée.
Bouda revint et Astrid eut l’autorisation de reprendre. A l’idée de nouvelles morsures du fouet, Silyen serra les dents. Il endura les trois premiers coups sans un cri. Les question répétées d’Astrid (« qu’est-ce qui s’est passé dans ce sous-sol? Pourquoi le Don a disparu ») commençaient sérieusement à lui taper sur les nerfs.
L’odeur du sang saturait la salle, il en avait des flaques entière à ses pieds. Il eut un haut-le-coeur et réussit à ravaler sa nausée, contrôlant son souffle jusqu’à ce qu’il soit sûr que sa voix ne tremblerait pas:
– Bouda, si le Tiāncái est capable de te mentir ouvertement, il va forcément te trahir.
– Astrid bâillonnez-le.
– Ah, je vois que la vérité dérange, commenta Silyen, tandis qu’Astrid lui nouait un morceau de tissu autour de la bouche.
La séance reprit de plus belle.
Après dix coups et autant de questions sans imagination d’Astrid, Silyen était à nouveau à moitié évanoui. Il avait au moins eu la fierté de lancer des remarques spirituelles sur le Tiāncái à chaque fois qu’on lui avait enlevé son bâillon. Peut-être réussirait-il malgré tout à semer la pagaille. Car dans le cas où l’Asiatique ne pouvait vraiment pas trahir son serment, peut-être se douterait-il du sort que lui destinait Bouda - un tragique accident, à coup sûr.
Tout à coup, son ex-belle soeur s’absenta pour répondre à son téléphone. Elle revint avec une expression que l’Egal ne lui avait jamais vue: un mélange de désarroi et de rage profonde. Puis son visage retrouva le masque figé qu’elle abordait en permanence et elle se rassit sans un mot.
Incapable de rester conscient plus longtemps, Silyen se sentit sombrer. La sensation de sa peau qui guérissait le tira de sa torpeur. Du coin de l’oeil, il vit Astrid s’emparer à nouveau du fouet. Il frémit.
Mais Bouda surprit tout le monde:
– Attachez-le à la chaise, ordonna-t-elle.
S’emparant d’une clé qu’elle portait autour du cou, Astrid ouvrit les menottes, et Silyen, incapable de se soutenir, s’effondra par terre dans la mare de son propre sang. Même s’il l’avait voulu, il était incapable de s’enfuir et ramper le plus loin possible ne servirait à rien. Il sentit qu’on l’agrippait sous les aisselles et qu’on l’installait sur la chaise de la veille. Des cercle métalliques se refermèrent autour de ses poignets, de ses chevilles, de sa taille et de son cou. Hum, voilà ce que devait ressentir un insecte épinglé à un mur.
Une fois qu’elle eut vérifié la solidité des attaches, Bouda reprit la parole:
– Sortez.
Astrid protesta mais la jeune femme fut intraitable.
Lorsque la porte claqua, Bouda tira s chaise jusqu’à Silyen et s’y installa, le regardant un long moment sans parler. L’Egal resta imperturbable. Puis elle se pencha en avant et lui arracha son bâillon.
– Astrid a torturé ton cher Luke Hadley ici même, dit-elle. Il a particulièrement apprécié le fouet et le chevalet de torture, qui ont dû lui rappeler les bons vieux souvenirs d’ Eilean Dòchais.
Nous y voilà, songea Silyen. Il était sûr que Bouda avancerait ce pion-là à un moment ou à un autre. Il aurait fait pareil.
– Oh, n’essaie pas de nier tes sentiments, poursuivit sa belle-soeur. J’ai failli croire à tes salades sur ce prétendu « sujet d’expérience » dans le sous-sol d'Astrid, tu te souviens? Puis Akira a trouvé ceci autour du cou du roturier. (Bouda sortit un pendentif que Sil reconnut immédiatement et désigna le minuscule ballon de football.) Je t’avoue que je n’ai pas compris la présence de cet objet rond tout de suite, mais il m’a suffit de quelques recherches sur internet pour retrouver la glorieuse carrière de Luke Hadley au sein de la cinquième ligue de Manchester… Je ne te savais pas si romantique Silyen. Je regrette de ne plus avoir ce roturier sous la main, j’aurais été curieuse de savoir si le voir se tordre de douleur t’aurait fait céder. Qu’est-ce que tu en dis?
Chaque mot avait touché sa cible mais Silyen afficha une mine légèrement ennuyée. Il n’allait pas offrir à Bouda le plaisir de le voir souffrir. Il préférait plutôt rendre coup pour coup.
– J’apprécie l’intérêt que tu me portes, sincèrement, mais parlons plutôt de toi. As-tu déjà connu l’amour? Non, bien sûr que non, qui voudrait d’une harpie? Tu n’as même pas trouvé grâce aux yeux de mon frère, qui n’est pourtant pas difficile.
Bouda le gifla à toute volée:
– Sale petit impertinent! Mon seul amour, c’est le pouvoir! Tu devrais le savoir.
– Quelle ironie. Encore une chose que tu n’auras jamais. Même maintenant, tu dois régner avec des roturiers. Pauvre Bouda, le destin est décidément cruel. Tu as rampé devant mon père, épousé un homme que tu méprisais puis connu la honte du divorce… Tout ça pour rien.
Bouda afficha un curieux rictus. On aurait dit qu’elle venait d’avaler un citron.
– Méfie-toi Silyen, répliqua-t-elle d’une voix tremblant de colère. Une fois, tu iras trop loin et je ne répondrai plus de mes actes.
– J’aimerais bien voir ça. Car si je meurs, le secret du Don risque de disparaître avec moi. Enfin, si c’est toujours ce que tu crois car je te répète à nouveau que je ne sais absolument pas ce qui s’est passé - sauf en ce qui concerne ma mort simulée. Aïe!
Bouda lui avait tiré les cheveux en arrière avec une telle force que l’Egal avait quasiment dû plier le cou à 90° pour atténuer la douleur.
– Comment as-tu fait disparaître le Don? lui susurra-t-elle à l’oreille.
– Fais revenir ton roquet Astrid, je commence vraiment à m’ennuyer, marmonna Silyen, les dents serrées.
Bouda desserra sa prise. Elle se rassit face à l’Egal, qui lui décocha un sourire ironique. La jeune femme resta de marbre.
– A quel point tiens-tu à tes doigts? finit-elle par demander, en se dirigeant vers la table où Astrid avait déposé ses instruments métalliques. Je me demande comment te trouveras Luke, une fois que tu les auras perdus…
Elle se retourna, se pencha en avant et lui murmura toutes les horreurs qu’Astrid avait infligée à Luke - en en inventant la plupart espérait l’Egal, qui ne put soudain pas en supporter plus.
– Tais-toi! aboya-t-il.
Il regretta instantanément ses paroles. Mais il était trop tard. Même absent, Luke avait le don de le pousser dans ses retranchements.
– Oh, je vois que j’ai touché une corde sensible, ronronna Bouda en se levant pour s’emparer d’un scalpel.
Avec l’énergie du désespoir, Silyen lança une nouvelle attaque contre les colliers de gruach, puis encore une jusqu’à ce qu’il réussisse à ramener une minuscule étincelle de Don. Ce n’était pas assez pour se détacher ou attaquer Bouda mais restait tout juste suffisant pour bloquer le lien avec Luke. Au cas où.
Il était temps d’agir, même s’il aurait espéré éviter d’en arriver là.
– Tu viens d’apprendre la mort de ton père, n’est-ce pas? dit-il à voix basse.
L’effet fut spectaculaire. Bouda perdit son sang-froid d’un coup. Elle hurla et se rua vers lui, avec son scalpel, l’air décidée à en finir.
Voilà pourquoi cette simple phrase était une manoeuvre risquée, pensa Silyen, avant d’enchaîner très vite:
– Je peux t’aider à retrouver ceux qui ont fait ça. J’ai une connaissance du Don dont tu n’as pas idée.
Bouda s’arrêta. Le scalpel était à quelques centimètres des doigts de Silyen. Le visage de la jeune femme était déchiré par deux émotions contradictoires: la soif de vengeance et le doute. Elle serra la mâchoire.
– Comment sais-tu que mon père est mort? demanda-t-elle.
Cela n’avait rien de compliqué, songea Silyen avec pitié. Bouda ne perdait jamais la maîtrise d’elle-même. L’expression qu’elle avait eue tout à l’heure ne pouvait donc avoir eu que deux explications: soit elle avait appris qu’elle était destituée, soit elle avait perdu un être cher. Or, étant donné que Bodina Matravers ne figurait plus sur la liste, il ne restait que John Faiers et cet incapable de Lytchett Matravers. Silyen avait simplement émis l’hypothèse que Bouda tenait davantage à son père qu’à son amant - d’autant plus que Lytchett offrait une cible de choix en tant que patron de B&B industrie, une société bâtie sur le dos des Esclaves. Il haussa les épaules:
– Ce n’est pas la question. Je te répète que je peux t’expliquer comment trouver les coupables. Ensuite, libre à toi de te servir de ton laquais pour les retrouver… J’imagine que c’est lui qui a localisé Luke grâce à son Don, ça ne devrait donc pas être trop compliqué.
La réflexion l'emporta sur la colère et le doute. Bouda abaissa le scalpel. Un long silence rendit l’air aussi épais qu’une plaque de verre.
- Je reviens avec Nao. Tu auras dix minutes pour lui donner tes explications. Ensuite, nous reviendrons à la question principale.
Elle sortit.
Immédiatement, Sil débloqua le lien, plongea à l’intérieur de lui-même, tâtonna le long de la barrière des colliers de gruach, tentant patiemment de la percer. Il n’avait besoin que d’une minuscule étincelle de Don, comme tout à l’heure. Mais cette fois, il avait réussi à obtenir le répit qu’il lui fallait pour l’utiliser, et la guérison l’avait aidé à retrouver un peu d’énergie. A force de tentatives, il réussi à passer un doigt à travers la muraille33 et à en ramener un soupçon de pouvoir, qu’il transvasa aussitôt dans le lien.
Il suivit le filin invisible jusqu’à retrouver la présence familière de Luke. Sans son Don, il n’aurait su dire où le jeune homme se trouvait mais il sentit qu’il allait bien. Son esprit était entièrement silencieux, comme s’il dormait. Au prix d’un gros effort qui lui arracha un grognement, Silyen envoya un électrochoc. Le résultat fut immédiat: Luke sembla se réveiller et sa conscience envoya tant d’émotions à la fois que Silyen faillit se faire submerger. L’Egal érigea une barrière mentale autour de lui, soulagé que le Tiāncái l’ait apparemment laissé en paix de ce côté là, après lui avoir interdit ce genre de manoeuvre depuis la veille.
Il abaissa prudemment ses défenses mais l’esprit de Luke ressemblait toujours à un torrent bouillonnant. Calme-toi, pensa l’Egal à travers le lien. Il ne s’agissait pas de mots, juste d’une impression générale, d’une sensation qui transcrivait cette idée. Luke sembla comprendre car le torrent ralentit jusqu’à ressembler à une rivière houleuse. Une vague d’inquiétude assaillit Silyen, qui redéploya à ses défenses. Il fallait que le jeune homme comprenne qu’il n’avait qu’un moyen de l’aider, et ce n’était pas en lui envoyant des pensées affolées.
Voilà le détail oublié par Bouda: elle n’avait pas demandé au Tiāncái de bloquer le lien, sûrement parce qu’elle ignorait qu’il fonctionnait dans les deux sens. Tout le plan de Silyen reposait sur cet oubli: si Luke parvenait à lui transmettre assez de forces, il parviendrait à briser les colliers. C’était d’une ridicule simplicité: il lui avait suffit de songer à la manière dont les Egaux Samouraïs avaient autrefois agi sur les champs de bataille. Il espérait que le Tiāncái n’aie pas la même idée. Sans lui, il aurait essayé hier soir et serait déjà libre.
Il tenta de transmettre l’idée générale à Luke mais la tâche était complexe. Elle faisait intervenir plusieurs notions abstraites et à voir la confusion dans laquelle le jeune homme s’était mis à nager, il ne comprenait pas. Il fallait tenter quelque chose de plus radical. Rassemblant ses forces, Silyen commença à puiser dans le lien. Il fut immédiatement stoppé par l’esprit de Luke, qui avait instinctivement érigé un bouclier. Puis après de longues secondes, les défense disparurent et le jeune homme envoya de lui-même son énergie. Silyen se sentit aussitôt envahi d’une vague de bien-être. Il savait ce qu’il en coûtait à Luke mais il n’avait malheureusement pas le choix. Un halo doré s’éleva autour de lui et commença à l’envelopper.
C’est à ce moment-là que la porte s’ouvrit. Bouda apparut, suivie de Nao.
C’était trop tôt.
Lorsqu’elle le vit, la jeune femme eut une expression si choquée qu’elle resta figée sur place. A la lueur qui s’était allumée dans ses yeux, Silyen sut qu’elle avait compris.
– Le Don, siffla-t-elle. C’est toi qui l’a pris… Tout le Don de Grande-Bretagne.
Et elle se rua vers lui.