D'Eau et de Feu
Chapitre 24
L’air ambiant était chaud, réchauffé par le soleil à son zénith. À quelques longueurs de queue devant elle, Krill et Étrilles semblaient se disputer.
Cendral donna quelques battements d’ailes et se mit au niveau d’Écume.
— Qu’est-ce que ces deux-là mijotent, tu penses ? demanda le dragon, en grimaçant de douleur.
— Je ne sais pas, mais c’est bizarre. Mieux vaut les garder à l’œil.
— Oui, c’est sûr.
Depuis leur départ du village, Écume se sentait bizarre. D’un côté, elle préférait s’éloigner de ce lieu, mais… il y avait comme une tache d’encre noire dans son cœur, qui se propageait doucement, qui lui faisait mal…
Arrête, pas maintenant. Tu auras le temps de t’apitoyer sur ton sort, plus tard.
C'est alors que Krill amorça une descente vers la côte du continent, suivi d’Étrilles qui marmonnait des sons incompréhensibles.
L’Aile de Mer déploya ses ailes vert clair marbrées de blanc et plana doucement jusqu'à atterrir dans une petite crique verdoyante à l’eau bleu turquoise.
Il se tourna et s’assit en attendant les autres. Quelques instants plus tard, Cendral, qui était le dernier, se posa avec précaution.
— Alors, où sont les autres ? demanda Cendral.
— Avant de vous emmener les voir. Je veux que vous promettiez que vous ne ferez de mal à personne.
— Vous plaisantez ? C’est VOTRE groupe qui est soupçonné d’attentat, protesta Glacier.
— Je n'ai aucune confiance en vous, rétorqua Krill en les fixant.
— C'est réciproque, répondit Cendral en grognant.
C’est pas possible, ils vont continuer longtemps comme ça ?
Écume se leva et déploya ses ailes en faisant clignoter des écailles pour attirer l’attention.
— Bon, stop ! On ne se fait pas confiance, on le sait.
Elle se tourna vers Krill.
— Maintenant, je peux seulement te promettre que nous n’attaquerons pas si vous ne nous en donnez pas de raisons.
Krill inspecta Écume du bout du museau jusqu'au bout de la queue.
— Bon… ça ira… je suppose, finit par dire l’Aile de Mer en soupirant.
Il se leva, et traversa un rideau de végétation qui courait le long d’un grand rocher.
Une entrée secrète ? Première fois que je vois ça.
Écume suivit Étrilles qui écartait les plantes, donnant accès à un petit tunnel de pierre, long et étroit.
Elle entendit Cendral siffler quand il passa sa tête et vit le tunnel.
Ça doit lui rappeler le tunnel de la Forêt de Pluie.
Après quelques pas, elle aperçut une lumière verte provenant d'un autre mur de plantes, qu’elle écarta d’un air méfiant.
Un rayon de soleil frappa ses yeux, il lui fallut quelques battements de cœur pour que ses yeux se réhabituent après l’obscurité du tunnel, mais quand elle retrouva la vue, elle se figea, époustouflée.
C’était une clairière entourée de grands rochers, comme une cuve qu’on aurait creusée dans la roche. De gigantesques arbres formaient une canopée entourant une grande mare à l’eau translucide. Le soleil passait par un grand trou en plein centre du refuge, réchauffant l’atmosphère, et se reflétait sur un paisible ruisseau tombant en cascade depuis les hauteurs, diffusant une humidité douce.
Tout autour de la mare, de petites habitations faites de bois et de feuilles se confondaient avec la végétation luxuriante et forçaient Écume à se concentrer pour distinguer leurs contours. Une odeur de mousse et de fleurs flottait dans l’air.
Cendral sortit du tunnel à son tour, et lâcha un “Whoa” sidéré qui finit par extraire Écume de sa contemplation.
Reprends-toi, tu es ici pour un objectif précis !
La dragonne s'ébroua pour chasser toutes ses pensées, et se concentra. Ses yeux et son cerveau de nouveau opérationnels, elle analysa son environnement d’un œil nouveau.
Bon, ok. C’est pas du tout ce que j’imaginais mais bon… on y est.
Elle remarqua un groupe de sept dragons assis en cercle sur le bord de la mare. Un trio de très jeunes dragonnets, vraisemblablement hybrides de par leur apparence, jouait ensemble un peu plus loin sous la surveillance d'une dragonne.
Un Aile du Ciel se tourna vers eux, et son visage se décomposa à la vue des trois nouveaux venus. Il se leva d'un bond, et siffla dans leur direction, prêt à cracher son feu.
— Krill, Étrilles, vous êtes devenus fous !? Qu’est-ce qui vous prend d’amener des étrangers ici ! hurla l’Aile du Ciel.
Sa réaction fit réagir les autres dragons. Trois d’entre eux s’enfuirent vers les habitations pendant que les trois autres se levèrent à leur tour, sur la défensive.
Écume les inspecta : il y avait l’Aile du Ciel qui avait réagi, une Aile de Mer qui s’était placée devant un petit Aile de Sable, et un Aile de Boue qui s’était allongé de tout son long, comme pour disparaître dans le sol.
Un peu plus loin, les trois dragonnets s’étaient réfugiés derrière la dragonne qui s'occupait d’eux, une Aile du Ciel presque aussi grande que Cendral qui les regardait avec hargne.
Krill s’approcha des dragons d’un pas lent.
— Je n'ai pas eu le choix.
L’Aile du Ciel siffla encore plus fort, sa queue battante.
— Ils t’ont menacés ?
— Non… disons qu'ils ont eu des arguments convaincants. Ils viennent, à propos de l’attentat, Grive.
L'Aile du Ciel se redressa lentement en rabattant ses ailes contre son flanc, et se tourna vers ses compagnons.
Ils ont l’air terrifiés…
La grande Aile du Ciel, qui protégeait toujours les petits derrière elle, les interpella.
— Si c’est des coupables que vous cherchez, ce n'est pas ici que vous en trouverez ! Alors partez !
— Non ! Nous avons besoin de réponses, et vous êtes sans doute capables de nous en fournir, répondit Cendral.
Les deux Ailes du Ciel se défièrent du regard quelques instants, immobiles.
C’est le moment ou jamais. Vas-y Écume.
— Krill nous a assuré que vous n’étiez pas au courant de l’attaque. Comment est-ce possible ? dit Écume d’une voix forte.
— Nous avons tous été aussi surpris que vous en apprenant l’attaque, et encore plus quand on a commencé à accuser notre groupe. Ce n'est pas nous, c’est impossible, nous sommes tous ici pour sauver des dragons, pas pour en tuer, s'emporta Grive.
— Pourtant, ce sont deux des vôtres qui ont commis l'attentat, répondit Glacier.
Grive battit des ailes, indigné par l’accusation.
— Non ! C’est impossible, aucun de nous n'aurait fait cette atrocité.
Krill s'approcha de Grive, et posa une patte sur son épaule pour le calmer.
— Apparemment… ce serait Venin qui a tué tous ces dragons, avec la complicité de Fennec… leurs descriptions correspondent parfaitement.
La grande dragonne grogna de surprise et se tourna vers les dragonnets. Elle posa une de ses grandes pattes sur la tête d’un des petits et lui dit avec douceur.
— Rentrez à la maison les enfants, on doit discuter en privé.
Les trois dragonnets s’éloignèrent vers une des cabanes en continuant de les regarder.
Grive baissa la tête vers le sol, l’air abattu.
— Non… ce… ce n'est pas possible… pourquoi ? Pourquoi ils auraient fait ça ? Ça n'a aucun sens !
L’Aile de Mer et l’Aile de Sable s’allongèrent côte à côte, les yeux dans le vague.
La grande Aile du Ciel s’approcha d'Écume en la regardant avec méfiance.
— Pourquoi on vous croirait ? Peut-être que ce n'est pas Venin et Fennec ?
Écume commença à frissonner, les images de l’attaque revenaient par vagues de plus en plus fortes, assaillant son esprit.
— Nous étions tous les trois sur place, nous avons vu celui que vous appelez Venin, il allait nous tuer avec un cactus flamme-de-dragon quand il a… été tué. Quant à Fennec, il était avec lui peu de temps avant.
— Ardente… tu connaissais Venin aussi bien que nous… tu savais qu’il était plus… direct. Et Fennec le suivait toujours.
La grande dragonne se tourna vers Krill, ses yeux brûlant de colère.
— Justement ! Ils étaient des nôtres. Oui, ils étaient plus réactionnaires mais aussi extrêmement fidèles à notre cause.
— Et à votre chef ? C’est peut-être lui, l’instigateur de tout ça ?
Ardente cracha un épais nuage de fumée par ses naseaux.
— Nous n’avons pas de chef. Nous sommes tous égaux, et travaillons ensemble. Nous avons tous fui le pouvoir car cela n'engendre que souffrance, alors aucun de nous n’en veut.
— Pourtant, il doit bien y avoir quelqu'un qui a créé votre groupe, non ? insista Cendral, en s’asseyant pour reposer sa patte.
Cette fois, le museau d’Ardente trahit son inconfort. Elle se tourna vers Grive, l’air mal à l’aise.
— Oui… mais personne ne sait qui c’est. Le seul qui le connaissait, c’était Venin. Parfois, il nous informait de ce qu’elle ou il jugeait utile de faire. Nous ne sommes qu'un petit groupe, la majorité sont ici, mis à part deux des nôtres qui sont en mission. Et Venin et Fennec… mais bon, eux, on ne savait pas quoi exactement…
Glacier se leva, aux aguets.
— En mission ? Comment ça ? Où ?
Une nouvelle attaque ? Ho non !
Écume commença à paniquer, son cœur s’accélérant pendant qu'elle imaginait toutes sortes de scénarios de plus en plus atroces.
On est arrivés trop tard ? Plus de morts ? À cause de nous ?
— Cela ne vous regarde pas ! gronda Ardente.
— Si ! Si cela engendre plus de morts ! Vous imaginez que cela servira votre cause ? Que les clans vous écouteraient après avoir empilé suffisamment de cadavres ? explosa Écume.
— BIEN SÛR QUE NON ! Ce n'est pas la raison d'être de notre groupe.
— Alors aidez-nous ! Aidez-nous à comprendre !
Écume se rapprocha d’Ardente, qui la fixait, la queue balayant le sol.
— Écume… dit Cendral à voix basse.
Mais l’Aile de Mer continua, et se plaça juste devant la grande dragonne.
— Vous dites que vous êtes pour la paix. Je veux vous croire, mais vous devez nous aider à ce que plus aucun dragon ne meurt. Votre cause est juste, mais vous perdrez tout si une seconde attaque cause des morts innocentes.
Ardente avait ses yeux rouges plongés dans ceux d’Écume, elle finit par détourner le regard pour observer les trois dragonnets qui les observaient de loin en parlant entre eux. Elle poussa un profond soupir, et ferma les yeux.
— Ils sont deux. Ils doivent se rendre dans un camp Aile du Ciel, pour parler avec un de nos membres. Observer, et revenir, c'est tout.
— Où ça précisément ? demanda Glacier.
— Au sud-ouest du Palais des Ailes du Ciel, près des Pics de Foudres, répondit Grive.
Cendral remercia Ardente d’un signe de tête poli. Puis grimaça en posant ses griffes sur son pansement.
La dragonne observa le pansement.
— Tu comptes faire le voyage avec un pansement usagé ? demanda-t-elle d’un ton neutre.
— Oui, ça ira. Ça devient un peu douloureux mais ça ira.
— Ne sois pas idiot. Tu ne ferais que vous ralentir. Si vous devez faire vite, ça pose problème.
Elle désigna Écume et Glacier de sa queue.
— Toi et toi, voyez avec Grive. Il va vous montrer où ils sont partis. Toi, suis-moi, fit Ardente en désignant Cendral en dernier.
Elle veut faire quoi au juste ? On peut lui faire confiance au moins ? Elle n'est pas vraiment aimable.
Grive s’éloigna un instant pour entrer dans une petite cabane recouverte de lierre, puis ressortit avec un grand parchemin enroulé.
Il déroula le parchemin sur le sol sableux, coinçant les coins sous des roches, révélant une immense carte de Pyrrhia d’une précision incroyable.
Par toutes les lunes, je n'ai jamais vu une carte aussi détaillée !
Elle suivit de ses griffes un réseau de rivières au sud du Royaume de Boue.
— C’est incroyable… où as-tu trouvé cette carte ? Je n’en ai jamais vu d’aussi complète ! demanda Écume.
Grive sembla mal à l’aise, retirant doucement la terre qui s’était mise sur la carte.
— Euh… c'est… c'est moi en fait. J'ai toujours aimé la cartographie. Cela fait des années que je travaille dessus… enfin bref. Voilà où ils sont, fit l’Aile du Ciel en désignant le pied d’une immense montagne.
Ce n’est qu'à une demi-journée de vol. On peut faire vite.
N’oublie pas que Cendral est plus lent maintenant.
Elle releva le museau pour regarder son ami qui était allongé sur le côté droit. Cendral parlait avec Ardente tout en la surveillant.
La dragonne était en train de nettoyer la plaie. Elle dut lui faire mal sans le vouloir car Cendral sursauta. La dragonne pointa une griffe sous son museau d’un air sévère.
— Arrête de bouger ! Ça ira plus vite, gronda Ardente, comme si elle parlait à un dragonnet.
Écume crut apercevoir un sourire en coin sur le museau de son ami.
Il a vraiment changé.
— Écume ?
Elle sentit les écailles froides de Glacier la ramener à eux.
— Hum ? Désolée, j’étais ailleurs.
— Je te demandais quand tu voulais partir.
— Ha, euh… quand Cendral sera prêt ?
Quelques instants plus tard, les deux Ailes du Ciel revenaient vers le groupe. Avec un pansement propre, Cendral semblait en meilleure forme. Ardente lui donna deux petits récipients fermés par de la cire.
— Tiens, prends ça. Bois une gorgée par jour, pas plus. Cela va accélérer la cicatrisation.
— Eh bien, merci Ardente, répondit Cendral.
La dragonne détourna le regard, se concentrant sur les trois autres dragons, qui n’avaient pas bougé d’un pouce.
— Allez, on se met au travail, ne restez pas plantés là comme des fougères.
L’Aile de Boue, qu’Écume avait carrément oublié, se leva en envoyant de la terre et du sable un peu partout. Grive siffla furieusement sur le dragon, en essayant de protéger sa précieuse carte avec ses ailes.
Avec un air apeuré, l’Aile de Boue s’éloigna sans demander son reste. Le duo d’Aile de Sable/Aile de Mer se leva à son tour et alla dans une des cabanes, toujours collés l’un à l'autre tandis qu’Étrilles partait discrètement en passant par le mur végétal.
Et si, si on retrouve ces deux dragons, ils ne nous écoutent pas ?
Prenant son courage à deux pattes, elle interpella les deux dragons restants.
— Grive, Ardente… je me demandais si l’un de vous pouvait nous accompagner ? J'ai peur que ces dragons ne nous croient pas.
La grande dragonne fit signe de non de la tête.
— Impossible, je dois rester ici, répondit-elle fermement en jetant un coup d'œil vers les dragonnets qui jouaient ensemble.
— Oui… je comprends. Et toi Grive ?
L’Aile du Ciel semblait très mal à l’aise, rangeant nerveusement sa carte en la nettoyant progressivement.
— Je… je… je ne sais pas… cela fait si longtemps que je ne suis pas sorti du camp…
Écume fit quelques pas pour se placer devant lui, cherchant à croiser son regard fuyant.
— Je comprends. On en demande beaucoup, mais Grive… on a besoin de toi. Tu ne seras pas seul, on sera là. Mais s’il te plaît, réfléchis à ça.
Grive finit d’enrouler sa carte, puis se leva.
— Tu ne comprends pas… je ne peux pas partir d’ici.
Ardente, qui s’était rapprochée à son tour, posa une de ses immenses ailes sur le dos du dragon, le recouvrant presque totalement. Elle pencha sa tête pour se placer front contre front avec lui. Tous deux restèrent silencieux et immobiles, les yeux fermés, comme si leur cerveau communiquait en silence.
— Personne ne te forcera. Si tu ne veux pas partir, reste ici. Je sais que c’est dur pour toi. Mais je sais aussi que tu es assez courageux pour réussir, dit Ardente avec douceur.
On devrait les laisser seuls.
Écume donna un petit coup d’aile à Cendral et lui fit signe de la suivre. Glacier les suivit.
Les trois dragons allèrent s'asseoir près du tunnel qu'ils avaient emprunté. Écume voyait les deux Ailes du Ciel parler à voix basse pendant un long moment.
J’espère qu’il pourra venir. Il faut impérativement qu'on trouve ces dragons et qu'on les arrête.
— Tu crois qu'on arrivera à temps ? demanda Glacier.
— Espérons… avec un peu de chance, commenta Cendral.
Finalement, les deux Ailes du Ciel les rejoignirent. Grive avait la tête haute mais tremblait légèrement.
— O-ok, je viens avec vous… dit l’Aile du Ciel.
Ardente fixa le trio avec intensité, les ailes redressées en arrière.
— Je compte sur vous pour qu'il ne lui arrive RIEN. Sinon, vous aurez affaire à moi. On est d’accord ?
Cendral hocha la tête, et la dragonne sembla légèrement détendre ses muscles.
— C’est promis, il nous accompagne jusqu'au membre de votre groupe, et il revient. Rien de plus.
— Bien, alors bonne chance.
Ardente sembla hésiter, ouvrant et fermant la gueule.
— Et… si jamais cela peut être utile… rappelez à Azur de se souvenir du Repaire du Scorpion.
Ça veut dire quoi ça ? Un message caché ?
— Pourquoi ? demanda Glacier, méfiant.
— Ça ne vous regarde pas. Mais… peut-être que cela le fera réfléchir.
Écume remercia la dragonne d’un signe de tête.
— Merci Ardente, sincèrement.
L’Aile du Ciel esquissa un sourire chaleureux, puis son museau se ferma, devenant sérieux.
— Écume… sache que, même s’il s’avère que des membres de notre groupe ont réellement fait ça… ne condamne pas notre mouvement entier. Nous voulons la paix.
Glacier se leva et commença à sortir du tunnel, ses ailes s’agitant bizarrement.
Après un dernier regard, Écume suivit Glacier dans le tunnel. Mais au moment de passer le mur de végétation, elle entendit Ardente s’adresser à Cendral.
— Fais attention à toi, Guerrier. Et n’oublie pas ce que je t’ai dit.
— Je ne risque pas, ne t’inquiète pas.
Tiens, de quoi ont-ils discuté tous les deux ?
Une fois sortie du tunnel, elle vit Glacier qui les attendait déjà dans les airs.
Il faisait plus frais que dans le refuge, un léger zéphir courait sur la mer, apportant les odeurs du large.
Cendral se tenait près de Grive, qui était tendu, ses pattes droites et ses griffes profondément dans le sable.
Ha oui… il est bloqué à ce point.
Elle passa à côté des deux Ailes du Ciel.
— Tout va bien ?
— Oui oui, ça va, répondit Cendral en lui souriant. Rejoins Glacier, on arrive.
Bon, mieux vaut laisser Cendral gérer.
Elle s’envola, et se mit en vol stationnaire à côté de son ami. Observant Cendral, elle le vit murmurer quelque chose à Grive dans l’oreille. Le jeune Aile du Ciel hocha la tête sans répondre, prit une grande inspiration et déploya ses ailes doucement.
Après quelques battements d’ailes, il était aux côtés de Glacier. Il ne restait plus que Cendral qui prit un peu plus de temps pour réussir à décoller du sol, mais après quelques battements de cœur, le groupe était au complet et se dirigeait vers le sud-ouest.