Mon journal intime 2
Je panique à mort et j’avais raison. Mon petit monde de bisounours est en ruine ! Matthias a disparu et cela depuis une semaine. Il ne répond plus, la police ne sait rien et ma mère insiste pour que je revienne dormir à l’appartement.
J’ai refusé car je suis propriétaire d’un bien dont la moitié de l’étage est bientôt terminé. Propriétaire d’un bien où je me suis senti justement bien. Un endroit calme où après nos journées de travail, on se coller l’un et l’autre devant la TV.
Et ma solitude m’aide à prendre des lourdes décisions pour chercher où il est. Il n’est pas suicidaire, il est très fidèle et je crains le pire. L’ombre des narcotrafiquants rôdent. Dois-je appeler Antonio ? S’il est sait un truc, il aurait dû déjà être interrogé, non ?
Je prends quand même mon courage à deux mains pour me souvenir de l’adresse. Cet homme est froid, bourru et il pourrait me tuer s’il pouvait. La route fût longue, difficile et j’avais hésité d’appeler plusieurs mes amies qui sont bien occupés ces derniers jours.
— Tient une jeune salope riche. Que veux-tu ?!
Aimable, j’avais espéré une micro étincelle de bienveillance…
— Matthias, il a disparu, la police ne sait pas où il est surtout qu’il dise, en gros, il est majeur et …
D’un coup d’œil à droite et à gauche, il vérifie si le voisinage nous écoute. Il me tire à l’intérieur soudain plus inquiet. Fermant tout à clé, vérifiant chaque ouverture. Je reste planté là dans cette baraque miteuse des années soixante. Une envie de refaire toute la déco même pour un type comme lui.
— Canapé !
— Je ne suis pas un chien !
Il se fiche de ma protestation, préférant se préparant sa cigarette. On se fixe de longues minutes, je serre mon sac à main, ignorant le téléphone qui vibre. Dans le doute, je regarde qui c’est et c’est une pub.
— Bon, l’heure est grave ma jolie. Je sais bien que tu as tout fait pour l’éloigner de son destin, en fait, il le voulait bien avant toi. J’ai cru bien faire, rendre fier son père. Il n’en a pas la trempe, en tout cas, on va voir les raisons.
Ok cool mais je ne vais pas lui jeter des fleurs pour ça ! L’entretien tourne court, je ne sais rien et lui n’a aucune piste.
— Bon, c’est étrange, qui pourrait lui en vouloir ? Tu veux un café ?
— Eu, je veux bien merci. Petite tasse.
Il se lève difficilement en foutant de la poussière partout. Du bazar de la cuisine, je ne crains d’être malade à cause d’une tasse douteuse. Il fouille, brise une assiette et je me demande vraiment comment il peut diriger une part d’un trafic. Il m’a l’air plus paumé, isolé et…
J’entends soudain des coups de pieds et un bruit de quelqu’un de kidnapper. Antonio se bat seul en parlant dans sa barbe. J’hésite entre un début de pitié et l’envie de me barrer. Pourtant, si j’ai fait la route pour affronter un boss, autant être sûr que je ne rêve pas.
Le bruit revient, je prends mes affaires pour faire le tour des pièces jusqu’à trouver potentiellement l’origine. Oui, il y a quelqu’un et je devrais plus tôt prévenir les secours. Le vieux a peut être un trouble neurologique, il n’en empêche que c’est évidemment condamnable !
Doucement, j’ouvre la porte du placard d’une ancienne chambre, pour tomber sur le cul ! Je crois que j’ai hurler son prénom ! Mon homme est là, épuisé, attaché par les mains autours d’une tuyau et sa bouche fermé par du tissus.
— Tu m’as trouvé ! Je suis désolé ! Mon oncle est malade ! Il m’a …
— Chut, écoutes, je crois que ces derniers mois, entre ma première rencontre et aujourd’hui, il a un problème psy, oui, je sais ! Restes attachés pour que la police le cueille et constate le truc ok ?
— On me cherchait hein ?
— Je te racontais et toi aussi mon amour ! J’ai pensé milles théories et lui aussi. Tu me fais confiance hein ?
Je l’embrasse avant de prévenir. Le café sera enfin servie après dix minutes, pile où il se fait arrêté. Au commissariat, je patienterais de longues minutes pour enfin à la maison, après avoir rassuré tout nos proches, la raison de son enlèvement.
— Il n’est plus dans ces affaires louches depuis en fait trois ans. Il me cachait des choses même si j’ai participé, tu le sais. Malgré ce qu’il prônait, j’avais de l’affection pour lui. J’avais eu envie de voir comment il allait, il est devenu parano, m’a frappé le crâne.
— Pourquoi ?
— Il a cru que j’étais un dealer puis le lendemain, un livreur de pizza, un autre jour, son cousin…Ouai, il me donnait quand même à manger et à boire mais, j’ai senti qu’il était malade. Faut que je comprenne à nouveau mon oncle et mon histoire de famille.
— C’est si important pour toi ?
— J’ai réfléchi dans ce placard. Si j’ai une haine de ces trafiquants, de mon père, au fond, sans excuser, je me dis…Ouai, ils n’ont pas choisi si ? Ou alors, ils le voulaient, cette autre voie pourtant, une pression peut être…Je n’ai peu croisé mon père, je crois pourtant qu’il m’aimait, qu’il le montrait et que ma mère ne m’a pas tout dis.
— Ton oncle sera interné ?
— Oui et je ne porte pas plainte. Il va passer des tests psychiatriques. Tu en penses quoi de regarder en arrière sur l’histoire de ta famille ? Tu t’es déjà posé des questions ? Moi oui, sans jamais y aller au bout. Je sens que mon oncle est bon, il était à sa manière.
— Si c’est important, fait le. Tu es déjà unique et moi aussi. Enfin, on l’est tous en majorité. Tu as raison, je devrais me pencher aussi. Ma grand-mère maternelle est la seule qui me reste, je n’ai rien posé sur sa vie, ni mes parents. Je te fais confiance sur le jugement que tu donnes à ton oncle.
Il ne répond rien, il est trop émue. On se dit que finalement, on a tous à y gagner pour comprendre nos liens de sang, savoir le passé pour ne pas, parfois le reproduire.