Le conte des bois magiques
Chapitre 1 : Le conte des bois magiques
2138 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 19/09/2026 15:01
Marvel : Le conte des bois magiques
Cette fanfiction participe aux Défis d’écriture de Fanfictions.fr : Promenons-nous dans les bois (novembre 2019) en seconde chance
Chantonner dans la brume de l’inconnu, un nuage qui s’entend à en perdre la vue. Seul le bruit craquant des feuilles mortes est entendu. La chaperonne rouge ne songe pas à être prise au dépourvu. La forêt l’accueille dans son feuillage touffu. Elle marche, marche et marche. Chacun de ses pas ranime la joie et la vie. Une branche cassée, réparée. Un animal blessé, régénéré. Une fleur découpée, repoussée. La nuit et ses ténèbres n’existent pas, seuls demeurent le soleil et sa lumière. Un environnement immarcescible. L’arbre colossal lui offre ses fruits. Dont de délicieuses pommes qu’elle croque à pleines dents. Sa maison de métal est gardée par un chien farouche, aussi rapide que l’éclair. Sa fourrure bleu vif, complémente l’attirail vestimentaire de sa sœur de cœur, qui le serre dans ses bras. A l’intérieur, un vieil homme sommeille dans son lit. Fatigué par le temps. Mais avoir sa petite fille à ses côtés lui fera toujours plaisir. Combien de fois, il lui a lu des histoires avant d’aller dormir lorsqu’elle était petite. Des récits de héros bénis à la naissance. De guerriers de la renaissance. Tout comme sa peluche préférée, à laquelle une grande étoile dort sur le torse d’un pygargue à tête blanche. Une figure de vérité et liberté, libre de parcourir le monde extérieur. Contrairement à sa figure paternelle qui est encore enchaînée par la maladie. Malgré ses efforts, elle n’arrive pas à le guérir, le rajeunir, mais surtout, à le retenir. L’aîné lui serre la main tendrement avec un doux sourire, tandis qu’elle maudit son don. Entêtée, elle peine à entendre les marmonnements du malade. La pensée de le laisser partir est évaporée, puis reconstituée, puis à nouveau dissipée. Comme la figure qui hante ses rêves. Une personne si familière mais bloquée par sa psyché, qui ne cesse de répéter ses mots :
- Vit Wanda. Tu dois tourner la page.
Elle s’enfonce dans la forêt, des résidus d’acier à terre sont encore frais. Une ligne directrice, qui se répète à l’infini. Des bruits de grisonnement brouillent son chemin. Elle est poursuivie par une forme de vie artificielle rampant au sol. Effrayée et accaparée, les yeux fermés, elle attend sa triste destinée. Rien, à part un retour à la réalité. Dos au mur, ses jambes recroquevillées sur elle-même, elle ne sent pas une petite araignée grimper sur son épaule. Rouge comme la couleur de ses cheveux. Un nouvel ami et compagnon. Il a beau être petit, son humour soigne tous les maux. Il tisse une toile en forme de rose avant d’aller jouer à cache-cache. La chaperonne fouille les hautes herbes, et le trouve encerclé par un rhinocéros colérique, un scorpion instable, un vautour grincheux, un lézard insensible, un chacal arrogant et un caméléon manipulateur. Six nains sinistres, qui au premier pas, tombent tête la première sur de fins fils de toiles. L’araignée en profite pour remonter le corps de l’humaine et se cacher dans sa capuche. De la vapeur rouge s’échappe des mains de Wanda. La négativité est inversée. Les oiseaux en cage chantent en harmonie. Elle essaye de placer l’araignée dans la paume de sa main, mais celui-ci l’évite et recule prudemment. Peur ou méfiance, cela est égal face au regard attristé de la jeune femme.
- Monstre ! Sorcière ! Reine du chaos !
Des souvenirs enfouis qu’elle ne reconnaît pas. Une enfance seule et pauvre, à roder dans les plaines glaciales de Wundagore avec sa simple allumette. A la recherche de la moindre nourriture. Des hallucinations de sa mère devant un repas chaud et savoureux. Un passé douloureux, qui influence ses pouvoirs. Les bois deviennent cristallins, puis en déclin. Les rivières gèlent, puis s’entremêlent, les montagnes enflammées, puis enneigées. Un trou dans le rideau de verre s’est formé. La réalité en est craquelée. L’araignée revient vers elle et tente de calmer la tempête, tout comme la vision de son poursuivant robotique qui murmure à son oreille, derrière elle.
- Réveille-toi.
Le rugissement d’un lion rétablit l’ordre. La curiosité est un vilain défaut, une soif de savoir difficile à contenir. Une bête d’un pelage aussi brillant qu’une émeraude. Au cœur aussi froid que le métal qui recouvre son museau et sa crinière. A ses pieds, dorment pour l’éternité quatre animaux. Un ver lacet, son corps fut étiré jusqu’à se briser. Une grenouille de verre à moitié visible, son ventre collé au dos du ver comme si elle essayait de le protéger. Une luciole dont sa lumière et son feu ardent se sont éteints. Un daman des rochers, protecteur de sa famille tombée. Le roi de la forêt observe calmement, méticuleusement. Il attend, guette avec attention. Derrière lui, la désolation, la mort, un ciel cendré. Un contraste parfait, face à celui de la chaperonne. Il tourne autour d’elle. Ses poils, touchent les jambes de sa convoitise. Il lui montre ce qu’il peut être, un monde imaginé selon leurs propres désirs. Tous rêves devenant réalités face à leur pouvoir. Les quatre animaux sont ressuscités mais leurs yeux sont sans vie, les pas lourds et lents comme des zombies. La grenouille et le ver sont la seule moitié à posséder un semblant de libre arbitre. La faune et l’environnement voient leurs couleurs revenir mais avec une teinte ternie. Un pouvoir sans responsabilité. Une offre alléchante qui n’est pas au goût de l’araignée. Elle saute et se dissimule dans le pelage de la créature avant de commencer à le mordre. Le lion, imperturbable, s’enveloppe d’une aura électrifiant verte. L’arachnide tombe au sol sur son dos. De la fumée s’échappe de tout son corps. Voir son ami aux portes de l’au-delà plonge Wanda dans une frénésie écarlate. Le félin peine à conserver sa posture mais est toujours en position d’achever l’insecte, avant qu’une flèche vienne transpercer sa patte. La douleur couplée à une pression magique le force à partir en retraite.
- Un jour, tu comprendras et tu joindras ma cause.
Wanda s’effondre dans les bras du chasseur et laisse la douce enveloppe du sommeil l’emporter. A son réveil, l’odeur de marrons grillés et la chaleur d’un feu de camp l’éveillent en douceur. Son nez est chatouillé par huit petites pattes. Elle est si heureuse de le voir vivant. Il lui présente ses sauveurs, une fourmi et une guêpe. Elle suit les trois insectes qui souhaitent leur montrer un petit cimetière. Le quatuor animalier, libre du sort du lion, repose en paix. Leur dépouille est recouverte de soie et leur tombe est une fourmilière familiale. Les saules pleurent, leurs feuilles obombrent ce lieu de repos. Le chasseur apporte un verre d’eau avant de continuer à poursuivre les traces de sang. L’araignée la contemple, perdue dans ses pensées. Retourner à la maison et oublier ce qu’il vient de se passer, ou, tenter d’arrêter le danger qui plane sur la forêt. Lorsqu’elle se retourne vers la voie de la maison, le chemin est dégagé, accueillant. Les traces de pas mènent vers un chemin ardu, rempli de buissons, de lianes piquantes et de corbeaux qui gardent le ciel. Rester dans son cocon ou affronter ses peurs. Elle matérialise sa peluche, son bouclier, et repense aux contes des héros de son enfance. Sur ses épaules, un petit ange vert et un diablotin rouge tentent de guider sa décision.
« - Ne souhaites-tu pas rentrer à la maison. Là, où amour et joie t’attendent ? Là, où rien ne pourra t’atteindre ?
- Une prison sentimentale et illusoire qui t’enchaine de ta véritable existence. Une qui ne peut être vécue sans difficulté. »
Elle décide de rattraper le chasseur et trouve un temple abandonné. Un chevalier de pierre garde l’entrée. Ses yeux brillent de la même couleur que l’ennemi. Le chasseur tend son arc, prêt à tirer avec la fourmi et la guêpe assis sur la pointe. Wanda avance vers la statue, ses pas tremblants trahissent son regard déterminé. Les mains de chair et de pierre se joignent dans une union. Un pacte afin de protéger et libérer. La statue se transforme en une armure rouge et jaune, prête à suivre la demande de la dame de la nature. A l’intérieur du temple, le lion les attendait, ainsi que plusieurs autres statues à sa botte. Des sentinelles pourpre, bien plus imposantes que le chevalier. Leur marche militaire piétine les forces de la nature. Encore une fois le lion n’agit pas. Sa corruption par sa force impure prend le pas. Une vague de rouge et de vert recouvre l’entièreté de la forêt, rubéfie le sol. La maîtresse écarlate prie les cieux, une lumière arc-en-ciel répond à sa prière. Le phénix de la création donne vie et conscience à la peluche qui parvient à déstabiliser suffisamment l’ennemi. L’instabilité des flux magiques fait disparaître l’environnement pour ne laisser que la vide. Wanda plonge et noie dans les abysses, jusqu’à ce qu’une main vienne la sortir de cet océan. A son réveil, la forêt est devenue une salle du trône auquel un homme est assis. Ses bras et ses jambes de métal, sa longue cape, son visage recouvert du même masque que le lion ainsi que ses yeux qui pénètrent la pénombre.
Le roi lui tend la main. Son regard de jade est compatissant mais ferme. Il retire son masque pour révéler sa bonne foi. Une apparence aussi néfaste que les cicatrices sur son visage.
- Le monde t’a abandonnée, Wanda Maximoff. Laisse Doom devenir ta nouvelle maison. Mon château sera ta nouvelle forêt, une forteresse impénétrable.
Cette maison est une prison, une imaginée pour se protéger et réelle pour être utilisée. L’un des barons du souverain s’agenouille face à elle, un sorcier et camarade de longue date. Celui-ci lui montre l’état des mondes. Tiraillé et déchiré, tout comme elle. Seul Doom peut rétablir l’équilibre et amener un futur paisible. Elle refuse. Sa décision peine le sorcier, qui en conséquence la replonge dans un profond sommeil.
- Je suis désolé. Pardonne-moi.
Chantonner dans la brume de l’inconnu, un nuage qui s’entend à en perdre la vue. Seul le bruit craquant des feuilles mortes est entendu. La chaperonne rouge sait qu’elle sera prise au dépourvu. La forêt l’accueille dans son feuillage tordu. Elle court, court et court. Chacun de ses pas ranime la peur et l’horreur. Une branche cassée, déchirée. Un animal blessé, éviscéré. Une fleur découpée, enterrée. La nuit et ses ténèbres engloutissent le soleil et sa lumière. L’arbre colossal lui offre sa malédiction. Dont d’horribles champignons qu’elle évite à tout vent. Sa maison en sucre est dévorée par la fourmi et la guêpe morte-vivante. Une sensation de déjà-vu, distordue. Les autres membres du sextuor l’encerclent. Son pygargue arbore un l’écusson d’un crâne surmonté de tentacule de pieuvre, symbole d’oppression. Le chevalier est doté d’une armure supérieure. Le chasseur est un assassin de l’ombre. L’araignée est devenue aussi noire que le charbon, ses crocs forment une bouche morbide, remplis de dents acérées. Le lion les surplombe de son trône angélique, le dieu de la forêt. Son jugement est définitif.
- Tu es ma sorcière à présent.
Chantonner dans la brume de l’inconnu, un nuage qui s’entend à en perdre la vue. Seul le bruit des feuilles mortes craquantes est entendu. La chaperonne rouge ne songe pas à être prise au dépourvu…