Attention! Ce chapitre est classifié MA! Donc pour adultes! Il s'agit d'un lemon (scène assez chaude et croustillante avec pas mal de détails^^).
Vous n'êtes pas fan de ce type de scène? Pas de soucis, on se retrouve au chapitre suivant. ;) J'insérerai au début un mini-résumé très global de ce qui s'est passé, comme ça, vous n'aurez rien raté. ;)
Et pour les autres... Bonne lecture!
April
Sil s’impatienta. Révisa son jugement. Luke n’avait quand même osé le planter comme ça! Les secondes s’écoulèrent, exaspérantes, tandis que la lune poursuivait sa course. L’Egal respira lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, puis disparut. Pas un bruit. Soudain, il perçut une présence, tout près. Il haussa les sourcils lorsqu’une de ses mèches se dressa toute seule sur sa tête. Luke, toujours invisible, était en train de jouer avec lui.
- Arrête ça! protesta l’Egal.
Un son amusé lui répondit.
Puis une sensation de poids sur ses cuisses. Deux mains invisibles lui agrippèrent les épaules et le firent tomber sur le lit. Des lèvres tout aussi invisibles descendirent le long de son cou. Il se laissa faire, jugeant inutile de se battre, et réflexion faite, les sensations étaient délicieusement agréables. Son rythme cardiaque accéléra, tandis que la bouche de Luke explorait son torse, s’arrêtant à ses hanches.
- Tu n’enlèves pas mon linge? demanda-t-il, taquin.
Et à sa grande surprise, Luke obéit. Il le sentit s’allonger sur lui et frissonna de plaisir, voyant progressivement apparaître une masse de cheveux blonds luisant de sueur et des yeux voilés de désir, étincelants de Don… Il se demanda s’il voulait continuer à museler sa colère? Mais il avait toujours réussi à tenir ses émotions à distance, il le ferait cette fois-ci encore.
- Je suis allé vérifier si tout le monde était en sécurité. Parce que figure-toi que je n’ai pas tissé mille liens, haleta le jeune homme. (Puis il fronça soudain les sourcils.) Hé, c’est moi qui rêve où tu es plus…
- … Plus quoi?
Luke rougit jusqu’aux oreilles:
- Euh… plus musclé?
Sil lui fit un sourire ironique, songeant aux pompes horripilantes qu’on l’avait obligé à faire:
- Une erreur de parcours, ou les bienfaits de la cité de Kilsaï, appelles ça comme tu voudras.
L’Egal entreprit de caresser les épaules, les trapèzes de Luke. Il avait espéré pouvoir faire ces gestes tant de fois, depuis le jour où le jeune homme était arrivé à Kyneston, et… il avait délicieusement conscience d’être entièrement nu.
Mais Luke se dégagea encore une fois. Dans le genre casse-pied…
- On n’est pas obligés, hein, si ça te pose problème.
- Tu veux dire, parce que j’ai envie de t’étrangler depuis que tu m’as volé mon Don? répliqua Sil en levant les yeux au ciel.
- Ouais, un truc comme ça.
L’Egal eut un sourire tout sauf rassurant:
- Hmmm…. Tu as peur? Luke avala sa salive.
- Non… murmura-t-il.
- Alors au diable les émotions… chuchota Sil.
Et il l’attira avidement.
Luke n’eut que le temps de demander d’une voix faible si personne n’allait les surprendre, avant de se faire assaillir de baisers. Puis Sil l’empoigna par les épaules. Voulut le retourner sur le matelas, en fut évidemment empêché par sa force de Doué. Alors il se racla ostensiblement la gorge. La colère pouvait être muselée, mais elle pouvait encore rugir ; il ne suffisait que d’une étincelle pour qu’elle se libère. Fort heureusement, Luke roula obligeamment sur le côté. La respiration saccadée, le regard hésitant, il regarda Silyen s’emparer lentement du bas de son T-shirt militaire, puis le remonter jusqu’à ses aisselles. La langue de l’Egal effleura un de ses tétons, puis ce furent ses dents: il titilla, mordilla, effleura avec le bout de la langue, faisant remonter sa main le long du torse pour s’emparer de l’autre téton. Un grognement étouffé et satisfaisant se fit entendre. Sil continua de plus belle, tandis qu’une onde de chaleur le balayait.
C’était le lien, bien sûr. Sans Don, l’Egal ne pouvait plus l’atténuer volontairement, et les sensations de Luke le submergeaient aussi inexorablement qu’une vague, mais l’expérience était loin d’être désagréable. Une nouvelle facette du
lien se dessinait, douce et brûlante, aussi prometteuse que l’orée d’une forêt inexplorée. Continuant à mordiller le téton de Luke, Sil prit conscience que l’excitation émanait de lui aussi, alors que ce genre de chose était purement mécanique, qu’il suffisait de toucher, de caresser les bons endroits aux bons moments… en être autant affecté, c’était… surprenant.
Il se redressa, observant le torse de Luke se soulever et s’abaisser avec force, détaillant son visage écarlate, ses pectoraux, ses abdominaux si appétissants…. Luke…. Offert, à moitié nu, allongé sur son lit, devant lui. Mais il y avait quelque chose qu’il avait encore besoin de savoir:
- Pourquoi?
Luke se tortilla, l’air mal à l’aise.
- Qu’est-ce que tu veux dire? finit-il par demander.
- Tu sais parfaitement ce que je veux dire.
Le jeune homme soupira, détourna les yeux, sans pour autant redescendre son t-shirt.
- Parce que j’ai appris que la vie était courte? Que j’ai pensé que je ne te reverrai peut- être plus jamais? Que tu me fais beaucoup trop d’effet?
C’étaient des réponses satisfaisantes. Silyen entreprit aussitôt de déboutonner le jean de Luke, descendant la braguette avec des doigts tremblant lamentablement. Il avait une vague idée de comment s’y prendre, mais ce n’était pas vraiment son domaine de compétence, contrairement à Gavar. Qui aurait cru qu’il serait un jour jaloux de son frère? Pour une chose aussi futile, en plus? Et bien sûr, il n’aurait jamais imaginé que sa journée se finisse ainsi. Bon, il suffisait d’y aller méthodiquement, un geste après l’autre. Le jean et les chaussettes de Luke accomplirent un élégant arc-de-cercle avant de choir dans un bruit feutré sur le sol dallé. Le T-shirt vint les rejoindre. Restait le plus délicat, le boxer.
Luke restait immobile, attendant apparemment que Silyen prenne toutes les opérations en main. Il tremblait légèrement et l’Egal se demanda s’il avait réellement dit la vérité. Tout compte fait, il avait peut-être peur. Et en fait, lui aussi, s’il se fiait à la légère boule d’angoisse dans sa gorge. Mais après tout, ils n’étaient pas obligés d’aller jusqu’au bout, même si l’expérience serait certainement passionnante.
L’Egal se laissa tomber sur le matelas, appuya sa tête contre son avant-bras replié, puis laissa sa main courir sur le torse de Luke. Tant de muscles, c’en était appétissant. Mais ils étaient trop contractés pour l’instant ; il allait falloir que Luke se relaxe un peu s’il comptait apprécier l’expérience.
- Étonnant que nous en arrivions là, si tu repenses au moment où nous nous sommes rencontrés.
Luke ouvrit un œil.
- Sans blague… Espèce d’erreur de la nature.
L’ombre d’un sourire était cependant apparue sur les lèvres.
- Cela dit, je suis loin d’être un expert dans l’art subtil de l’érotisme, poursuivit Silyen en effleurant à nouveau les mamelons hérissés de Luke, mais il doit exister un tas de livres sur le sujet. Ce vieux cachottier de Rix devait en cacher dans sa bibliothèque, quel dommage que je ne les aie pas encore consultés.
Un léger sursaut fit tressauter ses doigts. Sil savait son humour un peu rouillé, mais de là provoquer ce genre de réaction… Il se demanda ce que Luke avait bien pu vivre dans la bibliothèque de Far Carr, et s’apprêtait à lui poser la question lorsque le jeune homme, toujours allongé, se pencha vers lui et commença à l’embrasser férocement.
C’était beaucoup trop enthousiaste pour être honnête, à croire qu’il voulait le faire taire, songea l’Egal en se laissant faire. Quand Luke recula, il saisit sur une impulsion le médaillon qu’il lui avait donné, gravé d’un P et un S entrelacé et d’un ballon de football. Il se moqua intérieurement de lui-même, songeant à ce cadeau ridicule, digne d’un adolescent énamouré. Pourtant, songea-t-il en passant son pouce sur le métal froid, Luke l’avait gardé, comme une sorte de porte-bonheur? De souvenir? D’espoir?
Il se pencha, entrouvrit les lèvres, trouva à nouveau la bouche de Luke.
Tandis que leurs langues se goûtaient, il laissa ses doigts redescendre lentement le long des pectoraux, du ventre, du nombril, puis caresser la bande de peau bordant le tissu du boxer. Luke se cabra instinctivement, son corps appelant à poursuivre plus bas. Il allait encore attendre, car Silyen dériva. Ses doigts se firent possessif, massant la peau dorée, avançant ses doigts vers l’intérieur de la cuisse.
Tant d’avidité ; l’Egal voulait sentir Luke trembler, l’entendre gémir, crier. Alors il remonta la main, jusqu’à sentir quelque chose de dur. Ce simple contact résonna dans les moindres parcelles de son corps, comme un coup de tonnerre silencieux. Il se sentit devenir moite, tandis qu’un éclat de plaisir embrasait son bas-ventre. Des sensations encore plus vives lui parvenaient à travers le lien. Bon sang, tenir sur la durée allait être compliqué.
Quand il saisit le sexe de Luke à travers le tissu du caleçon, le jeune homme se mordit les lèvres, les yeux fermés.
- Ça va? demanda Silyen, soudain inquiet.
Luke ouvrit brièvement les yeux, hocha la tête.
Bon, cela devait vouloir dire qu’il n’y avait pas besoin d’arrêter. Fébrilement, Silyen poursuivit ses mouvements, tantôt caressant, tantôt enserrant. Il savait désormais les tétons sensibles, mais qu’en était-il du creux du cou? Ce fameux jour, dans la piscine de Far Carr, Luke avait semblé plutôt bien réagir à ce niveau-là. Sans cesser ses mouvements, l’Egal effleura de ses lèvres l’épaule de Luke, y déposant un baiser délicat. Puis un autre. Bizarrement, il se souvint des fleurs de tante Euterpe, de leur texture veloutée, quand il embrassa plus passionnément la peau douce, tout en saisissant un téton de sa main libre. Le résultat fut immédiat: le jeune homme inspira brusquement. Chaque parcelle de son corps était déterminée à se coller contre Silyen et sous ses doigts, l’Egal sentit une parcelle d’humidité se répandre sous le tissu du boxer. Alors son propre désir monta, impérieux. Soudain affamé, il se détacha de Luke. S’agenouilla. Tira sur le caleçon, l’enleva d’un geste brusque.
Il aurait pensé être intimidé, voire paralysé, mais son excitation balayait ses doutes. Son cerveau semblait bizarrement en veille, tout comme sa colère. Seul Luke, entièrement nu, comptait. D’ailleurs, le jeune homme sortait de son immobilité, comme une biche après avoir été éblouie par les phares d’une voiture.
Et l’Egal se sentit plaqué à son tour sur le matelas. La présence de Luke l’enveloppa. Il sentit ses lèvres glisser sur sa peau, ses doigts le caresser à des endroits que la décence lui interdisait de nommer. Son monde se réduisit à un corps puissant et fébrile, aux perles salées de la sueur, à une odeur chaude. C’était donc cela, faire l’amour. Silyen comprenait pourquoi Gavar appréciait autant l’exercice, avec son défilé assommant de conquêtes. Il se sentait durcir. Les cheveux de Luke lui chatouillaient la nuque tandis que ses lèvres se baladaient sur son torse, son ventre, son cou. Mais ce n’était pas suffisant, il fallait plus. Silyen l’écarta légèrement, lui saisit la main et la plaqua sur son propre sexe. Luke tressaillit, et Egal craignit d’être allé trop loin, mais le jeune homme se détendit légèrement, s’empara de la hampe, commença un timide va et vient. Les mouvements étaient maladroits, mais compensés par un enthousiasme naissant et l’Egal se concentra sur les sensations qui montaient en lui. Quand il avait réparé le mur de Far Carr, il avait senti une sorte d’ivresse, un sentiment qui dépassait tout ce qu’il avait pu ressentir jusque-là. Il se demanda comment l’échelle des valeurs s’organiserait désormais.
Son corps était zébré d’ondes de chaleur, qu’il saisit, analysa avant de les laisser repartir. Cela ressemblait étrangement à l’exercice du Don, sauf que ce n’était pas lui qui générait ces sensations, mais un stimulus extérieur. Et… les gestes de Luke commençaient à sérieusement tendre vers une résolution. L’Egal enfonça soudain les doigts dans le matelas, sentant les vagues de plaisir converger vers son bas ventre. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout? D’autant plus qu’il sentait, à travers le lien, que Luke pourrait tout aussi facilement atteindre des sommets. Mais il aurait été dommage de tourner de dos à tant de possibilités. D’autant plus que l’occasion ne se représenterait probablement pas de si tôt.
Il posa la main sur l’avant-bras de Luke, qui arrêta aussitôt ses mouvements, se redressa.
- Il y a d’autres parties de toi que j’aimerais explorer, si tu le veux bien, dit-il d’un ton rauque, tentant de faire abstraction des yeux dorés.
Cette fois encore, il y parvint.
Luke n’eut pas besoin de répondre, l’impatience mêlée d’appréhension qui lui parvint à travers le lien s’en chargea à sa place. Voulant commencer en douceur, Silyen l’embrassa doucement, remuant sa bouche contre la sienne. Puis comme deux papillons prenant leur envol, leurs lèvres se détachèrent.
- Tu as la peau si douce, murmura Luke en se mettant à lui caresser le bras.
Ce compliment fit bêtement plaisir à l’Egal, peut-être parce que personne ne lui avait jamais sorti une mièvrerie pareille. Masquant son trouble, il s’écarta:
- Allonge-toi. Sur le ventre.
Sa voix avait gardé des accents d’Egal ou d’Enkaï, les habitudes ayant apparemment la peau dure. Si Luke en fut choqué, il ne le montra pas et s’exécuta. Une nouvelle onde d’excitation et d’anxiété parvint à Sil.
- Arrête-moi si ça ne va pas, d’accord? fit-il en se radoucissant.
Luke déglutit, hocha la tête, avant de la reposer sur ses mains croisées. Silyen prit un instant pour apprécier la vue, faisait abstraction des cicatrices, effleurant du regard les contours de ce corps parfait. Il dut se retenir pour ne pas commencer par la partie la plus attirante, les fesses.
Mais il eut beau masser le dos de Luke, lui embrasser les épaules, la nuque, les trapèzes, le caresser avec des gestes doux, la rigidité était revenue. Le lien envoyait des informations contradictoires, comme si le jeune homme tentait de ravaler ses émotions réelles.
- Tu as l’air aussi tendu que si tu devais marquer le pénalty de ta vie.
Luke redressa la tête, l’air interdit.
- Je semble peut-être bizarre, mais je ne suis pas complètement ignare, Hadley.
Luke haussa ostensiblement les sourcils.
- Très bien, soupira Silyen. Quand nous étions à Far Carr, j’ai pensé que tes merveilleuses passions contenaient peut-être une once d’intérêt…
- Et…?
- Courir derrière un ballon reste une idée d’une rare absurdité.
Un éclat de rire troua le silence. Les épaules de Luke tressautèrent, cassant enfin la tension de ses muscles.
- Pas aussi absurde que de se déplacer à cheval alors qu’il existe un truc nommé voiture, répliqua le jeune homme.
Silyen faillit en rester sans voix. Incroyable, les vestiges de leur ancienne complicité étaient réellement en train de renaître. Sauf qu’il en fallait beaucoup plus pour que la mousse déserte les souvenirs, que les ruines redeviennent des fondations solides. Restait que l’appréhension de Luke avait éclaté comme une bulle de savon, laissant enfin la place à une de la curiosité et à une légère impatience, pâles reflets de celles de tout à l’heure. Il faudrait s’en contenter pour l’instant, et Silyen poursuivit ses massages, de plus en plus sensuels, de plus en plus proches des cuisses, du bas du dos… S’il n’était pas spécialiste de la chose, il avait quand même quelques notions, et il ne comptait plus les fois où ses pensées avaient glissé vers Luke, imaginant ce qu’il lui ferait dans un moment pareil.
N’y tenant plus, il finit par lâcher la bride à son désir, qui courut le long de ses bras, jusqu’au bout des doigts de sa main gauche. Ses tempes picotèrent, les battements de son cœur s’accélèrent. La salive disparut de sa bouche, sa langue s’assécha. Il explora enfin la zone qu’il brûlait de découvrir avec des gestes tremblants, se maudissant pour sa soudaine timidité. Le lien devint brûlant, fil de feu impalpable, alors que Luke goûtait à de nouvelles sensations, la respiration de plus en plus saccadée. Lorsque Silyen enfonça doucement l’index de sa main gauche dans son intimité, le jeune homme eut un grognement étouffé.
- ça va? chuchota Silyen, en arrêtant son mouvement.
Luke croassa quelque chose qui ressemblait à « oaezwx », mais qui devait être un « oui », parce que le lien se tendit, invitant Silyen à continuer son exploration plus profondément. L’Egal ne se fit pas prier. Il avait rêvé tant de fois ce moment, et il s’imagina soudain ce que ça lui ferait, de s’enfoncer en Luke, de le posséder entièrement, de se répandre en lui. Ce serait peut-être comme récupérer son Don, l’espace d’un instant. A cette idée, il se sentit durcir. Fit coulisser son doigt, de plus en plus vite, arrachant un nouveau gémissement étouffé à Luke.
Soudain, il y eut une clarté aveuglante. Lorsque Silyen réussit à ouvrir les yeux, la lumière était devenue supportable et il réalisa qu’elle avait la teinte caractéristique du Don. Luke en était baigné, comme s’il reposait dans un cocon… L’Egal ferma les yeux, consterné. Il se souvenait exactement du moment où ce phénomène s’était produit pour la dernière fois: aux Cyclades. Le Don se manifestait spontanément lors d’émotions extrêmement fortes, ce qui incluait les galipettes. Sauf qu’il l’avait évidemment enveloppé lui, songea-t-il en ravalant la bile aigre qui lui envahissait la bouche. Jusqu’à quand serait-il capable de supporter cette torture? Son propre pouvoir, si proche et pourtant inaccessible? Bien sûr, Luke n’y pouvait rien, et tentait manifestement de faire refluer la lueur.
Silyen fit un geste, comme pour signifier que tout ça avait peu d’importance. Il n’allait pas renoncer maintenant, et se répéta qu’il allait bientôt récupérer son Don grâce à la prophétie.
- Où en étions-nous? demanda-t-il d’un ton plus sec qu’il ne l’aurait voulu.
Revenir au sujet prit plus de temps que prévu, il fallut recommencer toutes la procédure des caresses, des massages, ne pas tenir compte d’un Luke qui se répandait en excuses et semblait incapable d’arrêter de culpabiliser. L’excitation monta comme un feu que l’on ravive en soufflant patiemment sur les braises. Enfin, ils atteignirent le même sommet intermédiaire que tout à l’heure.
Silyen fit à nouveau coulisser son doigt. Attendit un instant, haletant. Il sentait l’excitation de Luke comme si c’était la sienne. Dut se contenir, quand il poussa brusquement son doigt, puis le remua, faisait naître de délicieuses sensations à travers le lien. Il faillit en introduire un deuxième, mais se retint. La frontière entre la curiosité et la peur était fragile, et il ne tenait pas à faire mal à Luke, simplement pour assouvir sa curiosité personnelle, d’autant plus que la tension du jeune homme restait à fleur de peau. Le désir saturait chaque terminaison nerveuse, désormais si fort que ça en était merveilleusement douloureux. L’air semblait soudain saturé d’humidité, comme dans un bain de vapeur. Se mordant les lèvres, Silyen continua ses va-et-vient, utilisant le peu de raison qu’il lui restait pour réfléchir. Comme le lien lui transmettait toutes les sensations de Luke, alors il pourrait peut-être s’en servir pour l’amener à l’extrême limite, sans céder lui-même à l’ivresse. Oui, une lente agonie jusqu’à la délivrance finale, cette idée était terriblement tentante. Il continua jusqu’à ce qu’il ait l’impression de retenir son souffle, de contracter chaque muscle. Puis il retira son doigt.
Il sentit la frustration de Luke. Son incompréhension. Mais lorsqu’il poussa sur l’épaule du jeune homme, celui-ci obéit, se retournant en haletant comme un taureau. Il avait le visage écarlate, les cheveux collés sur le front et la nuque par la transpiration, les yeux bleus pétillants, tremblait sans pouvoir s’arrêter. Silyen goûta les perles salées sur sa peau. Mais Luke ne l’entendait pas de cette oreille: il se redressa comme un ressort, attira l’Egal, l’enlaça étroitement, commença à l’embrasser sauvagement. Ses mains courraient sur chaque partie de son corps, comme s’il avait peur qu’il lui échappe.
Mais il fallait… Il fallait calmer le jeu… La suite des opérations ne comportait pas l’option que lui-même jouisse avant Luke, pensa Sil en plaquant le jeune homme sur le lit et le contemplant – le visuel ayant une saveur incomparable. Bien, l’idée était d’éviter trop de stimulations, pour conserver cet équilibre fragile.
L’Egal se pencha vers Luke, mais au lieu de l’embrasser, il plaqua sa main droite sur sa joue. L’atmosphère devint aussi langoureuse qu’un baiser, remplie d’attentes. Puis Sil posa l’index sur la bouche de Luke, abaissant la lèvre inférieure, savourant la soudaine sensation d’humidité.
Le temps sembla se dilater à nouveau. Le silence planait, protecteur, seulement troublé par les tambourinements cardiaques. Les secondes éclataient, assourdissante. Kilsaï, la prophétie, Bouda, plus rien n’existait tandis que Luke ouvrait lentement la barrière de ses dents. Sil y introduisit un doigt, profondément. Il le fit coulisser entre les lèvres du jeune homme, qui commença instinctivement à sucer. Une deuxième doigt. Puis un troisième. C’était incroyablement érotique ; le désir qui enflammait les yeux de Luke décuplait celui de l’Egal, qui savait que l’équilibre pouvait basculer à tout moment.
Mais il voulait encore essayer autre chose. Sortant ses doigts de leur écrin chaud et humide, il glissa la main entre les cuisses du jeune homme, qui s’écartèrent instantanément. Ses doigts glissèrent le long de son sexe, le frôlant. Il y eut une brusque inspiration. Sil réitéra son manège avec les tétons, les titillant avec la légèreté d’une plume. Il aurait voulu tester, attendre encore un peu, mais il en était incapable. Son propre souffle était aussi saccadé que celui de Luke, son désir le suppliant de le libérer.
Il laissa s’envoler un dernier instant.
Puis il posa ses doigts luisants directement sur le gland, qu’il effleura délicatement, retenant son souffle. La torture se prolongeait, si douce, si délicate. Luke retenait aussi sa respiration, au bord de l’orgasme. Puis l’Egal saisit la base du sexe, fit coulisser sa main, une fois, deux fois, trois fois, de plus en plus rapidement. Il y appliqua ensuite sa bouche, savourant le contact de la peau si fine, agissant à l’instinct, suçant, aspirant, léchant. Luke tremblait de plus en plus et le halo de Don devint si lumineux que Sil dut fermer les yeux. Soudain, un spasme. Un flot de liquide jaillit dans sa bouche, qu’il avala par réflexe, avant de le regretter. Il n’eut guère le temps de s’attarder là-dessus, une sensation puissante, indescriptible lui parvenait à travers le lien. Un électrochoc de plaisir le traversa à son tour. Il s’écroula.
Note de l'autrice Ok, avouons-le d'entrée de jeu: ce chapitre n'aurait jamais dû exister. Je n'avais jamais écrit de scènes érotiques et n'étais pas sûre d'en être capable, maaaaais, il se trouve que deux de mes trois prélectrices auraient été frustrées si j'avais simplement éludé (ou résumé en trois phrases) ces charmantes galipettes. Je me suis donc lancée ce défi, en essayant de faire au mieux.
C'est malheureusement le coeur lourd que je vous fais part de cette anecdote, car l'une des deux prélectrices en question (donc pas Bucky) a quitté le navire hier, et je doute donc qu'elle lise un jour ces quelques lignes. :'( Ma foi, ce sont les aléas de la vie et j'en suis très triste.
Après avoir longuement réfléchi à la question, étant donné que je ne suis pas un homme (haha), j'ai fait lire ce chapitre à quelques personnes, qui ont eu la gentillesse d'accepter de jouer les sensitive reader. Je les remercie infiniment. J'ai modifié deux ou trois bricoles sur leurs conseils, et si vous repérez quelque chose qui vous semble incorrect, n'hésitez pas à me le signaler en MP sur le Forum. =) Tout retour est bienvenu.
PS: J'avoue que ce passage à l'action est un peu... soudain, mais j'avais déjà assez tourné autour du pot dans le tome 4, non? :p