L'amour au-delà de la haine

Chapitre 8 : La conséquence de mes actes

10285 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/12/2020 23:54

 Chapitre VIII : La conséquence de mes actes


Suite à la violente disputes que nous avons eu tous ensemble, nous passons le restant de la journée chacun dans notre coin. Et je dois avouer que cela me désespère au plus haut point. Nous sommes censés être les Avengers. Être une équipe soudée, et pas une équipe qui se déchire de la sorte… Mais aux vues de toutes les tensions qui existent, je crois qu’il nous faudra du temps pour pouvoir tous se faire confiance à nouveau. Et je sais que ma relation avec Tony cristallise toutes ces tensions, et que je devrais lui parler pour essayer de réparer ce que j’ai brisé. Mais je n’en ai pas la force tout de suite. Plus précisément, je suis énervé par ces derniers jours, et par les propos qu’il a tenus. Même si je sais qu’il ne les pense probablement pas, cela ne me fait pas plaisir de les avoir entendus. Et j’en ai marre de toujours être celui qui pardonne facilement et être celui qui fait toujours le premier pas même lorsque je ne suis pas le fautif. Donc pour une fois, je décide d’attendre.

A la nuit tombée, je m’installe dans ma chambre et je pris mon calepin à dessin afin de griffonner ce qui me passe par la tête. Dans ce genre de situation, cela m’aide à me vider la tête, et aujourd’hui, j’en ai cruellement besoin. Toutefois, ce moment de quiétude fut de courte durée puisque j’entends frapper à ma porte. Lorsque j’ouvre je découvre Rhodes avec une pointe de déception. J’espérais sincèrement que ce soit Tony, mais il faut croire qu’il préfère envoyer son meilleur ami régler ses problèmes à sa place. Ainsi, Rhodes prend la parole avec la courtoisie qui le caractérise :

-      Bonsoir, Captain. Je ne vous dérange pas ?

-      Pas du tout. Me contente-je de répondre.

-      On peut parler ? Dit-il avant de préciser : De Tony ?

-      Si vous voulez, réponds-je en soupirant.

Je laisse War Machine entrer dans ma chambre, et avant même que je ne l’y invite, il s’assit sur mon lit. Sans doute ses jambes doivent-elles lui faire mal, car il les masse avec une petite grimace sur le visage. Et comme pour confirmer mes pensées, ou justifier son action, il me déclare :

-      Il y a encore quelques petits réglages à faire avant que mes jambes ne soient vraiment parfaites. Mais ne dites pas ça à Tony, il risque de mal le vivre.

-      Rassurez-vous, je ne lui dirais rien. De toute façon, ce n’est pas comme si nous arrivions à parler en ce moment. Dis-je afin de lancer la discussion sur le vif du sujet.

Rhodes me lance un regard autoritaire, comme celui qu’un parent lance à son enfant qui vient de faire une bêtise. Afin que nous ayons une conversation apaisée, je m’installe à ses côtés et je le regarde. Il finit par briser le silence qui s’est installé avec un long soupire avant de me dire :

-      Par où commencer ? C’est pas un sujet facile à aborder…

-      Je sais déjà ce que vous en pensez… Dis-je conscient qu’il n’a aucune envie de me voir à nouveau avec Tony.

-      Vous savez ce que j’en pense, mais pas pourquoi je le pense. M’expliqua-t-il calmement. Et c’est de ça dont je voudrais vous parler, si vous le permettez…

-      Je vous écoute, Rhodes.

-      Vous savez que… Tout ce qui s’est produit il y a deux ans lui a fait beaucoup de mal, m’explique-t-il. Ça je vous en ai déjà parlé… Mais ce que je ne vous ai pas dit, c’est qu’il a replongé dans l’alcool. Et c’était pas beau à voir…

-      C’est vrai qu’il boit encore beaucoup, approuve-je.

Tony a toujours une dépendance très forte à l’alcool. Et il est vrai que depuis notre retour, j’ai eu l’occasion de le voir trop souvent ivre. Que ce soit à notre soirée de réintégration où il était totalement soûl ou de le voir consommer quelques verres par ci par là. Et quand on a été alcoolique, ce n’est jamais une bonne chose de reprendre, ne serait-ce qu’une fois, l’origine de son addiction. Mais War Mahcine ajoute :

-      Vous le trouvez mal ? Aujourd’hui, il ne boit rien comparé à l’année dernière. Je vous assure que la soirée de réintégration, c’était soft comparé à ce que j’ai pu constater.

-      Vous l’avez aidé, je suppose ?

-      Bien sûr, quand on voit son ami dans un tel état, on ne ferme pas les yeux. Même si vous savez à quel point il peut être têtu… Mais avec Pepper, on a réussi à le reprendre en main… Et même à le forcer à aller voir un psychologue… Dit-il avant de laisser planer un petit silence.

-      Un psychologue ? Soulève-je. Pour son addiction à l’alcool ?

-      Plutôt pour sa dépression, me corrige-t-il.

-      Il est en dépression ? Demande-je surpris par cette révélation.

Une révélation pas si étonnante que cela quand on y pense et aux vues de tout ce qu’il a traversé. Même si je dois avouer que j’ai très probablement sous-estimé son état de détresse, car il a toujours eu l’air de quelqu’un de fort, qui ne craque pas facilement. Mais ses dernières crises de nerfs auraient dû m’alerter de son état.

-      Entre autres oui… Approuve le meilleur ami de l’Iron Man.

-      Entre autres ?

-      Captain… Écoutez, s’il sait que je vous ai dit ça, il va faire une crise de nerf, dit-il inquiet. Mais, vous devez savoir, parce que sinon, vous ne le comprendrais jamais.

-      Je vous écoute, réponds-je avec attention.

-      Quand il a été voir le psychologue, il lui a diagnostiqué une sévère dépression. Mais aussi un syndrome de bipolarité.

-      De la bipolarité ? Réponds-je avec incertitude.

Je dois avouer que je n’y connais rien en maladie mentale, ou en trouble de la personnalité. Et je n’ai aucune idée de ce qu’est la bipolarité. Devant mon air troublé, War Machine m’explique :

-      La bipolarité[1] est un trouble de la personnalité où les individus atteints connaissent deux types de phase distinctes. Une phase d’euphorie où tout va bien et où ils multiplient les projets. Comme à la soirée ou au parc. Mais vient ensuite une phase de dépression où l’individu n’a plus goût à rien comme hier soir.

-      Mais il en souffre vraiment ? Dis-je inquiet à cette idée.

-      Captain… Vous n’allez pas faire comme si vous n’aviez jamais remarquer qu’il changeait d’humeur constamment… Et de façon plutôt violente, si ?

-      Si c’est vrai… Mais de là à ce que ce soit une maladie… Ça me semble un peu extrême, non ?

-      C’est un psychologue qui le dit, pas moi.

Je ne peux pas nier que Tony peut effectivement avoir des phases de bonheur où tout va très bien puis, en un claquement de doigt, passer à une phase de colère ou de mélancolie. Mais peut-on réellement dire qu’il s’agit d’une maladie mentale ? Mais après tout, Rhodes a raison. Si c’est un professionnel assermenté qui l’a diagnostiqué, qui suis-je pour remettre en cause son jugement ?

-      Et il existe un traitement ? M’enquis-je.

-      Il y a des médicaments qui servent à stabiliser l’humeur, mais évidemment, Tony refuse de les prendre. Et il refuse même de retourner voir qui que ce soit.

-      Pourquoi ? Réponds-je inquiet.

-      Parce qu’il considère qu’il s’est trompé, et qu’il n’a aucun trouble de la personnalité, évidemment. Un Stark ne peut pas être bipolaire, tu comprends ?

-      De la fierté mal placée, souligne-je.

-      Tout à fait, approuve Rhodes. Mais là où je voulais en venir, en vous disant tout ça, c’est que Tony… ne joue pas avec vous. Quand il vous dit qu’il vous aime, et qu’il veut faire sa vie avec vous. Il le pense. Et quand il vous dit qu’il vous hait, et que vous le faites souffrir, il le pense aussi. Son état n’est pas stable, et… il a besoin de récupérer sans que qui que ce soit se mêle de ses affaires ou ne le rabaisse. Et surtout, sans que vous soyez dans sa vie…

-      Je suis sûr que je peux l’aider… Réplique-je avec assurance.

-      Non vous ne pouvez pas. Avant que vous reveniez, cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vue avoir des hauts et des bas de cette manière. Vous êtes comme… un déclencheur…

-      Un déclencheur ? Soulève-je abattu.

Je serais l’élément qui déclenche les crises chez Tony ? Sérieusement ? Je ne pensais pas être aussi négatif que cela dans sa vie. Je sais que je n’ai pas été à la hauteur, mais de là ce que je déclenche un trouble de la personnalité…

-      Captain, maintenant que vous savez tout ça, laissez-le tranquille. Vous n’aurez plus aucune excuse pour céder à ses avances et vous plaindre quand il vous rejette ! Il n’est pas stable, donc vous devez le laisser tranquille, vous comprenez ?

-      Mais… Tente-je.

-      Vous savez que le principal risque de la bipolarité c’est le suicide lors des phases dépressives ? Me coupe Rhodes avant de préciser : Même si je pense que Tony a trop d’égo pour ça, on ne sait pas jusqu’où il peut sombrer…

-      Oui… Dis-je avec amertume.

-      Alors, laissez-le, je vous en prie.

Si ce que m’a dit Rhodes est vrai, je ne peux pas continuer à essayer de réparer notre relation. S’il est vraiment bipolaire et dépressif, cela ne risquerait que d’empirer son état et peut-être même le pousser à une bêtise. Et il est vrai qu’avec Tony on ne sait jamais. Il peut parfois se montrer très surprenant. Dans le bon sens comme dans le mauvais. Aussi, ce soir, je prends la décision de le laisser tranquille. Il en va de sa santé…

Suite à cette nuit éprouvante, quelques jours se sont écoulés sans que Tony ne m’adresse la parole. Je crois même qu’il m’évite consciencieusement. Actuellement, il passe ses journées entre son laboratoire et le sanctuaire de ce fichu docteur. Enfin ça, c’est quand nous n’avons pas de mission, car en ce moment, elles semblent se multiplier. Nous sommes sans cesse appeler partout dans le monde pour arrêter des criminels divers. Mais le plus inquiétant étant qu’ils s’échappent aussi vite qu’on les met en prison. Pourtant, nous les confions à Fury qui les envoient dans des prisons de haute sécurité dont l’emplacement est tenu secret. Et, encore une fois, on se pose la question de la fiabilité de ses rangs. Dans tous les cas, nous devons intervenir, nous n’avons pas le choix. Mais c’est fatiguant de se battre pour rien. Surtout, qu’aujourd’hui, nous venons enfin de capturer le Vanisher[2] qui nous a fait tourner en bourrique durant de nombreuses semaines. Sa capacité de téléportation a été très difficile à contrer, et sans l’aide des X-Mens, il nous aurait été très difficile de le mettre derrière les barreaux. C’est pourquoi ce serait plutôt frustrant qu’il ne s’échappe de là en quelques heures seulement.

Et alors que je suis dans mon bureau, à rédiger un rapport manuscrit sur l’arrestation de Telfort Porter, je fus interrompu par l’arrivée de Clint. Il me demande d’une voix calme :

-      Je te dérange, Captain ?

-      Non, entre, je t’en prie. Dis-je surpris de sa présence.

Je range tous ce qui traine sur mon bureau afin de lui faire de la place pour l’écouter sans distraction. Avant les accords de Sokovie, il n’est pas rare que Clint vienne me demander des petits services, ou des vacances, durant lesquelles il va retrouver sa famille par exemple.

-      Je voulais vous parler de Tony, je ne sais pas si vous avez eu la chance de discuter avec lui depuis l’autre soir. Commence-t-il.

-      Malheureusement, non. Comme tu as pu le voir aujourd’hui, on s’ignore.

Et c’est la triste réalité même sur le terrain. Nous nous adressons la parole que lorsque c’est nécessaire et cela me fait de la peine. Mais après ce que m’a dit Rhodes… Je n’ai pas envie de déclencher quelque chose de négatif dans sa vie. Surtout qu’il semble aller mieux, puisque cela ne l’empêche pas de plaisanter avec les autres Avengers sur le champ de bataille.

-      Et bien figurez-vous que nous venons d’avoir une conversation pour le moins… intéressante, dit-il en restant volontairement mystérieux.

-      Je t’écoute, explique-moi, dis-je posément.

-      Comme vous le savez, je lui ai reproché… mon enfermement durant ces deux années auprès de ma famille. Mais il est vrai que je n’avais jamais pensé à ce qu’ils avaient dû faire pour que je puisse retourner auprès d’eux.

-      C’est vrai que vous avez eu beaucoup de chance que cet accord soit accepté… Approuve-je la voix empreint de culpabilité. Je n’aurais jamais dû vous entraîner là-dedans en premier lieu.

-      Captain, on ne fait pas de chichi entre nous, me coupe-t-il. Je suis venu en connaissance de cause, et parfois, j’ai tendance à oublier que nos actes ont des conséquences.

-      Venant de vous ? Cela m’étonne, vous avez la tête sur les épaules. Le contredis-je.

-      Peut-être, toujours est-il que je me suis excusé de l’avoir accusé de tous les mots alors que j’avais aussi ma part de responsabilité. Me dit-il calmement. Et là, c’est avec surprise que j’ai constaté… Dit-il en laissant un petit blanc s’installer.

-      Quoi donc ? L’encourage-je à continuer.

-      Que Stark sait prononcer les mots : Je suis désolé.

-      Il s’est excusé ? Dis-je relativement surpris.

Même si je sais qu’il en est capable, car il s’est déjà excusé par le passé, c’est un événement relativement rare. Et même impossible s’il est persuadé d’avoir raison. Ce qui semble être le cas.

-      Bien sûr, il ne s’excusera jamais d’avoir soutenu et signer les accords de Sokovie, mais il m’a confié qu’il n’avait jamais envisagé que cela tourne au vinaigre de cette manière. Et ça, je veux bien le croire. Et le plus hallucinant encore, c’est qu’il s’est aussi excusé auprès de Wanda pour son traitement durant cette période.

-      Hallucinant c’est le mot je crois. Approuve-je. Je vais presque reprendre espoir qu’il vienne s’excuser auprès de moi si cela continue, plaisante-je.

-      Justement, je lui ai parlé de vous… Reprit-il sur un ton plus morose.

-      Et ?

-      Et il se sent mal par rapport à ce qu’il vous a fait…

-      Il te l’a dit ?

-      Ouais, je lui ai dit que c’était bien de s’excuser auprès de moi mais qu’il devait le faire avec vous. Il m’a répondu : Je sais que j’ai mal agis avec Steve, mais je ne peux pas m’excuser.

-      Ça je m’en doute… Dis-je défaitiste.

-      Mais une chose est sûre, il ne joue pas avec vous Captain. Me dit-il droit dans les yeux. Honnêtement, je pense qu’il… est au bord d’une crise de nerf, ou quelque chose. Quand je lui ai parlé de vous, il s’est tout de suite agité, ses propos était plus confus… Vous savez, c’est le genre de signe qu’on nous a appris à repérer au SHIELD pour obtenir des aveux. Donc j’en ai profité…

-      Vous l’avez interrogé ? Demande-je.

-      En quelque sorte, on peut aussi appeler ça tirer les vers du nez.

-      Et vous avez appris quelque chose ?

-      Il culpabilise énormément de sa relation avec vous. Vous savez que la vieille de notre grosse dispute il est allé sur la tombe de ses parents ?

-      Pardon ?

-      Oui, visiblement, selon ses dires, il est allé là-bas pour leur parler de vous deux. Mais il n’a pas pu le faire.

-      Mais il voulait leur dire quoi ?

-      Vous savez, c’est difficile de faire parler quelqu’un comme Tony. Et là-dessus, Natasha est meilleure que moi. Donc… il n’a pas été plus loin. Vous savez, je suis pas vraiment son meilleur ami. Je pense qu’il m’a dit ça pour justifier un peu son état quand on l’a vue.

-      C’est probable, approuve-je.

Tony agit souvent par impulsion et regrette ses gestes par la suite. Il est comme ça et c’est très difficile de le comprendre parfois, car il réagit au moment présent par rapport à ses émotions. Selon, Rhodes, il s’agirait de bipolarité, mais je n’en suis pas certain. Dans tous les cas, que ce soit pathologique ou pas, il réagit par rapport à ses sentiments. C’est pourquoi, je suis très étonné d’apprendre qu’il s’est rendu sur la tombe de ses parents. Que peut-il bien faire là-bas ? Il cherche une forme d’appréhension de leur part pour notre couple ? Une forme de pardon pour se mettre avec moi ? Sincèrement, je ne vois pas en quoi il en a besoin. Ce n’est pas comme si c’est moi qui ai assassiné ses parents… Alors certes, j’ai mal agi, mais je n’ai fait que défendre mon ami. Un ami que son père connaissait qui plus est. Donc, je ne vois pas pourquoi, s’ils étaient encore en vie, pourquoi ils s’opposeraient à… nous ? Enfin, peut-être qu’ils penseraient que je ne suis pas digne de confiance, et qu’à ce titre je ne mérite pas d’être avec Tony… Ce qui pourrait se comprendre… Après ce que je lui ai fait… Mais est-ce que Stark ressent vraiment ça ? Si seulement nous pouvions parler que je puisse comprendre ce qui se trame dans sa tête et… dans son cœur.

-      Je pensais que je devais vous en parler, dit-il comme une excuse.

-      Tu as raison, mais le plus important dans tout ce que tu m’as dit, c’est que vous vous êtes réconcilié.

-      Ouais, il était temps, soupire-t-il. Je n’aime pas grader ce genre de tension dans une équipe.

-      C’est sûr… Et comme d’habitude, je vais être celui parler avec lui en dernier… Réponds-je défaitiste.

-      Allez le voir dans ce cas. Prenez le taureau par les cornes, dit-il en blaguant.

-      Cette fois, c’est moi qui ne peux pas…

-      Pourquoi ça ?

-      J’ai eu une conversation avec Rhodes et, franchement, je ne me sens pas de faire le premier pas.

-      Vous savez ce que vous devriez faire ?

-      Non ? Demande-je curieux.

-      Vous devriez en parler à Natasha. Elle vous écoutera et vous dira ce qu’il y a de mieux à faire.

-      Vous devez avoir raison, approuve-je. Elle est de bons conseils.

Pour le coup, Clint n’a pas tort. Même si j’en ai marre que tout le monde se mêle de nos histoires avec Natasha, c’est différent. D’abord parce qu’elle me guide sans me juger et ça fait un bien fou. Même si j’adore Sam et que nous nous entendons très bien, je sais ce qu’il pense de ma relation avec Tony, et son jugement est biaisé par rapport à ça. C’est pourquoi je sais qu’il ne prendra jamais le côté de Tony, même si c’est moi qui aie mal agit. Et c’est réconfortant d’avoir quelqu’un comme ça dans son entourage, mais pour obtenir des conseils je préfère aller voir Natasha. Même si elle ne s’entend pas toujours très bien avec Stark, elle arrive à en faire abstraction pour me donner des conseils objectifs.

Une fois Clint fut reparti, je termine mon rapport avant de suivre ses recommandations et d’aller retrouver Natasha. Elle se trouve elle aussi dans son bureau, et semble concentrer lorsque j’ouvre la porte. Je lui demande :

-      Nat’ ? Je te dérange ?

-      Steve, Dit-elle en redressant la tête : non, entre.

J’entre et contrairement à toute à l’heure, ce fut moi qui m’installe pendant qu’elle débarrasse ses papiers. Le bureau enfin dégagé, elle me demande d’une voix enjouée :

-      En quoi je peux t’aider ?

-      Et bien toujours sur le même sujet… Dis-je avec un petit sourire crispé.

-      Stark ?

-      Oui… Approuve-je un peu honteux de toujours la déranger pour ça.

-      Tu veux parler de ce qui s’est passé l’autre soir ?

-      En fait, je viens d’apprendre qu’il est allé s’excuser auprès de Clint et de Wanda pour son comportement durant les accords…

-      Étonnant, réplique-t-elle.

-      Effectivement, cela ne lui ressemble pas vraiment. Approuve-je. Mais du coup…

-      Tu te demandes pourquoi il ne vient pas te parler ?

-      Plus ou moins, je me dis que nos différends étaient bien plus dramatiques que ceux avec les autres…

-      Mais ? M’encouragea-t-elle.

-      En fait… Commence-je nerveusement. J’aimerais…savoir ce que tu penses de…Si je dois aller lui parler ou pas…

-      Je pense qu’il devient urgent que vous parliez tous les deux. Ça fait plusieurs jours que vous êtes en froid et ça se ressent sur les missions, approuve-t-elle.

-      Mais il y a quelque chose que tu ne sais pas…

-      Et tu souhaites m’en parler ?

-      Rhodes est venu me voir, après la grosse dispute que nous avons eue. Et il m’a confié quelque chose de déroutant, débute-je. Et je sais que je ne devrais pas t’en parler…

-      Mais tu as besoin de conseil ?

-      Oui… En fait… Rhodes m’a expliqué que Tony avait été voir un psy pendant ces deux ans où nous avons été absent… Et il lui aurait diagnostiqué une bipolarité et une dépression… Et toujours selon lui, je serais… Le déclencheur de ses crises… Lui explique-je avec une infinie tristesse.

-      Une bipolarité ? Reprend-t-elle avec surprise.

-      Oui, selon lui, il alterne entre des phases euphoriques…

-      Et dépressive ? Me coupe-t-elle. Je connais le syndrome de bipolarité, et pour être honnête, je ne pense pas qu’il en souffre… Même s’il est vrai qu’il est instable, j’aurais plus dit qu’il souffrait de narcissisme et de paranoïa.

-      Mais et si c’est vrai ? Demande-je. Si le psychiatre avait raison ?

-      Et même si c’est le cas, Steve, tu penses que cela t’empêche de lui parler ?

-      Je…veux pas lui faire du mal… Souligne-je.

-      Je pense que dans tous les cas, il a surtout besoin de stabilité, m’explique-elle. Et je pense qu’il ne pourra pas être stable si tu ne lui parle pas et si vous ne tirez pas cette situation au clair. C’est impossible.

-      Sûrement, mais tu ne penses pas que je vais envenimer les choses ?

-      C’est sûr que l’idéal serait qu’il vienne te parler, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise avec Tony. Dit-il avec un petit sourire peint sur le coin de ses lèvres.

-      Et s’il ne vient pas ?

-      Parle le lui. Tu en as besoin et lui aussi. Me conseille-t-elle franchement.

Je soupire et je prends mes mains dans mon visage. Très honnêtement, je sais que je dois lui parler. Et je n’ai pas besoin que Natasha me le dise. Même si en réalité cela me rassure qu’elle approuve mon désir de clarifier les choses. Surtout venant de Natasha qui est une femme intelligente et réfléchie.

-      Steve, dit-elle en attrapant ma main, vous devez parler, cela vous fera du bien à tous les deux.

-      Et si ça empire les choses ? Tu sais bien qu’avec Tony, on ne peut jamais prédire ses réactions… Et si… Tente-je la voix serrée par l’émotion.

-      Et s’il réagissait mal ? C’est un risque à prendre. Mais, au fond de toi, tu sais que vous n’allez pas pouvoir continuer à vous ignorer encore longtemps… Tu as vu ce que ça a donné durant la dernière mission ? C’était n’importe quoi.

-      Je sais…

Durant la dernière mission, nous n’avons échangé que des informations techniques. Sur le trajet d’aller et de retour, on ne s’est échangé aucun mot. Pas même une plaisanterie de la part du milliardaire à mon égard. C’est comme si je n’étais pas là. Et évidemment pour la cohésion d’équipe ce n’est, bien sûr, pas l’idéal.

-      J’irais lui parler, mais je ne sais pas quoi lui dire, avoue-je.

-      Dis-lui ce que tu ressens. Que tu l’aime encore, que ça te blesse de le voir avec Strange et que tu ne comprends pas ses réactions.

J’hoche de la tête même si au fond je sais que ce serait plus facile à dire qu’à faire toute cette histoire. Et suite à ce dernier conseil, je remercie Natasha avant de retourner à mes appartements. Maintenant, je sais ce que j’ai à faire, mais je n’en ai pas le courage dans l’immédiat. Je sais que cette discussion ne sera pas agréable et que les chances qu’elle dégénère sont grandes. Ainsi, je retourne dans ma chambre et après une fin d’après-midi peu active, je me couche seul dans mon immense lit en ruminant mes arguments.

La nuit est déjà bien entamée lorsque j’entends frapper à ma porte. J’eu un moment de latence et c’est seulement lorsque la personne cogne à ma porte une deuxième fois que je réalise que je ne suis pas en train de rêver. Je me lève, et c’est encore groggy que j’ouvre la porte. Et je ne dissimule pas ma surprise lorsque j’aperçois Tony qui se tiens debout maladroitement. Ses cheveux ébouriffés, et sa tenue négligée, me laisse supposer qu’il a travaillé très tard dans son laboratoire. Mais pour être sincère, je ne m’attendais pas le moins du monde à ce qu’il vienne me trouver. Et encore moins à cette heure aussi tardive. D’autant plus que je dormais déjà depuis un long moment. Alors c’est un peu naïvement, aux vues des circonstances, qu’il me demande :

-      Je te dérange ?

-      Je dormais, mais tu ne me dérange pas.

-      Désolé, j’ai pas réalisé qu’il devait être aussi tard… Je… pense qu’on doit parler toi et moi.

-      Je suis d’accord, tu entres ?

Je me décale afin de lui laisser de la place pour qu’il puisse entrer. Il pénètre dans ma chambre en lançant un regard circulaire à la pièce. Son regard s’arrête sur mon lit dont les draps sont, évidemment, défaits.

-      Quelle heure il est ?

Il se stoppe et regarde sa montre qui indique trois heures du matin. Une heure peu convenable pour venir déranger les gens. Mais vue que j’attends cette conversation depuis des jours, je ne vais pas venir le chasser maintenant. Toutefois, il semble réaliser l’impolitesse de son geste puisqu’il me déclare :

-      Je peux repasser, demain matin… Ou à un meilleur moment… Je ne pensais pas qu’il était aussi tard… J’étais pas fatigué, j’ai pas fait attention…

-      Tony, assieds-toi. Maintenant que tu es là, on devrait discuter. De toute façon, je ne vais plus pouvoir me rendormir…

-      Ça ne prendra pas longtemps, dit-il sur un ton d’excuse.

-      Même si ça prenait toute la nuit, je suis tout ouïe. Réplique-je.

-      Tu es incorrigible, soupire-t-il.

Je me suis installé sur le lit, et il en fait de même. Mais il s’installe à une certaine distance de moi. Comme s’il ne veut pas être trop proche. Il reprend la parole sans me regarder :

-      Pour commencer, j’aimerais m’excuser pour ce que j’ai dit. Enfin ce que le faucon a dit… Et que j’ai approuvé… Enfin, tu sais, je veux dire, quand j’ai dit que je jouais avec toi ? Dit-il en cherchant, toutefois, mon approbation du regard. Je veux te dire, que… Je ne le pensais pas. C’était juste de la provocation… Mais je n’aurais pas dû dire ça.

-      Je le sais bien, dis-je en posant ma main sur la sienne.

Il me lance un regard perdu. Sans doute s’attendait-il à ce que je sois énervé pour les propos qu’il a tenu ce jour-là. Et je dois avouer que je l’ai été sur le coup. Mais après avoir rationnalisé mes pensées, j’ai compris qu’il ne le pensait pas. Et que, comme toujours, il a parlé trop vite. Et visiblement, je ne me suis pas trompé.

-      Bien ça, c’est fait… Vue que tu ne m’en veux pas… Tout va bien, non ?

-      Tu ne penses pas qu’on devrait plutôt parler de la soirée qui a précédé cette dispute ?

-      Il n’y a pas grand-chose à dire… M’explique-t-il en détournant le regard et en baissant la tête.

-      J’ai besoin de comprendre… Pourquoi tu as réagi aussi violemment ? On s’est quitté l’après-midi même, et tout allait bien… Et après ça tu t’enfuis chez ton amant…

-      Strange c’est pas… Commence-t-il agacé avant de se raviser et de garder le silence.

-      Peu importe ce qu’il est, ce n’est pas le cœur du problème…

-      Je t’avais demandé de partir… Dit-il comme une excuse.

-      Sérieusement ? C’est tout ce que tu trouves à dire ? Tu ne veux pas m’expliquer ?

-      Qu’est-ce que tu veux que je te dise, hein ? Il n’y a pas de raison, et je suis désolé…

-      Tony, j’aimerais surtout comprendre plus que d’entendre des excuses. Lui expliquais-je. Je sais que tu as été sur la tombe de tes parents ce jour-là, pourquoi ? C’est ça qui t’as perturbé ?

-      Sérieux ? Qui t’as raconté ça ? Rhodes ? Non, ça doit être Clint, grogne-t-il.

-       Ça n’a pas d’importance de savoir qui m’a dit quoi. Mais je dois savoir, pour ne plus faire les mêmes erreurs, ce que tu me reproche, tu comprends ?

-      Refaire les mêmes erreurs ? Tu penses que tu as fait une erreur ? Me demande-t-il l’air secoué.

-      Bien sûr, sinon pourquoi tu réagirais comme ça ? J’ai dit quelque chose ? J’ai fait quelque chose ?

Il se mure dans le silence et ne répond à aucune de mes questions. Et cela commence à me faire perdre patience. S’il ne m’explique pas, je ne vais pas pouvoir avancer. Je ne vais pas pouvoir comprendre ce qu’il ne va pas entre nous. Je l’attrape et je le force à se tourner vers moi.

-      Tony, tu ne vas pas recommencer ? Tu n’es pas venu me réveiller au beau milieu de la nuit pour ça ?

-      Pour ça ? Je me suis excusé… Répond-t-il sur la défensive.

-      Tony, je t’en prie, parlons sérieusement des vrais problèmes…

-      Bien bien, finit-il par approuver.

Il lui faut ensuite quelques minutes avant de reprendre ses esprits. Et il semble agité par des conflits intérieurs. Et c’est d’une voix tremblante qu’il reprend la parole :

-      Steve… Je ne peux pas… C’est au-dessus de mes forces…

-      De quoi ? Dis-je incertain de ce qu’il mentionne.

-      De me remettre avec toi…

-      Pourquoi ? Je croyais que tu m’avais pardonné…

-      Je l’ai fait… mais… j’peux pas leur faire ça… Dit-il perturbé.

-      A qui ? Tes parents ? Mais Tony…

-      Mais quoi ? Je ne peux pas sortir avec la personne qui protège leur meurtrier, si ?

-      Tony… Tu sais bien que ce n’était pas de sa faute, il était contrôlé par hydra… Ils l’ont torturé.

-      Je sais, approuve-t-il. Mais ça ne change rien au fait qu’il les a assassinés… Et que tu m’as mentis.

-      Tu ne me pardonneras jamais ? Demande-je la voix brisée.

-      Je t’ai pardonné, Steve… Mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable… Je ne peux pas me remettre avec toi… Steve…

-      Mais tu n’as aucune raison de culpabiliser pour ça, je n’aurais jamais fait de mal à tes parents. Lui assure-je.

-      Mais tu as dissimulé leur mort, c’est presque pareil… Me contredit-il. Tu crois que là où ils sont, ils seraient heureux de savoir que leur fils unique sort avec le meilleur ami de leur assassin ?

-      Tu penses sérieusement qu’ils ne souhaiteraient pas que ton bonheur ? Et je sais que ton père n’en aurait pas voulu à Barnes, parce qu’ils se connaissaient. Il aurait su que ce n’était pas lui. Que ce que Hydra lui a fait, ça l’a détruit, Tony…

-      Je sais que ce n’était pas de sa faute non plus… Mais il l’a fait quand même…

-      Tony… Dis-je en m’approchant de lui et en attrapant ses mains dans les miennes. Je t’en prie, pardonne moi…

-      Steven, je n’aurais pas dû m’énerver de cette façon ce soir-là… J’aurais dû te parler mais… j’étais… chamboulé, m’avoue-t-il.

-      Je ne t’en veux pas, lui dis-je tout en gardant ses mains dans les miennes avant de lui demander d’une voix douce : Mais qu’est-ce que je peux faire pour arranger les choses ?

-      Rien… Dit-il en secouant la tête tout en faisant la moue. C’est pour ça que je suis venu ici… J’ai quelque chose d’important à te dire…

-      Quoi donc ?

Très honnêtement, j’appréhende ce qu’il allait me dire. Et malgré cela, je ne suis pas prêt du tout à ce qu’il s’apprête à m’annoncer :

-      Je quitte les Avengers. Puis il s’empresse d’ajouter : Mais je continue de les financer, ne t’en fait pas pour l’argent.

-      Pardon ? Dis-je perdu car ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais.

-      Steven, ça ne marche pas entre nous. Tu vois bien les tensions que ça créées dans l’équipe ? Et même pendant les missions, non ?

-      Non, non, non, Balbutie-je comme pour chasser cette idée loin de mes pensées. Tu ne vas partir ? Anthony, j’ai besoin de toi.

-      Et moi j’ai besoin de partir, m’explique-t-il. Je ne peux pas rester près de toi… Si je reste près de toi… Je vais péter les plombs…

-      Non, je vais tout faire pour que ça marche mieux entre nous, dis-moi juste ce que je dois faire, et je le ferais. Tu sais que tu peux compter sur moi. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu sois heureux…

-      Mais le truc c’est que tu ne peux rien faire ! Commence-t-il à s’énerver. Le mal est déjà fait. Et je… Je ne peux pas passer au-dessus, tu comprends ? Je ne peux pas…

-      Je…Je t’aime Tony… Me contente-je de lui répondre.

-      Je t’aime aussi… Dit-il les larmes aux yeux. Et le problème, c’est que je te hais autant que je t’aime… Et ça me rend fou…

-      Avec le temps, je suis sûr qu’on peut surmonter ça ! Argumente-je.

-      Non…je… j’ai pris ma décision, Dit-il avec la voix tremblante ce qui tranche avec ses propos.

-      Anthony avec de l’aide, je suis sûr qu’on peut t’aider, et pour être honnête, je ne compte pas t’abandonner !

-      Avec de l’aide ? M’interroge-t-il.

-      Je peux t’aider, et tes amis aussi. Et puis, tu pourrais retourner chez le psy… Tente-je maladroitement.

-      Le psy ? Soulève-il aussitôt avec un brin de colère dans la voix.

-      Tony… Je sais que tu es allé voir un psychologue, il y a quelque temps…

-      Qui t’as raconté ça ? Me coupe-t-il furieux. Rhodes ? Ça ne peut être que lui vue que tu ne parles pas à Pepper ou Happy. Et il t’a raconté quoi comme connerie au juste ?

-      Tony, ne soit pas sur la défensive, le supplie-je.

-      Que je ne sois pas sur la défensive ? J’ai été voir ce charlatan une fois. Parce qu’ils ont insistés, et vue les conneries qu’il m’a sorties, j’aurais mieux fait de rester chez moi.

-      Peut-être, mais dans ce cas, pourquoi tu ne retournes pas en voir un autre ?

-      Et qu’on me prescrive des médicaments ? Me demande-t-il sur un ton agressif.

-      Si c’est nécessaire, pourquoi pas. Approuve-je.

-      Tu penses que je suis un malade mental ? Me demande-t-il de but en blanc.

-      Je n’ai jamais dit ça, réponds-je avec autorité, et un brin de désarroi.

-      Parce que c’est ce que le psy a dit, reprend-t-il toujours aussi énervé. Il a dit que j’étais bipolaire et dépressif. Et tu sais ce que c’est la bipolarité ?

-      C’est un trouble du comportement, avance-je sans certitude.

-      En gros, quand tu es bipolaire, tu enchaines les épisodes maniaques où tu parles beaucoup, et de façon incohérentes la plupart du temps. Et où tu développes des tonnes de projets tous plus farfelus les uns que les autres. Avant d’enchaîner sur des phases descendantes dites de dépression ou de mélancolie. Où tu n’as plus goût à rien et où tu as du mal à faire tes activités quotidiennes. En somme tu deviens une loque, et dans les cas les plus extrêmes, tu peux même penser que tu ne mérites pas de vivre et te suicider. Tu penses vraiment que cela me correspond ?![3]

-      Personnellement, je n’irais pas jusque-là. Mais je ne suis pas un professionnel, Tony. Je suis incapable de dire ce que tu es ou ce que tu n’es pas. Tente-je.

-      J’en reviens pas, Dit-il en se redressant l’air toujours aussi contrarié.

-      Tony… Ne partons pas là-dessus, ce n’est pas le cœur du problème

-      Vraiment ? Tu me prends pour un fou, et ce n’est pas le cœur du problème ?! Tu penses quoi là ? Qu’ils ont raison de dire ça de moi parce que tu n’arrives pas à t’expliquer mon comportement ? Donc si c’est irrationnel, c’est forcément de la bipolarité ? C’est ça ? S’emporte-t-il soudainement.

-      Je n’ai jamais dit ça, lui explique-je en me mettant debout à mon tour.

-      Oh mais tu n’as pas besoin de le dire, Steve, pour que je le comprenne.

-      Tu t’imagines des choses, le coupe-je. Je n’ai jamais pensé que tu étais fou.

-      Bien sûr que si ! Sinon tu ne me dirais pas de retourner voir un psychologue ! Et tu sais quoi ! Aucun des comportements que j’ai eus avec toi était irrationnel ! Quand on fait ce que tu as fait, il faut s’attendre à ce qu’il y ait des conséquences ! Et j’ai juste été trop naïf pour croire qu’on pourrait reprendre ce qu’on a eu comme si de rien n’était ! Alors qu’en plus, c’était déjà dysfonctionnel !

-      Tony, je t’en prie, arrête de crier, le supplie-je, mais sans m’en rendre compte, je commence aussi à hausser le ton. On peut parler normalement, pas la peine de s’énerver pour ça.

-      Ah donc je devrais rester calme quand tu me dis des trucs comme ça ? Sérieusement ? Tu me traites de malade mental, et je devrais faire comme si de rien n’était ?

-      Mais je ne t’ai jamais insulté ! Réplique-je à mon tour avec fermeté. Je n’ai jamais dit que tu étais fou ou je ne sais quoi ! Rhodes est venu me trouver pour me dire ça, et si c’est un professionnel qui te le dit, je suis censé faire quoi ?

-      Tu es censé me connaître un minimum ! Dit-il en posant son poing sur mon torse dans un geste de rage contenue avant de reprendre sur un ton plus calme : Tu vois, encore une fois, je pensais que tu me connaissais… Mais j’ai eu tort…

-      Mais Tony… J’ai jamais voulu…

-      Le problème c’est que tu ne veux jamais rien. Me coupe-t-il froidement. Mais les conséquences sont là.

-      Tony, je m’inquiète juste pour toi. Souligne-je la voix serrée par l’émotion.

-      Ça ne justifie rien… De toute façon, ma décision est prise. Je quitte les Avengers. J’en ai discuté avec mes amis, dit-il en mettant le mot ami en exergue, et ils pensent aussi que c’est la meilleure chose à faire.

-      Tony, je pense que c’est la plus mauvaise décision…

-      Vue ce que tu penses de moi, tes commentaires tu peux te les garder, réplique-t-il sur un ton glacial.

-      Mais…

-      Steve, c’est mieux pour tout le monde, tu finiras par le comprendre toi aussi…

Il voulut quitter la pièce mais je le retiens. Je ne suis pas d’accord avec cette décision et surtout le malentendu le diagnostic du psychologue persiste. Et je ne peux pas le laisser repartir sans arranger les choses. Mais pourquoi j’ai dit ça moi aussi ? Pourquoi ? J’aurais dû savoir que cela ferait vriller la situation… Pour le coup, Tony a raison, j’ai tendance à oublier que ce que je dis peut avoir des conséquences. Même si c’est prononcé avec les meilleurs intentions du monde, je n’aurais jamais dû dire ça.

-      Lâche-moi, hurle-t-il lorsque je lui attrape le bras. Tu ne vas pas recommencer ?

-      Et toi tu ne peux pas t’enfuir comme ça ! Tu ne peux pas venir ici pour réclamer une discussion et t’enfuir lorsque celle-ci ne te plait plus !

-      Mais qu’est-ce que tu veux qu’on se dise de plus ?! Hein ?!

-      Je voudrais qu’on s’écoute pour commencer ! J’ai l’impression que tout ce que je te dis tombe dans l’oreille d’un sourd ! Repris-je avec agacement.

-      Oh non, rassure-toi, j’ai très bien entendu ce que tu m’as dit.

-      Non tu entends ce qui t’arrange, le contredis-je. Mais tu n’écoutes en rien ce que je te dis réellement.

-      Parce que tu penses que le fait que tu me traite de cinglé, ça m’arrange ?

-      Dans un sens oui, comme ça, on n’a plus besoin de parler d’autre chose.

-      Tu veux parler d’autre chose ? Et bien on va en parler, s’énerve-t-il. Ce que tu as fait il y a deux ans… Je te hais pour ça. Non seulement tu ne m’as pas dit que mes parents, mon père que tu as connu, et ma mère… se coupe-t-il sous le coup de l’émotion avant de reprendre de sa voix tranchante : avaient été assassinés, mais en plus, tu m’as abandonné à un moment où j’avais besoin de toi ! Tu m’as laissé tout seul à l’hôpital à culpabiliser pour ce que je t’avais fait, alors que toi, tu me mentais depuis des mois !

-      Tony… J’ai…

-      Quoi ? Tu as merdé ?! Ça c’est le moins que l’on puisse dire !

-      Je me suis déjà excusé… Dis-je avec sincérité, et s’il le faut, je le ferais encore autant de fois que tu en auras besoin.

-      Mais tu ne comprends pas que je ne peux plus te faire confiance ? Qu’en me mentant de la sorte tu as brisé la confiance que je t’avais donné ? Me dit-il en ravalant un sanglot.

-      Je…ferais tout pour la regagner, lui assure-je.

-      En me traitant de cinglé ?

-      Tony, tu as mal compris ce que je te disais, dis-je sur un ton plus calme pour apaiser les choses.

-      Et j’étais censé comprendre quoi ?

-      Qu’on serait là pour t’épauler quoiqu’il arrive et que je peux t’aider quel que soit la voie de guérison que tu as besoin de suivre.

-      Tu le penses vraiment ? Me dit-il sur un ton plus calme à son tour.

-      Bien sûr, approuve-je.

-      Alors laisse-moi partir. J’ai besoin de partir loin de toi… Tu vois bien, quand on est ensemble dans la même pièce… Que ça en devient insoutenable ? J’ai besoin de partir.

-      Mais… Je peux…

-      Tu peux être plus gentil ? Dit-il avec désarroi. Ça ne fait que me faire culpabiliser de ne pas être avec toi… Et être avec toi ? Ça me fait culpabiliser par rapport à… mes parents… Tu peux être plus distant dans ce cas ? Ça créé des tensions dans l’équipe… Et ça nous met tous en danger sur le terrain… Il n’y a pas de bonne solution, Steve… Il faut que tu le comprennes…

-      Mais si tout le monde fait des efforts…

-      Arrête avec tes mais. Ce qu’il y a eu entre nous… C’est terminé. Et on doit tourner la page tous les deux, parce que pour l’instant, c’est toxique. Peut-être que dans quelques années, on arrivera à se côtoyer… Et je pensais sincèrement que ces deux années auraient suffi à tout gommer… Mais ça n’a fait que tout mettre en pause… Et je suis désolé d’avoir gâché ta relation avec Sharon…

-      Ne t’excuse pas Tony… C’est toi que j’aime…

-      Ne me dit plus jamais ça, je t’en prie… Me supplie-t-il.

Je me rapproche de lui en douceur et j’attrape son visage dans mes mains. Il ne réagit pas, mais l’expression sur son visage laisse transparaître un mal être évident. Il finit par repousser mes mains d’un geste doux avant de me dire d’une voix brisée par le chagrin :

-      J’en peux plus… Je ne tiendrais pas…

-      Tony, je sais que tu ne me fais plus confiance, mais je vais tout faire pour regagner ta confiance. Laisse-moi juste du temps.

-      C’est au-dessus de mes forces…

Il se dégage de mon emprise avant de quitter ma chambre précipitamment. Quant à moi, je me laisse retomber sur mon lit avec désespoir. Qu’est-ce que j’ai fait ? Pour l’amour de dieu, qu’est-ce que j’ai fait… C’est désormais officiel, j’ai détruit les Avengers. Et surtout, j’ai détruit Tony Stark… Maintenant, je dois assumer la conséquence de mes actes. Je dois le laisser partir. Et ça, ça me brise le cœur.


A Suivre


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Bonjour, Bonsoir,


Ce chapitre aura été pour le moins compliqué à écrire ! Pourtant je l’ai imaginé depuis plusieurs mois déjà !

Quant à la bipolarité, elle peut être une clé de lecture mais quant au fait de savoir si Tony en souffre, ou pas, je vous laisse seul juge !

 

En tous les cas, j’espère qu’il vous aura plu ! Si tel est le cas, n’hésitez pas à me le dire en commentaire !

 

Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée et une bonne lecture.


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[1] La maladie bipolaire dans sa forme la plus typique comporte deux phases : la phase maniaque et la phase dépressive. Entre les deux pôles, la personne qui souffre de troubles bipolaires, retrouve un état normal que l’on appelle « euthymie » ou « normothymie ».

La phase maniaque se définit comme un épisode d’excitation pathologique : le sujet qui en souffre est hyperactif et euphorique, inhabituellement volubile et fait de multiples projets. Il peut présenter divers troubles comportementaux, perdre toute inhibition ou engager des dépenses inconsidérées.

La phase dépressive est en quelque sorte le miroir de la phase maniaque : le sujet présente des signes de grande tristesse, il est ralenti et n’a goût à rien, parfois il veut mourir ; les formes les plus sévères sont qualifiées de « mélancoliques ». Le danger principal de cette maladie est le risque de suicide.

Ces informations proviennent du site : https://www.troubles-bipolaires.com/



[2] Le Vanisher soit Telford Porter est un mutant qui a la capacité de se téléporter partout dans le monde, y compris dans des endroits qu’il n’a jamais visité.

[3] Tony met, ici, volontairement certains aspects de la bipolarité en exergue. Mais ces symptômes décrits ne correspondent pas totalement à la réalité de ce que peut vivre une personne bipolaire. Il le présente à sa manière pour que Captain America penche en sa faveur. Pour plus d’information sur les symptômes, vous pouvez les retrouver sur : http://sante.lefigaro.fr/sante/maladie/trouble-bipolaire/ce-que-je-ressens

Il s’agit de l’article du figaro qui m’a aidé à rédiger ce passage.

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