Fusions par

0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Continuation / Humour / Romance

1 Chapitre 1

Catégorie: M , 3669 mots
0 commentaire(s)

L’enchaînement de coups de poing atteignit les côtes du vortcha dans un bruit sourd. Il tituba en arrière, peinant à respirer, jusqu’à sentir le mur poisseux contre son dos. Alors seulement la douleur de ses os brisés lui parvint et lui coupa les jambes, l'obligeant à s’écrouler au sol. Ses plaintes résonnèrent à travers les tunnels des égouts tel des ricochets, rebondissant sur les murs humides et se dispersant dans le chuintement des eaux usées s’écoulant non loin de là. Shepard grimaça pour s’empêcher de l’imiter, ses mains meurtries n’en pouvaient plus de cogner cette surface. Elle était déjà persuadée d’avoir plusieurs phalanges fêlées, au mieux, et la journée était loin d’être terminée. Elle manquait de chance, de toutes les races de l’univers il avait fallu que son terroriste soit un vortcha, un punching ball constitué principalement d’os et d’articulations anguleuses.

Elle replaça une mèche de cheveux mouillée derrière son oreille avant de se pencher en avant pour reprendre son souffle. Cet interrogatoire improvisé, ajouté à la course poursuite qui l’avait précédé, l’avait exténuée. Sans compter la chaleur étouffante des lieux qui l’empêchait de respirer correctement. Le souterrain baignait dans une atmosphère dense et humide agissant comme une chape de plomb sur le peu d’air respirable. Aucune brise ni courant d’air. Absolument rien ne circulait excepté les effluves vomitives qui vous soulevaient le coeur à chaque inspiration.

Shepard avait finit par s’habituer à l’odeur, non sans mal, et elle parvenait également à supporter le manque d’air, la moiteur et l’humidité de ses vêtements collés à la peau. Même la douleur dans ses mains et les muscles de ses bras lui semblait accessoire.

L’échec en revanche réveillait en elle une colère sourde. Elle tapait sur son vortcha depuis plus d’une demi heure maintenant et elle n’avait obtenu en retour que son nom et son adresse. Autant dire rien. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire, ce qui devait être une mission simple et rapide était en train de prendre le chemin d'un bourbier inextricable. Son prisonnier refusait de parler, si bien qu’elle commençait à douter de sa méthode. Soit elle faisait fausse route, soit elle ne tapait pas assez fort.

Elle se redressa et grimaça sous ce simple effort. Ses poumons étaient vides et repliés sur eux-même par manque d’oxygène, et ça lui faisait mal, à chaque inspiration.

- “Tu devrais te laver les mains.”

Le conseil n’avait pas le ton d’un conseil mais plutôt d’un ordre, teinté de suffisance, et Shepard en fut aussitôt agacée. Elle observa ses mains constellées de taches visqueuses verdâtres et se rendit compte du désastre. Et puis elle sentit le regard du docteur T’Soni sur sa nuque, froid et moralisateur, et se promit de ne pas se retourner pour y faire face. A quoi bon puisque l'asari avait décidé aujourd'hui de ne pas lui faciliter la tâche en l'observant de loin, dos au mur, les bras croisés et la bonne volonté en berne.

- “Tu as peur que je salisse notre invité ?

- Le sang vortcha est corrosif, pour ton information.

- N’importe quoi.”

La réponse fut accompagné d'un haussement d'épaules. Fort heureusement Liara se trouvait sous l’unique source de lumière du cloaque, un néon de quinze ans d’âge accroché dix mètres plus loin. Il n’y avait aucune chance qu’elle parvienne à distinguer les mini crevasses laissées par l’acide sur sa peau. Shepard ne lui donnerait pas cette satisfaction. Et puis une goutte de sueur salée dégoulina le long de sa main déjà en feu et elle serra la mâchoire.

Tant pis pour la maturité, elle en ferait preuve un autre jour.

En attendant, la douleur amplifia son besoin de regagner la surface au plus vite, de prendre une bonne douche et de boire un verre. Elle essuya subrepticement sa main sur son pantalon, avant de s'accroupir près du prisonnier qui s’était arrêté de gémir. Il était temps de le remettre sur pied pour lui administrer une nouvelle raclée. Mais le vortcha ne bougeait plus et la militaire comprit qu’elle allait très certainement y passer la nuit.

- “Et merde”, soupira-t-elle contrariée. “Il s’est évanoui.

- Surprenant.”

Encore ce même ton méprisant, excessivement irritant, et cette même expression fermée (qui en disait long sur sa joie de se trouver ici).

- “Je suis même étonnée qu’il respire encore", ajouta-t-elle en époussetant son bas de chemisier.

- "J’y veille figure-toi, je n’ai pas l'intention de le tuer.

- Ni de le faire parler visiblement.”

Shepard resserra son poing endolori à s’en blanchir les jointures, son état de stress venait de monter d'un cran. D’autant plus qu’elle n’avait pas attendu les sarcasmes de l’asari pour se rendre compte que sa méthode ne fonctionnait pas.

- “Parce que tu proposes autre chose peut-être ?

- Tu ne m’as rien dem...

- Autre que se tirer d’ici et tout abandonner j’entends.”

La scientifique à la mine maussade ne termina pas sa phrase et n’insista pas, la mauvaise foi adverse étant suffisamment manifeste pour qu’elle perde son temps dans une nouvelle dispute.

- “C’est bien ce que je pensais”, conclu Shepard avant d’envoyer un coup de pied dans l’estomac du vortcha pour le réveiller.

Il gémit en même temps que Liara leva les yeux au ciel.

- “Debout !” ordonna la militaire en l’empoignant par le col pour le plaquer contre le mur. “Il est temps de parler !”

Le vortcha cracha avec une voix éraillée.

- “Pas parler !

- Oh si tu vas parler !”

Et la danse sans musique recommença. Shepard lui comprima la gorge avec son avant-bras. Il suffoqua et se débattit sans parvenir toutefois à l’atteindre ni à se défaire de son emprise. Ses gestes étaient trop lents et sa force trop faible, il n’était clairement plus de taille à riposter autrement que par ses mots.

- “Pas parler !”

Son obstination lui valut une nouvelle volée de poings suivie d’un coup de genou dans les bijoux de famille. Il s’écroula sur le sol crasseux, gémissant et convulsant dans ses sécrétions visqueuses. Shepard ne lui laissa pas le temps de respirer, elle le prit par le bras et le traîna jusqu’à la rivière charriant les eaux usées avant de lui plonger la tête sous la fange. Les cris reprirent de plus belle, entrecoupés de grognements étouffés et de bruits d’eau qu’on avale. La baignade forcée ne s’éternisa cependant pas, au bout d'un moment le vortcha ne se débattit plus et Shepard dû le sortir de l’eau de peur qu’il ne se noie. Il cracha alors de la boue au sol en s’étouffant devant le regard consterné de l’humaine.

- “Pas... parler... pas... parl...

- Qu’est ce qu’il lui prend de répéter ça ?”

Shepard venait de se retourner, de nouveau en nage et en colère. Liara lâcha du regard une boîte en carton se faisant dépecer dans un coin, par deux rongeurs à six pattes, pour fixer de nouveau sa partenaire essoufflée.

- “Le message me semble relativement clair.

- Merci pour cette fine analyse docteur, ça m’aide énormément !

- Je croyais que tu n’avais pas besoin d’aide.

- La situation a changé !” s'emporta Shepard sans grande envie de développer davantage ni de s’excuser pour l'engueulade qu’elle avait déclenchée une demi heure plus tôt. “Est-ce que les asaris sont toutes aussi têtues que les vortchas ?

- Sans doute pas.

- Alors pourquoi celui-là refuse de me parler des otages ?”

Liara décroisa les bras pour la première fois depuis leur arrivée dans les égouts, elle en voulait toujours à Shepard pour l’avoir entraînée dans un tel endroit. Ainsi que pour l’avoir envoyée sur les roses, à leur arrivée, lorsqu’elle avait émis l’idée de déléguer cette affaire ridicule à quelqu’un d’autre.

Déléguer. Le mot interdit qui avait mis le feu aux poudres. Liara connaissait parfaitement bien l’obsession de sa partenaire à régler personnellement tous les problèmes de l'univers. Mais cette soirée était très importante pour elle alors pour une fois elle avait insisté pour lui faire entendre raison. En vain.

Heureusement pour l’humaine, Liara n’était pas rancunière. Pas ce soir.

- “C’est un vortcha Shepard”, répondit la scientifique d’un ton encore plus froid que d’habitude. “Sa race utilise la douleur comme moyen d’expression. Plus il souffre et plus il croit devenir plus fort et plus intelligent. Tu n’arriveras à rien en le frappant à part lui faire plaisir.

- Tous les sado-maso ont une limite, pourquoi celui-là serait différent ?

- Les vortchas n’ont pas plus de limite à la douleur que vous autres humains n’en avaient pour la violence.

- Ah.”

La militaire encaissa le coup sans broncher. La remarque était rude (et terriblement condescendante, même pour une asari) mais elle eut l’effet escompté, Shepard chercha ses mots.

- “Et… qu’est-ce que tu préconises ?

- En règle général les vortchas sont très enclins au marchandage, mais je ne suis pas certaine que le nôtre soit d’humeur.”

Shepard balaya le sarcasme par un soupir agacé avant de jeter un coup d’oeil au prisonnier de nouveau évanoui. Certaines plaies étaient déjà en train de se refermer et nul doute que les tissus et les os suivaient le même processus. Dans moins d’une demi heure il serait de nouveau sur pied, frais comme un varren en chaleur, tandis que de son côté elle serait déjà morte de fatigue.

- “Les forces de l’ordre de la ville pourraient nous aider”, insista Liara une dernière fois en évitant soigneusement de prononcer le mot tabou. “Une nuit en cellule lui permettrait de se régénérer complètement, et demain ils pourraient conclure un marché avec lui. L’emplacement des otages contre quelques crédits.”

Shepard essuya son front perlant de sueur à l’aide de sa manche tout en faisant tourner dans sa tête les différentes options. Les remarques de Liara étaient pertinentes, au point qu'elle regretta d’avoir attendu si longtemps avant de les lui demander. Mais elle n’avait pas vraiment eu le choix. Pas de son point de vue. Il lui était difficile d’admettre qu’elle s’était précipitée un peu trop vite ou qu’elle y était allée un peu trop fort avec le vortcha. Et elle pouvait encore moins avouer à l’asari l’avoir fait dans l’unique but de l’impressionner. Vu le résultat ce n’était absolument pas envisageable. Mais le temps jouait contre elle dorénavant et elle devait changer de stratégie pour sortir de cette impasse.

- “Tu as raison”, soupira-t-elle d’un air las. “Il est temps que je passe la main.”

Liara dissimula sa joie sous son masque impassible habituel. Elle souhaitait plus que tout quitter cet endroit mais Shepard semblait bien assez abattue comme ça, il était inutile d’en rajouter une couche.

- “J’appelle la police locale”, affirma-t-elle en réfrénant l’envie d’ajouter qu’il était temps.

- “Quoi ? Non ils ne feront rien de plus, c’est à toi de prendre le relai.

- Le relai de quoi ?

- De l’interrogatoire bon sang, tu vas entrer dans sa tête et trouver l’emplacement des otages.

- Pardon ?”

Liara quitta précipitamment le mur sur lequel elle s’était appuyée, avec l’étrange sensation que la peau de son visage venait de perdre trois teintes, minimum. Elle interrogea du regard sa partenaire qui la fixait déjà avec insistance. Elle vit alors son air grave, celui qu’elle utilisait pour annoncer les mauvaises nouvelles comme la mort d’un enfant à sa famille. Et la panique la gagna aussitôt.

- “Shepard, tu n’es pas sérieuse.

- Tu viens de le dire, la violence ne marche pas sur lui. A nous de récupérer les informations autrement.

- Autrement oui, avec l’aide de la police.

- Pour qu’ils mettent trois plombes à s’en occuper ? Non. Nous sommes sur place, nous sauvons les otages. Tout de suite.”

L’ordre venait d’être donné et le commandant l’appuya par un geste d’exécution en direction du vortcha. Mais l’asari ne bougea pas et le ton monta.

- “Liara !

- Je ne peux pas faire ça.

- Bon sang mais c’est quoi ton problème ?

- Je ne fusionnerai pas avec cette... chose, ça ne marche pas comme ça.

- On fait quoi alors, je le tabasse jusqu’à ce qu’il meurt ?

- Fais ce que tu veux, ça ne me concerne pas.”

Shepard rompit le contact visuel pour s’empêcher de sortir des mots qu’elle regretterait aussitôt. Dieu que l’asari pouvait être entêtée parfois, ça dépassait l’entendement. Elles perdaient un temps précieux, les capacités régénératrices du vortcha tournaient à plein régime tandis qu’elles bavardaient.

- “Tu ne penses pas ce que tu dis, et les otages alors, tu t’en fous ?

- Parlons-en des otages, nous ne sommes même pas sûres qu’ils existent. Il a très bien pu enfermer une cargaison d’armes ou de la viande avariée. Les vortchas ne vivent qu’une vingtaine d’années Shepard, ils n’ont ni le temps ni les capacités intellectuelles pour élaborer un plan aussi complexe que kidnapper quinze personnes.

- Le message précisait qu’il s’agissait d’otages, ça vaut le coup d’aller vérifier !”

Liara se raidit imperceptiblement au souvenir du message et surtout, de celle qui l’avait envoyé.

- “On aurait pu commencer par vérifier ses rapports si elle s’était donné la peine de nous les envoyer”, répondit-elle sèchement en évitant soigneusement de prononcer le nom d’Aria T’Loak.

- “La liaison n’était pas très bonne, tu le sais tu étais là.

- La liaison fonctionnait très bien jusqu’à ce qu’on lui pose des questions.

- Parce que tu es experte en communications maintenant ? Elle a eu un problème technique comme il en existe des milliers sur Oméga !

- C’est probable. Ou bien les otages n’existent pas et tu me demandes de fusionner avec un vortcha pour trouver une salle vide.

- Bon sang Liara, ça suffit ! Je ne suis pas en train de te demander ton avis, tu vas le faire un point c’est tout !”

Cette fois Shepard était à bout, depuis quand avait-elle besoin de justifier ses ordres ? Ça ne lui était pas arrivé depuis… et bien… depuis si longtemps qu’elle ne s’en souvenait plus.

Le silence retomba dans la salle, au grand désespoir du vortcha qui avait profité de la dispute pour tenter d’atteindre la rivière en rampant. Les bruits de frottement de son corps sur le sol attirèrent aussitôt la paire d’yeux de la militaire qui alla le chercher.

- “C’est pas vrai”, râla-t-elle en l’agrippant par le bras pour le traîner plus loin. “Tiens-toi tranquille !”

Elle le laissa s’écrouler en beau milieu de la pièce pour qu’elle puisse le surveiller plus facilement. Elle se retourna ensuite vers Liara qui n’avait pas bougé d’un centimètre. L’asari semblait nerveusement agitée, ne sachant plus où poser le regard. La dispute avait fait fuir les rongeurs et Shepard était devenue bien trop intimidante pour oser un contact direct. Elle faillit ouvrir la bouche pour répliquer avant de se raviser. Le bleu lui monta aux joues, ses propres pensées étaient en train de la mettre mal à l’aise.

- “Shepard je n’ai jamais…. par la déesse… je n’ai que 106 ans Shepard… je n’ai jamais fusionné avec personne.”

Évidemment.

Le coeur du commandant rata une marche. Rien ne leur serait épargné ce soir, pas même les sujets délicats qu’elle aurait aimé aborder avec l’asari dans d’autres circonstances et dans d’autres lieux. Elle soupira et prit soudainement conscience de la proximité de Liara. En tendant légèrement le bras, elle pouvait désormais la toucher, voire lui attraper le poignet pour l’obliger à fuir cet endroit avec elle. L’idée la fit vaciller.

- “Liara regarde-moi", ordonna-t-elle en lui prenant l'épaule. "Tu vas le faire car tu es la seule à en être capable. J’ai besoin de ton aide ce soir. Tu comprends ? J’ai besoin de toi.”

L’asari se perdit un instant dans le regard de jade de l’humaine, si proche et si intense qu'elle sentit la chaleur lui monter au visage. Et puis elle cligna des yeux et le moment disparut, remplacé par la vision écoeurante du vortcha à moitié mort, face contre terre, baignant dans son sang, sa bave et d’autres fluides vortchas indéterminés.

- “Liara ?

- D’accord. Je vais le faire.”

Et elle s’en voulut immédiatement.

Shepard lui faisait faire n’importe quoi. Et Aria… par la déesse, Aria était la pire. Elle se promit de lui en toucher deux mots, à coup de déchirure biotique, la prochaine fois qu’elle la verrait. En attendant elle se résigna à aider l’humaine, quand bien même cela signifiait perdre toute dignité.

En réalité ce n’était pas la première fois qu’elle fusionnait avec quelqu’un. Comme le voulait la coutume asari, elle s’était déjà entraînée un nombre incalculable de fois avec sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant. L’acte était loin d’être anodin, extrêmement intime et personnel, il ne s’effectuait qu’entre personnes très proches. Typiquement la famille ou les partenaires sexuels.

Il avait été facile de fusionner avec sa mère pendant toutes ces années, pour échanger des souvenirs, le faire avec un inconnu sur un terrain tout aussi inconnu allait être une autre paire de manches. Personne ne la guiderait cette fois, elle devrait voyager seule.

- “Par la déesse”, pria-t-elle silencieusement en se baissant vers le prisonnier. “Faites qu’il ne me laisse pas trop de traces.”

Le vortcha leva un regard vers elle et vit ses yeux habituellement bleus passer au noir de jais. Il s’affola immédiatement.

- “Pas parler ! Pas parlaaargh !”

Liara revint à la réalité deux minutes plus tard, en même temps que glissait au sol le vortcha de nouveau inconscient. Shepard lui sauta dessus immédiatement.

- “Alors ?

- Je me sens mal, vraim...

- Où sont les otages ?

- Hangar D23, code d’accès 2810F”, articula lentement la malade avant de se tourner brutalement contre le mur pour y vomir son déjeuner.

Shepard resta concentrée sur son omnitech en plein calcul après qu’elle ait saisi le nom et les coordonnées du hangar.

- “C’est pas très loin d’ici”, souffla-t-elle au bout d’un instant. “Je pense pouvoir y aller à pied. Tu as vu les otages ?

- Non. Quelque chose est bien enfermé mais il aurait fallu que je reste plus longtemps pour en voir davantage.

- Est-ce que ça va ?

- Je vais bien”, menti Liara livide et toujours pliée en deux contre le mur, le bras droit entourant son ventre. “Ne perd pas de temps ici, je te rattraperai.”

Shepard hésita, quelque chose semblait la retenir malgré son envie folle de regagner la surface pour y respirer enfin normalement. Elle se dirigea tout de même vers la sortie en croyant bon d’ajouter une dernière excuse à l’attention de celle qui, à sa demande, venait d’effectuer sa première fois dans les égouts avec un terroriste.

- “Je suis vraiment désolée, je n’avais pas prévu que les choses se déroulent ainsi.”

Sans blague.

Pour son premier rencard officiel avec l’humaine, Liara n’avait pas imaginé un tel dénouement non plus. Les choses avaient pourtant si bien commencé avant qu’Aria ne décide de transformer leur dîner aux chandelles en film d’horreur. Il lui avait suffi d’un unique stupide message pour que Shepard abandonne leur soirée au profit d’une chasse au vortcha jusque dans les égouts de la ville. Aria l’avait fait exprès, Liara en était convaincue, elle l’avait forcément fait exprès.

D’un naturel déjà peu confiant, voilà que l’asari avait désormais les pieds dans une flaque de vomi, de quoi séduire très certainement l’humaine au regard si intimidant. Liara en aurait presque pleuré si les nausées ne l’avaient pas reprise. Et pendant qu’elle vomissait de nouveau, en se demandant pourquoi diable Shepard n’était toujours pas partie, elle n’entendit malheureusement pas les quelques mots murmurés dans son dos qui auraient pu, sans doute, la consoler.

- “Je me rattraperai, je te le promets.”


0 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?